Édition du 19 septembre 2017

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Varsovie 19e Conférence sur le climat

Organisation météorologique mondiale

Déclaration provisoire sur l’état du climat en 2013 : les températures continuent d’être élevées et l’on observe de nombreux extrêmes climatiques de par le monde

Genève, le 13 novembre 2013 – Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’année 2013 est en passe de devenir l’une des dix années les plus chaudes depuis le début des relevés modernes, en 1850. Les neuf premiers mois de l’année, janvier à septembre, caractérisés par une température moyenne à la surface des terres et des océans supérieure d’environ 0,48 °C (0,86 °F) à la normale calculée pour la période 1961-1990, se situent, à égalité avec 2003, au septième rang des plus chauds à ce jour.

Le déclaration provisoire de l’OMM sur l’état du climat mondial en 2013 donne un aperçu des températures régionales et nationales. Elle présente également des détails sur les précipitations, les crues, les inondations, les sécheresses, les cyclones tropicaux, la couverture de glace et le niveau de la mer. La déclaration est publiée aujourd’hui à l’intention des négociateurs qui participent à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques organisée à Varsovie.

La période janvier-septembre 2013 a été plus chaude que la période correspondante de 2011 et de 2012, où La Niña avait provoqué un refroidissement. On n’a pas constaté d’épisodes de La Niña ou d’El Niño au cours des neuf premiers mois de 2013 et on ne devrait pas en noter d’ici la fin de l’année. Le phénomène El Niño/La Niña est un facteur déterminant du climat, et des épisodes El Niño ont été relevés en 2010 et 1998, les deux années les plus chaudes jamais observées.

Contrairement à 2012, où l’on a enregistré des records annuels de chaleur en particulier aux États-Unis, c’est en Australie que la chaleur a été la plus extrême en 2013.

Selon le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud, « à ce jour, les températures de cette année sont à peu près les mêmes que la moyenne pour la décennie 2001-2010, la plus chaude à ce jour. Tous les records de chaleur ont été battus depuis 1998 et la tendance sous-jacente à long terme se poursuit cette année. Actuellement, les années les plus froides sont plus chaudes que les années les plus chaudes avant 1998. »

M. Jarraud a ajouté que « la teneur mondiale de l’atmosphère en dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre a atteint de nouveaux sommets en 2012 et nous nous attendons à ce qu’elle atteigne des niveaux sans précédent à nouveau en 2013. Cela signifie que nous sommes voués à un avenir plus chaud. »

« Les températures de surface ne représentent qu’une partie du contexte général de l’évolution du climat. Leurs incidences sur le cycle de l’eau sont déjà manifestes, comme en témoignent les sécheresses, les crues et les précipitations extrêmes. »

« Les Philippines souffrent des ravages provoqués par le typhon Haiyan (Yolanda), le cyclone tropical le plus puissant à avoir atteint le pays et l’un des plus intenses jamais enregistrés. Ce pays s’efforce toujours de se remettre des effets du typhon Bopha (Pablo), qui l’a touché il y a un an. Même si l’on ne peut pas attribuer directement les cyclones tropicaux au changement climatique, l’élévation du niveau de la mer rend déjà les populations côtières plus vulnérables aux ondes de tempête, ce qui a eu des conséquences tragiques dans le cas des Philippines », a indiqué M. Jarraud. Il a ajouté que si le lien entre le changement climatique et la fréquence des cyclones tropicaux fait l’objet de nombreuses recherches, on s’attend à ce que les incidences de ces phénomènes s’aggravent.

La déclaration provisoire de l’OMM confirme que le niveau moyen de la mer a atteint un nouveau record. Ce niveau s’est élevé à un rythme moyen de 3,2 millimètres par an (mm/an), avec une variabilité interannuelle, depuis le début des mesures par des satellites équipés d’altimètres, en 1993, ce qui est proche du rythme d’environ 3mm/an observé pendant la décennie 2001-2010 et correspond au double de celui enregistré au XXe siècle, qui est de 1,6 mm/an.

