Édition du 14 novembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Canada

30 septembre- le jour de l’apocalypse pour Storm Alliance et l’extrême-droite ?

Le 30 septembre 2017 sera un jour très noir dans l’avenir de la direction de Storm Alliance (SA). Les plans annoncés depuis 3 mois ont lamentablement échoués. Rappelons les faits. Dès le succès médiatique du 1er juillet dernier à Roxham road, à St-Bernard-de-Lacolle, grâce à la grande participation des troupes de La Meute, Tregget avait promis de grands pas en avant. Le grand bond en avant du Leader Maximus ne s’est pas matérialisé.

Tiré du site du Groupe de recherche sur l’extrême-droite et ses allié-e-s.

On avance que le groupe prenait une ampleur pan-canadienne, que des sections se développent aux États-Unis et que des politiciens sont de notre côté, mais ils restent dans l’ombre. Pendant 3 mois, on dit aux troupes, attendez le grand jour s’en vient le 30 septembre ! Dans la semaine précédent le jour J, on promet un vidéo multiethnique pour démontrer que les SA ne sont pas racistes ! On avait même rallier l’ancien leader de La Meute, Éric Venne, pour démontrer que le rassemblement était en marche.

Le 28 septembre, Brouillette de La Meute affirme que Venne est de retour au sein du Conseil de la Meute et que la Meute 2.0 prend son envol ! En fait, Venne demeure membre honoraire des SA, il est d’ailleurs présent à la manifestation du 30 septembre des SA au poste frontière de Lacolle, mais il est aussi de retour dans l’une des 3 Meutes existantes au Québec actuellement !!!

Après avoir bâti une coalition avec les milices du III%, des Northern Guard, de la Canadian Combat Coalition et de l‘unique Canadian Coalition of Concerned Citizens (CCCC), du Front Patriotique du Québec, des Proudboys, des Justiciers du peuple, des Soldats d’Odin et de PEGIDA, tout s’effondre à moins de 3 jours du grand jour ! On dénonce tout le monde et on ne reconnaît que les actions du Nouveau-Brunswick, du Québec, de Windsor en Ontario, d’Emerson au Manitoba et d’Edmonton en Alberta. Pour les autres, on est pas responsable ! Le résultat est un désastre à la hauteur des attentes. Nous sommes passés du débarquement en Normandie aux plages sanglantes de Dieppe en l’espace de 3 mois. Nous pouvons imaginer les discussions entre membres assoiffés de victoires au lendemain de cette déconfiture totale. Regardons ce qui s’est produit le 30 septembre au Canada.

Nouveau-Brunswick

On avait promis un barrage au poste frontalier de St-Stephens. Mais non, on a rebroussé chemin vers Frédéricton. Les SA avait bâti une coalition avec les troupes de Gallant des Northern Guard. 

Rien de cela ne s’est produit. Une image vaut milles mots.

Voici les troupes de chocs réunis pour faire trembler le Canada atlantique ! La réponse a été immédiate par les membres de la communauté qui, eux, ont démontré leur solidarité.

Québec - St-Bernard-de-Lacolle

Dans la semaine qui précède, on assiste à une montée en flèche des actes d’harcèlement des groupes contre le racisme ( graffitis, stickers dans les stations de métro, appels fréquents). Tout cela ne peut être relié aux SA bien entendu, mais on crée un certain climat. Le matin du 30 septembre, une personne est interpellée pour tenter de vandaliser les autobus du groupe Solidarité sans frontières avant le départ de Montréal pour le poste frontalier. Environ 200 personnes provenant de Montréal et de la région des Jardins de Napierville se mobilisent pour dire non au racisme et prévenir l’intimidation de demandeurs d’asile. Ils créent un mur de défense face aux actions potentielles de l’extrême-droite. Ils sont rapidement entourés par les forces policières.

Vers midi, les troupes nationalistes regroupées sous la bannière des SA arrivent d’un peu partout au Québec. Il y a des membres des SA, des membres de La Meute, du Front Patriotique du Québec, de la milice du III% et autres groupuscules nationalistes identitaires. Environ 200 personnes au total pour une mobilisation provinciale. C’est la plus grosse mobilisation des SA au Canada. On avait promis une marche silencieuse et pas de propos racistes. On a eu droit au contraire. Les SA ont toujours dénoncé la pseudo-violence des antifascistes, également le fait que les manifestants soient masqués. Cela, on se rappelle, avait été souligné pour déclarer la manifestation antiraciste de Québec le 20 août dernier illégale par la police de Québec. Regardons ce qui s’est produit le 30 septembre avec les SA

Le contingent de sécurité est composé du WHITE BLOC, masqués pour la plupart. On a des journalistes qui dérangent, pas de problèmes. On règle le problème sans discussions.

Tout cela sous l’oeil bienveillant des forces policières. On remarque également que Venne de La Meute/SA est présent au sein des troupes. On va remarquer également la présence de deux membres de La Meute, actifs lors des événements tragiques de Charlottesville en Virginie aux États-Unis avec la mort d’une manifestante et plus de 19 blessés. Les Shawn Beauvais-MacDonald et Vincent Bergeron sont bien présents dans le groupe des SA.


Il faut noter que Beauvais-MacDonald avait,à peu près, le même attitail qu’il portait lors de la manifestation néo-fasciste de Charlottesville. De plus, les SA avaient plus l’air d’un groupe nationaliste québécois que d’un groupe se proclamant pan-canadien. Nous ne sommes pas convaincu que cela va plaire aux membres des autres provinces. Mais, plus éclairant encore, c’est le salut » peut-être » nazi, en fait, avec les doigts ouverts, on se croirait à une marche en Allemagne alors que le salut hitlérien est banni par la Constitution et est semblable. Mais, qui peut savoir ce qui se passait vraiment dans la tête des membres du WHITE BLOC.

