Édition du 18 septembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Élections 2018

Défendons la liberté d’affichage syndicale contre les règlements duplessistes !

tiré de :Infolettre septembre 2018 De Alternative Socialiste

La campagne électorale débute et une coalition syndicale menée par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP)-FTQ a décidé de commencer en juillet la saison des pancartes en ciblant des comtés où la lutte sera serrée et où la CAQ et/ou le PLQ seraient en position de gagner.

La coalition regroupe aussi le Syndicat des métallos, le Syndicat canadien des employées et employés professionnels et de bureau, l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale, l’Alliance de la fonction publique du Canada et le Syndicat québécois des employées et employés de services. Mettant en évidence une figure moitié celle de Legault et moitié celle de Couillard, la coalition souligne que c’est « Du pareil au même » et affirme qu’ « On mérite mieux ». La coalition rappelle « les dommages causés par les libéraux » et « les dégâts promis par la CAQ » pour la classe laborieuse. Elle appelle également à « allez vers le Parti québécois et Québec solidaire, on ne dit pas pour qui ».

Toutefois, des règlements municipaux dignes de l’ère de Duplessis ont fait en sorte que notamment les villes de Québec, de St-Jérôme et de Sherbrooke ont avisé la coalition de l’illégalité des pancartes posées et les ont mêmes enlevées à Québec en refilant la facture aux syndiqué-es ! [1] À Sherbrooke par exemple, le règlement affirme que les enseignes d’opinion sont prohibées sur le territoire de la ville, soit une pancarte « indiquant un avis, une opinion, une pensée, une croyance, une expression ou un message vulgaire, sexiste ou haineux ». Après avoir envoyé une mise en demeure à la ville de Québec, la coalition a déposé une demande d’injonction pour pouvoir maintenir ses affiches en place. Elle soutient que le règlement d’urbanisme évoqué par la Ville pour justifier leur retrait constitue une « atteinte grave à la liberté d’expression ».

À Montréal où des pancartes on aussi été mises, on ne conteste pas et il y a une raison : le règlement municipal qui entravait la liberté d’expression à travers notamment l’affichage est tombé en 2010 et a été jugé par la Cour d’appel du Québec anticonstitutionnelle et contrevenant à la Charte des droits et libertés. Ce jugement a été rendu au moment où une coalition d’organismes et d’individus, la Coalition pour la liberté d’expression (C.O.L.L.E), a mené une bataille auprès de la ville de Montréal pour la liberté d’affichage sur le mobilier urbain. Dans les deux années précédent le jugement, les membres de cette coalition ont reçu pour plus de 215 000 $ en constats d’infraction qui ont tombé ensuite ! [2]

Grâce à cette campagne syndicale aux moyens financiers importants, la défense de la liberté d’expression à travers l’affichage sera en mesure, nous l’espérons, de faire tomber ces règlements municipaux antidémocratiques et de ce fait cela va servir l’ensemble des mouvements sociaux et politiques. Nous pouvons reconnaître que la coalition syndicale aux moyens immenses a de fortes capacités et qu’elle a raison de se mêler de politique pour la défense de la classe laborieuse.

Par contre, le travail auprès des membres est déficient tant au niveau de la consultation que de l’information pour cette campagne : aucun tract aux membres, du moins dans les CHSLD de Sherbrooke, pour expliquer la campagne payée avec notre argent. Encore moins une convocation spéciale pour prendre position localement puis au national. On se demande pourquoi l’écart est si grand entre cette position syndicale officielle et le futur vote des membres qui ne sont pas appelé-es à la politique. Plusieurs sont attiré-es par la CAQ et aucun débat ne permet d’échanger entre les membres pour faire évoluer les positions, car l’idéologie dominante est celle de la classe dominante et de ces médias. Également, les directions syndicales continuent à entretenir le mythe du PQ comme étant plus favorable à la classe laborieuse, tandis que celui-ci flashe à gauche dans l’opposition pour tourner à droite au pouvoir. L’exemple récent de 2012 à 2014 l’a démontré ou en plus il a encouragé la charte islamophobe et xénophobe qui a grandement affecté l’unité de classe tout en recevant le futur chef PKP le roi des lockouts en sauveur…Oui ces trois partis de l’establishment sont du pareil au même sur l’essentiel et on mérite vraiment mieux !

William G.

Notes

[1] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1114253/retrait-affiches-electorales-coalition-syndicale-mise-en-demeure-ville-quebec

[2]http://www.servicesjuridiques.org/affichage-et-liberte-dexpression/

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