Édition du 18 décembre 2018

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États-Unis

Ce que Brett Kavanugh a vraiment appris au secondaire : faire les règles, les transgresser et prospérer

Ceux et celles qui soutiennent Brett Kavanaugh pensent qu’on ne peut pas le condamner maintenant, qu’il ne devrait pas être jugé à partir de ce qu’il fait ou non dans sa jeunesse. Je suis d’accord avec cela. Je pourrais croire à leur sincérité si les pouvoirs de droite derrière lui s’étaient jamais préoccupé des pauvres, des gens de couleur, des réquérants.es d’asile, de qui que ce soit qui ait été emprisonné, de n’importe quel enfant soumis à un procès comme s’il était un.e adulte, n’importe qui, étiqueté agresseur sexuel, n’importe qui ayant été condamné.e par la presse avant son procès ou par la police au bord de la route, ou par les architectes de Guantanamo, et la multitude de ceux et celles qui sont écrasés.es de suspicion, à qui ont refuse communément l’équité, les procédures légales établies et la possibilité de se racheter.

Joann Wypijewski, Counterpunch.org, 27 septembre 2018
Traduction, Alexandra Cyr
Note de la traductrice : B. Kavanaugh a été confirmé dans son poste à la Cour suprême, samedi le 6 octobre. Il prendra ses fonctions mardi le 9.

Les accusateurs.trices de B. Kavanaugh se moquent de la justice de la même manière. La difficulté de prouver son innocence est ignorée et on le déclare simplement menteur. L’examen de l’histoire de Mme Blasey Ford est immédiatement jugée crédible et louangée. On affirme que ces accusations équivalent à établir la culpabilité et que des actes répréhensibles commis durant la jeunesse devraient entacher toute la vie adulte. Les accusateurs.trices qui se moquent des procédures dont j’ai parlé plus haut, connaissent ces situations intimement. Les cruautés des partisans.nes de B. Kavanaugh, dignes de la cour d’école, qui utilisent internet pour répandre leur venin et qui profèrent des menaces bien réelles, ne font que renforcer, chez leurs adversaires l’argument qui tient les hommes pour d’éternels adolescents. Les accusations de dernière heure par une de ses anciennes camarades de classe à Yale ont une allure d’accumulation. Ce que le New Yorker fait de ce fragile témoignage, avec son reportagede nouvelle facture, pourrait être utilisé contre Dre Ford. Je suis tentée de dire que, quand il s’agit des politiques en matière de sexualité, beaucoup d’adultes se comportent comme des élèves du secondaire, mais ce serait insulter les jeunes.

Presque tout dans ce spectacle, sauf la stoïque intervention de Mme Ford, suinte la mauvaise foi. Adieu sagesse ! Elle garde le silence. Mais la sagesse, l’avons-nous oublié, est fondamentale pour un juge. B. Kavanaugh a raté le test, non pas pour ce qu’on l’accuse d’avoir fait à 17 ans alors qu’il était soul, mais par la pauvreté de sa réflexion alors qu’il est adulte, son indifférence face à la souffrance. Les circonstances actuelles ont mis cela sous une terrible lumière. Il ne mérite pas de siéger à aucune cour surtout pas à la Cour suprême.

Cela n’excuse pas ses adversaires pour autant.

Pour quiconque se soucie des principes, le cas Kavanaugh n’en n’est pas un de croyance et il ne sera pas possible de prouver ou non les allégations de Dre Ford. La procédure du Sénat (pour confirmer la nomination d’un.e juge à la Cour suprême) n’est pas un tribunal. Toutefois, en théorie du moins, c’est un lieu où examiner les problèmes et les facteurs positifs pour la justice en prenant la mesure d’un homme et de sa capacité à penser profondément, à poursuivre la recherche sans relâche, à agir humainement en mettant de côté ses autres ambitions. La déposition de Dre Ford à placé l’épaisseur de l’humanité au centre du débat alors qu’elle en avait été largement absente jusque là. Surtout, dans le questionnement de B. Kavanaugh par les Sénateurs.trices à propos de son plus grand échec éthique : sa position sur la torture. Pour des raisons qui tiennent sans doute au racisme, et en partie à la nature du scandale sexuel, la torture n’a jamais soulevé tant d’intérêt chez les politiciens.nes et dans le public, en tous cas pas au même degré que ne le font les accusations d’agressions sexuelles. L’entrée en matière de Dre Ford et son récit particulièrement humain, si simple quoique complexe, si chargé moralement, soulèvent de profondes questions. On peut douter que cela affectera le Sénat.

