Édition du 11 décembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Histoire

Démocratie représentative et participative et partis politiques progressistes : de la promesse à la réalité…

Sans égard pour les composantes de la conjoncture politique, il est toujours intéressant de prendre le temps de réfléchir sur les pièges de la démocratie représentative et le potentiel réel de transformation sociale des partis politiques qui se disent progressistes. Justement, les partis politiques qui se positionnent à gauche ont, depuis qu’ils existent, de nombreux défis à surmonter. Parmi ceux-ci, il y a la démocratie participative à l’intérieur de leur rang et aussi le type de relations qu’ils établissent avec les associations de citoyens et de citoyennes avec lesquelles ils ont des affinités idéologiques.

L’histoire contemporaine est riche en exemples de partis politiques qui promettaient d’atténuer ou de mettre fin à la misère, à l’exploitation et à l’oppression et qui, une fois au pouvoir, ont maintenu et entretenu des relations inégalitaires. N’ayons pas peur de le dire, l’utopie, dans plusieurs cas, s’est vite métamorphosée en dystopie. Telle a été le cheminement suivi par les partis politiques communistes. Ils promettaient, durant le processus révolutionnaire, la libération du prolétariat et l’abolition de l’État. Une fois au pouvoir, l’État s’est montré envahissant et terriblement oppressif pour une frange importante de la population. De plus, les organisations autonomes de la société civile ont été assujetties au centralisme-démocratique et ensuite absorbées par l’État bureaucratique. Pour ce qui est de l’exploitation économique des personnes salariées dans les « paradis socialistes », elle n’a jamais été abolie. Le cheminement suivi par les partis sociaux-démocrates n’est pas, lui non plus, exempt de contradictions. Les représentants de ces partis réformistes n’ont pas été en mesure de protéger les acquis sociaux de la population. Il leur est arrivé également de réprimer sévèrement les organisations syndicales et les autres regroupements sociaux qui menaient diverses luttes sociales. Plus près de nous, pensons à certains des dirigeants du parti Siriza en Grèce, une fois installés au pouvoir, ils ont eux aussi cédé aux pressions des grandes banques internationales, du FMI et des autres organisations du capitalisme mondial. Bref, à gauche, tout n’est pas parfait ni toujours cohérent.

Dans le texte qui suit, je vous propose une réflexion-critique 1) sur la démocratie participative et la démocratie représentative et 2) sur les partis politiques qui se disent « progressistes », « démocratiques » ou « de gauche ». Je me permets de reprendre de larges extraits de textes que j’ai rédigés et qui ont été publiés sur le site de la revue À bâbord !

1.0 De la démocratie athénienne à la démocratie représentative et pluraliste1

La « démocratie » que nous pratiquons aujourd’hui en Occident, depuis le lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, n’a plus tellement de point en commun avec la démocratie athénienne de la période de l’Antiquité. Pour y voir clair, commençons par définir certains termes. Le mot démocratie correspond à un régime politique dans lequel le peuple est réputé détenir le pouvoir. Aristote nous indique qu’il existe trois grands types de régimes politiques : la royauté (le pouvoir d’un seul) ; l’aristocratie (le pouvoir confiné dans les mains d’une infime minorité) et la république (le pouvoir exercé par le plus grand nombre). Dans La politique, Aristote précise : « Ces trois formes peuvent dégénérer : la royauté en tyrannie ; l’aristocratie en oligarchie ; la république en démocratie2. »
La première démocratie connue a été fondée par Solon à Athènes au VIe siècle avant Jésus-Christ. La démocratie athénienne avait comme assise principale, l’assemblée générale des citoyens. Des citoyens de sexe masculin exclusivement, faut-il préciser. Les femmes, les esclaves et les métèques n’avaient pas le statut de citoyen. Au XIXième siècle, Abraham Lincoln définira la démocratie de la manière suivante : « Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Une question se pose : jusqu’à quel point le peuple est-il réellement le détenteur du pouvoir dans les pays occidentaux ?
Dans les pays occidentaux ce n’est pas le peuple qui détient le pouvoir. Nous sommes plutôt devant une « oligarchie élective » et par « oligarchie élective » il faut comprendre que c’est un tout petit nombre de personnes, suite à une élection, qui exerce le pouvoir au nom du plus grand nombre.

Le mode de scrutin sert à choisir les représentantEs du peuple qui vont gouverner, donc qui vont exercer le pouvoir de décider au nom de la majorité. La démocratie qui procède par la voie électorale pour choisir les représentantEs du peuple correspond à une « démocratie représentative ». L’élection est un moyen par lequel les personnes élues se voient investies d’une fonction : celle de décider pour la nation entière. Les députéEs ne sont pas les représentantEs de la population de leur circonscription électorale. Ils et elles sont plutôt celles et ceux qui décident pour la nation entière. Nous ne vivons pas au sein d’une démocratie gouvernée. Nous nous retrouvons au sein d’une démocratie gouvernante. Il existe des différences majeures entre ces deux types de démocratie.

