Édition du 16 octobre 2018

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Europe

Allemagne - La réédition d'une grande coalition suscite beaucoup de scepticisme

De nouveau une grande coalition CDU/CSU-SPD ne fait pas la joie des électeurs allemands. Le chef du SPD, Martin Schulz, continue sa chute dans les sondages, contrairement à son prédécesseur, Sigmar Gabriel, qui, lui, est au zénith. Et pendant ce temps, la CSU bavaroise joue la provocation.

Tiré du blogue de l’auteur.

Une éventuelle nouvelle grande coalition entre l’Union (CDU/CDU) et les Sociaux-démocrates du SPD se heurte au scepticisme d’une majorité d’Allemands selon le quotidien Frankfurter Rundschau : Un sondage de la première chaîne allemande, ARD, stipule que 45% des Allemands sont (très) favorables à une grande coalition, pendant que 52% pensent que ce ne serait ni pire ni meilleur. Ce sondage correspond à celui réalisé juste avant les élections de septembre dernier. 

Si une grande coalition devait échouer, 54% se prononceraient pour de nouvelles élections, 9% de plus que le mois précédent. C’est bien sûr l’extrême droite qui s’en trouverait renforcée. 42% seraient pour un gouvernement minoritaire, 9% de moins. 

53% trouvent bien que la chef de la CDU, Angela Merkel, reste chancelière, 3 points de moins, alors que 45% pensent que ce ne sera ni bien ni mal. Si 49% sont pour que Merkel exerce son mandat de chancelière jusqu’au bout, 45% souhaitent qu’elle laisse la place avant la fin de son mandat à celui ou celle qui pourrait lui succéder. 

Pour 65%, Merkel est une bonne chancelière. Ils sont 93% à le penser également au sein de la CDU. Mais 75% des électeurs et 60% des partisans de l’Union sont pour un renouveau de la CDU au plan du personnel politique. Si la question avait été posée pour le SPD, il est sûr que les Allemands auraient manifesté un vif mécontentement. Les dirigeants du SPD disent haut et fort qu’ils ne veulent pas terminer comme le PS français et qu’ils soutiennent la politique européenne d’Emmanuel Macron, il est clair qu’il doit se passer quelque chose au sein de ce parti, pour éviter d’aller droit dans le mur et permettre à l’Allemagne d’être à la hauteur de la vision politique européenne d’Emmanuel Macron. 

Pour ce qui est des personnalités politiques préférées des Allemands, Merkel se situe dans la moyenne avec 52%. Tout en haut de l’affiche se trouve le ministre des Affaires étrangères et ancien chef du SPD, Sigmar Gabriel avec 62%. Par contre Martin Schulz n’est qu’à 30%. Le chef de la CSU, Horst Seehofer, est à 34%. 

Selon un sondage de ce samedi, la CDU/CSU est à 32,8%, le SPD est à un de ses scores les plus bas avec 20,3%. Les Gruenen sont à 10,6%, die Linke à 10%, les Libéraux du FDP à 9,2%. L’AfD, parti d’extrême droite, est à 13,1%.

Les provocations de la CSU

La CSU est considérée par 56% des électeurs comme ayant beaucoup de pouvoir au sein de l’Union et de façon disproportionnée. C’est sans doute pour cela que la CSU, droit dans ses bottes, reçoit en grande de pompe à un séminaire de sa direction le Premier ministre hongrois, Viktor Orban et ce, à quelques jours du début des discussions exploratoires de coalition, ce que le SPD considère comme une véritable provocation. 

Ce n’est pas non plus un hasard, si, à la veille de ces discussions, Manfred Weber, eurodéputé de la CSU qui appartient au PPE, Parti Populaire Européen, se permet de parler de "solution finale de la question des réfugiés", comme le rapporte der SPIEGEL qui ne manque pas de faire remarquer que la formulation de Manfred Weber rappelle clairement le national-socialisme et "la solution finale de la question juive". La CSU a beaucoup perdu en Bavière au profit de l’AFD lors des élections législatives et les élections régionales bavaroises ont lieu à l’automne prochain. Un autre dirigeant du parti bavarois, Alexander Dobrindt, actuel ministre allemand des transports, exige un tournant néo conservateur. L’hebdomadaire Die ZEIT traduit sa pensée en titrant : « L’Allemagne doit devenir la Bavière ». Avec le nouveau gouvernement autrichien, droite-extrême droite, et vu les liens étroits entre la Bavière et l’Autriche, la CSU se sent pousser des ailes et cherche à s’émanciper totalement de la CDU, mais bien sur dans le mauvais sens. Les discussions exploratoires s’annoncent donc très difficiles, la tension entre le SPD et la CSU est énorme. Au sein de la CDU, tous ne sont pas pour une grande coalition. Certains en France diront : "Mais que fait Merkel ?". La France n’est pas l’Allemagne qui a un régime totalement parlementaire. Ne donnons pas à Merkel plus de pouvoir qu’elle n’en a, surtout actuellement. 

S’il n’ y a pas de nouvelles élections, les Allemands s’attendent à la constitution de leur gouvernement à Pâques, qui n’est autre que le 1er avril.

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