Édition du 20 novembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Elections et mouvements sociaux

Des organismes communautaires de Beauport ont organisé un débat

Des organismes communautaires de Beauport ont organisé un débat avec les personnes candidates de la circonscription de Montmorency. Voici, par ordre décroissant, la mise en contexte et les questions posées aux personnes candidates. La mise en contexte permet de rendre clairement les préoccupations des différents organismes rendant des services sur le territoire de Beauport.

« Nous voulons un mode de scrutin proportionnel où chaque vote compte et qui permet d’avoir une composition de l’Assemblée nationale qui reflète fidèlement la volonté populaire ».
⇨Qu’on se le dise, au Québec, ce n’est pas le nombre total de votes qui met un parti au pouvoir, mais bien le mode de scrutin actuel.
⇨On observe que l’exercice du droit de vote diminue, surtout chez les populations à faibles revenus, ce qui peut traduire le sentiment d’impuissance face à notre système démocratique.
⇨Selon un sondage mené en 2015, 70 % des Québécois se disaient favorables à un scrutin proportionnel. Ce mode de scrutin vise à donner à chaque parti politique un nombre de sièges proportionnel au total des votes qu’il a obtenu sur l’ensemble d’un territoire donné.
⇨Ce mode scrutin permet d’avoir des gouvernements qui représentent mieux la diversité des points de vue. Il semble aussi apporter plus de confiance et de satisfaction aux peuples qui l’ont adopté.
⇨Au printemps 2018, 3 des 4 partis à l’Assemblée nationale se sont engagés à instaurer le scrutin proportionnel dès 2022.

« Mesdames, messieurs, est-ce que votre parti s’engage à instaurer le mode de scrutin proportionnel dès son premier mandat ? »

« Dans la société que nous voulons, l’action citoyenne, le développement et la dispensation de services alternatifs, les projets communautaires, l’innovation sociale, mis de l’avant par le mouvement communautaire, sont soutenus financièrement et dans le respect de l’autonomie des groupes ».

⇨L’ensemble de l’action communautaire autonome (ACA) a évalué une manque de 475 millions de dollars en financement récurrent à la mission, afin de pouvoir répondre aux besoins et réaliser leur mission. 

⇨Pour expliciter la question du respect de l’autonomie du communautaire autonome (ACA), on réfère ici à la Politique de reconnaissance de l’action communautaire. Adoptée en 2001, cette politique doit engager toutes les instances gouvernementales à respecter l’autonomie des groupes, à mettre en place ou à maintenir des programmes de financement spécifiques pour l’ACA et à reconnaître l’apport de l’ACA à la société québécoise. notamment l’apport du mouvement de l’ACA et l’importance du rôle des groupes de défense collective des droits. Or, de nombreux ministères ne respectent pas la politique et le gouvernement ne fait pas ce qu’il faut pour assurer ce respect.

« Mesdames, messieurs, que compte faire votre parti pour consolider le mouvement de l’action communautaire autonome ? »

« Dans la société que nous voulons, le droit à des services de santé est assuré par un système de santé public, universel et gratuit avec un panier de services plus large au niveau de la prévention et qui considère la santé dans sa globalité. »

⇨Les proches aidantEs nous témoignent de la multiplication et de l’alourdissement des tâches et des soins qui leurs sont confiés, voire imposés. Force est de constater que les besoins en services et en soins à domicile ne sont pas couverts. C’est une grande partie de la population qui pallie à ces manques au prix de son temps, de son économie, de sa santé.

⇨Nous observons une très grande disparité de conditions de travail au sein même de tout le personnel soignant et de soutien, ainsi que dans la considération envers tous ces acteurs qui dispensent les soins et les services.

⇨Nous dénonçons les coupures réalisées année après année sous la forme de multiples stratégies (mise à la retraite, réingénierie, fusions, nouvelles gestions) qui limitent l’accès d’une partie de la population à des services et soins de santé, sans parler des atteintes à la qualité des soins et aux conditions de travail.

⇨On se rappelle que chaque dollar investi en prévention évite sept dollars (7 $) de dépenses en curatif. Or, plusieurs services de prévention et de soins sont maintenus hors du panier de services couverts par l’État (psychologie, acupuncture, ostéopathie, etc).

⇨On se questionne sur le fait que les soins dentaires soient exclus de la couverture publique des soins de santé.