Dans la Grèce antique, la démocratie qui se pratiquait correspondait à une démocratie gouvernée. Les citoyens exerçaient le pouvoir de manière souveraine. L’assemblée des citoyens était pleinement souveraine. Les gouvernants procédaient de cette assemblée des citoyens.

Aujourd’hui, la manière dont le peuple est consulté, via un suffrage, fait en sorte qu’il perd complètement et totalement sa faculté de décider. Il la remet entre les mains de personnes qui vont se prétendre l’incarnation et l’interprète de la volonté générale des citoyenEs. Ces personnes vont même prendre, à l’occasion, des décisions qui vont à l’encontre des revendications du peuple. Le peuple, dans une démocratie gouvernante, est réduit à un simple support du pouvoir politique. C’est lui qui désigne ses représentantEs au parlement. Une fois éluEs, les membres de la classe politique vont adopter des lois sans tenir compte qu’elles soient souhaitées ou non par le peuple. Certains députéEs vont même prétendre que les lois qui sont adoptées correspondent à la « volonté du peuple ». Il y a beaucoup d’hypocrisie dans les régimes politiques de démocratie représentative.

Le XXième siècle a été un siècle de grands tumultes sur la scène politique et économique. Il y a eu les deux grands conflits mondiaux, plusieurs crises économiques, l’arrivée de partis politiques autoritaires (le fascisme et le nazisme dans certains pays européens) et certaines révolutions prolétariennes (pensons ici à la Russie et aux pays d’Europe de l’est). Mais, au sein des pays industrialisés de l’Europe de l’Ouest, de l’Amérique du nord et du Japon, la vie politique va connaître, dès le lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, de grandes mutations. Nous allons assister à l’émergence d’une démocratie qu’on peut qualifier de pluraliste et de représentative. Les pays occidentaux vont entrer dans l’ère de la politique-spectacle. La vie politique va se professionnaliser. Les partis politiques vont traiter l’électorat comme une clientèle à séduire. La joute politique que se livrent les partis politiques se déroule dans la logique de l’alternance gouvernementale, sans véritable alternative politique. Les citoyennes et les citoyens constatent qu’entre les grands partis politiques traditionnels, c’est « bonnet blanc, blanc bonnet ». Ceci va avoir pour effet de contribuer grandement à développer le cynisme et l’indifférence d’une frange importante de la population envers les affaires publiques. Certes, le droit de vote, dans les démocraties occidentales, est aujourd’hui universel. Mais, pour ce qui est de l’exercice du pouvoir, la vaste majorité n’a pas voie au chapitre. Il faut prendre note qu’à travers le temps le peuple a cessé d’être le souverain.

Donc, le modèle de la démocratie représentative et pluraliste qui prend forme et se répand dans les pays développés au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, s’accompagne d’une universalisation du droit de vote et de la transformation des partis politiques en organisations permanentes au sein desquelles nous retrouvons principalement des professionnel-le-s de la politique. Ces deux phénomènes ont pour effet de brouiller les cartes de la représentation politique. Plus la politique se massifie et moins le peuple est souverain. Certains auteurs (Robert Michels et Moisei Ostrogorski) ont conclu à l’impossibilité pratique d’un gouvernement par le peuple. Au mieux, le peuple peut choisir, via une élection, des représentantEs appeléEs à gouverner en son nom.

La professionnalisation de la vie politique et parlementaire entraîne la disparition, dans le processus démocratique, de celles et ceux qui comprennent le moins la vie politique. Ceci permet aux dirigeantEs du gouvernement et des partis politiques de diriger avec le moins d’entraves possibles. Le rôle du peuple se limite strictement à voter et non pas à être partie prenante du processus décisionnel.

La démocratie pluraliste et représentative correspond à une procédure : une méthode de sélection du personnel spécialisé dans l’art du gouvernement. La scène politique, lors d’une élection, prend la forme d’un marché dominé par les grands partis politiques en compétition pour obtenir le plus grand nombre de voix. À l’ère de la démocratie représentative pluraliste, les partis politiques traditionnels sont à la recherche des votes de la majorité silencieuse. Pour obtenir des voix, ils font des promesses mirobolantes qu’ils savent qu’ils ne pourront tenir. En politique comme dans le monde de la publicité, c’est le règne du look, du paraître et de la séduction qui l’emporte. Voilà pourquoi j’avance que la vie politique, dans ce que nous appelons les démocraties occidentales, s’est métamorphosée, à travers le temps, en politique-spectacle. Cette politique fonctionne au simulacre, à l’illusion et aux gros mensonges.

