Édition du 4 décembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Après Trump. LE Donald avec un peu de recul

Il se peut que la Présidence de D. Trump, 45ième Président américain, dure encore quelques semaines, une autre année ou un autre 16 mois. Mais, pour dérangeante que soit la perspective, le vaisseau en péril qu’est le S.S.Trump, doit être manœuvré pour demeurer à flot pour un mandat de plus. Malgré tout, de récentes révélations laissent entendre que des navires en déshérence autour de l’administration Trump, ont déjà fini leur parcours. Alors, qu’est-ce que ce bizarre épisode peut bien vouloir dire dans l’histoire américaine ?

Andrew J. Bacevich, tomdispatch.com, 11 septembre 2018
Traduction, Alexandra Cyr

Laissez-moi vous donner mon point de vue sans ménagement : oubliez la clameur. Malgré les mensonges, les insultes, les noms criés et les avertissements, en substance presque rien n’a changé. (En italique dans le texte.n.d.r) Et ça ne changera pas.

En grande partie, malgré les hauts cris que ses critiques poussent perpétuellement et avec ce qu’ils et elles refusent de prendre en compte, les États-Unis restent sur une trajectoire pas très différente de celle d’avant la prise du pouvoir par D.J.Trump. Et les États-Unis post ce 45ième Président, que nous commençons à voir se dessiner, ressemblent remarquablement à ceux d’avant D. Trump.

Je suis conscient que sa Majesté Étrangeté est toujours dans la Maison blanche. Mais, concrètement, le Président à cessé de gouverner. Oui, bien sûr, il continue à rédiger et publier de curieuses directives, que ses subordonnés.es mettent en œuvre, amendent ou simplement mettent de côté selon leur évaluation.

Sauf pour son caractère cérémoniel, la présidence reste vacante. Appelez cela une abdication de fait. Comme si le Roi Edward VIII d’Angleterre, après avoir abandonné le trône pour « la femme qu’il aimait » avait continué à traîner autour de Buckingham Palace pestant contre le manque de respect envers Mme Wallis et émettant occasionnellement des bulletins pour affirmer son admiration pour Adolf Hitler.

Il est peu probable que D. Trump ait jamais eut plus d’intérêt à gouverner qu’Edward VIII en aie eu pour accepter des devoirs plus importants que ceux qui venaient avec son statut de Duc de Windsor. Malgré tout, plus de 60 millions d’Américains.es ont voté pour lui avec l’espoir qu’il allait au moins brasser la cage.

Et vigoureusement. Rappelez-vous : il allait « l’emprisonner » (parlant de Mme Clinton). Il allait « assécher le marigot » et « construire un mur » (à la frontière mexicaine) et le Mexique allait bien volontiers payer la facture. Sans avis de personne, il allait mettre fin « à ce carnage sur les américains.es ». Entre temps, « l’Amérique d’abord » allait servir de base à la politique étrangère américaine. Et quand il allait entrer en fonction les choses allaient changer puisque lui, et lui seul, allait « rendre sa grandeur aux États-Unis ».

On attend encore le cataclysme qu’il devait être. Il ne va pas déclencher la guerre nucléaire.

Si vous passez vos journées à regarder CNN ou MSNBC, si vous lisez les chroniqueurs.euses du New York Times et du Washington Post, il se peut que vous pensiez autrement. Mais ce sont là certaines des institutions qui sont tombées dans la dépression nerveuse le soir du 8 novembre 2016. Elles n’en sont pas encore sorties. Il semble de plus en plus clair qu’elles ne veulent pas en sortir tant que D. Trump sera Président. Vivre perpétuellement offensé dans sa dignité en dénonçant la dernière bêtise et en prédisant la préparation du fascisme, c’est apprécier l’équivalent du plaisir solitaire……en groupe !

Si vous vous intéressez à plus que le présent, à un passé assez récent par exemple, il semble que le niveau de changement que le Président avait promis, était déjà arrivé et avant même qu’il entre en scène. Les conséquences de ce « Grand Changement » vont également durer longtemps après qu’il sera parti. Ce sont ces conséquences qui doivent retenir notre attention. Il ne faut pas se précipiter sur le « Super Spectacle » orchestré par la Maison blanche et les journalistes que se prétendent les vaillants.es défenseurs et défenderesses de la « Vérité ».

