Édition du 26 juin 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

Budget Leitao : les réactions syndicales et populaires

Vous trouverez plus bas les réactions des regroupements syndicaux et organismes communautaires et populaires suite aux annonces du budget Leitao. Les communiqués sont mises en ligne au fur et à mesure de leur publication sur le fil de presse.


Réaction du Comité national des jeunes du SFPQ au budget 2018-2019

Québec, le 28 mars 2018 - Le Comité national des jeunes du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec se réjouit de certaines mesures incluses dans le projet de loi no 176, Loi modifiant la Loi sur les normes du travail et d’autres dispositions législatives afin principalement de faciliter la conciliation famille-travail.

Le Comité salue notamment l’introduction d’une interdiction des clauses de disparité de traitement dites clauses « orphelin » pour les régimes de retraite et les autres avantages sociaux.

Cependant, le Comité ne cache pas sa déception de voir le gouvernement maintenir les clauses « orphelin » actuellement en vigueur. En effet, cette proposition ne correspond pas à l’engagement pris par les libéraux à l’Assemblée nationale dans le cadre de la motion unanime sur la question adoptée le 1er décembre dernier. En refusant de mettre fin à cette discrimination éhontée contre les jeunes, le gouvernement est donc complice de cette profonde injustice que subissent des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses au Québec.

Le Comité note aussi l’ironie de cette situation puisque le gouvernement libéral, en souhaitant éliminer les clauses « orphelin », doit recourir à une clause orpheline dans son projet de loi. C’est pourquoi le Comité national des jeunes demande au gouvernement d’étendre l’interdiction aux conventions collectives déjà signées afin d’éliminer toutes les clauses de disparité de traitement. L’État ne peut tout simplement pas se permettre le maintien de cette disparité intergénérationnelle.


Un budget de promesses pour tenter de faire oublier l’austérité (SFPQ)

Québec, le 27 mars 2018 - Après une réduction massive du personnel et des mesures d’austérité qui ont mis à mal les services publics partout au Québec, les promesses de réinvestissement contenues dans le budget déposé aujourd’hui laissent un goût amer, selon le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). Après la saignée des dernières années et après avoir engrangé des milliards de dollars, le gouvernement annonce des investissements et des embauches dans certains ministères et organismes, constate le SFPQ.

Le SFPQ estime que l’absence de réinvestissements importants dans l’ensemble des ministères et organismes, autre que la santé et l’éducation, se fera au prix de nouvelles diminutions de personnel. Depuis l’élection du gouvernement de Philippe Couillard en 2014, les effectifs de la fonction publique dans les ministères et organismes au Québec ont chuté entre 4 % et 11 %, selon les régions. Le personnel à temps complet représenté par le SFPQ qui offre des services directs à la population a fondu de plus de 3 500 postes équivalents à temps complet durant la même période.

« C’est nettement insuffisant pour maintenir les services dans toutes les régions du Québec. La fonction publique demeure encore et toujours le parent pauvre de ce budget. Les ministères et organismes devront continuer d’en faire plus avec moins. Les effectifs sont au plus bas depuis plus de 10 ans alors que la population et les besoins ne cessent d’augmenter. Déjà, la Régie du logement ferme ses portes plusieurs fois par mois dans certaines villes par manque de personnel. Revenu Québec et la Société de l’assurance automobile du Québec diminuent graduellement les services disponibles au comptoir. Le ministère de l’Environnement n’est plus en mesure de remplir ses objectifs d’inspection. Sans personnel supplémentaire pour rebâtir ses ministères et ses organismes, le gouvernement continuera de gérer le risque et demeurera en mode réaction plutôt qu’en mode prévention. Personne au Québec n’est dupe : le gouvernement libéral a instauré des mesures d’austérité en début de mandat, pour ensuite redonner des baisses d’impôt à la veille des élections. Le gouvernement de Philippe Couillard tente d’utiliser ce budget pour redorer son image, mais il continuera de limiter l’accès des citoyennes et des citoyens à des services publics de qualité », estime Christian Daigle, président général du SFPQ.

Parmi les promesses de ce budget, il y a la consolidation de l’expertise de l’État et une diminution de la dépendance aux entreprises privées dans certains domaines. Le gouvernement promet d’embaucher du personnel pour les ressources informatiques, des techniciens en travaux publics et des ouvriers pour recouvrir l’expertise dans la conception d’infrastructures routières et du déneigement des routes. « Ce n’est pas la première fois que le gouvernement Couillard nous annonce ces embauches, car nous l’avions prévu via des ententes lors de la dernière négociation. Québec tente depuis plusieurs années de recouvrer son expertise, mais n’est pas attractif sur le plan salarial. Qui voudra venir travailler au gouvernement du Québec pour un salaire moindre que dans le secteur privé ou un autre palier de gouvernement ? L’an dernier, le ministère des Transports a tenté d’embaucher du personnel pour déneiger les autoroutes de Montréal, mais n’a pas réussi en raison des conditions de travail inférieures. Si le passé est garant de l’avenir, cela s’annonce bien mal pour le recrutement à l’interne », signale monsieur Daigle.

Le SFPQ déplore que ce gouvernement ait choisi la vieille tactique de couper dans les services en début de mandat pour ensuite saupoudrer des baisses d’impôts. Bien que la volonté d’exiger des géants du web, comme Netflix, de percevoir la taxe de vente du Québec soit un pas dans la bonne direction, le gouvernement Couillard aurait pu faire preuve de plus d’audace en adoptant de nouvelles mesures pour financer adéquatement les services publics. Il aurait, par exemple, pu mettre en œuvre de nouvelles politiques fiscales pour récupérer les centaines de milliards détournés dans les paradis fiscaux, créer un régime entièrement public d’assurance médicaments ou encore économiser des centaines de millions de dollars en diminuant le recours à la sous-traitance dans le secteur de l’administration, du déneigement ou de l’informatique. « Le gouvernement de Philippe Couillard cherche à faire oublier l’austérité qu’il a lui-même imposée et qui a fait mal inutilement aux citoyennes et citoyens, en plus d’avoir malmené les travailleuses et les travailleurs des services publics qui offrent chaque jour ces services à la population », conclut monsieur Daigle.


Budget 2018-2019 : Manque d’ambition pour lutter contre les paradis fiscaux (Collectif Échec aux paradis fiscaux)

MONTRÉAL, le 29 mars 2018 - Le Collectif Échec aux paradis fiscaux dresse un bilan mitigé du budget du Québec 2018-2019, rendu public mardi dernier. En effet, à la suite du dévoilement du plan d’action gouvernemental contre les paradis fiscaux en novembre dernier, on se serait attendu à de nouvelles politiques plus ciblées pour garantir l’équité fiscale. Le budget propose malheureusement peu d’avancées dans la lutte contre les paradis fiscaux et cible des résultats en deçà des attentes de la population.

Par exemple, de nombreuses mesures annoncées dans le budget, comme l’amélioration de l’efficience du Registre des entreprises du Québec ou la bonification du programme de divulgation volontaire, sont nettement insuffisantes pour freiner le recours aux paradis fiscaux. Aussi, si le budget abolit certaines échappatoires fiscales, comme limiter le fractionnement du revenu, ces efforts restent insuffisants. « Si on se fie aux chiffres du gouvernement, qui nous semble d’ailleurs sous-estimer l’ampleur du problème, les paradis fiscaux font perdre annuellement au Québec près de 416 millions $. Or, les mesures annoncées dans le budget ne permettront de récupérer que 33,9 millions $ l’an prochain, et 225 millions $ sur 5 ans. Autrement dit, c’est à peine 8% des revenus perdus que le gouvernement prévoit récupérer l’an prochain. Ça manque clairement d’ambition ! », déplore Jason St-Amour, président de la Fédération des étudiante collégiale du Québec.

Quant à la taxation du commerce en ligne (la fameuse taxe Netflix), le Collectif salue la volonté de Québec d’avancer seul en dépit de l’inaction du gouvernement fédéral. Cela dit, une telle mesure demeure limitée et son application comporte de nombreux défis. Alors que Québec ne fait que renforcer l’obligation de percevoir la TVQ, il aurait fallu également viser l’imposition des revenus réalisés sur le territoire québécois par les géants du web. « Malgré les revenus importants qu’elles génèrent au Québec, les multinationales comme Netflix ne contribueront toujours pas à financer les services publics », se désole Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux.

Comme l’ont démontré les travaux de la commission des finances publiques, le gouvernement du Québec a entre ses mains plusieurs outils pour lutter contre les paradis fiscaux. Les gains obtenus permettraient d’améliorer de façon soutenue la qualité des services publics, au bénéfice de l’ensemble de la population québécoise. « Pour le Collectif, le gouvernement du Québec doit devenir un leader au sein du Canada et démontrer avec plus de détermination que lutter contre les paradis fiscaux est non seulement possible, mais bénéfique pour l’ensemble de la population », conclut Samuel-Élie Lesage, coordonnateur du collectif Échec aux paradis fiscaux.


Budget Leitão 2018 : Le réinvestissement en enseignement supérieur ne saurait pallier les promesses rompues de la ministre David (Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université)

MONTRÉAL, le 28 mars 2018 - La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) réserve un accueil modéré aux investissements supplémentaires de 173 millions de dollars pour l’année 2018-2019 consentis aujourd’hui aux universités québécoises par le ministre Leitão après une longue période d’austérité qui a conduit le corps professoral à une éprouvante surcharge. « Les sommes annoncées compensent à peine les compressions imposées aux fonds de fonctionnement des universités par ce gouvernement depuis le début de son mandat. Quant aux sommes consacrées aux immobilisations des universités dans le Plan québécois des infrastructures, soit 282 millions de dollars sur cinq ans, celles-ci demeurent également insuffisantes pour permettre l’entretien adéquat du parc immobilier universitaire, faisant craindre une hausse des virements des fonds de fonctionnement vers les fonds des immobilisations », souligne Jean-Marie Lafortune, président de la FQPPU.

Ce réinvestissement à saveur électoraliste ne saurait par ailleurs compenser le piètre bilan de la ministre responsable de l’Enseignement supérieur qui a trahi ses engagements en ce qui a trait notamment à la création d’un Conseil des universités et à l’encadrement de la rémunération et des indemnités versées aux hauts dirigeants universitaires. « Force est de constater que plutôt que de miser sur une plus grande transparence dans l’administration du réseau universitaire et une plus grande cohérence dans son développement, Mme David privilégie une gestion arbitraire et discrétionnaire du réseau universitaire et manifeste plus d’empressement à soutenir l’essor de son alma mater qu’à garantir l’équité de traitement entre les équipes de direction de tous les établissements », ajoute M. Lafortune.

