Édition du 9 octobre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Élections 2018

25,8 %

Il y a des comiques qui appellent cela la « démocratie ». En fait, ce sont souvent des comiques qui se prennent très au sérieux : universitaires complaisants, experts médiatiques en tout genre, minuscules porte-paroles des chambres de commerce, etc. Ils nous disent qu’on est très chanceux de ne pas vivre à Cuba et que nous sommes dans le « plus meilleur » système au monde. Derrière les comiques en question, il y a tout un dispositif de pouvoir bien huilé, qu’on voit rarement, et qui exerce la gouvernance à l’abri de leurs officines privées et opaques. Pour faire bref, appelons cela l’État capitaliste

25,8%, c’est ce que la CAQ a obtenu lundi soir pour aboutir à 60 % des députés à l’Assemblée nationale. Je vous parie une bonne bouteille de vent que l’engagement de François Legault à réformer le système électoral ne tiendra pas la route (comme avant lui le PQ qui lui-aussi avait promis de mettre fin à ce que René Lévesque avait qualifié de système « exécrable »). On peut déjà penser que cela sera la même chose pour une grande partie des promesses du « cheuf ». Ce qui pourrait arriver, par contre, est une formidable régression sociale :

-  La privatisation de pans entiers du secteur public, à commencer par la SAQ et les services connexes des hôpitaux.
-  L’attaque en règle contre les CPE (déjà commencée avec le PLQ), sous prétexte de créer les « maternelles » à 4 ans.
-  La ligne dure avec les syndicats en vue de la renégociation dans le secteur public, de manière à préserver les baisses d’impôts pour le quintile le plus riche.
-  Le rétrécissement des universités et des cégeps, pour les « aligner » sur les « besoins » du marché du travail (en clair, les mettre au service des entreprises).
-  Le retour par la porte en arrière des « valeurs », de l’islamophobie et de la chasse aux réfugiés.
-  Le tassage dans le coin des peuples autochtones, sous prétexte de « développer » le Québec (c’est-à-dire d’aller à fond de caisse dans l’extractivisme).
-  L’abandon de toutes mesures sérieuses nécessaires pour faire face au défi du réchauffement.
-  L’aplatissement à peu près total face à l’État fédéral derrière le mince paravent de l’« autonomie provinciale ».

Et quoi d’autres encore ?!?! Ça ne vous fait pas penser à quelqu’un et à une certaine époque où le Québec était effectivement une des forteresses de la droite en Amérique du Nord ? Bon d’accord, cette société atrophiée avant la révolution-pas-si-tranquille n’est plus la même aujourd’hui. Et Legault n’est pas Duplessis.

D’autre part, même s’il voulait l’être, je pense qu’il va avoir quelques grosses surprises. D’une part, la formidable avancée de QS démontre l’enracinement d’un projet progressiste auprès de centaines de milliers de personnes, surtout des jeunes. Non ce n’est pas, encore, un projet hégémonique, mais ça va dans ce sens.

D’autre part, on n’est pas en 1951, lorsque Duplessis et ses amis conservateurs et ultra-catholiques avaient « nettoyée » le Québec des syndicalistes, intellectuels et autres empêcheurs de tourner en rond. Aujourd’hui, il y a un tissu tricoté serré de mouvements, de réseaux d’initiatives, enracinées, avec plein de projets, de savoir-faire, de visions à long terme.

On ne va pas se laisser tasser juste comme cela.

On s’encourage, on continue…

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