Nous ne pouvons pas savoir ce qui s’est passé un soir de 1982 dans banlieue du Maryland. Prétendre que nous le pouvons est malhonnête. Les événements que décrie Christine B. Ford sont plus ou moins crédibles à cause de la très douteuse position de Yale à ce sujet, ou des déclarations de la dernière accusatrice, dont je ne traiterai pas ici. Donc, que savons-nous ?

Nous savons que Mme Ford à souffert. Nous savons qu’elle est brave comme Anita Hill, (qui a fait des dénonciations apparentées contre le juge Thomas lors de sa confirmation à la Cour suprême en 1991) l’a été, qu’elle n’a rien à gagner en rendant publique son histoire qui puisse compenser les attaques qu’elle à subit, le scandale monté en épingle par la presse, tout le tapage que font et ses supporters et ses détracteurs.trices, en un mot, tout ce qu’elle endure. Nous savons, qu’alors qu’il était adolescent, B. Kavanaugh bénéficiait d’une position sociale où le plaisir était alimenté par l’alcool jusqu’à en devenir stupide. Peut-être que l’histoire de Mme Ford est vraie, peut-être qu’elle est devenue confuse au fil du temps pour des parties minimes ou certaines plus décisives. Peut-être cela lui a-t-elle fait mal. Peut-être a-t-elle pris une bière ce soir là. Peut-être en a-t-elle été frappée durement ; peut-être aurait-elle plus a dire mais elle ne peut se rappeler de tout avec d’autres détails qui s’effacent facilement spécialement dans une culture où l’oubli fait souvent rire.
Durant mes années d’études secondaires, j’ai souvent participé au genre de soirées exposées ici. Tout le monde était soul, dont ceux et celles qui conduisaient la voiture familiale. Après cela, étonnés.es que nous soyons toujours vivants.es, la phrase la plus entendue était : « Oh ! Mn dieu, tu étais tellement perdu.e ! J’étais tellement perdu.e ! Il.elle était tellement perdu.e ». Tout le monde riait de ça, parfois rappelais ces événements plus tard dans son annuaire de l’année en saupoudrant le récit de quelques blagues compréhensibles que par les concernés.es. Un matin, une fille m’a réveillée pour vérifier si la voiture était dans la cour ; elle était incapable de se rappeler avoir conduit pour le retour à la maison. Beaucoup de jeunes ont oublié leurs actions, quand ils et elles ont perdu la carte, ont fini par vomir. Depuis ce temps, je n’ai entendu personne dans cette foule accuser quelqu’un.e d’agression. Mais des années de silence d’un.e accusateur.trice ne surprendraient pas, pas plus que les trous de mémoires sidérants chez les accusés.es. L’honnêteté en matière sexuelle n’était pas notre fort. Qu’est-ce qui explique notre manque de confiance les uns.es envers les autres ? L’envie de créer des liens, d’avoir de l’attention, d’embrasser, d’être embrassé.e, alors que nous végétions, filles et garçons, dans nos écoles unisexes, baignant dans la peur à un point où nous étions prêts.es à oser prétendre le contraire, à oser prétendre que rien ne pouvait heurter personne, que nous ne pouvions pas être heurtés.es.

Qu’est-ce que nous savons ?