« Mesdames, messieurs, que compte faire votre parti pour assurer le droit à l’accès à des services de santé gratuits et publics de qualité pour tous et pour toutes ? »

« Nous voulons une société qui porte la culture du consentement, du respect de l’intégrité de chacun et de chacune et des relations égalitaires ».

⇨Nous déplorons que trop de situations d’abus, de harcèlement, d’agressions et de viols se produisent tant dans les espaces privés que publics.

⇨Nous dénonçons aussi que ces situations soient imposées par des personnes qui utilisent leur pouvoir, voire leur impunité, politique, économique, institutionnelle et culturelle.

⇨Nous dénonçons le fait que, lors des dénonciations, les actes soient banalisés, les victimes responsabilisées et les agresseurs protégés.

« Mesdames, messieurs, comment votre parti se propose-t-il d’agir pour promouvoir une culture du consentement libre ? »

« Nous voulons un État qui protège la biodiversité et les écosystèmes à titre de bien commun et à long terme ».

⇨Tout d’abord, développer de façon viable implique tenir compte des limites des ressources naturelles. Le développement durable suppose une décroissance viable. Il favorise la réhabilitation des liens entre les vivants et les éléments (plus de liens, moins de biens).

⇨La gestion des matières résiduelles, y compris celles alimentaires, doit être revue dans une perspective d’économie circulaire (réduire, réutiliser, recycler, revaloriser) dans le respect des capacités des écosystèmes.

⇨Nous constatons la nécessité de repenser le modèle de l’agro-industrie au Québec, pour cheminer vers un modèle agro-écologique qui nourrit des personnes et préserve la biodiversité. Ce modèle suppose un nouveau contrat social équitable entre le mangeur, l’agriculteur et le marchand. Nous privilégions la production d’aliments sains exempts d’OGM et de pesticides et une mise en marché de proximité. Cette logique s’inscrit dans un projet de souveraineté alimentaire. 

⇨La transition énergétique est urgente, autant pour l’extraction, pour la production que pour la consommation. Elle doit se faire dans un souci de partage des rares ressources.

⇨Des innovations écologiques ont besoin de soutien financier pour se consolider et s’implanter dans un souci d’accessibilité.

« Nous croyons en tous les petits gestes posés individuellement. Ceci dit, l’État a un pouvoir et un rôle structurant et motivant qu’il doit jouer pour assurer la protection de l’environnement. Mesdames, messieurs, comment votre parti compte-t-il agir dans ce sens » ?

⇨Selon une enquête terrain que la Ligue des droits et libertés, section de Québec a mené cet été, plusieurs intervenantEs d’organismes communautaires ont soulevé les problèmes que les personnes immigrantes ou autochtones rencontrent lorsqu’elles sont en contact avec les services de santé et les services sociaux.

⇨La difficulté de cette situation réside dans l’intervention parfois inadéquate des services publics qui ne sont pas toujours sensibles ou outillés pour faire face aux défis que pose la diversité culturelle.

⇨Par exemple, on peut relever le fait que lorsque des personnes racisées se présentent à un point de service, par exemple en santé et services sociaux, elles peuvent vivre une expérience dégradante par des commentaires racistes. Pour citer un travailleur de rue qui accompagne un jeune racisé dans une visite au médecin, au moment de procéder à l’évaluation en mettant ses gants, le médecin profère un commentaire déplacé en disant : « peut-être que d’où tu viens, il y a un problème de VIH ».

⇨Selon d’autres témoignages recueillis, il existe un problème avec des intervenantEs de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) lorsque ceux et celles-ci interviennent auprès d’une famille autochtone. Ils et elles ne semblent pas disposer d’outils leur permettant une compréhension de l’histoire, de la réalité et du mode de vie des différentes communautés autochtones présentes au Québec.

⇨Pour les Autochtones, c’est l’indifférence du service médical qui semble la plus problématique. Tel que l’a expliqué une travailleuse sociale, il arrive souvent que le médecin ou l’infirmière ne s’adresse pas directement au patient, mais à unEe collègue ; ils agissent comme si le patient n’était pas là.

