Édition du 11 décembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Arts culture et société

À force de vouloir accommoder tout le monde...

La pièce intitulée « Oslo. À qui appartient Jérusalem ? » a été présentée au Théâtre Jean-Duceppe du 5 septembre au 13 octobre dernier. Elle fut rédigée par l’auteur américain J.T. Rogers.

Les représentations sont terminées, mais elle est susceptible d’être présentée de nouveau par une autre troupe de théâtre. Il vaut donc la peine d’y revenir et d’en faire une critique politique puisque le sujet l’est au plus haut point.

La pièce relate les tractations de coulisses qui ont mené non sans peine aux négociations officielles entre l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le gouvernement israélien.

L’auteur rapporte le tourbillon des discussions préliminaires épineuses entre représentants palestiniens et israéliens, des diplomates norvégiens servant de « bougie d’allumage » au processus très fragile et incertain qui a mené en fin de compte aux contacts officiels et directs entre les parties adverses, ce qui n’était pas gagné d’avance.

Les dialogues sont souvent spirituels, agiles et l’action va bon train. Elle soutient l’intérêt du spectateur. Rogers, par l’intermédiaire des personnages palestiniens et israéliens expose sans fard les griefs réciproques des deux peuples avec des dialogues très percutants, pertinents et acides.

L’auteur prône bien sûr la bonne entente et la compréhension entre Israéliens, Israéliennes, et Palestiniens, Palestiniennes ; il finit sa pièce par un appel à la ténacité dans la recherche de la paix.

Pour une fois dans une production américaine, la version palestinienne des causes du conflit est exposée avec honnêteté sans la complaisance pro-israélienne habituelle qui marque par exemple le cinéma hollywoodien. On ne peut que s’en réjouir.

Cependant là où le bat blesse, c’est quand Rogers place sur le même plan opprimeurs et opprimés. De ce fait, l’humour qui imprègne sa pièce tourne un peu à vide. Les bons sentiments de l’auteur gâtent la sauce, si l’on peut dire. Il veut ménager les deux parties, ce qui enlève à la pièce de son sel. Le sucre de ses bonnes intentions entraîne un affadissement du texte, ce qui lui enlève sa charge potentiellement révolutionnaire.

En résumé, il cherche à ménager la chèvre israélienne et le chou palestinien. La pièce s’en trouve donc privée de toute véritable force d’impact.

Mais l’oeuvre telle qu’elle n’en reste pas moins valable. On attend encore son équivalent cinématographique. Viendra-t-il un jour ?

Jean-François Delisle

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