Wasted, (Perdu) est le titre des mémoires un peu secrètes de Mark Judge, ami d’école et plus de Brett Kavanaugh. Il rapporte des beuveries qui rendaient stupides à la Préparatoire de Georgetown, (École privée dirigée par les Jésuites). Mme Ford à souligné dans sa déclaration que M. Judge était dans la chambre et impliqué lors de son agression. Dans une lettre au Comité judiciaire du Sénat M. Judge à affirmé qu’il n’avait aucun souvenir de cet incident. Les trous de mémoire, ne rien se rappeler, n’est pas exceptionnel. Si on se réfère à son livre, il se peut que cette affirmation soit entièrement vraie. Les autres que Mme Ford à nommés et déclarés être présents à la fête, ont aussi dit qu’ils n’avaient aucun souvenir de cet événement impliquant M. Kavanaugh. Ça ne prouve rien. La mémoire fonctionne ainsi, quand rien de particulier ne vous arrive personnellement. Un groupe de femmes, dont certaines ont connu B. Kavanaugh après le secondaire, ont écrit qu’elles le connaissaient comme un homme sobre, réservé et toujours intéressé à des échanges philosophiques. Peut-être, mais il est difficile de croire que le trésorier du Keg City Club, baignant dans la culture alcoolisée hors de l’école et fréquentant la plage Rehobeth durant l’été où les jeunes rejettent la maison sans gêne, ne ressemblait pas à Bart O’Kavanaugh décrit dans Wasted (Perdu), soul et qui à parfois dégobillé dans une voiture. Ça marche comme cela à l’école secondaire.

M. Kavanaugh dit qu’il n’a jamais assez bu pour perdre la carte complètement, vomir et ne plus s’en rappeler. Mais, il n’en reste pas moins que même si c’était le cas, rien de tout cela ne prouve qu’il ait agressé Dre Ford. Donner tout le bénéfice du doute à l’accusé signifie que nous devrons vivre dans l’incertitude. Mais nous n’avons pas à vivre avec B. Kavanaugh à la Cour suprême.

Le passé affecte le présent, on doit apprendre de cela. B. KAvanaugh à eut 35 ans pour réfléchir à son école secondaire, spécialement en ce qui concerne la culture de formation des hommes de l’élite (américaine). 35 ans pour réfléchir, pour comprendre pourquoi tant (de garçons) sentaient le besoin d’annihiler leur personnalité, (pourquoi) ils ont été si négligents et agressifs, comment ils pensaient aux filles et à la sexualité et spécialement, aux privilèges de briser les règles et de s’en exclure, qui étaient les leurs. Il semble bien maintenant que ceux qui se décrivent comme anciens membres du « Rehobeth Police Fan Club » n’y ont pas pensé du tout.

Dans ses premières déclarations après la déposition de Mme Ford, B. KAvanaugh, se fiant à examen sérieux par des avocats, à platement nié (les allégations) comme c’est typique. Il variait autour de « Je nie catégoriquement et sans équivoque ces allégations ». Il a eut une occasion de présenter ses réflexions plus approfondies sur la culture qui l’a formé et rendue Mme Ford si anxieuse, lors de son entrevue sur Fox News le 23 septembre. (La journaliste qui menait l’entrevue), Martha MacCullum, l’a doucement poussé à faire part de ses pensées sur l’expérience que les femmes expriment, sur la mémoire, sur les diverses versions qui s’opposent à propos du passé, sur la possibilité que n’importe qui puisse être jugé à partir de ses comportements d’adolescence (et porter les conclusions) pour toujours. Il n’était qu’un robot. Il n’a divulgué aucune idée, aucun intérêt pour la condition humaine, aucune idée des contradictions morales, même dans l’abstrait. Il ne parlait de rien.

Guidé par votre ambition, vous restez collé au plan de communication ; mettez-vous en sécurité au risque de ressembler à un bourdonnement sans substance. La prudence exigerait autre chose. La curiosité intellectuelle et le sentiment de la justice, exigerait autre chose.

Quand il a été assistant conseillé à la Maison blanche de 2001 à 2003, son équipe à été immergée dans un des moments de débats les plus agités de l’histoire du pays. Son patron, Alberto Gonzales, cherchait des moyens légaux pour justifier la torture, la détention sans procès, ignorer les Conventions de Genève, se balancer de l’habeas corpus, (qui empêche l’emprisonnement avant la condamnation par un tribunal après un procès dans les règles), le grand obstacle légal qui s’oppose à la tyrannie depuis le 12ième siècle. Autrement dit, l’administration Bush débattait des manières de briser les règles et de s’en passer. Un des enjeux n’était pas tellement anodin, c’était « le pouvoir du Président ». Il s’agissait du pouvoir d’infliger des douleurs (à des personnes humaines).

