Édition du 14 août 2018

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Syndicalisme

Climat de terreur au CHSLD Émile-McDuff (Teamsters Canada)

Un climat de terreur s’est installé au 3e étage du CHSLD Émile-McDuff. Des travailleurs sont intimidés, suspendus ou congédiés à la suite de pressions d’une famille et de ce qui pourrait être de l’incurie de la direction de l’établissement.

LAVAL, QC, le 15 mars 2018 - Un employeur qui ne semble pas vouloir protéger l’intégrité physique de son personnel, une famille qui ne collabore pas afin d’assurer le bien-être de son parent ainsi que la santé et la sécurité des travailleurs et les travailleuses, des suspensions, un choc post-traumatique subi par une travailleuse, deux congédiements, des accidents de travail et des démissions, de l’espionnage électronique, des plaintes déposées à la police... C’est l’histoire d’horreur que vivent les membres du syndicat des Teamsters au CHSLD Émile-McDuff, dans la région de Lanaudière.

N’ayant aucune possibilité de trouver des solutions avec la direction de l’établissement, le syndicat des Teamsters a pris l’initiative de contacter les médias le week-end dernier et de dénoncer publiquement cette situation.

L’histoire débute avec l’arrivée d’un résident n’ayant pas toutes ses facultés il y a environ deux ans. Bien que cette situation soit monnaie courante et que l’équipe de l’établissement sache comment composer avec ce genre de résident, le refus de la famille de collaborer afin de protéger l’intégrité physique de leur propre parent et du personnel rend la situation très complexe.

La famille de l’aîné se mêle des tâches que doivent accomplir certains membres du personnel. S’ajoutent à cela des commentaires déplacés et de l’intimidation à l’égard de travailleurs et travailleuses.

De nombreuses rencontres, des mises en garde et des griefs déposés par le syndicat n’ont pas donné les résultats escomptés. Les membres des Teamsters au CHSLD Émile-McDuff crient désormais à l’aide.

« Le chaos s’est installé au troisième étage de ce CHSLD, explique le président de la Section locale 106 du syndicat des Teamsters, Jean Chartrand. Nous nous attendions à ce que la direction de l’établissement s’interpose entre la famille et nos membres, mais nous attendons encore de voir des résultats concrets. »

Un coup de pied au visage

L’heure du coucher du résident représente l’un des pires moments de la journée. Les travailleuses subissent des coups et des blessures, l’une d’entre elles reçoit même un coup de pied au visage. Un médecin intervient et prescrit des calmants pour apaiser l’agitation et l’anxiété de l’aîné, mais la famille ignore cette décision et exige que le personnel soignant n’administre pas le médicament.

Les parents du résident décident aussi d’installer une caméra dans la chambre de leur parent. Des conversations qui ont lieu à l’extérieur de la chambre auraient alors été rapportées à certains membres du personnel par la famille, ce qui viole le droit à la vie privée des travailleuses et des autres résidents.

L’incident qui couronne le tout est survenu peu de temps après, lorsque la direction a décidé de suspendre deux travailleuses à la demande de la famille du résident. Depuis ce temps, les salariées fuient cet étage ou démissionnent pour aller travailler ailleurs. Par la suite, des plaintes sont déposées par la famille à la police.

Au total, au moins une quinzaine de travailleurs et travailleuses ont soit quitté l’établissement, soit été congédiés ou suspendus, soit demandés à être transférés, ou ont déclaré des accidents de travail. L’équipe très compétente du troisième étage est démembrée. Une infirmière-chef aurait même démissionné à cause du comportement de la famille et de son emprise sur la direction de l’établissement.

« Nos membres se sentent laissés seuls à eux-mêmes, s’indigne Jean Chartrand, le président de la Section locale 106 du syndicat des Teamsters. On a le sentiment qu’ils n’obtiennent aucun soutien concret de la part des patrons et ils voient leurs collègues être suspendus ou congédiés. Le climat de travail est horrible. »

Il faut ajouter au reportage de TVA que l’employeur était au courant du protocole mis en place par les travailleuses et les travailleurs pour se protéger eux-mêmes et pour protéger le résident. De fait, le personnel du troisième étage de l’établissement est insuffisant pour faire face à toutes les éventualités.

Pendant que les travailleurs s’occupent prioritairement de ce résident et de sa famille, ils ne peuvent être auprès des autres résidents. Le chaos au troisième étage du CHSLD Émile-McDuff a donc un impact immédiat sur la qualité des soins donnés aux résidents et sur la sécurité des travailleurs et des travailleuses.

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