D’après M. Jarraud, « le niveau de la mer va continuer de s’élever en raison de la fonte des calottes glaciaires et des glaciers. Plus de 90 % de la chaleur supplémentaire issue des gaz à effet de serre est absorbée par les océans, qui vont continuer de se réchauffer et de se dilater pendant des centaines d’années. »

La banquise arctique

La banquise arctique a légèrement récupéré après la fonte spectaculaire et sans précédent de 2012, mais on a relevé en 2013 l’une des étendues les plus faibles jamais observées. Depuis le début des mesures par satellite, en 1979, la décennie 2001-2010 a été marquée par la fonte annuelle moyenne la plus élevée à ce jour de cette banquise, qui a battu sept fois les records de réduction de sa superficie depuis 2007.

Selon le Centre national américain de données sur la neige et la glace, la banquise arctique a atteint son étendue maximale annuelle le 15 mars, avec 15,13 millions de kilomètres carrés (km2), soit environ 0,5 million de km2 de moins que la moyenne calculée pour la période 1981-2010. D’après l’Université du Colorado à Boulder (États-Unis d’Amérique), la glace de plus de quatre ans d’âge s’est réduite, passant de 18 % de la couverture maximale pour mars en 1984 à 3 % en 2013, ce qui témoigne d’une augmentation de la vitesse de fonte.

Au cours de son cycle annuel, l’Arctique a atteint son étendue la plus faible le 13 septembre, avec 5,10 millions de km2, soit la sixième superficie la plus réduite relevée à ce jour, ce qui correspond à 18 % ou près de 1,1 million de km2 de moins que le minimum observé en moyenne de 1981 à 2010. Toutefois, cette étendue a été plus importante que le minimum de 3,41 millions de km2 relevé en septembre 2012. De juin à août 2013, une pression atmosphérique inférieure à la moyenne a dominé sur une grande partie de l’océan Arctique, ce qui a limité le transport de chaleur provenant du sud et accru la nébulosité, d’où des températures plus faibles que l’année dernière. Les vents associés ont entraîné une extension de la couverture de glace, qui a occupé une plus grande superficie.

La banquise antarctique

Selon le Centre national américain de données sur la neige et la glace, pour la deuxième année de suite, l’étendue de la banquise antarctique a atteint un nouveau maximum avec 19,47 millions de km2, soit environ 30 000 km2 de plus que le record précédent, établi en 2012, et 2,6 % de plus que la moyenne calculée pour la période 1981-2010.

L’étendue de la banquise antarctique en septembre augmente à un rythme moyen de 1,1 % par décennie. La transformation de la circulation atmosphérique observée ces 30 dernières années, qui résulte de l’évolution des vents dominants en Antarctique, est considérée par les scientifiques comme un facteur lié à cette hausse. Il est possible cependant qu’elle soit due à une association de facteurs incluant les effets de l’altération de la circulation océanique.

L’Antarctique diffère de l’Arctique dans la mesure où l’Arctique se compose d’eau entourée de terres alors que l’Antarctique est une terre entourée par la haute mer. La configuration des vents et les courants océaniques ont tendance à isoler l’Antarctique des variations mondiales du temps, d’où ses basses températures.

Les températures régionales

Lors des neuf premiers mois de 2013, la plupart des terres émergées du monde ont connu des températures supérieures à la moyenne, en particulier l’Australie, le nord de l’Amérique du Nord, le nord-est de l’Amérique du Sud, l’Afrique du Nord et une grande partie de l’Eurasie. On a observé des températures inférieures à la moyenne dans une région circonscrite d’Amérique du Nord, dans le centre de l’Amérique du Sud et l’est du Pacifique, au large de l’Équateur, dans une petite zone du nord de la Fédération de Russie et dans certaines parties du nord-est de l’Asie.