Avant même le début des audiences de confirmation de sa nomination, beaucoup d’intérêt entourait sa performance aux cours de cette période ; pour les documents non encore diffusés, les secrets encore inconnus, jusqu’où il s’était engagé. Tant de gens étaient occupés à trouver leur posture qu’ils en ont oublié que les réponses les plus importantes ne se trouvaient pas dans les dossiers, même s’ils pouvaient être éclairants, mais bien dans la capacité du candidat à traiter de : où se trouve la justice dans le combat entre le puissant et le sans grade comme le dit Salomon et quelle est la réponse de la personne juste devant la souffrance ?

Christine Blasey-Ford, par son entrée dans le débat avec sa souffrance, à renvoyé dans l’ombre toutes les argumentations procédurales et mis en lumière que ce qui avait été obscurci jusque là dans une série d’enjeux spécialement celui de la torture dans le cas de B. Kavanaugh, en d’autres mots, la personne humaine et l’exercice du pouvoir. Avec sa prestance, elle incite à considérer les dossiers différemment, à chercher ailleurs ce qui ne s’y trouve pas, soit l’éthique, la sympathie pour les humains où l’enjeu de la torture à toujours été attaché mais obscurci par deux décennies d’analyse minutieuse de la cruauté : quel niveau de douleur ? À quel moment les organes lâchent ? Qui était en responsabilité ? Qui a donné l’autorisation ? Dans ce contexte, mettre les manques de B. Kavanaugh sous les lumières ne va pas de soi.

Il a longtemps répété qu’il « n’était pas impliqué » dans la politique américaine sur la torture et techniquement, il n’était même pas autorisé à y participer. Son supérieur, M. Gonzales à déclaré : « Je ne me souviens pas avoir eut une seule conversation avec Brett à propos de la torture ». Mais bien sûr que comme tous les autres il en savait quelque chose. Tout le monde en savait quelque chose ne serait-ce qu’en visionnant CNN en janvier 2002 où (on voyait) des soldats américains, masqués, accueillant des prisonniers afghans à leur sortie d’avion à Guantanamo dans leur tenue orange, menottés leurs visages cachés par une cagoule turquoise. Ils avaient voyagé enchainés durant les 8,000 kilomètres. Nous savons que B. Kavanaugh à participé à au moins une discussion enflammée à propos du refus de leur accorder une représentation légale. Selon ce qui a été rapporté, il ne faisait pas parti du groupe des échauffés mais, des années plus tard, à la cour fédérale, il a refusé au prisonnier Bihani le bénéfice de l’habeas corpus dans sa poursuite contre le gouvernement américain. Il se moquait ainsi du tribunal auquel il veut accéder avec une argumentation disant que le gouvernement américain n’est pas assujetti aux lois internationales qui n’ont pas été intégrées à son code national.

Au-delà des devoirs attachés à la tâche, tous et toutes du groupe de conseillers à la Maison blanche faisait face à un choix éthique qui était aussi un choix de justice et d’humanité : « Allez-vous permettre la souffrance ? Allez-vous vous joindre à la machination qui cherche à la fixer et à la justifier » ?

B. Kavanaugh était prêt à cette accommodation. À combien de réunion moins importantes à propos de cet enjeu à-t-il participé ? Il déclare « ne pas y avoir été impliqué ». Ne pas être impliqué peut se lire, sans y mettre d’ardeur, s’en évader, ou encore manquer d’esprit de curiosité, afficher une profonde apathie face aux questionnements, aux connaissances, au raisonnement indépendant. En 2004, alors qu’il était secrétaire du chef de cabinet du Président, il était cité dans un mémo traitant de la stratégie de relation publique de la Maison blanche où on pouvait lire que G.W.Bush : « n’avait jamais pensé autoriser la torture quelques soient les circonstances ». C’était un flagrant mensonge ; le célèbre « mémo sur la torture » (qui l’autorisait) avait été publié dans les journaux. En 2006, il a déclaré devant le Sénat qu’il n’avait pas eut connaissance de ce mémo avant la fuite dans la presse. Peut-être bien mais après qu’il en ait eut connaissance, il avait l’occasion d’intervenir, d’au moins s’opposer à cette tromperie ; il ne l’a pas fait. Il a composé avec la tromperie.