Sur le plan de la recherche, Québec devrait aussi faire plus, alors que sa contribution au financement global des fonds destinés aux chercheurs universitaires québécois diminue constamment par rapport à ce que leur accorde le gouvernement canadien. « Les investissements supplémentaires de 20 millions de dollars accordés cette année aux Fonds de recherche du Québec sont bienvenus, mais il aurait été souhaitable de marquer un plus grand coup en cette matière, à l’heure où le Québec cherche à se distinguer en matière d’innovation et à renforcer son économie. L’orientation donnée aux activités de recherche par le financement est déterminante en regard de la maîtrise des leviers du développement et de la satisfaction des besoins de la population. Il est déplorable que le gouvernement du Québec baisse les bras en ce domaine », conclut M. Lafortune.


Budget du Québec 2018-2019 : Les aînés : parents pauvres ? (AQDR)

QUÉBEC, le 28 mars 2018 - L’Association québécoise de défense des droits des personnes retraités et préretraités (AQDR) accueille sans surprise un budget à saveur électorale touchant, par exemple, le transport collectif, le logement abordable, l’égalité homme-femme, l’éducation, l’équité fiscale, etc. Toutefois, il est regrettable que quatre ans d’austérité aient été nécessaires pour obtenir un budget qui réinjecte des fonds pour la qualité de vie des citoyens.

Alors que le gouvernement se félicite des modifications apportées au système de santé québécois, l’AQDR ne peut que constater leurs impacts depuis les quatre dernières années : le surmenage des infirmières, l’augmentation des temps d’attente, la difficulté d’accès à un médecin de famille, le manque de ressources pour les soins à domicile, etc. Les investissements de ce budget ne sont qu’une petite partie de ce qui a été sabré depuis quatre ans.

« Malgré une bonification du crédit d’impôt pour les proches aidants, celle-ci n’est pas à la hauteur de l’investissement humain que ces personnes consentent, souvent au détriment de leur propre qualité de vie ». (Judith Gagnon, présidente de l’AQDR)

Par ailleurs, l’apport important des organismes communautaires n’a pas été mentionné alors que les citoyens doivent souvent se tourner vers ces ressources de proximité pour conserver leur autonomie le plus longtemps possible.

« Dans ce budget, en dépit de leur sous-financement chronique, il n’y a pas de nouvelles ressources financières pour les nombreux organismes communautaires et les organismes de défense des droits du Québec ». (Judith Gagnon, présidente de l’AQDR)

De plus, considérant le poids démographique des aînés et leur apport à la société, il est regrettable de constater que les aînés ne sont toujours pas une priorité pour le gouvernement. Par exemple, alors que nous sommes en pénurie de main-d’œuvre, le gouvernement devrait améliorer ses actions en matière de maintien au travail. Le crédit d’impôt pour travailleurs d’expérience n’est pas suffisant et des mesures pour favoriser leur maintien à emploi devraient être mises en place.

C’est dans ce contexte que nous souhaitons que le Plan d’action « Vieillir et vivre ensemble chez soi dans sa communauté », annoncé pour bientôt, conduise rapidement à une véritable politique globale de vieillissement qui reconnait la participation sociale des aînés et améliore leur qualité de vie.


Des compressions qui laissent des traces (Coalition solidarité santé)

MONTRÉAL, le 27 mars 2018 - La Coalition solidarité santé ne lance aucune fleur au ministre Leitão à la lecture de son budget déposé cet après-midi à Québec.
La Coalition rappelle que depuis 2014, les budgets du ministre et de son gouvernement se sont suivis avec une constante : des augmentations inférieures au nécessaire requis pour assurer les services publics auxquels la population du Québec a droit. Et ce dernier budget ne fait pas exception à la règle, même si ses pourcentages d’augmentation peuvent sembler meilleurs.

Solidarité Santé rappelle l’état des lieux qu’elle traçait dans son bilan de l’année 2017, auquel il faut ajouter, selon elle, les nombreux cas médiatisés d’infirmières à bout de souffle obligées de faire des sit-in, et les intervenant.e.s et groupes communautaires qui reçoivent les débordements du réseau public et qui suppléent tant bien que mal au manque de services et de soutien.

« Des augmentations insuffisantes ne font pas disparaître par magie les besoins normaux existants », déclare Jacques Benoit, coordonnateur de la Coalition. « Cette insuffisance de ressources, année après année, a causé un alourdissement des problématiques partout, alourdissement qui ne se corrige pas en ajoutant tout à coup un zéro au montant inscrit dans les livres », explique-t-il. « Cessons de parler de chiffres et parlons des gens : des familles qui n’ont pas eu les services professionnels nécessaires à leur enfant et qui attendent depuis deux ans avec un diagnostic sans suivi, à un moment de leur vie où tout retard risque de les marquer pour longtemps, des personnes en perte d’autonomie dont la santé s’est détériorée par manque de services à domicile adéquats, des personnes handicapées qui n’ont pas les services requis ou qui se sont fait couper de moitié ce qu’elles avaient, de toutes ces personnes qui abandonnent leur emploi dans le service public avant d’y laisser leur santé physique et mentale… C’est ça qui est derrière les chiffres, et pour plusieurs, il n’y aura pas de retour en arrière », dit encore M. Benoit.

Rappelons que le ministre Leitão avait déjà annoncé en novembre des baisses d’impôt d’un milliard pour les particuliers, et il a ajouté aujourd’hui des baisses d’impôts de plusieurs centaines de millions pour les PME. La Coalition met ces décisions en lien avec ce que le premier ministre a répété à plusieurs reprises, à savoir que son gouvernement allait toujours continuer de dépenser moins que ses revenus. « Dès l’an prochain, ces baisses d’impôts vont se traduire par un manque de revenus pour le gouvernement, et le cycle des compressions va recommencer », ajoute Jacques Benoit. 

Le plan pour l’économie en santé du ministre des Finances annonce 195 M$ d’économies par année, pendant les cinq prochaines années, découlant des ententes avec l’industrie pharmaceutique. Cela fait bien rire M. Benoit. « Il n’y a pas de quoi se vanter : il aurait pu économiser plus de trois milliards par année en rendant entièrement public notre régime d’assurance médicaments. »

Lors de sa présentation, le ministre Leitão a dit que son budget améliorait la qualité de vie et la mobilité.

« Il avait raison sur au moins une chose : avec les récentes ententes salariales signées, il a amélioré la qualité de vie… des médecins. Maintenant, il ne lui reste qu’à souhaiter que la population oublie ses trois années d’austérité, sinon le 1er octobre prochain, c’est elle qui pourrait bien améliorer la mobilité de son gouvernement », conclut Jacques Benoit.


Culture et soutien à la presse écrite - Des investissements bienvenus, mais des mesures mal ciblées dans le budget provincial (FNC-CSN)

MONTRÉAL, le 27 mars 2018 - Les annonces en culture et en matière de soutien à la presse écrite laissent la Fédération nationale des communications — CSN (FNC-CSN) perplexe. Jugeant que les investissements ponctuels en culture n’auront peu ou pas d’effet structurant et durable, elle se réjouit tout de même de l’octroi de sommes nouvelles dans ce secteur longtemps ignoré. Du même coup, elle accueille plutôt favorablement les mesures de soutien à la presse écrite, mais les estime mal ciblés. La FNC-CSN croit que le gouvernement devait et doit toujours en faire bien davantage pour ces secteurs, souvent oublié et laisser pour compte.

Engagée dans une importante campagne pour le soutien à la presse écrite et à une information de qualité, la FNC-CSN se réjouit de l’annonce d’un coup de pouce additionnel de 65 M$ sur cinq ans. « Nos médias écrits en ont besoin et il est important que le gouvernement s’implique dans le soutien à ce secteur. Malheureusement, ces mesures ne répondent pas à la problématique urgente du maintien des emplois qui œuvrent à la production et la diffusion de contenus d’information » lance Pascale St-Onge, présidente de la FNC-CSN. La fédération juge qu’un soutien à la masse salariale incluant notamment les salles de nouvelles, et pas seulement les emplois liés au développement de technologies et d’applications numériques, aurait été préférable.

Alors que des fuites laissaient entrevoir un budget historique en matière de culture, la FNC‑CSN constate que ces investissements supplémentaires répondent à des besoins ponctuels et n’auront peu d’effet pérenne sur le fonctionnement et le développement. « C’est sûr que l’on ne peut pas refuser des sommes supplémentaires, mais il faut rappeler que les budgets de la culture, de Télé-Québec ou du réseau muséal stagnent depuis des décennies et qu’il faudra bien plus que du saupoudrage électoraliste pour les remettre à niveau. On voulait des engagements pour un rehaussement permanent du financement de la culture et malheureusement nous restons sur notre faim » déplore Pascale St-Onge.

L’organisation syndicale accueille toutefois favorablement l’annonce de l’application de la TVQ au contenu Web, comme Netflix, même si elle la juge incomplète en raison de l’exclusion des objets physiques achetés à l’étranger comme des livres et des CD. L’organisation syndicale réclamait depuis longtemps la fin de la disparité de traitement fiscal entre les grandes multinationales américaines et les producteurs de contenu québécois. « En ce sens, le provincial montre la voie à suivre au gouvernement fédéral, espérons que ce dernier comprenne le message et mette un terme à la complaisance fiscale » indique Pascale St-Onge.


Budget 2018-2019 - « Aucun engagement pour régler la crise chez les professionnelles en soins. » (FIQ)

MONTRÉAL, le 27 mars 2018 - « Le gouvernement nous répète depuis des semaines que les ratios professionnelles en soins/patients et la surcharge de travail du personnel de la santé est sa priorité, mais il n’y a rien dans ce budget qui traduit cette priorité. À part un énoncé flou sur l’organisation du travail dans le réseau de la santé, le ministre des Finances ne dit mot sur la détresse que vivent les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et les perfusionnistes cliniques. Comme on dit, le flou mène au flou. » C’est en ces termes que la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-FIQ, Nancy Bédard, a réagi aujourd’hui au dépôt du Budget 2018-19 par le ministre des Finances, Carlos J. Leitão.

20 millions de dollars pour les IPS

La FIQ a tenu à souligner l’engagement du gouvernement d’investir 20 millions de dollars pour l’ajout d’infirmières praticiennes spécialisées pour améliorer l’accès aux soins de santé de première ligne. « C’est une bonne nouvelle, mais nous demeurons sur nos gardes. L’argent a beau être là, si rien n’est fait sur le terrain pour laisser les IPS exercer pleinement, ça ne changera rien. Les exemples du passé nous démontrent qu’il y a encore beaucoup de résistance pour changer les façons de faire », a poursuivi Nancy Bédard.