D. Trump lui-même n’est qu’une pustule sur l’histoire de ce pays. Il est temps de prendre un peu de recul, de s’éloigner du miroir et d’examiner la totalité de ce visage. Non, il n’est pas joli.

Ce que nous étions

Comparons les États-Unis qui ont accueilli D. Trump naissant en 1946 avec le pays qui, 70 ans plus tard l’a élu à la Présidence. À cette époque où la période post 2ième guerre mondiale débutait, trois faits importants définissaient les États-Unis. Ils étaient si grands et importants qu’on les prenait pour acquis.

Premièrement, les États-Unis faisaient tout et le faisaient en plus grande quantité que n’importe qui d’autre. La richesse découlait dans une large mesure des manufactures : l’acier, les autos, les réfrigérateurs, les chaussures, les chaussettes, les chemises, les balles de baseball, « you name it ». « Made in the USA » était plus qu’un simple slogan. La majorité du monde industrialisé était en ruine. L’économie américaine dominait et définissait le quotidien économique et sa réalité, mondialement.

Deuxièmement, pendant que la machine du capitalisme industriel produisait des quantités impressionnantes de richesses, elle en distribuait les bénéfices relativement équitablement. Les États-Unis de l’après guerre étaient l’exemple d’une nation de la classe moyenne, la position la plus proche de ce qu’approximativement on peut qualifier de société démocratique sans classes, qu’on n’avait jamais vu dans le monde.

Troisièmement, leur participation à la guerre avait dégouté les Américains.es.es pour longtemps de toutes les guerres. Ce n’était peut-être pas un peuple amoureux de la paix mais leur connaissance de la guerre était suffisante pour comprendre que c’était une calamité. Éviter qu’elles reprennent, si jamais cela était possible, était devenu une priorité. Mais elle n’était pas endossée par les autorités de la sécurité nationale qui ne faisaient que commencer à montrer (au monde) les muscles de Washington.

Jugés.es par les gens d’aujourd’hui, avec les normes actuelles, plusieurs, peut-être tous et toutes qui ont vécu cette époque, sont estimés.es être des fanatiques d’une sorte ou d’une autre. Certains.es déplorent que le racisme, le sexisme et l’homophobie se soient développés, portés par certains.es et tolérés par la vaste majorité. Une hystérie politique anticommuniste alimentée par des politiciens.nes cyniques s’est aussi développée. Le peuple s’est convaincu qu’une présumée menace, posée par un petit nombre de subversifs.ves internes, leur pendait au-dessus de la tête. La pollution de l’air, de l’eau et du sol a été adoptée sans ménagement. Ajoutez à cette liste de violence, les crimes, la corruption, les angoisses sexuelles de toutes sortes (…). Dans sa totalité, la société américaine telle qu’elle était durant l’enfance de D. Trump, était tout sauf parfaite. Mais, malgré tout, elle faisait l’envie du monde entier. Tous et toutes le savaient.

En 2016, quand D. Trump est devenu Président, les États-Unis étaient un tout autre pays. Sans vraiment disparaître, le racisme, le sexisme et l’homophobie, du moins pour le moment, ne sont plus tellement visibles. Ces attitudes envers les gens de couleur, les femmes et les gays qui étaient courantes il y a un demi siècle, sont maintenant réservées à une frange pathologique. L’hystérie anticommuniste a complètement disparu mais pour être remplacée par celle envers les terroristes islamistes. Bien sûr, la pollution se continue tout comme la violence, la criminalité, la corruption et les angoisses sexuelles. De nouvelles et plus imaginatives formes d’auto destruction ont fait leur apparition.

Mais peu de tout ça est central. Ce qui a vraiment changé au cours des décennies depuis que D. Trump était bébé, ce sont les trois facteurs pris pour acquis et qui distinguaient les États-Unis. De nouvelles réalités les ont déboulonnés.