Nous ne vivons pas en démocratie mais bien plutôt dans une « oligarchie élective ». Se pose la question suivante : est-il légitime de se demander si la démocratie existe quelque part en ce bas monde ? Je réponds positivement à cette question. La démocratie, en tant que pratique dans un processus décisionnel, oui cela existe. Nous pouvons l’observer dans ces associations de proximité. Il y a des groupes au sein desquels les décisions se prennent démocratiquement. Il est, par contre, nettement exagéré de qualifier de « démocratie » le processus qui vise à élire les membres du parlement parmi lesquels sera choisie, par la suite, l’oligarchie élective.

2.0 Sur les partis politiques (l’analyse d’Ostrogorski et de Michels)3

Le pouvoir politique contemporain ne s’incarne plus à travers la personne d’un souverain omnipotent régnant sur ses sujets jusqu’à son dernier souffle. Aujourd’hui, il se conquiert, dans plusieurs pays, à l’occasion d’élections « libres » où se concurrencent des candidatEs identifiéEs à des partis politiques censés représenter les desiderata des citoyens électeurs et citoyennes électrices. En règle générale, la durée du mandat des députéEs est limitée dans le temps.

Cela, c’est le principe. Qu’en est-il dans la réalité ? Pourquoi plusieurs partis politiques sont-ils incapables de réaliser la démocratie et pour quelle raison, dans certains cas, les mesures qu’ils adoptent ou décrètent, une fois au pouvoir, s’éloignent-elles de l’intérêt public ? Deux ouvrages écrits au début du XXe siècle apportent des éléments de réponses intéressants à ce sujet. Il s’agit des livres de Moisie Ostrogorski, La démocratie et les partis politiques (1903), et de Robert Michels, Les partis politiques (1911).

L’analyse d’Ostrogorski

Ostrogorski a étudié le phénomène des partis politiques en Grande-Bretagne et aux États-Unis à cette époque. Il a observé que ces organisations partisanes ont commencé à s’étendre notablement à la suite de l’introduction du suffrage universel masculin. Dans un tel contexte, les grands partis politiques sont rapidement devenus de facto des appareils complexes chargés de recueillir un maximum de votes. Le vote, cette nouvelle source suprême de légitimation du pouvoir pour les politicienEs professionnel-le-s, peut donner lieu en démocratie à un trafic frauduleux.
De plus, les partis politiques sont préoccupés par leur propre croissance et non par l’intérêt public. L’orthodoxie de parti est nécessaire à leur bon fonctionnement. Puisqu’il en est ainsi, le conformisme politique s’installe en leur sein. Par ailleurs, en s’efforçant de prendre position sur tous les problèmes publics, ils amènent des propositions souvent inadéquates ou confuses qui visent à satisfaire différentes catégories d’électeurs et d’électrices aux intérêts opposés. La présence de partis « omnibus » concourt à détourner le débat politique. Le système électif ainsi organisé correspond à une démocratie de façade. Ce n’est pas le peuple qui est au pouvoir. La direction politique aboutit entre les mains d’une oligarchie. Pour éviter l’altération (ou la corruption si vous préférez) du tissu démocratique, Ostrogorski faisait la promotion des regroupements ad hoc. « À bas le parti et vive la ligue ! » écrivait-il. Par ligue, il faut comprendre ces regroupements spécialisés issus de la société civile et qui militent autour d’enjeux spécifiques.

L’analyse de Michels

La thèse principale de Robert Michels se résume ainsi : tous les partis politiques qui voient le jour dans le cadre de systèmes dits démocratiques ne correspondent pas à des modèles d’organisations démocratiques. Ce paradoxe vient du fait qu’au sein de ces organisations partisanes, une rupture hiérarchique s’établit entre les responsables de l’organisation et les adhérentEs. Pour Michels, il s’agit là d’un phénomène qu’il synthétise dans la formule lapidaire suivante : « la loi d’airain de l’oligarchie ». Michels a été un des tout premiers à comprendre les risques inhérents au phénomène des structures hiérarchiques qui rendent indispensables la présence de leaders pour mener à bien les activités du parti. Il en fera d’ailleurs la cause principale de la loi d’airain de l’oligarchie. À ce sujet, il écrit : « Or, abstraction faite de la tendance des chefs à s’organiser et à se coaliser, abstraction faite aussi de leur reconnaissance par les masses immobiles et passives, nous pouvons dire dans cette conclusion que la principale cause des phénomènes oligarchiques se manifestant au sein des partis démocratiques consiste dans ce fait que les chefs sont techniquement indispensables. » Ce sont donc les nécessités internes des organisations politiques de masse qui transforment les regroupements partisans en oligarchies selon Michels. Une petite minorité impose sa direction à la majorité. La démocratie interne, dans certains partis politiques, peut donc se présenter dans un état passablement anémique. Elle est même complètement inexistante dans les partis politiques de masse qui prônent une idéologie extrémiste.