Finalement, la FIQ accueille de façon mitigée la croissance des dépenses en santé. « On ne peut qu’être contentes que les dépenses en santé soient enfin augmentées à un niveau acceptable. On peut se réjouir, pour les patients et les professionnelles en soins, que les années d’austérité soient terminées. Néanmoins, on n’a pas le choix de rappeler que ces augmentations ne répareront jamais les dégâts causés ces dernières années. Tout ce qu’on peut constater, c’est que ce gouvernement a coupé, coupé, coupé ces dernières années pour s’offrir un budget électoraliste à six mois des élections. Comment ne pas être cynique ? », a conclu Nancy Bédard. 


Budget 2018-2019 : l’Union étudiante du Québec salue la compensation financière du stage final en enseignement

QUÉBEC, le 27 mars 2018 - L’Union étudiante du Québec (UEQ) se réjouit que la compensation financière du 4e stage en enseignement soit finalement inscrite dans le budget du Québec 2018-2019. En effet, forte d’un consensus de tous les partis politiques de l’Assemblée nationale, la compensation financière du 4e stage en enseignement est une revendication du mouvement étudiant universitaire depuis plus d’une dizaine d’années.

De plus, l’UEQ félicite la mobilisation de la campagne de revendications et d’actions interuniversitaires pour les étudiants en enseignement en stages (CRAIES) et de tous les stagiaires du Québec. Elle tient aussi à remercier le travail de ses partenaires, des différentes formations politiques et des syndicats du milieu de l’enseignement.

Enfin, l’Union étudiante suivra assidûment l’étude des crédits sur cette question et continuera ses représentations auprès de Mme Hélène David afin de s’assurer des modalités d’application de cette compensation financière. Elle continuera sa réflexion plus large sur les stages, notamment sur la condition des stagiaires en travail social et des futures sages-femmes. Cette réflexion s’intéressera particulièrement aux conditions des stages dans les milieux traditionnellement occupés par des femmes.

Faits saillants :

- Les 3900 stagiaires en enseignement recevront une compensation financière pour leur 4e stage.

- Les stagiaires en enseignement du Québec seront les premiers au Canada à bénéficier d’une compensation financière pour leur 4e stage.

- Le budget prévoit 15 millions de dollars par année pour les futurs enseignants, récurrents sur 5 ans

Citations :

« L’UEQ est satisfaite que le gouvernement reconnaisse enfin la précarité des étudiantes et des étudiants en enseignement. Ceci dit, nous suivrons avec assiduité l’étude des crédits afin de s’assurer que les modalités de cette compensation répondent bien aux besoins étudiants. » Simon Telles, président de l’Union étudiante du Québec.

« Nous tenons à reconnaître l’appui de nos partenaires au cours de cette campagne. L’annonce d’aujourd’hui n’aurait pas été possible sans la mobilisation des stagiaires en enseignement, de l’appui unanime des partis de l’opposition ainsi que du soutien des ailes jeunesse des partis politiques. », Antoine Côté, porte-parole de la CRAIES.

« Il faut souligner l’écoute et l’attention dont Mme Hélène David a fait preuve face à cet enjeu. Nous sommes heureux que la collaboration nécessitée par la compensation de l’internat en psychologie ait su trouver écho cette année et a permis cette avancée significative pour les futurs enseignantes et enseignants. », Simon Telles, président de l’Union étudiante du Québec.


Budget du Québec 2018 - Pour la FSSS-CSN, rien de sérieux pour régler les problèmes

MONTRÉAL, le 27 mars 2018 - Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), le budget du Québec 2018 ne livre pas la marchandise. En santé et services sociaux, le gouvernement Couillard arrive de peine et de misère à offrir une pause à l’austérité seulement pour l’année électorale, pour mieux nous replonger dans l’austérité permanente dès l’an prochain. Dans les services de garde, le gouvernement s’entête à favoriser les services de garde non subventionnés au détriment de la qualité des services aux enfants.

Pour la FSSS-CSN, le dernier budget du gouvernement Couillard n’apporte aucune mesure structurante pour régler les problèmes vécus par la population et le personnel du réseau de la santé et des services sociaux et du réseau des services de garde éducatifs à l’enfance.

Santé et services sociaux : un manque d’ambition pour le personnel et les patient-es

- Dans une étude parue récemment, nous chiffrons le manque à gagner dans le financement des établissements du réseau entre 5 et 7 milliards de dollars seulement pour les quatre dernières années. Avec une croissance des investissements de 4,6 % en santé et services sociaux en 2018-2019, le gouvernement fait le choix de ne pas réparer les dégâts des dernières années. Cette pause de l’austérité n’est que momentanée, puisqu’il prévoit nous ramener dans un scénario d’austérité permanente avec un taux de croissance de seulement 4 % pour les années suivantes. Rappelons qu’un tel taux de croissance ne permet pas de tenir compte du vieillissement et de la croissance de la population, ni de la priorité d’améliorer l’accès aux services.

- Tout porte de plus à croire que les hausses de rémunération consenties aux médecins continueront de peser lourd sur le financement des établissements du réseau. Loin d’être contrôlée, la rémunération des médecins continue de prendre une part disproportionnée sur les investissements en santé, ce qui aura pour conséquence de maintenir la pression sur le personnel et les patientes et patients.

- Alors que le Québec cumule un retard important dans l’offre de soins à domicile, le budget 2018 rate à nouveau le bateau. L’IRIS évaluait à 4 milliards de dollars les ajouts nécessaires pour faire le tournant nécessaire vers les soins à domicile, ce qui est bien loin des montants du budget.

Les services sociaux continuent d’être boudés par le gouvernement Couillard. Les crédits affectés aux programmes pour les jeunes en difficulté et pour la santé mentale sont majorés de moins de 2 %. Il faut donc s’attendre à voir de nouvelles coupes de services dans ces secteurs clés.

« Ce budget lance un message sans ambiguïté. Le gouvernement Couillard baisse les bras. Il refuse d’agir en profondeur pour régler les problèmes du réseau. Non seulement, il ne fait rien pour atténuer les effets de la réforme Barrette, il nous propose maintenant un horizon d’austérité permanente, notamment en raison des baisses d’impôts. S’il avait vraiment voulu s’attaquer à l’épuisement du personnel, il aurait fallu qu’il agisse sur la rémunération médicale, sur le médicament et qu’il investisse davantage pour réparer les dégâts qu’il a causés depuis 2014. Ce que le gouvernement Couillard nous propose avec les élections qui approchent, c’est de laisser le personnel en surcharge constante », explique Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

Services de garde éducatifs : l’entêtement libéral se poursuit

Avec une hausse de financement du budget des services de garde subventionnés de 3,9 %, le budget 2018 ne permettra pas de réparer les pots cassés dans le domaine des services de garde éducatifs, ni de soulager l’alourdissement du personnel et de combler le manque de places pour les familles. De plus, le gouvernement continue de tout faire pour favoriser le développement de garderies privées au détriment du réseau des CPE et des services de garde en milieu familial régis.

« Derrière le prétexte du libre choix, le gouvernement favorise le développement des garderies privées. Il fait le choix de la marchandisation des services de garde au détriment de la qualité des services à nos enfants », lance Dany Lacasse, vice-président de la FSSS-CSN.


Budget du Québec 2018-2019 - Des investissements encore insuffisants pour soutenir la mission éducative sur tout le territoire du Québec (FNEEQ)

MONTRÉAL, le 27 mars 2018 - Malgré le rehaussement du financement consenti par le ministre Leitão lors de son dernier budget, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) considère que la situation demeure préoccupante. Même si, cette année, le budget dépasse le taux de croissance minimal pour assurer l’offre de services, la FNEEQ-CSN tient à rappeler que ce « redressement » a été financé par des années de compressions budgétaires qui ont exigé une réduction des services des établissements d’enseignement. Les réinvestissements annoncés sont donc loin de suffire à combler les déficits accumulés.

La FNEEQ-CSN tient à réitérer l’importance d’un investissement public adéquat en éducation. Les restrictions budgétaires des récentes années ont eu des conséquences négatives sur l’offre de cours, sur le soutien offert aux étudiantes et aux étudiants, sur les conditions d’enseignement, de travail et d’apprentissage. À chaque exercice budgétaire, tous les ordres d’enseignement composent avec ce sous-financement et les véritables perdants sont les étudiantes et les étudiants qui cheminent, de l’école primaire jusqu’à l’université, dans des milieux de vie de plus en plus affaiblis et désavantagés.

Pour Jean Murdock, président de la FNEEQ-CSN, l’enveloppe globale des crédits alloués aux cégeps doit être suffisante pour répondre adéquatement aux besoins de l’enseignement collégial. Au cours des dernières années, le financement a été déterminé par le Conseil du trésor en fonction de politiques gouvernementales en matière de finances publiques, telles que le déficit zéro et la « rigueur budgétaire », plutôt qu’en fonction d’une évaluation des besoins pour assurer l’accessibilité à une formation collégiale de qualité et un soutien adéquat aux étudiants.

« L’attitude du gouvernement actuel est d’autant plus troublante que nous sommes dans une période de décroissance des effectifs qui requiert une volonté politique du gouvernement de préserver le réseau collégial et de maintenir une offre de programmes variée dans toutes les régions du Québec. L’approche strictement comptable du ministre Leitão ne peut pas être identifiée à une vision du développement de l’éducation, » souligne Jean Murdock.

C’est la même préoccupation pour le sous-financement des établissements universitaires qui multiplient la tarification des services et qui s’arrachent les étudiantes et les étudiants dans une concurrence malsaine sur le « marché des clientèles » nationales et internationales. Pour Jean Murdock, le désengagement des dernières années a été dommageable pour le développement des universités. « En ce qui concerne la nouvelle formule de financement annoncée par le ministre Leitão, nous allons attendre d’avoir plus de détails avant de nous prononcer, » souligne-t-il.

« Après toutes ces années de compressions budgétaires, les efforts du gouvernement ne nous convainquent pas à la veille des élections de l’automne que l’éducation et les services publics sont une priorité pour ce dernier. Si le gouvernement veut vraiment faire de l’éducation une priorité, nous l’invitons à consulter les enseignantes et les enseignants pour avoir ainsi une réelle idée des besoins nécessaires à sa réalisation, » conclut le président de la FNEEQ-CSN.


