Édition du 16 octobre 2018

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Élections 2018

Élections du Québec 2018 – camouflet sans précédent aux partis traditionnels

Comme à plusieurs occasions dans les pays capitalistes avancés, les véhicules traditionnels des classes dominantes sont rejetés massivement par la population. Que l’on se rappelle le cas français où la social-démocratie de François Hollande et l’UMP de Sarkozy furent balayés par le parti de Macron et l’extrême-droite FN et plus marginalement la France insoumise de J-L Melenchon. Le Québec vient de vivre un phénomène un peu semblable avec le récent scrutin. Le PLQ et le PQ, les deux partis qui ont géré les affaires du Québec au cours des 50 dernières années ont été soufflés par un vent de changement qui a fait beaucoup de victimes et qui risque de passer à l’histoire comme la fin d’un chapitre et l’ouverture d’une nouvelle période pour la politique québecoise.

Le PLQ, véhicule par excellence de la grande bourgeoisie, a perdu plus de 755 000 votes entre l’élection de 2014 et celle de 2018 et la moitié des sièges qu’il détenait. Il s’agit d’un creux historique pour le parti fondé au tout début de la confédération. Le PQ qui avait amorcé sa dégringolade depuis quelques élections, poursuit sa descente avec la perte de près de 386 000 votes et les deux tiers de sa députation. Ce sont donc plus d’un million de votes qui ont été soustraits aux partis traditionnels. La CAQ voit monter ses appuis de 533 000 votes alors que QS double ses appuis avec 324 000 votes de plus. C’est un rejet majeur des politiques des « vieux partis ».

Par ailleurs, cette élection a donné le taux de participation le plus faibles des dernières décennies. En fait, il faut remonter à 1927 pour retrouver un taux inférieur. À peine les deux tiers (66,5%) des électeurs-trices inscrits ont participé au scrutin ce qui représente une forme de rejet de la politique actuelle et de ses acteurs principaux.

QS devant le PQ ?

QS souffle dans le cou du PQ ce qu’on aurait guère envisagé jusqu’à tout récemment. La différence est d’un peu plus de 34 000 votes en faveur du PQ qui a connu un creux historique à 17% des votes. Par ailleurs, QS devance le PQ dans 66 comtés soit plus de la moitié des circonscriptions. Et la formation de gauche devient la deuxième force politique de la métropole, le PQ étant dorénavant absent de cette scène.

QS fait une percée dans la capitale nationale avec 2 élu.e.s et se donne une présence en région avec des gains à Sherbrooke et à Rouyn-Noranda-Témiscamingue. QS n’a connu aucun recul. Il a fait des progressions impressionnantes dans une multitude de comtés. Sa députation comprend un nombre égal de femmes et d’hommes.

Le PQ a beau proclamer qu’il n’est pas mort, il sera réduit à quémander sa reconnaissance à l’Assemblée nationale où ses élu.e.s sont réduits au titre de député.e.s indépendants. Les budgets de recherches auxquels il était habitué auront fondu comme neige au soleil.

Le PQ après avoir tenté la diabolisation de QS a fait résonner le chant des sirènes par la voix de Jean-François Lisée visiblement sonné, pour s’accrocher à la bouée QS et éviter un naufrage définitif. QS aurait tort de voguer au secours du bateau qui coule, au risque d’être entrainer dans son sillage à son tour et de connaitre le même sort.

Avec une proportionnelle

Les principaux partis d’opposition (PQ, CAQ, QS et PVQ) s’étaient entendu sur leur volonté de réformer le mode de scrutin d’ici la prochaine élection en 2022. Nous verrons bien si Legault tiendra sa promesse ou bien fera t-il comme Justin Trudeau et retrouvera soudainement des avantages incontournables au scrutin actuel. À quoi ressemblerait les résultats de l’élection de 2018 si un tel mode de scrutin avait été utilisé ?

La SRC a effectué des projections pour faire la démonstration d’une élection avec proportionnelle mixte compensatoire. Rappelons que le parti de François Legault a obtenu une large majorité avec seulement 37% des votes (24,4% de tous les électeurs-trices), Dans la simulation de Radio-Canada, la CAQ demeurerait majoritaire mais avec moins de sièges (64 au lieu de 74). Le PLQ demeurerait avec le même nombre de sièges. Cependant QS verrait son nombre d’élu.e.s passer de 10 à 14 alors que le PQ sortirait de la marginalité avec 15 sièges au lieu de 9. Autant d ’arguments en faveur d’une réforme en profondeur du mode de scrutin.

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