Édition du 16 octobre 2018

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Europe

Des dizaines de milliers de manifestants pour l’indépendance de l’Ecosse

En Ecosse, comme en Catalogne, la question nationale est toujours d’actualité. Mais elle est étroitement liée à la question sociale. Des dizaines de milliers de partisans de l’indépendance ont défilé à Glasgow, samedi 5 mai. Selon les organisateurs, le collectif All Under One Banner (Tous sous la même bannière), ils étaient 50 000 à battre le pavé.

Tiré du site d’Ensemble.

Le cortège de plus de 3 km de long a traversé le centre-ville d’ouest en est. Des habitants de toutes les régions écossaises avaient fait le déplacement. Une immense marée de drapeaux écossais, avec parfois les étoiles de l’Union Européenne et le Yes2 (le drapeau de ceux qui demandent un deuxième référendum), remplissaient les rues de la ville, alors que d’autres mélangeaient ces symboles avec le drapeau de la Catalogne.

Une foule ouvrière scandaient « Tories dehors », en même temps que « indépendance maintenant ». Certains portaient des pancartes en solidarité avec la « génération Windrush » d’immigrés des Antilles britanniques, contre le racisme, contre Trump et contre les sous-marins Trident (la force de frappe nucléaire britannique basée en Ecosse). Une pancarte disait simplement “L’union (britannique) est morte”.

Fait notable, le Scottish National Party (SNP) était officiellement peu présent, même si on pouvait y voir quelques-uns de ses élus.

La manifestation reflétait surtout la base du mouvement pour l’indépendance. Elle était organisée par une coordination de groupes locaux pour le Oui à l’indépendance qui se sont maintenus depuis le référendum de 2014. Mais on constatait la présence de beaucoup de militants badgés du SNP.

Un d’eux, habitant de Dalkeith près d’Edimbourg, disait « Je ne suis au SNP que parce que je veux l’indépendance. C’est un moyen pour y arriver, pas une fin en soi. Pour être franc, je ne suis pas d’accord avec une grande partie de la politique de la direction. »

La participation était plus du double de celle de l’année dernière, laquelle était le double de celle de l’année précédente. Le mouvement exprime une confiance accrue, et il devient évident qu’il doit suivre un chemin autonome de celui choisi par la direction du SNP.

La dirigeante du SNP, Nicola Sturgeon, a obtenu un mandat pour un deuxième referendum lors des élections au parlement écossais en 2016, dans le cas où il y avait « un changement matériel des circonstances » par rapport à 2014. Elle disait que le vote du Brexit représenterait un tel changement.

Avec le soutien des Verts, elle avait demandé et obtenu une majorité au parlement écossais de Holyrood pour chercher un accord avec l’Etat britannique en vue d’un autre referendum.

Mais l’été dernier elle a reporté cette démarche, disant qu’elle reviendrait à l’automne de 2018.

La pression monte donc sur la direction du SNP

Il y a des indications qu’une baisse importante des adhésions et de ses scores électoraux sont à l’horizon si le SNP ne met pas en pratique la rhétorique radicale de ces dernières années.

Depuis le niveau record de 120 000 adhérents atteint après le referendum, le SNP, au vu de la participation à l’élection actuelle du vice-président du parti, aurait perdu 20 000 militants.

Et lors des élections générales au parlement de Westminster de 2017, 12 pour cent de ceux qui avaient voté pour le SNP en 2015 ont choisi des candidats du parti travailliste de Jeremy Corbyn, ce qui représente environ 170 000 voix.

Pour beaucoup, le soutien à l’indépendance est un moyen de lutter pour améliorer la société, exactement comme le soutien à Corbyn en Angleterre. Dans les deux cas, la clé de la réussite n’est pas d’attendre que cela vienne des politiciens mais de s’unir dans la lutte pour l’obtenir nous-mêmes.

Article de Raymie Kiernan, traduit de l’anglais par nos soins. Paru dans Socialist Worker, le 6 mai 2018.

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