Budget 2018-2019 : Une autre occasion ratée de s’attaquer au scandale de la pauvreté (Collectif pour un Québec sans pauvreté)

QUÉBEC, le 27 mars 2018 - Avec son dernier budget avant l’échéance électorale, le gouvernement fait pleuvoir les milliards sur les réseaux de la santé et de l’éducation afin de maquiller son bilan. « Cet effort tardif et insuffisant ne fera pas oublier les années d’austérité et de compressions budgétaires qui ont asphyxié les services publics et les programmes sociaux », lance le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Serge Petitclerc.

« Pire, le gouvernement va jusqu’à consacrer 2 milliards $ par année au remboursement de la dette en pigeant dans le Fonds des générations, ce qui démontre sa réelle priorité, poursuit Serge Petitclerc. Ces choix budgétaires confirment l’incurie du gouvernement pour qui la lutte à la pauvreté ne représente qu’une lointaine préoccupation. Le budget 2018-2019 recycle des annonces déjà connues et ne réserve aucune surprise pour les personnes en situation de pauvreté du Québec. » 

Toujours selon Serge Petitclerc, « le contexte de ce budget était propice pour mettre en place des mesures toutes simples qui auraient pu faire une grande différence dans la vie des gens. Plus aucun prétexte ne tient la route et il est urgent de s’attaquer à un scandale qui perdure : 760 000 personnes ne couvrent toujours pas leurs besoins de base alors que le Québec traverse une période de croissance économique sans précédent, avec un taux de chômage très bas et des finances publiques prétendument en ordre. »

Parmi les mesures urgentes qui auraient demandé peu d’investissements et revendiquées par le Collectif pour un Québec sans pauvreté, notons :

1- L’accélération de la mise en œuvre du « revenu de base »

Le Collectif et divers groupes sociaux ont reconnu que l’instauration d’un « revenu de base » pour les personnes avec contraintes sévères à l’emploi représentait un pas dans la bonne direction. Le gouvernement reconnaît enfin que le seuil de la mesure du panier de consommation (MPC) est une cible à atteindre pour permettre aux gens d’au moins couvrir leurs besoins de base (18 029 $ par année pour une personne seule). Mais pourquoi attendre jusqu’à 2023 pour que le « revenu de base » atteigne, pour les personnes admissibles, la cible de la MPC ? Et pourquoi imposer un purgatoire de 72 mois aux personnes avec contrainte sévère avant d’y avoir droit ?

2- L’augmentation du revenu de toutes les personnes assistées sociales

Le plan de lutte à la pauvreté déposé le 10 décembre dernier prévoit une bonification minime du revenu des personnes assistées sociales sans contraintes à l’emploi. En 2021, leur revenu disponible n’atteindra que 55 % de la MPC (9 929 $ par année). Pourquoi condamner ces personnes à ne couvrir que la moitié de leurs besoins de base ?

3- L’abandon des sanctions prévues par le programme Objectif emploi

Dans moins d’une semaine, le 1er avril, le programme Objectif emploi entrera en vigueur. Les personnes faisant une première demande d’aide sociale et jugées sans contraintes à l’emploi seront obligées d’y participer. Celles qui ne répondront pas aux exigences du programme verront leur prestation de base de 633 $ amputée d’un montant pouvant aller jusqu’à 224 $. Pourquoi le gouvernement croit-il que de condamner des personnes à vivre avec une prestation mensuelle de 409 $ les aidera à sortir de la pauvreté ?

4- La fin du détournement des pensions alimentaires pour enfants

Encore aujourd’hui, les pensions alimentaires pour enfants sont considérées comme un revenu des personnes qui reçoivent de l’aide sociale ou bénéficient de différents programmes gouvernementaux. Résultat : un détournement des pensions alimentaires pour faire des économies de bout de chandelle sur le dos des plus pauvres. Le gouvernement refuse de mettre fin à cette injustice, malgré une motion unanime de l’Assemblée nationale adoptée en novembre 2012.


Budget 2018-2019 en santé et services sociaux : réinvestissements bienvenus mais cibles floues, s’inquiète l’APTS

QUÉBEC, le 27 mars 2018 - « En santé et services sociaux, les réinvestissements annoncés ne couvriront pas les compressions massives effectuées au cours des dernières années, souligne la présidente de l’APTS, Carolle Dubé. Celles-ci ont été effectuées sur le dos des patients et du personnel. Il n’est pas inutile de le rappeler, alors que le gouvernement saupoudre des milliards de dollars dans toutes les directions, à quelques mois des prochaines élections. Nous aurions d’ailleurs aimé voir des mesures chiffrées pour faire face à la détresse du personnel du réseau de la santé et des services sociaux et notamment des femmes, qui composent la majeure partie des effectifs en santé. À l’avenir, l’APTS aimerait d’ailleurs que le gouvernement tienne compte de l’impact de ses mesures budgétaires sur le personnel féminin. »

L’APTS salue les investissements en services à domicile, en santé mentale, en hébergement et pour les jeunes en difficultés, entre autres, mais s’inquiète du flou entretenu sur la façon dont seront dépensés les fonds. « Cet argent ira-t-il en ajout de personnes physiothérapeutes, travailleuses sociales, ergothérapeutes et éducatrices, entre autres, comme le ministre Barrette nous l’a clairement indiqué lors de notre rencontre du 19 mars dernier ? Si c’est le cas, pourquoi ne pas l’avoir spécifié, demande la présidente ? Ce manque de précision n’est pas rassurant. Nous surveillerons de près l’application concrète de ces mesures. »

Encore une fois, la prévention est le parent pauvre du financement en santé. « Le gouvernement annonce des sommes nettement insuffisantes alors que toutes les études démontrent, hors de tout doute, que les investissements en prévention sont payants, se désole Carolle Dubé. Ils permettent de désengorger les hôpitaux et aux personnes âgées de demeurer plus longtemps à la maison. »

Poursuite de la déconstruction du réseau

Par ailleurs, l’APTS se désole de voir le gouvernement poursuivre son virage vers les GMF et le financement à l’activité. « Les GMF sont des entités privées, gérées par et pour des médecins, contrairement aux CLSC, qui peuvent compter sur des équipes pluridisciplinaires, pour le plus grand bien des patients », ajoute la présidente. Et le financement axé sur les patients, ou financement à l’activité, comporte des risques importants, notamment celui de placer les établissements en concurrence les uns avec les autres. « Ce type de financement encourage les établissements à se concentrer sur les activités les plus « payantes », au détriment des services sociaux, entre autres », de conclure Carolle Dubé.


Réaction de la FTQ au budget 2018 du gouvernement Couillard - « Tout pour tenter de faire oublier les mesures d’austérité ! » - Daniel Boyer, président de la FTQ

MONTRÉAL, le 27 mars 2018 - La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) réagit à ce nouveau budget du ministre des Finances, Carlos Leitão, avec une certaine appréhension. « Malgré les montants substantiels annoncés en santé, en éducation et dans les programmes sociaux, cela comble à peine les milliards de dollars coupés par les libéraux au fil des ans dans ces mêmes programmes. Si, en cette année électorale, le financement des coûts de programmes atteint presque 5 %, tout ça retombe à moins de 3 % les années suivantes. Cela fait en sorte que ces secteurs restent sous-financés, pourtant l’argent est là. Par ailleurs, il est consternant de voir le gouvernement Couillard s’entêter à financer le Fonds des générations, de l’argent qui serait plus utile dans les services publics », déclare le président de la FTQ, Daniel Boyer.

S’il faut se réjouir de la mise en œuvre des annonces des investissements, par exemple en culture, dans la transformation numérique de la presse écrite, en environnement et pour la transition énergétique, il faut cependant espérer que le financement suivra au fil des ans et que ce n’est pas uniquement une opération électorale à l’approche du scrutin.

La Stratégie nationale de la main-d’œuvre 2018-2023 : des investissements conséquents

La FTQ salue l’intention du gouvernement d’investir 810 M$ sur 5 ans, dont 277 M$ qui seront consacrés au développement d’une main-d’œuvre compétente. « Le Québec est confronté à des défis de taille, notamment à la numérisation de l’économie. Les perspectives de croissance économique sont très intéressantes, mais celle-ci doit permettre de créer des emplois de qualité pour tous et toutes et non pour une minorité d’individus ayant des compétences élevées. Les mesures gouvernementales proposées offriront de meilleures chances d’emploi à tous et à toutes », déclare Daniel Boyer. Reste à connaître les détails de cette stratégie qui sera ultérieurement dévoilée.

Obligation de percevoir la TVQ : un pas vers une plus grande équité fiscale

La FTQ se réjouit que le gouvernement ait vraiment tenu ses promesses d’assurer l’équité fiscale entre les grandes multinationales de l’économie numérique et les entreprises nationales. « Il s’agissait d’une situation totalement injuste : en n’obligeant pas ces entreprises à percevoir les taxes à la consommation, ces multinationales, pour la plupart américaines, disposaient d’un avantage concurrentiel indu. Il faudra cependant voir comment Québec mettra en œuvre cette taxe », mentionne le président.

Les régions ont été entendues

Plusieurs mesures annoncées auront un impact structurant sur le tissu industriel des régions. Des sommes seront notamment investies dans la diversification économique et le renforcement des secteurs forestier et minier au cours des cinq prochaines années. Plusieurs projets d’infrastructures (réfection des aéroports régionaux, prolongement de la route 138, etc.) dynamiseront assurément les différentes régions du Québec.

Un allégement fiscal pour les PME : pour soutenir la création d’emplois

La FTQ a toujours été préoccupée par le déséquilibre qui existe entre les PME et les grandes entreprises en ce qui a trait aux cotisations sociales. La centrale accueille favorablement les mesures visant à réduire le fardeau fiscal des PME. Toutefois, il aurait été préférable que le gouvernement n’emprunte pas la voie d’une baisse de la cotisation au Fonds des services de santé (FSS), car celle-ci finance un secteur névralgique du Québec, la santé. La FTQ aurait souhaité une hausse de la contribution des grandes entreprises ayant une plus grande capacité de payer pour contrebalancer cette baisse. « Les PME sont au cœur du processus de création d’emplois et participent à la modernisation et à la revitalisation du tissu économique dans toutes les régions du Québec. Il est important de préserver la vitalité des PME et leurs capacités concurrentielles », conclut le président.


