Édition du 14 novembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Comment a-t-on pu nous vendre ainsi ?

Le sous-sol du Québec appartient au gouvernement, le saviez-vous ? On peut vous exproprier si l’intérêt de la nation l’exige. Or le gouvernement Charest a vendu le sous-sol du Québec, celui situé sous les terres de la Gaspésie, de la vallée du Saint-Laurent et quelques terres près du Lac Saint-Jean. À qui ? À des compagnies étrangères, des pétrolières et gazières, ou encore à des compagnies nouvellement formées par des Québécois qui naviguaient dans les officines du gouvernement et qui en avaient entendu parler… L’occasion était trop belle pour s’en priver ! Vous, de votre côté, en aviez-vous entendu parler ? Non bien sûr.

Savez-vous combien on a vendu le sous-sol du Québec ? 10 sous l’hectare (0.10$/hectare). Pensez-y ; même un paquet de gomme au dépanneur du coin coûtait plus cher. Vers 2010, des compagnies voulant profiter de leurs achats bon marché, ont tenté de faire de la fracturation hydraulique. Elles ont dû reculer devant la levée de boucliers des citoyens et citoyennes qui s’y opposaient.

Lorsque Monsieur Charest a été remplacé par Monsieur Couillard, ce dernier a décidé de procéder à l’élaboration d’une loi qui encadrerait l’exploration, l’exploitation et le stockage des produits issus des forages. Savez-vous à quel moment ce projet de loi (106) a été étudié en commission parlementaire ? Non, bien sûr, car la commission s’est tenue à l’été 2016, alors que vous étiez en vacances. Par contre, les représentants des chambres de commerce et les organismes en faveur des hydrocarbures, eux, ont été invités à s’exprimer. Plus de 80 % des mémoires en faveur du projet de loi ont été retenus et commentés par leurs signataires.

Malgré la forte opposition des groupes de personnes citoyennes et des partis d’opposition, le projet de loi 106 a finalement été adopté. Savez-vous quand ce projet de loi a été adopté ? Dans la nuit du 9 au 10 décembre 2016, aux petites heures du matin !

Et maintenant rebelote. Le 22 septembre dernier (2017), le gouvernement Couillard publie quatre règlements pour aller de l’avant dans l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures : fracturation à 175 mètres des zones habitées et d’autres trouvailles de ce genre, fracturation sous les rivières et les lacs, etc. Une vraie farce !
Savez-vous quel moment Monsieur Couillard a choisi pour consulter la population sur ces projets de règlements ? Le moment où toutes les villes et municipalités du Québec sont en campagne électorale, nos gouvernements de proximité comme il s’est plu à dire et à écrire…

Comme vous avez pu le constater, le gouvernement Charest et le gouvernement Couillard ont toujours agi en cachette, au moment où vous vous y attendiez le moins. Aussi, il ne faut pas se gêner d’écrire que les gouvernements Charest et Couillard ont agi et continuent d’agir en mercenaires. Pour qui et dans quel intérêt le font-ils ? Se poser la question, c’est y répondre. En tous cas, ce n’est certainement pas pour protéger vos intérêts qu’ils le font…

Or, une chose que vous savez sûrement : Les forages avec fracturation hydraulique utilisent un nombre impressionnant de produits chimiques pour réussir les opérations de fracturation ; des produits tous plus toxiques les uns que les autres. Ces produits chimiques vont finir par contaminer les nappes d’eau souterraines, contaminer les sources d’eau potable, les rivières, la vie aquatique, les sols, les cultures pour les humains et le bétail, etc. Alors, me direz-vous, nos gouvernements seraient prêts à risquer de nuire à notre santé pour satisfaire la recherche de profits des compagnies ?… 

Pour quelques dollars, même pour un millier, seriez-vous prêts à boire un verre d’eau contaminée ? Un verre d’eau un peu contaminée ? Une eau, un tout petit peu contaminée ? NON. En donneriez-vous à vos enfants ? NON bien sûr.
Le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection, vous connaissez ? Plusieurs municipalités du Québec, représentant une population de presque 4 millions de citoyens et citoyennes, trouvaient que la distance séparatrice prescrite de 500 mètres entre la tête d’un puits et une source d’eau potable était insuffisante pour protéger celle-ci des risques de contamination. Elles ont voté un règlement prônant une distance minimale de 2 km et pour ce faire, elles demandaient à Monsieur Heurtel une dérogation au RPEP. Monsieur Heurtel a toujours fait obstruction, créant embûches sur embûches pour éviter de répondre positivement aux municipalités. On comprend maintenant les raisons : le Ministère était en train de préparer des règlements dont les contenus sont totalement en deçà des demandes des villes et des municipalités, et même en deçà des 500 mètres du RPEP. C’est à n’y rien comprendre. À moins que le gouvernement cherche à répondre aux demandes des compagnies et non à celles de la population…
Qu’il s’agisse de Monsieur Arcand ou de Monsieur Moreau, nouvellement nommé Ministre, aux Ressources naturelles, c’est la même chanson. L’un était plus carré, l’autre est plus habile à louvoyer. « Nous allons nous asseoir (verbe le plus dynamique employé au gouvernement) dites-vous, nous allons vous écouter ». Nous, nous lui répondons : « Merci, monsieur le Ministre, nous préférons rester debout et vous demander, haut et fort, de retirer les quatre règlements et d’abroger la Loi 106. Plusieurs pays et même certains États américains interdisent la fracturation hydraulique. Dites-nous, qu’est-ce que les autres comprennent que vous n’arrivez pas encore à comprendre ? Ou que vous êtes incapables de comprendre ? Ou que, peut-être, vous refusez de comprendre ? Pour nous, le retrait des quatre règlements et l’abrogation la Loi 106 sur les hydrocarbures est la seule réponse admissible, car il n’y pas d’acceptabilité sociale dans ce dossier.

Nous, les citoyens et les citoyennes, sommes pour le développement durable et pour les énergies vertes et dans ce sens, nous demandons au gouvernement de retirer les sommes déjà accordées à des compagnies pétrolières et gazières et de les investir dans des énergies renouvelables. C’est l’argent de nos impôts et nous ne voulons pas qu’il serve à nous empoisonner la vie.

Plus que ça, monsieur le Ministre. Nous suggérons à votre gouvernement de racheter les portions de terre déjà vendues aux compagnies à raison de 0.10$/hectare, pour la somme représentant une fois et demie le prix payé par celles-ci, soit 0.15$/hectare. Monsieur le Ministre, ne serait-ce pas là un bon « deal » pour les compagnies, pour nous et pour vous ?

Michelle Théroux,

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