Édition du 21 novembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Autochtones

El buen vestir - Tlakentli

El buen vestir - Tlakentli : spectacle phare du

Printemps autochtone d’Art 3

au Monument-National, du 10 au 12 mai 2017 à 20 h (Montréal)

Le Printemps autochtone d’Art 3, biennale multidisciplinaire orchestrée par les Productions Ondinnok, présente le spectacle de danse-théâtre, El buen vestir-Tlakentli, du 10 au 12 mai 2017 à 20h, au Monument-National, dans le Quartier des spectacles et les 17 et 18 mai à 19h à la Maison de la culture Frontenac (Montréal).

Alliant danse et théâtre, El buen vestir-Tlakentli propose un voyage à travers la généalogie et les univers hybrides où les langues coloniales et autochtones cohabitent. Partant de la métaphore du costume, d’une photographie et de la notion de conformité aux règles sociales, les créateurs et interprètes originaires du Mexique et immigrés au Canada, Leticia Vera (d’origine nahua) et Carlos Rivera (d’origine mixtèque), explorent les « secondes peaux » dont on se revêt, questionnant les legs coloniaux et le risque de l’effacement identitaire. Quelle appartenance à « l’Amérique du Nord autochtone » se forme en traversant les frontières ? Présenté dans les trois langues coloniales, en français, en anglais et en espagnol, le spectacle intègre également la poésie en langue innue de Joséphine Bacon qui résonnera en voix off dans un assemblage alliant des sonorités en langue zapotèque et nahuatl (langues autochtones du Mexique). L’oralité est au cœur de El buen vestir-Tlakentli dans cette conception sonore qui créée le lien essentiel entre les langues et l’identité recomposée.

El buen vestir-Tlakentli, c’est d’abord la rencontre entre deux danseurs, comédiens et chorégraphes mexicains d’origine et immigrés au Canada, Leticia Vera, et Carlos Rivera. Leur intégration au sein de leur nouvelle terre d’accueil les confronte à une perte de repères et est source de questionnements identitaires autour de leur ascendance nahua et mixtèque (peuples autochtones du Mexique).

C’est aussi comme point de départ, une photo prise dans les années 1940 présentant des membres de la famille de Leticia Vera dans laquelle un couple et leurs enfants posent stoïquement en studio : leurs traits physiques sont typiquement autochtones, mais ils sont vêtus à l’européenne. Cette image rappelle les photographies prises dans les pensionnats autochtones, qui documentaient étape par étape le processus d’assimilation. C’est aussi une photographie qui témoigne des pressions subies par les Autochtones pour qu’ils se conforment aux règles sociales des Blancs.

De là surgit la prémisse de El buen vestir-Tlakentli : la métaphore du costume, signifiant à la fois vêtement et déguisement. Une démarche s’enclenche alors pour interroger ce qui est occulté sous plusieurs couches de travestissements, pour retrouver l’héritage des ancêtres : la langue, la culture, les traditions. Ce sont ces legs que El buen vestir-Tlakentli propose de dévoiler un à un. « Lever le voile signifie retirer l’habit colonial occidental ; nommer les blessures, les séquelles de l’oppression, retrouver les valeurs ancestrales enfouies », explique Leticia Vera, metteure en scène, co-chorégraphe et co-interprète de la création.

La recherche chorégraphique que propose le spectacle est également revendication et quête : « Les danses autochtones d’origine ont connu plusieurs métissages au cours des siècles et ont subi l’influence espagnole. L’intégration des chorégraphies de danse contemporaine aux danses traditionnelles questionne les manifestations d’hybridité » explique le co-chorégraphe et co-interprète Carlos Rivera.

El buen vestir-Tlakentli accorde, avec humour et franchise, une place privilégiée à l’onirisme, aux souvenirs, aux moments d’intimité et apporte une réflexion sur les échanges et rencontres qui se produisent entre Autochtones du continent américain, révèlant combien les formes d’aliénation vécues par les communautés autochtones du sud et du nord sont semblables.

› El buen vestir-Tlakentli

Production : Ondinnok

Mise en scène, création chorégraphique et interprète : Leticia Vera

Création chorégraphique et interprète : Carlos Rivera Martínez

Poétesse innue : Joséphine Bacon

Berceuse et témoignage en zapotèque : Teresa et José Orozco

Témoignage en nahuatl : Oswaldo Galicia Calderon et José Ortiz Rivera

Musicien : Hugo Monroy Nájera

Conseiller à la dramaturgie : Clément Cazelais

Conseiller en mouvement et gestuelle corporelle : Charles Koroneho

Conceptrice des costumes : Lorena Trigos

Concepteur sonore et vidéo : Jean-Marie Pinel

Conceptrice des éclairages : Chantal Labonté

Régisseur : Simon Beetschen

Directeur technique : Christian J. Gagnon

› Représentations à Montréal

› 10 au 12 mai, 20h | Monument-National, Quartier des spectacles

Billetterie : 28$ (régulier) 22$ (étudiant) | www.monumentnational.com | 514-871-9883

› 6 mai, 20h | Maison de la culture Pointe-aux-Trembles | En avant-première. Entrée libre

› 17 et 18 mai, 19h | Maison de la culture Frontenac | Entrée libre

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