Après avoir pris d’une main - ferme - pendant près de quatre ans - Le gouvernement Couillard redonne - mollement - de l’autre aujourd’hui (CSD)

QUÉBEC, le 27 mars 2018 - Le cinquième budget Leitao est présenté comme celui qui va redonner confiance en l’avenir. « À la place du gouvernement Couillard, je souhaiterais aussi que les Québécoises et les Québécois se tournent vers l’avenir et oublient les quatre derniers budgets. Ces budgets qui ont contribué à rendre leurs services publics et leurs programmes sociaux moins accessibles, ceux qui ont dégradé les conditions de travail dans les réseaux de la santé et de l’éducation au point de pousser leurs salarié-e-s au bout de leur rouleau, ceux qui ont causé des drames dans les familles qui n’ont pu recevoir l’assistance dont elles avaient besoin. Malheureusement, les années d’austérité ne s’effacent pas aussi facilement », de déclarer Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

La lutte aux inégalités n’est pas non plus à l’ordre du jour de ce budget. Nous en voulons pour exemple le fait que la croissance du PIB se soit améliorée de 114 % entre 2016 et 2017 (passant de 1,4 % à 3,0 %) alors que la progression du salaire horaire moyen, elle, n’a été que de 31 % (passant de 2,2 % à 2,9 %). La croissance économique a clairement profité davantage à d’autres personnes que les salarié-e-s du Québec.

D’autres déceptions

Si rendre obligatoire la perception de la taxe de vente sur les services et les biens immatériels vendus depuis l’étranger est une avancée intéressante - qu’il était plus que temps de faire -, le gouvernement annonce pratiquement qu’il fera le minimum du côté de la lutte aux paradis fiscaux. On retrouve les mots « lutter contre le recours aux paradis fiscaux » dans le discours du budget, mais ça s’arrête à peu près là. Le gouvernement n’ira donc pas chercher les revenus fiscaux qui lui échappent depuis trop longtemps. « Le gouvernement Couillard ne change malheureusement pas sa réponse décevante au rapport unanime de la Commission des finances publiques sur le recours aux paradis fiscaux, il se prive de revenus qui seraient extrêmement bienvenus pour réellement réparer les dégâts de ses politiques d’austérité », a poursuivi Luc Vachon.

Le financement des organismes communautaires autonomes n’est pas non plus substantiellement revu, il continue de souffrir des 15 années de non-indexation et ce ne sont pas les quelques millions de dollars disséminés ici et là dans ce budget qui vont contribuer au rattrapage absolument nécessaire. À une époque où le gouvernement compte de plus en plus sur ces organismes pour rendre des services à la population, c’est une attitude particulièrement insensible de sa part.

Quelques bonnes nouvelles

Le financement des musées pour qu’ils puissent offrir des visites gratuites un dimanche par mois nous semble une bonne initiative pour inciter les Québécoises et les Québécois à visiter leurs musées et pour faciliter la transmission de la culture.

Du côté de la future politique bioalimentaire, on peut souhaiter que favoriser une offre alimentaire québécoise, plus saine et plus locale va permettre de contrebalancer l’offre de produits bon marché venus de l’étranger et ainsi permettre de protéger et développer les emplois dans ce secteur au Québec.

Le nouveau crédit d’impôt pour permettre aux PME de libérer du temps pour que leurs employés aillent se former et développer leurs compétences professionnelles est une excellente nouvelle en cette ère de transformation numérique de l’économie. « Lors des rencontres prébudgétaires, nous avons fait valoir qu’il était primordial que les salarié-e-s aient accès à la formation continue pour éviter dans la mesure du possible qu’ils soient déclassés par les changements en cours », de relater Luc Vachon.

Par contre, nous n’avons pas de félicitations à faire au ministre Leitao pour l’allègement du fardeau fiscal des PME qu’il poursuit d’un budget à l’autre. L’idée - fausse - derrière cet allègement est que ça va permettre de stimuler les investissements des entreprises. « L’impôt des sociétés est en baisse depuis de nombreuses années au Québec et les entreprises n’ont pas investi les sommes économisées pour autant. Elles préfèrent faire de l’épargne, voire de la surépargne, en accumulant des actifs liquides considérables, évalués à près de 100 milliards de dollars pour le Québec seulement en 2013 » d’expliquer Luc Vachon. Ces actifs liquides constituent un véritable trésor sur lequel les entreprises non financières s’assoient plutôt que d’investir et alimenter le cercle vertueux de la croissance que le ministre Leitao pense avoir enclenché grâce à sa « bonne gestion des finances publiques ».


Réaction de la CSQ au budget 2018-2019 - L’éducation n’est pas un bonbon électoral

QUÉBEC, le 27 mars 2018 - « L’éducation doit être une priorité nationale à temps plein, pas seulement en année électorale. Est-ce que ça prend des élections chaque année pour s’assurer d’avoir un réinvestissement dans les services publics, notamment en éducation et en santé ? Il y a beaucoup de réchauffé dans ce budget. L’exercice est loin de nous faire oublier tout le dommage causé en début de mandat. »

Voilà la réaction de la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, au budget 2018-2019 présenté aujourd’hui par le ministre des Finances, Carlos Leitao.

Éducation et enseignement supérieur : un financement en montagnes russes

Si le budget Leitao prévoit une hausse de l’enveloppe du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de 5 % en 2018-2019, la CSQ constate que, rapidement, les budgets reviennent, au cours des prochaines années, à des niveaux tout juste suffisants pour couvrir les coûts de système.

« Il faut agir de façon récurrente pour l’éducation, pas seulement en fin de mandat, à l’approche des élections. L’amélioration des conditions d’exercice du personnel, notamment les profs qui le réclament avec le mouvement Agissons, ne se construit pas avec une hausse momentanée du financement de l’éducation. C’est d’ailleurs pour cela qu’on s’est fait entendre ce matin, à l’entrée du budget », poursuit Louise Chabot.

Parmi les nouveaux investissements annoncés, la CSQ voit d’un bon œil les sommes allouées pour le quatrième stage des futurs enseignants, qui s’élèvent à 15 millions de dollars cette année, une mesure réclamée depuis une décennie.

Par ailleurs, elle accueille positivement les sommes annoncées pour la mise en place du plan d’action numérique en éducation. Elle jugera toutefois de cette mesure lorsque le plan sera présenté et détaillé.

En enseignement supérieur, le budget prévoit une croissance des dépenses de 4,4 % pour le réseau collégial. Ces sommes sont bienvenues, considérant les lourdes compressions subies en début de mandat dans ce secteur, et la CSQ attend toujours de pied ferme le nouveau mode de financement des cégeps.

Santé et services sociaux : rien de concret

Avec une croissance des dépenses de santé et services sociaux de 4,6 %, le budget octroie tout juste les ressources requises pour financer les coûts de système, mais ne répond en rien à la crise vécue par le personnel infirmier : « Nous pouvions nous attendre à un grand coup de barre de la part du gouvernement pour soulager le personnel et ainsi améliorer les services à la population. Or, le budget mentionne uniquement que diverses mesures seront mises en place pour répondre à la problématique d’organisation du travail. Il semble qu’il faudra attendre d’autres annonces préélectorales pour en connaître la teneur. C’est déplorable ! »

Petite enfance : un budget bien silencieux

La CSQ dénonce que le budget ne contienne aucune mesure permettant de soutenir le réseau public éducatif à la petite enfance. Le budget confirme l’annonce d’hier concernant la majoration de l’aide financière accordée aux familles bénéficiant de l’aide sociale. La Centrale salue cette mesure qui favorise l’égalité des chances pour les tout-petits. Par ailleurs, elle dénonce fermement le fait que le gouvernement Couillard favorise une fois de plus les garderies privées en haussant les dépenses admissibles au crédit d’impôt pour garde d’enfant.

Main-d’œuvre : timide sur la formation

Le budget prévoit une série de mesures visant à répondre aux défis du marché du travail. La CSQ voit d’un bon œil les initiatives visant la participation des personnes immigrantes et des travailleurs expérimentés, mais déplore la timidité des mesures pour la formation.

« Ce budget électoral, alimenté par une croissance économique particulièrement forte, ne doit pas nous faire oublier que ce gouvernement a priorisé les baisses d’impôt et le remboursement de la dette en accéléré, qui nous priveront au cours des prochaines années de milliards de dollars. Ces sommes auraient pourtant été nécessaires afin de redonner à la population des services de qualité et, au personnel, des conditions de travail plus humaines », conclut Louise Chabot.


Budget 2018-2019 et expertise du gouvernement - Le gouvernement commence enfin à comprendre, mais les belles intentions doivent se concrétiser (SPGQ)

QUÉBEC, le 27 mars 2018 - Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) accueille favorablement certains éléments du budget présenté par le ministre des Finances, M. Carlos Leitão.

« Notre message commence à être compris. Le SPGQ salue l’intention du gouvernement de consolider son expertise interne, notamment dans la maîtrise des technologies qui soutiennent les services publics », souligne Richard Perron, président du SPGQ.

De plus, le gouvernement se dotera d’une Vision immobilière 2018-2023 pour la construction et la gestion des bâtiments publics, comme le demandaient le Vérificateur général et le SPGQ, qui y représente le personnel professionnel. L’expertise interne de la Société québécoise des infrastructures (SQI) en matière de gestion immobilière et des projets d’infrastructures publiques sera renforcée : une bonne nouvelle pour les contribuables québécois, selon le SPGQ.

Par ailleurs, le programme Immigration, Diversité et Inclusion voit son budget passer de 57,2 à 74,9 millions $, soit une augmentation de 31 %. « C’est bien, mais il faut faire plus pour combler nos besoins en main-d’œuvre et intégrer les immigrants, compte tenu des coupes budgétaires des dernières années au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion », indique M. Perron.

Aussi, l’annonce du gouvernement d’investissements additionnels en transport collectif et dans le réseau routier de 6,3 milliards $ dans le Plan québécois des infrastructures 2018-2028 pose la question de l’insuffisance de l’expertise interne dans l’octroi et la gestion des contrats publics. Depuis plusieurs années, le SPGQ tire la sonnette d’alarme sur l’augmentation substantielle des coûts reliés à la sous-traitance et sur les effets de la perte d’expertise interne sur la qualité et le contrôle des coûts des services publics.

La commission Charbonneau, le Vérificateur général et le Protecteur du citoyen se sont tour à tour prononcés sur le sujet. Ils ont conclu qu’en sabrant l’effectif pour réduire le coût des dépenses, le gouvernement du Québec a atrophié l’expertise de la fonction publique, ce qui a constitué un terreau fertile pour la collusion et la corruption, et a provoqué une hausse de plus en plus importante des coûts des services sous-traités et de la dépendance de l’État envers les firmes privées.

En fait, de 2010-2011 à 2016-2017, le gouvernement a dépensé en moyenne 1,922 milliard $ en contrats de service externe en comparaison avec 1,398 milliard $ dans la masse salariale du personnel professionnel de ses ministères et organismes, soit 37,5 % de plus ! « Il est plus que temps d’inverser cette tendance toxique pour les finances publiques », mentionne le président du SPGQ.

