Édition du 27 juin 2017

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Budget du Québec 2017

Budget du Québec 2017-2018 - La CSQ réclame que le gouvernement répare ses dégâts

MONTRÉAL, le 19 mars 2017 - Après trois années de coupes sévères dans le financement des services publics, ayant permis au gouvernement libéral d’accumuler des surplus importants sur le dos de la population, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), réclame haut et fort un réinvestissement massif dans les services publics.

Présentant les demandes de la CSQ en termes de croissance de budget, la présidente, Louise Chabot, fait remarquer que « le premier ministre, Philippe Couillard, et son ministre des finances, Carlos Leitão, ne cessent de se targuer d’avoir rempli leurs promesses. On sait pourtant que c’est tout faux en ce qui concerne le financement des services publics ».

Les promesses non tenues

Aux dernières élections, le Parti libéral promettait, dans son cadre financier, une croissance annuelle des budgets de 3,5 % en éducation et de 4 % en santé et services sociaux. Or, depuis la prise de pouvoir du gouvernement Couillard, ces taux ont été respectivement de 2,3 % et 2,7 %, représentant un manque à gagner de plus de 1 milliard de dollars en éducation et en enseignement supérieur, et de 2 milliards en santé. La croissance prévue des budgets des « missions essentielles » de l’État a vite été reléguée aux oubliettes !

« La réalité des dernières années, c’est que le gouvernement Couillard n’a pas respecté ses promesses d’investissement dans les services publics. Il a plutôt imposé une sévère cure d’austérité afin de hausser les contributions au Fonds des générations et de baisser les impôts. Sous prétexte de protéger l’avenir de la prochaine génération, il détruit son présent, c’est un non-sens », s’insurge Louise Chabot.

Les conséquences sur la population

Le Québec est en retard sur les autres provinces en termes d’investissements dans les services publics. En éducation, le Québec consacre 2 020 $ par habitant, alors que les autres provinces investissent, en moyenne, 2 401 $ par personne. En santé, pour chaque citoyenne et citoyen, Québec investit 3 718 $, alors que la moyenne des autres provinces est de 4 203 $. Il s’agit donc d’un manque à gagner estimé à 489 $ par personne ou de près de 4 milliards de dollars pour cette mission.

« On constate que le prétexte de l’équilibre budgétaire aura caché une véritable offensive pour réduire les services publics. Comme résultat, ce gouvernement a failli à ses devoirs envers la population. C’est à lui qu’on doit la hausse du nombre des élèves en difficulté, la vétusté de nos écoles, le sous-financement de notre système d’éducation. C’est également lui qui a augmenté les tarifs de garde, favorisé la multiplication des garderies privées. Il a aussi déstructuré le réseau de la santé et des services sociaux et affamé les établissements. Voilà le véritable bilan du gouvernement Couillard », se désole la leader syndicale.

L’ampleur des réinvestissements demandés

Simplement pour maintenir les services actuels, soit les coûts de système, la Centrale estime que le gouvernement doit hausser ses budgets de l’éducation et de l’enseignement supérieur d’environ 3,5 % et ceux de la santé et des services sociaux de plus de 4 %. Le gouvernement doit donc injecter dans l’ensemble des services publics 767 millions de dollars de plus que ce qui est annoncé dans la Mise à jour économique de l’automne. En deçà de ces sommes, il désinforme la population en annonçant des réinvestissements ! »

Pour réellement commencer à réparer les pots cassés, la CSQ réclame des hausses de budget bien supérieures à ces taux de croissance.

« Pour réparer ce qui a été brisé par l’austérité, le gouvernement doit utiliser sa marge de manœuvre budgétaire afin de donner un grand coup. Il doit utiliser les surplus dégagés ces deux dernières années, renoncer à de nouvelles baisses d’impôt et réduire les versements au Fonds des générations. En tout, nous estimons que le gouvernement possède des marges permettant d’injecter en 2017-2018 près de 2,3 milliards de dollars de plus dans les programmes par rapport à ce qui est actuellement prévu », souligne la syndicaliste.

Compte tenu de ces marges budgétaires, la CSQ demande que le gouvernement, après avoir comblé les coûts de système, réinjecte dans les dépenses d’éducation et d’enseignement supérieur en 2017-2018 près de 450 millions de dollars, plus de 650 millions pour la santé et les services sociaux et quelque 150 millions pour la petite enfance. Cela représente au total des augmentations de 5,5 % en éducation, de 5,8 % en santé et de 3,5 % pour les autres missions.

« Avec une croissance des budgets que nous proposons, le gouvernement pourrait alors parler de réinvestissement. Les besoins sont partout immenses et ces nouvelles ressources doivent être acheminées rapidement partout sur le terrain. Ce que le gouvernement a plutôt fait, jusqu’à présent, c’est de couper sévèrement et de saupoudrer ensuite superficiellement en appelant ça des réinvestissements. Il est temps d’être sérieux et de réparer les pots cassés. Le gouvernement en a les moyens, ce qui manque c’est la volonté », conclut Louise Chabot.

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