Alors qu’elle était encore pratiquée, la torture était officiellement embarrassante en 2006. Malgré son ambition d’accéder à un poste de juge, (il ne l’était pas encore à cette époque), il n’a pas eut besoin d’aller plus loin que de dire : « Je ne suis pas d’accord avec l’analyse légale faite dans ce mémo y compris pour ce qui concerne la définition de la torture ». Avec son ambition actuelle d’accéder à un poste à vie au plus haut tribunal du pays, (dans sa déposition), il flatte la Sénatrice D. Feinstein à propos de son rapport sur le programme de torture de la CIA. Mais ensuite, il se garde de donner son opinion à propos de la défense que fait le Président Trump de la technique de « waterboarding » et d’autres pires encore. Il tourne autour de la torture dans les politiques de G.W.Bush et se présente comme un simple commis pour expliquer sa signature à une déclaration du Président Bush en 2005. L’ancien Président y soutenait qu’il devait ignorer la prohibition de la torture, adoptée par le Congrès, qu’il venait pourtant de signer. En vue des bénéfices qu’il peut en retirer, il joue les imbéciles et déclare, (qu’en intervenant à propos de ce mémo), il aurait dépassé ses fonctions. (…)

Sauf une petite poignée de soldats appartenant à la classe ouvrière, tous ceux et celles qui ont ordonné, justifié, exécuté ou ont tourné les yeux sur la politique de la torture, s’en sont tiré. Les hommes blancs et les femmes blanches ont eut des promotions. G. W. Bush peut s’adonner à la peinture toute la journée dans son ranch, Gina Haspel est devenue directrice de la CIA, Jay Bybee, qui a signé les mémos autorisant la torture, est devenu juge dans un tribunal fédéral tout comme B. Kavanaugh. Harvard à l’habitude de dire à ses étudiants.es : « Vous êtes les meilleurs.es et les plus brillants.es », la future classe dirigeante. Je ne sais pas ce que cela veut dire pour ces personnes maintenant ni comment Yale à qualifié B. Kavanaugh. Mais il semble qu’il ait tiré la leçon fondamentale de la Préparatoire de Georgetown qui s’apparente à celle de Harvard : la classe dominante fait les règles, les transgresse et prospère sans être blâmée, en toute irresponsabilité.

On peut être cyniques à ce propos et en blaguer en disant qu’au moins avec lui, une partie de cette vérité s’affiche. Mais, encore une fois, l’apparition de la douleur empêche de rire. Titan et CACI, des entreprises de sécurité privées multimillionnaires, ont dans leur personnel, des traducteurs.trices, des interrogateurs, trices, qui ont torturé les prisonniers,ères d’Abu Ghraib. Rien ne leur est arrivé ensuite. B. Kavanaugh leur a donné un laissez passer. Il a abondé dans le sens de la Cour d’appel du circuit du district de Colombia qui à, non seulement empêché des victimes irakiennes de poursuivre civilement ces entreprises qui ont participé aux champs de bataille, mais leur à donné une large immunité contre toute accusation dans l’avenir. Le texte de cette opinion est obscure, empêche toute portée légale. On peut pardonner à la personne qui lit ce jugement d’oublier son objet. Il a fallu l’éclairage de Merrick Garland (autre juge de ce tribunal) et sa voix dissidente, pour y trouver la souffrance, la personne humaine battue, rendue aveugle, humiliée, étranglée, violée, subissant des chocs électriques, forcée de regarder son père mourir, annihilée. Personne ne sera tenu responsable. B. Kavanaugh s’en est lavé les mains.

Et maintenant, s’apitoyant sur son sort, il réclame qu’on lui accorde sa dignité. Il y a longtemps qu’il a abdiqué à cela, longtemps avant que qui que ce soit ait entendu le nom de Christine Blasey Ford.

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