L’unité fonction publique du SPGQ vient de signer une entente de principe avec le gouvernement qui constitue un pas dans la bonne direction pour la reconnaissance, la mobilisation et la rétention de l’expertise interne. La mise en place prochaine d’un comité chargé d’étudier l’équité salariale externe du personnel professionnel du gouvernement avec celui des autres secteurs publics constitue une reconnaissance de la problématique par le gouvernement du Québec.

Pour réduire l’écart de 23% de la rémunération du personnel professionnel de l’État avec les autres secteurs publics (universitaire, municipal, fédéral, un travail important reste à faire pour parvenir à des résultats tangibles et permettre à la fonction publique de redevenir « un employeur qui se démarque dans un contexte de rareté de l’expertise », comme le souhaite le Secrétariat du Conseil du trésor.

Enfin, « la validation du budget préélectoral par le Vérificateur général est une bonne mesure allant dans le sens d’une plus grande transparence. Cependant, cela ne compense en rien l’absence d’un directeur parlementaire du budget aussi à Québec, comme le réclame le SPGQ depuis 5 ans », conclut Richard Perron.


Budget Québec 2018-2019 - Un Budget qui continue à favoriser les garderies commerciales non subventionnées

MONTRÉAL, le 27 mars 2018 - L’Association québécoise des CPE (AQCPE) constate qu’après avoir permis la création de près de 20 000 places en garderies à but lucratif non subventionnées depuis le début de leur mandat,1 les Libéraux continuent de favoriser ce modèle, qu’ils priorisent depuis 2003.2 En effet, en augmentant le plafond des frais admissibles au crédit d’impôt remboursable pour les parents dont l’enfant fréquente une garderie à but lucratif non subventionnée, le gouvernement continue d’encourager des milieux qui offrent les pires niveaux de qualité, selon l’étude Grandir en qualité publiée par l’Institut de la statistique du Québec.3

Le gouvernement doit maintenant faire la démonstration que cette nouvelle subvention indirecte aux milieux de garde non subventionnés contribuera à l’amélioration substantielle de la qualité. En adoptant le projet de loi 143 sur la qualité des services éducatifs, le gouvernement a promis aux parents que tous les enfants du Québec auraient droit au même niveau de qualité éducative. Le temps est venu d’honorer cette promesse.

Accès des enfants issus de milieux défavorisés

Par ailleurs, l’AQCPE salue la mesure qui a été annoncée hier par le ministre de la Famille, monsieur Luc Fortin, à l’effet d’investir un total de 95 millions $ sur cinq ans afin d’accroître l’accès des enfants issus de milieux défavorisés aux services de garde éducatifs subventionnés.

Augmentation des coûts de système

Le Budget montre en outre que le ministère de la Famille financera l’augmentation des coûts du système, incluant les augmentations salariales des CPE et des bureaux coordonnateurs de la garde en milieu familial. Nous devrons par ailleurs attendre la publication des règles budgétaires pour en confirmer le détail.

1- Ministère de la Famille, Création de places en services de garde, en ligne : https://www.mfa.gouv.qc.ca/fr/services-de-garde/portrait/places/Pages/index.aspx

2- Ministère des Finances, Plan budgétaire 2008-2009, p. E8, en ligne : http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/2008-2009/fr/documents/pdf/PlanBudgetaire.pdf

3- GINGRAS, Lucie, Amélie LAVOIE et Nathalie AUDET (2015). Enquête québécoise sur la qualité des services de garde éducatifs - Grandir en qualité 2014, Québec, Institut de la statistique du Québec, tomes 1 et 2, en ligne : http://www.grandirenqualite.gouv.qc.ca/resultat-2014.htm


Budget 2018 - Le mirage des libéraux (CSN)

QUÉBEC, le 27 mars 2018 - Le réinvestissement dans les services publics annoncé aujourd’hui est largement insuffisant pour pallier les milliards de compressions des libéraux qui ont massacré les services publics au cours des dernières années, déplore la CSN. « On sait tous que ça craque de partout, que les travailleuses et travailleurs sont exténués et que les services publics sont en crise. La marge de manœuvre retrouvée aurait précisément dû leur être consacrée, » affirme d’entrée de jeu le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Baisses d’impôts

Celui-ci déplore la saveur électoraliste du budget et souligne que les baisses d’impôts aux particuliers de 6,3 milliards sur six ans par rapport au faible réinvestissement pour la même période dans les différentes missions de l’État témoignent de la visée du gouvernement : continuer à étouffer les services qui en arrachent depuis de nombreuses années. « Ce que représente la baisse annoncée sera vite dépensé par les ménages québécois. Mais les services auxquels ils n’auront plus accès seront définitivement perdus. Ou bien ils devront les payer de leur poche, ou ils devront s’en passer. C’est ça que proposent les libéraux. » Le président de la CSN précise d’ailleurs que cette baisse est en quelque sorte une illusion, puisque les libéraux ont considérablement augmenté les tarifications (électricité, services de garde) ainsi que les taxes au cours des dernières années.

L’allégement fiscal aux entreprises de 2,2 milliards sur cinq ans est pour sa part une façon de compenser la responsabilité sociale des employeurs à l’égard des conditions de travail de leurs employé-es. « Les libéraux ont souhaité rendre la vie plus facile aux employeurs qui font face à une hausse de cotisation à la Régie des rentes du Québec et à de nouvelles mesures de la Loi sur les normes du travail. Dans un contexte de croissance économique, les entreprises auraient dû assumer ces bonifications des conditions de travail. »

Fonds des générations : au tour des services maintenant

« Le gouvernement met le pied sur l’accélérateur pour rembourser la dette en voulant puiser deux milliards dans le Fonds des générations sur cinq ans, enchaîne-t-il. Celui-ci doit s’engager à réinvestir les économies dans les services publics et les programmes sociaux. Il faut aussi qu’il mette le pied sur le frein concernant le remboursement de la dette et qu’il utilise plutôt l’argent du Fonds des générations pour les services publics. C’est crucial », a-t-il ajouté.

Culture et éducation

Jacques Létourneau mentionne par ailleurs certaines nouvelles intéressantes dans le budget telles que l’imposition de la taxe à des joueurs internationaux comme Netflix ou encore le plan d’action numérique en culture. Il rappelle toutefois que les besoins sont énormes, sur tous les plans. Il souligne à ce titre la situation dans le milieu de l’éducation. « Le réseau souffre d’un manque à gagner de 3,7 milliards depuis 2014. L’investissement annoncé aujourd’hui ne viendra en rien corriger les conséquences extrêmement négatives sur les conditions d’enseignement et de travail, l’offre de cours, les services de soutien offerts aux étudiantes et aux étudiants », a-t-il affirmé.

Santé et services sociaux

« Dans le réseau de la santé et des services sociaux, ce manque à gagner cumulatif représente 11,5 milliards de 2013 à 2019. Or, selon le Conference Board, le seul maintien des dépenses nécessiterait un investissement de 5,2 % à partir de 2018-2019. Et c’est sans compter le fait que la rémunération des médecins vient gruger de plus en plus le budget de la santé. Le gouvernement fait des efforts avec 4,6 % d’augmentation cette année, mais celle-ci diminuera par la suite et ne viendra pas compenser les compressions qu’il a fait subir au réseau. »

Lutte contre la pauvreté

Jacques Létourneau dénonce par ailleurs le manque d’ambition du plan de lutte contre la pauvreté du gouvernement. « On prétend vouloir aider les prestataires de l’aide sociale avec contrainte à l’emploi, mais ils devront attendre six ans pour pouvoir couvrir leurs besoins de base. Les libéraux reconnaissent donc que des personnes n’ont pas le nécessaire pour manger à leur faim et, en même temps, ils se dépêchent à rembourser la dette. C’est aberrant. »

Économie

La CSN ne saurait passer sous silence la volonté du gouvernement d’investir dans le réseau de transport de Québec et dans le prolongement de la ligne bleue. Jacques Létourneau souligne également les investissements pour la production et la transformation alimentaire, ainsi que la bonification du financement pour le Programme Innovation Bois. Cela dit, il insiste : « Le gouvernement doit agir pour contrer la décroissance dans les prochaines années. Il faut aussi que l’État se définisse résolument comme un partenaire majeur du développement économique et social ; il doit mettre en place une politique industrielle cohérente dans tous les secteurs d’importance pour l’économie du Québec et de ses régions. »

Sur la question du REM, la CSN déplore toujours que le gouvernement ne choisisse pas d’assurer des retombées économiques concrètes et durables pour le Québec en imposant une obligation de contenu local à la Caisse de dépôt et placement. Elle continuera à faire pression en ce sens.


Budget Leitão : la boucle de l’austérité est bouclée (IRIS)

QUÉBEC, le 27 mars 2018 - À l’approche de l’échéance électorale, le gouvernement Couillard termine le cycle de l’austérité en grand avec son budget 2018-2019. Après avoir coupé inutilement dans les services à la population au début de son mandat et après avoir offert des baisses d’impôts l’automne dernier, le ministre des Finances Carlos Leitão poursuit aujourd’hui en annonçant davantage de baisses d’impôts et distribue des sommes d’argent à gauche et à droite.

Les dépenses sociales contenues dans le budget ne sont pas aussi grandes que ce que prétendent les ministres du gouvernement. Plus de 50 % des nouvelles dépenses dans les services publics (916 M$) en 2018-2019 sont en fait consacrées à la réforme de la taxe scolaire (499 M$). À cela, ajoutons que les deux tiers de l’aide fiscale aux familles sont dédiés aux rénovations (129M$) et que les deux tiers du soutien aux « familles et aux communautés » concernent en fait la « modernisation du système de justice » (47,5M$) et à la « mobilité durable » (90,8M$).

« Ces dépenses ne sont pas mauvaises en soi, mais elles montrent une fois de plus que la générosité pré-électorale du gouvernement ne servira pas à réparer les dommages infligés par le gouvernement aux services à la population. L’État sert de moins en moins à protéger les plus vulnérables et de plus en plus à stimuler une économie qui ne sert pas les intérêts de la collectivité », affirme Guillaume Hébert, chercheur à l’IRIS.

À la suite des annonces de crédits d’impôts aux familles l’automne dernier, ce sont maintenant les PME qu’on vise. Le nouveau budget prévoit la réduction de moitié de l’impôt sur leur revenu, passant de 8 % à 4 % pour tous les secteurs d’activité. « C’est au tour des PME de remporter le gros lot, avec cette baisse d’impôt qui donne l’impression qu’on cherche à terme à abolir l’impôt des entreprises comme on l’a fait avec la taxe sur le capital. Combien aux réductions des cotisations au Fonds de service de santé, les baisses représentent plus de deux milliards de dollars de moins pour les services publics », constate M. Hébert.