Début 2013, l’oscillation arctique a éminemment contribué à la configuration du temps dans l’hémisphère Nord, amenant des températures printanières plus faibles que la moyenne dans une grande partie de l’Europe, dans le sud-est des États-Unis, dans le nord-ouest de la Russie et dans certaines zones du Japon. La région arctique, quant à elle, a été nettement plus chaude que la moyenne. Le schéma « Arctique chaud/continents froids » est caractéristique de la phase négative de l’oscillation arctique, qui entraîne un écoulement d’air froid de l’Arctique vers les latitudes plus faibles.

En Amérique du Nord, les températures ont été supérieures à la moyenne en 2013, mais plus modérées qu’en 2012. En Amérique du Sud, elles ont été proches de la moyenne ou supérieures à la moyenne, notamment en Argentine, qui a connu un record de chaleur en 2012.

Dans le Pacifique Sud-Ouest, l’Australie a connu, en janvier 2013, son mois le plus chaud jamais observé, qui a abouti à l’été le plus chaud (décembre-février) relevé à ce jour. Le 7 janvier, un nouveau record de température quotidienne maximale en moyenne nationale a été établi – 40,3 °C – et à Moomba, en Australie-Méridionale, le mercure a atteint 49,6 °C. Des températures plus élevées que la moyenne ont continué de régner pendant l’année et le pays a enregistré, de novembre 2012 à octobre 2013, la période de 12 mois la plus chaude jamais observée.

En Asie, le Japon a connu son été le plus chaud relevé à ce jour. En Chine, on a observé le mois d’août le plus chaud de tous les temps, à égalité avec 2006. La République de Corée a enregistré son quatrième mois de juillet le plus chaud et son mois d’août le plus chaud, ce qui a contribué à une chaleur estivale record.

Les précipitations régionales

Pendant les dix premiers mois de 2013, on a observé des précipitations inférieures à la moyenne dans l’ouest des États-Unis. Du 9 au 16 septembre, on a noté des précipitations record à Boulder, dans le Colorado, et des inondations de grande ampleur. Certaines régions du Mexique ont connu des précipitations supérieures à la moyenne provoquées par des cyclones tropicaux.

En Amérique du Sud, on a enregistré des précipitations nettement inférieures à la moyenne dans le nord-est du Brésil, où certaines zones ont souffert, début 2013, de leur pire sécheresse depuis un demi-siècle. Le plateau brésilien, principale zone de mousson d’Amérique du Sud, a connu son déficit pluviométrique le plus grave depuis le début des relevés, en 1979.

En Allemagne, en Autriche, en Pologne, en République tchèque et en Suisse, des précipitations extrêmes ont provoqué, fin mai et début juin, les inondations les plus importantes et les plus étendues observées depuis au moins 1950 dans les bassins versants du Danube et de l’Elbe.

En Afrique australe, l’Angola et la Namibie ont subi l’une des pires sécheresses des 30 dernières années. En Afrique de l’Ouest, une saison active de mousson d’été (juillet-septembre) a entraîné des précipitations proches de la moyenne ou supérieures à la moyenne dans la plupart des secteurs centre et ouest du Sahel.

De vastes régions du sud-ouest de l’Asie, dont l’Inde, le Pakistan et l’ouest de la Chine, ont connu des précipitations supérieures à la normale en raison d’une mousson active d’Asie du Sud-Ouest, l’une des plus longues jamais relevées. La saison de la mousson, qui a commencé tôt, a provoqué les inondations et les ravages les plus graves qui aient été observés depuis un demi-siècle dans des régions proches de la frontière indo-népalaise.

De la fin juillet à la mi-août 2013, des précipitations exceptionnellement intenses sont tombées dans la région de l’Amour, qui marque la frontière entre la Chine et la Fédération de Russie. Le fleuve a atteint un niveau record, supérieur à celui de 1984, et de fortes inondations ont touché certaines parties de la région.