Finalement, Tregget affirme toujours n’être pas contre l’immigration, cela n’a pas convaincu tous.

Heureusement, la mobilisation citoyenne n’a pas répondu aux provocations des SA. Ils ont permis que la tentative d’intimidation des demandeurs d’asile ne puisse se réaliser.

Windsor, Emerson et Edmonton

La manifestation de Windsor était la responsabilité de Colin O’Leary, bras droit canadien de Tregget pour les SA. Encore une fois, une image vaut milles mots pour voir l’impact.

En ce qui concerne Emerson, au Manitoba, les services frontaliers cherchent toujours la manifestation prévue. En ce qui concerne la manifestation d’Edmonton en Alberta, il s’agit d’un autre échec monumental. Le leader provincial résume bien l’étendue de l’action entreprise.

Les manifestations de la CCCC

Ottawa

Après avoir promis des t-shirt gratuits aux 40 premiers participants, la CCCC n’a pas réussi à écouler son inventaire. Environ 50 personnes, principalement des membres des Proudboys ainsi que les 20 membres de la National Guard de la sécurité, ont participé à une mini-manif. Ils étaient en cage, sous forte protection policière, devant plus de 250 personnes dénonçant le racisme et l’islamophobie. Plusieurs groupes communautaires et des syndicats ont soutenu et activement participé à la manifestation citoyenne.

Lors de la manifestation, un membre des Proudboys, Brand Wallingford, a bien tenté de créer un affrontement. Un autre membre des Proudboys a également tenté d’asséner un coup de drapeau à des manifestants antiracistes.

Les membres de la Northern Guard ont également appris à marcher à reculons lors de la manifestation. Après le discours d’Hallak, on nous en avait promis 10, les policiers ont escorté les racistes et islamophobes en sécurité hors de la Colline parlementaire. Encore une importante victoire de la mobilisation citoyenne qui s’est bâti dans la Capitale nationale.


Vancouver

La mobilisation populaire et syndicale a complètement oblitérer les quelques membres présents pour la manifestation de la CCCC, qui comprenait surtout des membres de la milice du III%. Et, aucune présence d’Hallak sur les lieux, ce que nous avions prévu déjà.


Ailleurs au Canada

Peterborough, Ontario

Le leader du Canadian Nationalist Front, Kevin Goudreau avait prévu une manifestation dans cette ville. Moins de 10 néo-nazis du CNF ont été confrontés par plus de 600 personnes formant une coalition contre le racisme et l’intolérance. Le CNF avait même été dénoncé par la CCCC car elle jugeait que les tatouages du leader du CNF ne laissait pas place à l’interprétation quant à ses orientations politiques. Les militants du CNF ont rapidement quitté sous escorte policière. Une photo du début de la manifestation antiraciste et une photo du leader du CNF.



Niagara Falls, Ontario

Une vaste coalition regroupant des groupes antifascistes, le Conseil du Travail de Niagara, l’Église Unitarienne et des organismes populaires et communautaires ont pris d’assaut le centre-ville de Niagara. Plus de 200 personnes ont clairement fait résonner l’esprit d’ouverture et de tolérance pour annihiler l’impact de la manifestation de racistes dans cette ville. Environ une vingtaine de membres des Northern Guard, dont le leader Erik Brazeau ainsi que le président du Cultural Action Party de l’Ontario, Arthur Smiterman, ont rapidement pris la fuite devant la mobilisation populaire en soutien aux demandeurs d’asile.



Mais, un grave incident s’est produit. Nous avons eu droit à une tentative d’attentat à la moto-bélier ! Un individu a foncé sur le groupe de manifestants sans faire heureusement de blesser. On voit bien que l’extrême-droite joue dur lorsque confrontés à rester en marge.

Il y a bien eu des rassemblements ailleurs mais il y avait peu de personnes présentes.

Bilan de la journée

Une importante réussite de la part des diverses coalitions citoyennes qui ont réussi à mettre en brèche l’extrême-droite. Heureusement, personne n’a été blessé par les diverses tentatives, dont l’assaut avec une motocyclette dans les rangs de la coalition de Niagara. Mais, si on a bien vu que l’extrême-droite reste fortement divisée, il faut redoubler d’ardeur pour faire en sorte qu’elle ne puisse se réorganiser. Il est aussi important de noter que plusieurs médias ont traité le dossier comme un débat extrême-droite vs extrême-gauche. Cela est complètement faux. Comme nous avons pu le constater sur le terrain, ce sont des coalitions de personnes provenant du milieu antifasciste, antiraciste, de groupes minoritaires, de syndicats et d’églises ainsi que de simples citoyens qui eux disent NON À L’EXTRÊME-DROITE. Il est également dommage que l’on donne de l’espace médiatique aux porte-paroles de ces groupes intolérants. Ceci est un combat pour le respect des droits économiques et sociaux, contre l’exclusion, le racisme et l’intolérance. Les manifestations des SA et autres groupuscules sont des tentatives d’intimidation et de propagation de discours d’intolérance. Les diverses coalitions citoyennes ont prouvé que l’on peut bâtir un mouvement uni pour contrer l’extrême-droite au Québec et au Canada. Mais, restons vigilants car le combat pour l’égalité et les droits sociaux est loin d’être terminé.

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