Par ailleurs, le gouvernement fait grand cas de sa promesse de rembourser la dette en utilisant le Fonds des générations. « C’est bien beau tout ça, mais il évite de parler des véritables problèmes : le Fonds nous coûte très cher parce que c’est le budget courant qui paie les intérêts sur les emprunts qu’on doit faire pour compenser les versements. Et en plus, pour balancer le budget malgré ce qu’on met dans le Fonds et ce qu’on promet aujourd’hui, on va être obligés de piger dans le fonds de stabilisation, le tout en période de croissance, » ajoute Eve-Lyne Couturier, chercheure à l’IRIS.


Budget Leitão 2018-2019 - En éducation, le gouvernement Couillard continue d’avancer vers l’arrière ! (FAE)

QUÉBEC, le 27 mars 2018 - Malgré les 133 millions supplémentaires consentis par le gouvernement de Philippe Couillard au réseau des commissions scolaires pour l’année 2018-2019, ce n’est qu’en 2021-2022 que le gouvernement du Québec aura remboursé la totalité des sommes dont il a privé les élèves qui fréquentent les écoles publiques depuis 2010. Afin que cette situation ne se reproduise plus jamais au Québec, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) exige, à six mois des élections, que tous les partis politiques s’engagent formellement à garantir aux écoles publiques, par voie législative, un financement régulier, continu, stable et prévisible. Il en va de l’avenir des élèves du Québec, jeunes et adultes, qui fréquentent l’école publique.

« Nous sommes dans une logique de remboursement ou de rattrapage et non dans une logique de réinvestissement, précise Sylvain Mallette, président de la FAE. Le gouvernement de Philippe Couillard a beau dépenser des millions de dollars en publicités gouvernementales, ce budget démontre qu’en matière d’éducation, il fait avancer le Québec vers l’arrière. Entre 2010 et 2016, c’est 1,5 milliard de compressions qu’a subies l’école publique. Or, au rythme où le gouvernement rembourse cette dette, ce ne sera qu’en 2021-2022 que le budget du réseau des écoles publiques québécoises équivaudra à celui de 2010, soit 11 ans après le début des compressions imposées au réseau. C’est donc une cohorte entière d’élèves qui a été sacrifiée sur l’autel de l’austérité. À toute fin pratique, les élèves qui sont entrés au préscolaire en 2010 n’auront connu que des compressions durant tout leur parcours scolaire », souligne M. Mallette, d’après une étude effectuée par l’économiste Jean-Michel Cousineau pour la FAE. « Pourtant, durant la même période, le gouvernement a enrichi le Fonds des générations de 9,4 milliards de dollars », ajoute-t-il.

En effet, selon étude de M. Cousineau, on ne parle pas d’une évolution des dépenses en dents de scie, mais bien d’un déclin systématique des dépenses suivi d’une remontée abrupte. Or, le déclin des investissements en éducation correspond à la politique d’austérité imposée par le gouvernement libéral, alors que la remontée correspond à la période préélectorale. Dans son étude, l’économiste en arrive à la conclusion que les dépenses consacrées au réseau des commissions scolaires ont été très volatiles sur l’ensemble de la période 2010-2018.

Donner à l’école publique les moyens d’assumer sa mission

L’éducation devrait constituer un objectif prioritaire et national, peu importe le gouvernement élu. La FAE demande donc au gouvernement en place, mais aussi à tous les partis politiques qui aspirent à gouverner le Québec, de s’engager formellement à garantir aux écoles publiques, par voie législative, un financement régulier, continu, stable et prévisible. Pour la FAE, cet engagement constitue le seul moyen pour donner à l’école publique les moyens d’assumer pleinement sa mission qui consiste à accueillir tous les élèves et à répondre à leurs besoins.

« Pour la FAE, les partis politiques ne peuvent se contenter d’augmenter le budget accordé au réseau des écoles publiques d’un pourcentage correspondant aux coûts du système, qui devrait s’élever, pour l’année 2018-2019, à 4,3 %. Ce pourcentage permet uniquement de maintenir le même niveau de services d’une année à l’autre. À cet effet, il importe de rappeler que depuis l’arrivée au pouvoir de Philippe Couillard, la hausse annuelle moyenne du budget de l’éducation et de l’enseignement supérieur a été de 1,56 %. Cela continue de se traduire par un manque de ressources et de services, ce qui contribue à alourdir le travail du personnel enseignant et à détériorer leurs conditions de travail, mais aussi les conditions d’apprentissages des élèves, jeunes et adultes », illustre M. Mallette.

Financement public des écoles privées

Malgré un sondage datant de janvier 2018 qui indiquait que près de 75 % des Québécoises et Québécois aimeraient voir l’État retirer son financement destiné à l’école privée, le gouvernement persiste et signe. En effet, les quelque 180 établissements d’enseignement privés qui profitent des fonds publics verront leur financement augmenter de 3,8 % pour atteindre, en 2018-2019, plus de 512 852,6 millions de dollars.

Manifestation Édu-Choco

Par ailleurs, près d’une centaine d’enseignantes et enseignants ont profité du dépôt du budget Leitão d’aujourd’hui pour manifester leur mécontentement devant les choix budgétaires du gouvernement, à l’extérieur du Centre des congrès de Québec. Les représentants de la FAE au huis clos budgétaire en ont aussi profité pour « vendre » des tablettes de chocolat aux personnes et groupes présents pour rappeler que le sous-financement chronique des écoles publiques nuit à l’avenir de nos enfants.


Aide au logement et lutte à la pauvreté : le budget Leitão aurait pu faire beaucoup mieux ! (FRAPRU)

MONTRÉAL, le 27 mars 2018 - Même s’il se réjouit que le ministre des Finances, Carlos Leitão, n’ait pas attendu d’avoir terminé la refonte du programme AccèsLogis pour annoncer une nouvelle programmation de 3 000 logements sociaux, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) reste déçu de son cinquième budget. Selon le regroupement, pour améliorer « la qualité de vie de tous les Québécois », le ministre aurait dû profiter des surplus de 850 millions $ et des fonds annoncés par Ottawa dans sa Stratégie sur le logement pour augmenter significativement ses objectifs de développement du logement social, plutôt que de les maintenir au niveau actuel.

Tout en appréciant que les investissements consacrés à la réalisation de ces 3 000 logements passent de 255 à 273 millions $, le FRAPRU craint toutefois que cela ne suffise pas. L’organisme rappelle que les paramètres d’AccèsLogis n’ont pas indexés depuis 2009. Il aura fallu ajouter 38,8 millions $ en décembre dernier pour assurer la livraison de milliers de logements sociaux déjà programmés, pour lesquels le budget d’aujourd’hui ajoute 31 millions $ additionnels. Le regroupement déplore également la vision à courte vue du gouvernement. « En faisant des annonces annuelles, on nuit à la réalisation de plusieurs projets, notamment en achat-rénovation », souligne Véronique Laflamme, la porte-parole du FRAPRU. Depuis plusieurs années, le regroupement réclame des programmations pluriannuelles, d’au moins 5 ans.

En matière d’aide à l’habitat, le gouvernement maintient, sans plus, les investissements accordés aux programmes RénoRégion et Rénovation Québec, alors qu’il diminue légèrement ceux dans le Programme d’adaptation à domicile. « Les personnes en situation de handicap devront encore attendre plusieurs années avant d’avoir accès à un logement adapté à leurs besoins », commente Véronique Laflamme. Elle note par ailleurs que les maigres sommes consacrées au Nunavik ne permettront pas de régler les graves problèmes de logement qui y perdurent.

Itinérance et pauvreté

Le FRAPRU déplore que le Plan d’action économique 2018 ne prévoit, pour les personnes en situation d’itinérance, que 150 suppléments au loyer en logement locatif privé. Les organismes engagés dans la lutte à l’itinérance réclament pourtant des fonds supplémentaires pour réaliser le Plan d’action interministériel en itinérance 2015-2020, notamment pour mieux financer le soutien communautaire en logement social, de manière récurrente.

Alors que les problèmes de logements sont souvent dus à l’insuffisance de revenu des ménages, le FRAPRU est vivement déçu que le budget ne contienne aucune nouvelle annonce en matière de lutte à la pauvreté. « Il aurait dû, minimalement, accélérer les investissements annoncés dans le Plan d’action gouvernemental de décembre », invoque sa porte-parole, rappelant du même souffle que le chèque d’aide sociale permet à peine de répondre à la moitié des besoins de base.

« Dans le contexte économique actuel, on s’explique mal qu’un gouvernement, affirmant depuis plusieurs années qu’il faut créer la richesse avant de la redistribuer, choisisse de baisser les impôts, avant de mieux financer la lutte à la pauvreté et le logement social », réagit Véronique Laflamme. Elle rappelle que selon le recensement de 2016, 195 635 ménages locataires du Québec consacrent plus de la moitié de leur revenu pour se loger, au détriment de leurs autres besoins essentiels, dont 58 000 en consacrent plus de 100 %.

Financement de l’action communautaire autonome

Le FRAPRU se désespère que le gouvernement n’ajoute que 46 millions $, en cinq ans, au financement des groupes d’action communautaire. « Ce montant, c’est ce que demandent les seuls groupes de défense collective des droits, à chaque année, pour réaliser pleinement leur mission auprès des personnes subissant de graves dénis de leurs droits », précise la porte-parole.

Fiscalité

Enfin, en matière de fiscalité, le FRAPRU demeure sur sa faim. « Le gouvernement nous dit qu’il renforce l’équité fiscale en intensifiant la lutte contre les paradis fiscaux et en adaptant la taxe de vente au commerce en ligne, mais ce n’est pas suffisant pour rétablir une réelle justice fiscale », souligne Véronique Laflamme. Selon le FRAPRU, il aurait dû, par exemple, augmenter le nombre de paliers d’imposition afin que les plus riches contribuent plus équitablement aux finances publiques et remettre en place la taxe sur le capital pour les banques.

En définitive, alors qu’en ratifiant le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, Québec s’est engagé à les mettre en œuvre « au maximum des ressources disponibles », le FRAPRU constate qu’il fait des choix qui compromettent les droits des personnes et le filet social collectif, au nom « de la performance et la croissance du Québec de demain ».


