Édition du 12 décembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Université populaire des Nouveaux cahiers du socialisme : « L'heure des brasiers »

jeudi 17 août 2017

17 au 19 août 2017

Pavillon J.-A.deSève - 320, rue Sainte-Catherine Est, Montréal

Infos : https://www.cahiersdusocialisme.org/

Entre l’audace et l’enlisement

Avec l’élection de Donald Trump, le monde est entré dans une nouvelle ère. Le virage vers l’« austéritarisme », sous diverses formes, semble être, un peu partout, une tendance de fond. Les politiques néolibérales sont renforcées (privatisation, réglementation, financiarisation débridées, etc.), quitte à enfoncer davantage la planète dans le processus de destruction de l’environnement et dans celui de l’accumulation pour l’accumulation. Les nouvelles technologies, au lieu de libérer le travail, l’emprisonnent encore davantage dans la précarité et l’exclusion. Mais le chat, de plus en plus, sort du sac. Ces objectifs ne sont plus tenables. Pour les imposer, le 1 % déploie un puissant dispositif répressif, repris par les médias et l’intellectualité de droite sous la forme d’un discours haineux, raciste et xénophobe. C’est l’idéologie de tout-le-monde-contre-tout-le-monde, qui débouche sur un cycle de de guerres « sans fin », comme le disait l’ancien président George W. Bush.

Devant cette vague de droite, l’ancienne gouvernance keynésienne est aux abois. Elle s’est convertie depuis plusieurs années au social-libéralisme : « parler à gauche, gouverner à droite », quitte à compatir devant les problèmes des « pauvres », mais sans changer quoi que ce soit aux processus et aux intérêts de classe qui sont à la racine.

L’humanité ne baisse pas les bras pour autant. De vastes mobilisations populaires surgissent sans cesse, des divers « printemps » arabes et africains aux grandes mobilisations à Barcelone, Istanbul, Buenos Aires, Athènes, Washington, Standing Rock et ailleurs. Au Québec, inspirés par les mobilisations étudiantes et citoyennes de 2012, de nouvelles vagues de résistance s’amorcent, notamment contre les projets qui veulent détruire encore plus notre environnement. La reconversion des immenses capacités créatives et technologiques de l’humanité est là, à portée de main ! Travailler moins, s’intégrer davantage dans un nouveau rapport avec notre Pachamama, libérer les imaginations de nos enfants et des jeunes, construire des passerelles entre les peuples : tout est possible !

Au Québec surgit en plus un nouveau facteur facilitant, qui est le nouvel élan de la résistance autochtone. Aujourd’hui, les « peuples invisibles » (selon l’expression de Richard Desjardins) clament : « No more », ça suffit. Les Premières Nations en même temps nous envoient un fort message : lutter ensemble !

Alors on s’encourage, on résiste, on bloque la « machine ». On débat, on se regarde dans le miroir pour voir ce qu’on ne fait pas. On se pose des questions, même si on n’a pas toujours les réponses. On expérimente, à petite échelle, ce que pourrait être un monde post-capitaliste. On essaie de faire notre place sur le terrain politique, dans des conditions d’une grande adversité. Finalement, on se dit, comme le poète cubain José Marti, que dans cette ère des brasiers, « il ne faut y voir que la lumière ».

Le programme comprend deux grands axes

Le Canada, d’hier à aujourd’hui : capitalisme, patriarcat, colonialisme : 17-18-19 août

L’État canadien « célèbre » cette année son 150e anniversaire. Il a la singularité d’être le seul territoire des Amériques qui n’a jamais conquis son indépendance, qui ne s’est jamais réinventé sur le mode du républicanisme et qui a été marqué, dès son avènement jusqu’à aujourd’hui, par une histoire de conquêtes. Ce n’est pas notre État, nous n’avons donc rien à célébrer. Cela dit, c’est une occasion pour mieux comprendre une structure qui s’est maintenue au pouvoir grâce à un savant dosage d’oppression et de violence des peuples avec un dispositif capitaliste et patriarcal assurant l’hégémonie. À maintes reprises, ce pouvoir a été bousculé par l’irruption des peuples. C’est à partir de là que nous pouvons cartographier les mouvements et leurs luttes aujourd’hui.

La révolution numérique et les enjeux pour les 99 % : 18 août

Le discours dominant sur la « révolution numérique » nous promet à la fois la catastrophe (perte de millions d’emplois) et le paradis avec la fin des emplois dangereux, sales et routiniers. Un peu partout, les mouvements populaires se trouvent bousculés par la robotisation, l’ubérisation et les nouveaux dispositifs de contrôle menaçant nos droits. Que faire ? Quelles sont les alternatives ? Comment définir un programme inclusif et progressiste pour imaginer l’utilisation de la technologie au service des 99 % ?

Jeudi 17 août

19 h CONFÉRENCE D’OUVERTURE : L’heure des brasiers, salle AM-050

Activités à venir

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