Édition du 13 novembre 2018

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Syndicalisme

Deuxième journée de grève des employé-es de la SAQ - Les syndiqué-es visitent des ministres et députés libéraux partout au Québec (CSN)

MONTRÉAL, le 22 août 2018 - Les travailleuses et travailleurs des magasins et des bureaux de la Société des alcools tiennent une deuxième journée de grève à travers le Québec afin de faire pression sur le gouvernement pour un déblocage rapide de leur négociation. En guise de protestations, ils ont tenu deux grandes manifestations à Montréal et à Québec, ainsi que plusieurs autres à travers tout le Québec, devant des bureaux de ministres et de députés libéraux ainsi que des succursales de la SAQ.

« La SAQ s’en prend aux fondements mêmes de la convention collective en voulant diminuer le nombre de postes réguliers et la protection qui permet aux plus anciens employé-es réguliers d’avoir des horaires de qualité, a dénoncé la présidente du SEMB-SAQ, Katia Lelièvre. De telles mesures vont contribuer à augmenter la précarité, déjà très présente dans nos rangs : les temps partiels devront attendre encore plus longtemps pour décrocher des postes réguliers. Quant aux employé-es qui accèdent finalement à ces postes, ils devront se résigner à travailler encore les soirs et la fin de semaine. Nous avons signifié à l’employeur que nous sommes prêts à faire un bout de chemin sur certaines questions relatives à cette négociation, mais il doit laisser tomber ces demandes de recul inacceptables », a-t-elle ajouté.

Rappelons que 70 % des salarié-es de la SAQ sont à temps partiel et qu’une moyenne de douze ans est nécessaire pour obtenir un poste régulier. Sur ces employé-es à temps partiel, entre 700 et 800 travaillent entre 0 et 10 heures par semaine durant certaines périodes de l’année. « La SAQ préfère gérer du temps partiel à la petite semaine plutôt que de stabiliser des personnes dans des postes réguliers, déplore la présidente de la Fédération des employées et employé-es de services FEESP-CSN, Nathalie Arguin. Cette pratique encourage les employé-es à démissionner après avoir reçu leur formation, faute d’heures de travail, ou à devoir se trouver un ou deux autres emplois pour arriver. Ça devient un véritable casse-tête pour ces gens-là. »

La présidente du Conseil central du Montréal métropolitain, Dominique Daigneault, exhorte les libéraux à faire le nécessaire pour dénouer l’impasse. « Si le gouvernement libéral veut être pris au sérieux par la population sur la conciliation famille-travail-études, il doit envoyer les mandats à la Société des alcools afin que cette négociation se règle enfin. Pour l’instant, son silence sur cette négociation laisse entendre qu’il ne s’en soucie guère. Ce n’est sûrement pas le message qu’il veut envoyer en cette période électorale. Les travailleuses et les travailleurs de la SAQ et de partout au Québec ont le droit d’aspirer à plus de stabilité en emploi ! »

« Les employé-es de la SAQ sont des personnes complètement dédiées à leur travail : elles sont en contact constant avec les clients, elles aiment les conseiller et leur offrir le meilleur service. Elles souhaitent pouvoir faire de ce travail un véritable gagne-pain et il est tout à fait justifié qu’elles défendent leurs droits de la sorte. La CSN les soutiendra tant et aussi longtemps que l’employeur ne fera pas marche arrière sur un enjeu aussi important qui menace l’équilibre entre le travail et la vie personnelle », a conclu le président de la CSN, Jacques Létourneau.

Rappel

En juin dernier, après 16 mois de négociation, les 5 500 membres du SEMB-SAQ avaient voté à 91 % pour un mandat de six jours de grève. Jusqu’à maintenant, les parties ont tenu plus d’une cinquantaine de séances de négociation.

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