Budget du Québec - « Après 4 ans de gouvernement libéral, le Québec n’a pas avancé » - Manon Massé

QUÉBEC, le 27 mars 2018 - Pour les porte-parole de Québec solidaire, un constat s’impose à la lecture du budget libéral : la vision de Philippe Couillard n’a pas fait avancer le Québec en termes de services publics et de qualité de vie au cours des quatre dernières années. De plus, malgré les prétentions de Carlos Leitao, l’injustice fiscale causée par le commerce électronique n’est pas sur le point de se résorber puisque son plan ne s’appuie que sur la bonne volonté des géants du web.

« Ce qu’on constate aujourd’hui, c’est que pendant quatre ans le gouvernement libéral s’est constitué un butin électoral sur le dos des gens pour pouvoir le dépenser à six mois des élections. La preuve, c’est que la croissance des dépenses va diminuer à nouveau dès l’an prochain. Ce n’est pas exactement une gestion adéquate des fonds publics », a souligné Manon Massé.

Pour Québec solidaire, les réinvestissements partiels annoncés dans le cinquième budget Leitao ne permettront absolument pas de sauver la perception négative du mandat libéral auprès de la population.

« Personne n’est impressionné par les pas de danse préélectoraux du gouvernement libéral. Après nous avoir fait reculer de quatre pas lors des derniers budgets, il fait deux petits pas en avant à six mois des élections. Le résultat final ne change pas : le Québec n’a pas avancé », souligne Manon Massé.

« Ce budget est la consécration du principe du yo-yo dans le financement des services publics. En arrivant au pouvoir, le gouvernement libéral fait peur aux gens et coupe partout. En fin de mandat, les libéraux se présentent en bons gestionnaires et ils annoncent en grande pompe des baisses d’impôts et des réinvestissements. C’est tellement habituel que ça en devient grossier. Les gens ne sont pas dupes. Dans la mémoire collective, le PLQ restera le parti de l’austérité », ajoute Gabriel Nadeau-Dubois.

Iniquité fiscale et commerce électronique

« Il était temps que les libéraux arrivent en 2018 mais malheureusement, ils gardent un pied dans le siècle passé. Leur plan en matière d’équité fiscale est une demi-mesure. Il est incomplet parce qu’il dépend de la bonne volonté des géants du web. Ce sera peut-être assez pour éviter à Carlos Leitao de devenir le Mélanie Joly du Québec, mais ce ne sera certainement pas suffisant pour renforcer le commerce de détail au Québec. Au lieu d’écouter les experts, M. Leitao opte pour une solution archaïque en proposant de taxer les biens matériels à la frontière. La solution était pourtant toute écrite dans le projet de loi d’Amir Khadir, qui a reçu l’appui des détaillants et des fiscalistes. M. Leitao devrait appeler ce projet de loi plutôt que de s’aventurer dans des ententes à la pièce comme il semble vouloir le faire. » - Gabriel Nadeau-Dubois

Éducation

« Il faut souligner que le gouvernement a fait un pas dans la bonne direction en prévoyant enfin la rémunération du stage 4 en enseignement. Québec solidaire est fier d’avoir d’appuyé la mobilisation des associations étudiantes, qui ont très bien préparé leur dossier pour forcer la main du gouvernement. C’est une démonstration que la pression sociale peut avoir raison de l’entêtement du gouvernement libéral… surtout en année électorale ! Il reste cependant un énorme pas à franchir, puisqu’il faut rapidement trouver des solutions pour rémunérer ou compenser financièrement tous les stages étudiants, pas seulement ceux en enseignement. » - Gabriel Nadeau-Dubois

Taxe scolaire

« La réduction de la taxe scolaire ne contribue en rien à améliorer nos écoles, bien au contraire. Le gouvernement ne donne aucune garantie que les fonds utilisés pour compenser les commissions scolaires seront à l’abri des futures compressions. Dans le contexte de l’austérité des dernières années, la taxe scolaire avait au moins l’avantage de donner un revenu autonome stable aux écoles, à l’abri des coupes de gouvernement. » - Gabriel Nadeau-Dubois

Santé

« Le gouvernement annonce des dépenses en santé, mais il ne s’attaque pas à l’éléphant dans la pièce, c’est-à-dire la manière dont cet argent est dépensé. Une trop grosse part ira dans les poches de médecins spécialistes. Il faut revoir les ententes avec les fédérations de médecins pour que leur rémunération cesse de gruger de l’intérieur le budget de la santé. Il faut revoir le mode de rémunération, ramener les salaires des spécialistes au niveau de l’Ontario et investir cet argent dans l’offre de soins à la population. » - Gabriel Nadeau-Dubois

Taxi

« Uber coûte cher aux gouvernement ! Le coup de pouce financier pour les chauffeurs de taxi était attendu comme un minimum nécessaire. Mais il ne faut pas oublier que c’est l’inaction du gouvernement libéral qui a fait s’effondrer la valeur des permis. C’est Philippe Couillard qui a permis la concurrence déloyale de la multinationale Uber, qui ne respecte aucune règle et s’enrichit sur le dos de conducteurs exploités. Ce sont les contribuables qui paient alors que c’est Uber qui empoche les profits. » - Manon Massé

Transport

« Enfin, ce gouvernement fait les investissements en transport collectif qu’on attendait depuis quatre ans. Cependant, on constate que les sommes additionnelles pour les infrastructures routières sont encore deux fois plus importantes que celles accordées au transport collectif. Ça devrait être le contraire ! Malgré quelques projets intéressants, il n’y a pas encore une vraie vision de mobilité durable. Les quelques mesures timides prévues au budget ne seront pas suffisantes pour renverser la tendance et faire entrer le Québec dans le 21ième siècle. » - Manon Massé

Environnement

« L’argent additionnel pour subventionner la distribution de gaz naturel est la démonstration par excellence que le gouvernement est sur la mauvaise voie pour réduire les émissions de GES au Québec. Le véritable déficit intergénérationnel, c’est ce déficit environnemental majeur. Après presque 15 ans de pouvoir, le Parti libéral a fait du surplace en termes de transition énergétique. Le PLQ est un vieux parti et n’a malheureusement pas la vision économique moderne et durable dont ont besoin les jeunes du Québec. Le Québec a raté ses cibles de diminution des GES et continuera à les rater tant et aussi longtemps que le PLQ ou la CAQ seront au pouvoir. De toute manière, ce n’est pas en restant dans un pétro-État comme le Canada qu’on va sauver la planète. Un Québec indépendant montrera la voie à suivre au reste de monde. » - Manon Massé

Services de garde

« La bonification du crédit d’impôt pour services de garde vient accélérer la logique de privatisation qui fait mal au modèle québécois en petite enfance. Dans le fond, ce crédit d’impôt est une subvention déguisée aux garderies commerciales, qui selon toutes les études offrent de moins bons services éducatifs. Malgré ses slogans, ce gouvernement est loin d’avoir une vision intéressante du développement de la petite enfance. Sa vision c’est : ’’le privé ça coûte moins cher, pas grave si les enfants sont moins bien préparés à rentrer à l’école’’. » - Manon Massé

Économie

« Le gouvernement baisse de moitié le taux d’imposition des PME. Le problème c’est que le ministre, encore une fois, n’arrime pas cet allégement fiscal pour les entreprises à des bénéfices pour les travailleurs et les travailleuses. C’est la vieille recette néolibérale et ce n’est pas la meilleure façon de faire. Si les baisses d’impôt pour entreprise servent à augmenter les salaires des dirigeants plutôt que ceux de leur personnel, on ne sera pas plus avancé. » - Gabriel Nadeau-Dubois.

Communautaire

« Avec autant de marge de manœuvre financière, c’est pathétique de n’avoir pas investi davantage dans le communautaire. Ce sont ces organismes qui ramassent depuis 4 ans les dégâts sociaux des réformes Barrette. Ils sont au bout du rouleau. En fait, le gouvernement libéral a tout simplement décidé d’ignorer les demandes des groupes. » - Manon Massé.


Le RVHQ dénonce les subventions supplémentaires de 36,5 millions $ accordées à Énergir

Québec, le 27 mars 2018 - Dans la foulée de la publication du budget 2018-2019 aujourd’hui, le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ) dénonce les subventions supplémentaires de 36,5 millions $ que le gouvernement du Québec prévoit accorder à Énergir (anciennement Gaz Métro) pour l’extension du réseau gazier, sous le prétexte que le gaz naturel serait une « énergie de transition ». « En réalité, le gaz naturel est une énergie de transition... vers la catastrophe climatique », réplique Carole Dupuis, coordonnatrice générale du RVHQ. On sait en effet aujourd’hui que ce combustible fossile, formé à 95 % de méthane et majoritairement issu du schiste, contribue autant que le diésel ou le mazout au réchauffement climatique. « Nous sommes scandalisés de voir le gouvernement dilapider ainsi l’argent des Québécoises et Québécois dans une énergie fossile qui nous tire en arrière plutôt que de l’investir dans la vraie transition. »

Les 36,5 millions $ annoncés aujourd’hui s’ajoutent aux 44,9 millions $ déjà affectés à l’extension du réseau d’Énergir dans les régions de Bellechasse, de Thetford Mines, de la Beauce et de Portneuf, peut-on lire dans le cadre financier détaillé du ministre des Finances Carlos Leitao. Ils serviraient à étendre le réseau gazier en Montérégie, en Estrie et en Chaudière-Appalaches, et à étudier le prolongement potentiel du réseau gazier au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

« C’est donc 81,4 millions $ que le gouvernement Couillard veut donner à Énergir pour l’aider à gonfler la demande de gaz naturel au Québec, au détriment de nos objectifs climatiques, s’insurge Rosalie Laframboise, coordonnatrice générale adjointe. Sans compter les programmes de subvention à la conversion au gaz naturel pour le chauffage ou le camionnage, entre autres. Si monsieur Couillard voulait mousser la consommation de gaz naturel pour justifier son intention d’autoriser les forages et la fracturation au Québec, il ne s’y prendrait pas autrement », fait-elle remarquer.

L’annonce de ces nouveaux investissements gaziers survient à peine quelques jours après la publication du bilan de mi-parcours du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques, qui révélait la piètre performance du Québec en matière de réduction des gaz à effet de serre. Ce bilan précisait que les efforts de réduction déjà prévus nous feraient rater la cible 2020 de plus de 50 %, ce qui a amené la ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon, à s’engager à intensifier les actions et les investissements pour favoriser une baisse des GES. « Le gouvernement doit être cohérent et éliminer toutes subventions au gaz fossile, qu’elles proviennent du Fonds vert, du Fonds Capital Mines Énergie ou de programmes fiscaux. Il doit investir les sommes libérées dans des actions qui nous rapprochent de nos buts au lieu de nous en éloigner », conclut madame Dupuis.

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