En 2016, les États-Unis ne sont plus, et d’aussi loin qu’on puisse le voir, le pays qui fabrique tout, bien au contraire. Il achète presque tout, le plus souvent fabriqué ailleurs. Il y a longtemps que la société de consommation est en place et que les Américains.es sont habitués.es à acheter et à profiter plus que de leur production et au-delà de leur capacité de payer. Les comptes ne s’équilibrent plus. Le gouvernement vit à crédit pensant que les factures n’arriveront jamais à échéance. Bien des citoyens.nes en font autant.

En 2016, il y avait bien longtemps que la société était devenue inégale, une société de possédants.es et de sans le sou. Le capitalisme financier qui a succédé au capitalisme industriel, a créé d’immenses fortunes sans même prétendre à une distribution équitable des bénéfices. Les politiciens.nes saluent la Grande classe moyenne américaine comme si de rien n’était. Pourtant les emblèmes de la vie de la classe moyenne dans l’après guerre comme les emplois permanents, les salaires permettant de faire vivre correctement une famille, la perspective d’un revenu de retraite, ont vite disparu. Alors que les Américains.es profitent encore de liberté, plusieurs sont tombés.es dans l’insécurité.

En 2016, les Américains.es ont fini par accepter la guerre comme quelque chose de normal. C’est là que le « leadership mondial » est visible. C’est ainsi que les militaires américains.es sont toujours là où il y a des champs de bataille même si les buts ne sont pas clairs et qu’il y a peu de perspectives de quelque victoire que ce soit. 99% des Américains.es qui ne font pas partie des armées, ont appris à ne plus s’arrêter à ces batailles. « Soutenir les troupes » est pour ainsi dire la seule obligation qui soit respectée en déployant des expressions de révérence lors de cérémonies publiques. Merci pour votre service !

Ce que nous sommes

Mais prenez note : Donald Trump n’a joué aucun rôle dans la création des États-Unis actuels ou en repoussant ceux de 1946 aux calendes grecques. Comme un P.T. Barnum moderne, (producteur de spectacles et fondateur du Cirque Barnum au 19ième siècle), il a fait preuve de considérables habiletés pour exploiter les opportunités offertes pendant que les caractéristiques des États-Unis de l’après guerre disparaissaient. De fait, il a tourné ces opportunités en fortune, célébrité, en beaucoup de golf, en beaucoup de sexe et finalement en accès à la plus haute fonction du pays. Ça ne peut arriver qu’aux États-Unis, comme nous disons.

Il va de soi qu’en 1946, il n’aurait jamais été pris au sérieux comme candidat à la présidence. En 2016, son narcissisme, sa grandiloquence, sa vulgarité et son talent pour sa propre promotion étaient l’expression délicate de l’esprit du temps présent. Sa candidature a été en même temps ridicule et étrangement adaptée.

En ce début du 21ième siècle les valeurs qu’endosse D. Trump sont devenues des valeurs américaines aussi profondes et authentiques que celles que Thomas Jefferson, Abraham Lincoln ou Franklin Roosevelt ont explicitées dans leurs discours. Il se peut que ses adversaires le voient comme une abomination mais il est des nôtres.

Voici la vraie nouvelle : les traits fondamentaux qui définissent le pays aujourd’hui, ces éléments qui font qu’il est si différent de ce qu’il était en 1946, vont sûrement survivre à la présidence Trump. Il mérite, avec ses petits.es amis.es, un peu de crédit pour maintenir à peu près ces traits.

Essentiellement, le candidat Trump a promis aux Américains.es une version réduite de 1946. Il allait faire revivre les manufactures et créer des millions de bons emplois bien payés à ceux et celles qui s’obstinent à travailler. En diminuant les impôts, il allait ajouter un peu de sous dans les poches des gagne petit. Il allait éliminer les déficits commerciaux et équilibrer le budget fédéral. Il allait mettre fin à nos sempiternelles guerres et ramener les troupes au pays. Il allait obliger les alliés des Américains, qu’il décrivait comme des passagers clandestins, à prendre leur part du fardeau. Il allait mettre fin à l’immigration illégale. Encore une fois, il allait ramener les États-Unis au statut de pays « chrétien qui craint Dieu » qu’ils doivent être. Jusqu’à quel point était-il sérieux avec ces promesses ? Chacun.e peut faire ses paris.

