Édition du 11 décembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

15 $ l’heure : une juste revendication

(Tiré d’Unité, journal du Conseil Central du Montréal métropolitain-CSN, octobre 2016, volume 30, numéro 6) | Manon Perron est secrétaire générale du CCMM–CSN

La revendication pour un salaire minimum à 15 $ l’heure a fait couler beaucoup d’encre depuis l’été. Le Forum social mondial a mis de l’avant cet enjeu. La CSN a pris position au mois de juin en faveur d’une telle revendication, tandis qu’à la FTQ, celle- ci s’est transportée dans la négociation du Syndicat des employé-e-s du Vieux-Port de Montréal. Peu à peu, l’idée de faire campagne prend forme et l’importance d’unir nos forces s’impose. Le Front de défense des non-syndiquéEs (FDNS) est à pied d’œuvre pour coaliser le plus largement possible et le conseil central appuie cette démarche.

Déjà, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI), membre actif du FDNS, a mobilisé ses membres en s’organisant avec d’autres groupes de Montréal sous le thème 15 $ maintenant

Les militantes et militants des comités des fronts de lutte ont été très actifs cet été en faisant signer la pétition initiée par Alternative Socialiste. Québec solidaire entend la déposer à l’Assemblée nationale cet automne. À l’instar de la campagne étatsunienne Fight for $15 , le FDNS veut être le plus représentatif des travailleuses et travailleurs à statut précaire. De plus, au printemps dernier, le FDNS a uni ses forces au Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Un thème rassembleur a été convenu, soit la campagne 5-10-15 : 5 pour que les travailleuses et travailleurs puissent recevoir leur horaire de travail cinq jours à l’avance, 10 pour dix jours de congés payés en raison de maladie ou de responsabilités familiales et 15 pour un salaire minimum à 15 $ l’heure. On propose des modifications essentielles à la Loi sur les normes du travail en plus de réclamer un salaire minimum permettant de se sortir de la pauvreté. Le travail accompli jusqu’à maintenant rejoint la position que nous avons développée au conseil central. À titre de membre de cette coalition, nous nous sommes engagés à l’organisation d’une campagne politique porteuse et mobilisante. La réflexion amorcée avec le comité droit au travail, depuis l’automne 2015, a mené à une prise de position favorable de l’assemblée générale et du 36 e congrès.

Campagne d’action

Le FDNS a tablé sur une première campagne qui débutera le 7 octobre, Journée mondiale pour le travail décent, pour se terminer le 17 octobre, Journée pour l’élimination de la pauvreté. Une conférence de presse marquera le début de cette campagne qui sera ponctuée d’actions variées. Partout au Québec, les groupes seront invités à organiser des sorties publiques ou des actions de mobilisation et de visibilité. À Montréal, une manifestation, le 15 octobre, est en préparation en coordination avec le CTI.

Maintenant que le débat est bien engagé, il est impératif de déployer une grande mobilisation puisque les forces qui s’opposent à cette revendication ne sont pas à sous-estimer. Ces dernières années, un argumentaire crédible s’est développé pour sortir de la pauvreté des milliers de travailleuses et travailleurs grâce à un salaire minimum à 15 $ l’heure. Les indices développés par l’IRIS ont été contestés, mais sont difficilement réfutables. L’expérience nous démontre plutôt que l’amélioration du salaire minimum stimule l’économie. Ce sont surtout les inégalités de revenus à la faveur du 1 % qui nuisent à la croissance économique, selon des économistes du FMI. Le débat a provoqué une réaction mitigée au gouvernement du Québec. Le ministre des Finances, Carlos Leitão, s’est montré tiède à l’idée d’augmenter le salaire minimum, puis Philippe Couillard a avancé l’idée d’un plan sur plusieurs années comportant des hausses appréciables du salaire minimum. Malgré ces prises de positions contradictoires, la Fédération des chambres de commerce du Québec s’est opposée catégoriquement à toute forme d’augmentation substantielle du salaire minimum. Le mouvement prend de l’ampleur, nous aurons à le nourrir d’un important travail d’éducation politique et de mobilisation.

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