⇨De manière plus générale, l’accès aux services publics, principalement en santé et services sociaux, est défaillant au niveau de la langue. Non seulement il y a un manque quant à l’accès aux services restreints d’interprétariat du Centre multiethnique. Les conséquences peuvent s’avérer parfois graves, puisque les personnes racisées qui se présentent dans un point de santé et vivent une situation d’inconfort et d’incompréhension (prescription, procédure, posologie, etc) semblent décider de ne plus retourner ou de se fermer à l’idée de consulter lorsque le besoin se fait sentir.

« Qu’est-ce que votre parti compte faire pour améliorer l’accès concret aux services publics pour les personnes immigrantes et autochtones ? »

« Nous portons un projet de société où chacun et chacune dispose d’un revenu suffisant pour vivre dans la santé et la dignité ».

 ⇨Au Québec, une personne sur dix ne couvre pas ses besoins essentiels. Environ 700 000 personnes survivent avec moins de 18 000$ par année, c’est ce qui est reconnu comme étant le minimum vital pour couvrir de façon minimale les besoins essentiels d’une personne vivant seule. C’est ce que le gouvernement et les chercheurs appellent la mesure du panier de consommation ou la MPC ; or, la MPC ne correspond pas à la sortie de la pauvreté.

⇨Le Québec a aussi adopté une Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, loi qui reconnaît le droit à un niveau de vie suffisant et la possibilité d’exercer ses droits.

« Mesdames, messieurs, comment votre parti prévoit-il agir pour garantir à tous et à toutes un revenu lui permettant de vivre dans la santé et la dignité ? »
« Notre projet de société prévoit l’accès à des services de garde publics, de qualité et gratuits de type Centre de la petite enfance et milieu familial pour tous les parents désirant y avoir recours. »

⇨Au Québec, entre 2006 et 2015, la proportion des enfants en garderie non subventionnée a augmenté 1 % à 9 % tandis que les taux de fréquentation des services de garde publics sont restés stables ou à la baisse.

⇨Notre système de service de garde public (Centre de la petite enfance et milieu familial reconnu), qui fait l’envie de plusieurs pays a été négligé ces dernières années. Alors que les rapports ont constaté que ces services sont de bien meilleure qualité que les services privés, le gouvernement a tout de même choisi de favoriser la création de ces derniers : augmentation des tarifs CPE pour les familles à meilleurs revenus, augmentation du crédit d’impôt pour les frais de services de garde non-subventionnées et création de plus de places dans les garderies privées.
⇨Une grande proportion des parents qui souhaitent accéder à un CPE ou à un milieu familial reconnu se butent à un manque de place, notamment pour les poupons.

⇨On se rappelle que le réseau de services de garde public a été créé avec un programme pédagogique dans le but de favoriser l’égalité des chances entre les enfants à l’arrivée à la maternelle, les garderies non subventionnées n’étant pas soumises aux mêmes contrôles de qualité.

⇨Il a été démontré que les sommes investies par l’État dans le réseau public sont moindres que les revenus d’impôts générés par les parents bénéficiant de ces services.
 
« Mesdames, messieurs, comment votre parti compte-t-il assurer l’accès à des services de garde publics, de qualité et gratuits à tous les parents qui en ont besoin ? »

« Dans notre projet de société, nous voulons un système public d’éducation gratuit, qui permet à chacun et à chacune de se développer dans sa globalité tout au long de sa vie. »

 ⇨On assiste à un essoufflement de l’ensemble du personnel qui accompagne les enfants, les jeunes, les jeunes adultes et toutes les personnes qui veulent poursuivre leur scolarisation, leur formation ou leurs apprentissages.

⇨On déplore que les établissements d’enseignements soient soumis à des logiques marchandes de résultats, de coupures ou de profits.

⇨On observe une hausse de l’endettement chez les jeunes.

⇨Une diversité et une complémentarité d’intervenantEs (spécialistes, pédagogues, bibliothécaires, personnel enseignant et de soutien, etc) est essentielle pour accompagner les apprenantEs.

⇨On se rappelle que l’éducation est une stratégie reconnue mondialement pour développer un pays et l’accès à l’éducation et à la formation est un droit fondamental.

⇨L’école est un milieu de vie privilégié pour développer les savoirs, les savoir-faire et les le savoir-être.

« Mesdames, messieurs, comment votre parti prévoit-il, s’il est élu, faire en sorte que l’État assure l’accès à l’éducation pour toutes et tous et ce, tout au long de leur vie ? »

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