De fait, on a pu observer une légère augmentation dans le secteur manufacturier dans le pays. Mais, la mondialisation reste une réalité implacable. À moins d’avoir un diplôme dans les disciplines scientifiques, de technologie, en ingénierie ou en mathématiques, les bons emplois demeurent rares. L’économie est de plus en plus digitale. Elle peut être suffisamment intéressante si vous avez 25 ans, mais sensiblement moins si vous en avez 60 et vous pouvez finir par vous demander avec inquiétude si vous pourrez jamais prendre votre retraite.

Le Président et les Républicains.es au Congrès ont baissé les impôts et les taxes tel que promis. Mais ce sont les plus riches qui en bénéficieront au premier chef. Une preuve, s’il en fallait, que l’économie fonctionne véritablement en faveur de la classe des ploutocrates en augmentation. Les déficits commerciaux ? C’est parti pour durer 10 ans. Un budget équilibré ? Vous voulez rire ? On estime que le déficit du budget fédéral dépassera les mille milliards de dollars l’an prochain. La dette nationale augmentera ainsi à plus de 21 milles milliards de dollars. D. Trump avait promis de l’éliminer complètement.

Et, bien sûr, les guerres ne se sont pas arrêtées. Mais D. Trump, pas plus tard que le mois passé, faisait de son mieux pour imiter George McGovern pour nous assurer qu’il : « Révise constamment la situation en Afghanistan et dans tout le Proche Orient. Nous n’aurions jamais dû être au Proche Orient. C’est la plus grande erreur emblématique de notre histoire ». Pourtant, D. Trump a perpétué et sous certains aspects, il a élargi les mésaventures américaines dans le grand Proche Orient. Mais il l’a fait en se garantissant de toute responsabilité personnelle.

À titre de commandant en chef il s’est sensiblement éloigné des troupes (sur le terrain). Même s’il était handicapé, ne pouvait marcher, le Président Franklin Roosevelt a visité les GI dans les zones de combat plus souvent que D. Trump ne l’a fait. Si vous voulez savoir pourquoi nos armées sont en Afghanistan et combien de temps nous y resteront, demandez le au Secrétaire à la défense, le général James Mattis ou n’importe qui d’autre mais surtout pas au Président.

Que les États-Unis ne tournent pas le dos au monde

Et voici l’enjeu de « l’isolationnisme » du Président Trump. Rappelez-vous que quand il est entré en fonction, les experts partout à Washington, nous ont mis en garde : les États-Unis allaient devoir tourner le dos au monde et abandonner le rôle qu’ils s’étaient donné comme propagateurs et de défenseurs de la démocratie. À la moitié presque du premier (espérons le dernier) mandat de D. Trump, les États-Unis sont toujours formellement liés à la défense des territoires de chacun des 29 pays membres de l’OTAN. Il faut ajouter à cela, les obligations de défense des pays aussi différents que le Japon, la Corée du sud, et selon le traité de Rio de 1947, la quasi-totalité de l’Amérique latine. Même si c’est moins formel, les États-Unis ont des engagements équivalents pour assurer la sécurité d’Israël, de l’Arabie saoudite et de d’autres pays du golfe persique. Et quant à obliger des alliés à contribuer de manière plus importante au financement (de cette défense), comme nous l’avons demandé depuis longtemps, ça n’est pas près d’arriver. Nos alliés européens ont gobé en même temps les insultes du Président Trump et ses engagements à ce que les États-Unis continuent à les défendre. Ils ont répondu avec de vagues promesses à l’effet qu’ils verraient à augmenter leurs budgets de défense quelque part dans le futur.

Et voilà ! Sous le commandement de D. Trump les troupes américaines sont présentes dans plus de 150 pays dans le monde. Sous la pression du Président, le Congrès a adopté une loi d’augmentation de 717 milles milliards de dollars au budget du Pentagone soit une augmentation de 82 milliards par rapport à l’année précédente. Inutile de dire qu’aucun adversaire ou aucune alliance d’adversaires crédibles ne peut approcher ces montants.

Appeler cela de l’isolationnisme équivaut à dire que D. Trump est svelte.