En plus d’une chaleur extrême, la plus grande partie de l’Australie a connu une sécheresse plus forte que la moyenne pendant toute l’année. Avec de très faibles précipitations depuis octobre 2012 dans le nord et l’est, la Nouvelle-Zélande n’avait pas connu pareille sécheresse depuis plusieurs dizaines d’années.

Les cyclones tropicaux

Début novembre 2013, l’activité cyclonique mondiale pour l’année s’achevait sur un total de 86 tempêtes à ce jour (vitesse du vent égale ou supérieure à 63 km/h) pour une moyenne annuelle de 89 tempêtes calculée sur la période 1981-2010.

Dans l’Atlantique Nord, avec une saison qui doit s’achever officiellement le 30 novembre, on a relevé un total de 12 tempêtes baptisées, la moyenne saisonnière étant de 12 tempêtes pour la période 1981-2010.

En 2013, l’est du Pacifique Nord a été touché par une activité cyclonique supérieure à la moyenne. On a relevé au total 17 tempêtes, dont huit ont atteint la force d’un ouragan et une, Raymond, celle d’un ouragan majeur.

Deux cyclones tropicaux issus de deux bassins distincts — Ingrid dans l’Atlantique Nord et Manuel dans l’est du Pacifique Nord — ont frappé le Mexique presque simultanément le 15 septembre, fait exceptionnel dont la dernière occurrence remonte à 1958. Au total, 24 des 31 États du pays ont été touchés.

Début novembre, on comptait 30 tempêtes, dont 13 typhons, pour la saison des typhons de l’ouest du Pacifique Nord, ce qui est supérieur à la moyenne de 26 tempêtes établie pour la période 1981-2010. Le typhon Haianan, appelé Yolanda dans les Philippines, a été l’un des cyclones tropicaux les plus intenses à atteindre les côtes et le plus puissant de l’année. Il a tout détruit sur son passage dans l’archipel et sérieusement touché le Viet Nam.

Le nord de l’océan Indien a connu une saison inférieure à la moyenne avec deux cyclones tropicaux seulement par comparaison avec une moyenne de quatre pour la période 1981-2010. Le cyclone Phailin est le plus violent qui ait été observé dans le nord de l’océan Indien depuis 1999. On a évité une catastrophe humanitaire majeure grâce à l’amélioration des systèmes d’alerte météorologique précoce et à une bonne préparation.

Note d’information

La déclaration provisoire est diffusée à l’occasion de la dix-neuvième session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui a lieu à Varsovie. Les informations et les chiffres définitifs pour 2013 seront publiés en mars 2014. Les températures s’entendent de janvier à septembre, mais les données sur les cyclones tropicaux sont valables jusqu’en octobre 2013.

L’analyse des températures mondiales réalisée par l’OMM repose
principalement sur trois ensembles de données complémentaires. L’un de ces ensembles est le jeu de données combiné géré par le Centre Hadley du Met Office et l’Unité de recherche sur le climat de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni). Le deuxième est le jeu de données tenu à jour par le Centre national de données climatologiques relevant de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA), et le troisième émane du Goddard Institute for Space Studies (GISS), exploité par la NASA. D’autres informations sont tirées de l’ensemble de données fondé sur les réanalyses ERA-Interim, administré par le Centre européen pour les prévisions météorologiques àmoyen terme (CEPMMT).

L’OMM a publié son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre le 6 novembre 2013. Celui-ci peut être consulté sur la page Web consacrée au Programme de la Veille de l’atmosphère globale de l’Organisation, à l’adresse http://www.wmo.int/gaw.

L’Organisation météorologique mondiale est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l’eau

Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec : Clare Nullis, attachée de presse, Bureau de la communication et des relations publiques (tél. : +41 (0)22 730 84 78 ; tél. port. : +41 (0)79 709 13 97 ; courriel : cnullis@wmo.int).

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Organisation météorologique mondiale

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) est une institution des Nations Unies spécialisée dans la météorologie (temps et climat), l’hydrologie opérationnelle (eau) et les sciences géophysiques connexes telles que l’océanographie et la chimie de l’atmosphère.

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