Concluons et projetons

Les partis politiques ont vu le jour dans un contexte où les luttes politiques ont pris la forme parlementaire et où la lutte électorale est devenue le mode normal de désignation des représentantEs de la population, à la suite de l’élargissement du suffrage masculin. Depuis la fin du XIXe siècle, dans les démocraties occidentales, les partis politiques sont au centre de la vie politique. Ils monopolisent la sélection des élites politiques dirigeantes. Ils présentent maintenant, lors des élections, des candidates dociles qui acceptent d’avance de se soumettre à la ligne du parti. La plupart du temps, la transaction électorale que proposent les grands partis politiques à l’électorat porte sur des promesses exagérées et des programmes mensongers. En ce sens, la politique est souvent l’art du mensonge au profit de la classe dirigeante.
La mise en place du suffrage « universel » a eu pour effet de marquer de manière durable et permanente le fonctionnement des grands partis politiques. À partir du moment où des personnes jadis privées du droit de vote l’ont finalement obtenu, les partis politiques traditionnels sont passés de coteries privées à des organisations de masses à la recherche de l’appui du plus grand nombre, ce qui a indubitablement eu pour effet de bureaucratiser et de professionnaliser la vie politique.

Il faut une bonne dose d’effronterie pour véhiculer la thèse que les partis politiques « du monde libre » incarnent tous l’idéal démocratique. À ce sujet, des précisions s’imposent. Certains nouveaux petits partis politiques aspirent à respecter les règles de fonctionnement démocratique. Alors que d’autres, les partis politiques traditionnels qui alternent au pouvoir sans réelle solution de rechange, ne le feront jamais. Tant qu’une organisation partisane ou militante ne sombre pas dans la bureaucratisation et la professionnalisation, la démocratie en son sein demeure possible.

Face au modèle dominant de politique partisane, qui comporte son lot de déficit démocratique, une rupture est en cours. Les manquements des dirigeantEs politiques professionnel-le-s alimentent les mobilisations citoyennes. Les organisations partisanes traditionnelles déçoivent. Alors, quel avenir peut-on envisager pour les partis politiques en régime démocratique ? Celui que les citoyennes et citoyens seront en mesure d’imposer tant et aussi longtemps que le rapport de force jouera en leur faveur. Et après ? Il n’y a pas de place ici pour s’aventurer dans les avenues risquées de la futurologie.

Yvan Perrier
3 décembre 2018

Notes
1.- Perrier, Yvan. 2016. « De la démocratie athénienne à la démocratie représentative pluraliste : Intervention à l’émission Simplement humain ». À bâbord : Le blogue de la Rédac, 30 avril 2016. https://www.ababord.org/De-la-democratie-athenienne-a-la , Consulté le 3 décembre 2018.
2.Aristote. 1971. Paris : Éditions Gonthier, p. 96.
3.- Perrier, Yvan. 2013. « Les partis politiques : Nuisance pour la démocratie ? ». À bâbord !, No 49, avril/mai 2013. https://www.ababord.org/Nuisance-pour-la-democratie , Consulté le 3 décembre 2018.

Yvan Perrier

Yvan Perrier est professeur de science politique depuis 1979. Il détient une maîtrise en science politique de l’Université Laval (Québec), un diplôme d’études approfondies (DEA) en sociologie politique de l’École des hautes études en sciences sociales (Paris) et un doctorat (Ph. D.) en science politique de l’Université du Québec à Montréal. Il est professeur au département des Sciences sociales du Cégep du Vieux Montréal (depuis 1990). Il a été chargé de cours en Relations industrielles à l’Université du Québec en Outaouais (de 2008 à 2016). Il a également été chercheur-associé au Centre de recherche en droit public à l’Université de Montréal.
Il est l’auteur de textes portant sur les sujets suivants : la question des jeunes ; la méthodologie du travail intellectuel et les méthodes de recherche en sciences sociales ; les Codes d’éthique dans les établissements de santé et de services sociaux ; la laïcité et la constitution canadienne ; les rapports collectifs de travail dans les secteurs public et parapublic au Québec ; l’État ; l’effectivité du droit et l’État de droit ; la constitutionnalisation de la liberté d’association ; l’historiographie ; la société moderne et finalement les arts (les arts visuels, le cinéma et la littérature).

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