Et la promesse du « grand, gros, beau mur » qui doit fermer la frontière sud. Le projet a avancé jusqu’à l’étalage de divers prototypes. Rien ne dit que le Mexique paiera pour sa construction comme le Président Trump l’a assuré ni que le Congrès votera pour les fonds nécessaires (pour cette infrastructure) estimés à 20 mille millions de dollars même si les Républicains.es en conservent le contrôle. La vérité c’est que quoi qu’il arrive, la frontière avec le Mexique va demeurer ce qu’elle est depuis des décennies : lourdement patrouillée mais encore une passoire, un conduit pour les gens désespérés qui cherchent la sécurité et des opportunités mais, aussi pour des éléments criminels trafiquants de drogues et d’humains.

L’objectif de cette évaluation à mi-mandat, ne vise pas à démontrer que le Président Trump a échoué. Il s’agit plutôt de démontrer à quel point il est hors de propos.

D. Trump n’est pas le perturbateur que décrivent ses adversaires. Il est surtout nocif, corrompu et un beau parleur inefficace. Il s’est donné une équipe du même acabit sauf quelques exceptions.

Voilà donc le fin du fin de tout cela : si vous êtes à l’aise avec les États-Unis d’avant novembre 2016, prenez une grande respiration et imaginez D. Trump comme une pierre aux reins ; pas drôle mais tôt ou tard elle va passer. Et tout va revenir à la normale. En peu de temps, vous oublierez que cela ne se soit jamais produit.

Mais, si vous n’étiez pas à l’aise avec ce que les États-Unis allaient devenir avant novembre 2016, il est trop tard pour mettre de côté l’illusion que D. Trump allait replacer les choses correctement. D’habitude les ampoules sèchent et disparaissent sans laisser de traces. C’est le destin probable de D. Trump à titre de Président.

Entre temps, bien sûr, un grand nombre de choses peuvent se produire qui soulèveront votre rage. Les changements climatiques en sont un bel exemple. Malgré qu’ils peuvent être la meilleure illustration de l’insignifiance du Président.

Aux cours de la Présidence Obama, les États-Unis ont fait preuve d’un effort tardif pour agir sur le réchauffement de la planète. Sans perdre de temps, l’administration Trump s’est engagée dans le renversement de ce courant en endossant les positions négationnistes face aux avis scientifiques que les Républicains.es avaient adoptées depuis longtemps avant que D. Trump n’arrive dans le paysage.

Il n’y a pas de doute que les futures générations vont désapprouver l’inaction de cette administration face à la crise (du climat). Mais quand Miami est inondée, que les feux de forêt flambent en Californie toute l’année, D. Trump personnellement n’est sans doute pas le seul ni même le principal accusé de négligence coupable.

Cette si minime et trop tardive réaction aux changements climatiques, dont une série de présidents partagent une responsabilité, c’est une preuve de l’immense et constante défection des politiques américaines contemporaines. Quand tout a été dit et fait, ce ne sont pas les présidents qui transforment le pays, c’est le pays qui façonne les présidents ou tout au moins leur donne les paramètres à partir desquels ils doivent agir. Depuis quelques décennies, ces paramètres se sont de plus en plus éloignés du bien commun dont celui de la planète en totalité.

Mais, les Américains.es ont été inflexibles dans leur refus de prendre en compte ce problème. Aujourd’hui, c’est la division. D. Trump lui-même est la plus grande illustration de cette division. Il soulève l’enthousiasme chez certains.es et l’antipathie proche de la haine chez d’autres.

Il faut de toute urgence en finir avec cette division qui est aussi grande que profonde, qui touche à la culture, à l’économie politique, au rôle des États-Unis dans le monde et à la définition du bien commun. Je soumets respectueusement, que cela dépasse les limites de n’importe quelle présidence, spécialement celle-ci.

Donald Trump n’est pas le problème. Il faut plutôt le voir comme l’assignation qui nous est faite de faire face au vrai problème où une nation ostensiblement par le peuple et pour le peuple, doit prendre la responsabilité collective des ses divers segments de population. Si les Américains.es esquivent cette responsabilité plus longtemps, la voie sera pavée pour d’autres D. Trump ou quelqu’un.e de pire.

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