Édition du 19 septembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

LGBT

En Tchétchénie

tiré de : L’INFOLETTRE DE FUGUES # 624 - 29 mai 2017

Publié le 23 mai 2017 à 09h03
Denis-Daniel Boullé

Je suis outré par ce qui se passe en Tchétchénie. Je le dis, je l’écris et après ? Je ne sais pas. Rassemblements devant des consulats, emportement sur les réseaux sociaux, ou encore diffusion sur Instagram de photos de couples LGBTQ s’embrassant à l’initiative de LGBTQ brésiliens. Et ce, ême si le Brésil se classe en tête du peloton des pays où l’homophobie et la transphobie sont les plus fortes en termes d’agressions, de meurtres et de disparitions – les victimes étant surtout des personnes trans.

Les gouvernements se fendent de communiqués de presse pour dire aux autorités russes et tchétchènes C’est pas bien ce que vous faites ! Comme le disait la ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, Christine St-Pierre, dans une entrevue qu’elle nous a accordée (à paraître dans le numéro de juillet), il faut parler des droits de la personne dans toutes les rencontres, conférences, assemblées internationales. Apporter la bonne parole du Canada et du Québec.

Une stratégie défendue et mise en œuvre par Justin Trudeau. Il est vrai que, comme les représentants du Québec, il n’hésite pas à rappeler l’importance de reconnaître et de protéger les minorités sexuelles partout dans le monde. Bien sûr, dans le respect du droit diplomatique pour maintenir de bonnes relations, mais qui sont le plus souvent liées à des raisons économiques. Pas question, en somme, de perdre quelques contrats comme c’est le cas avec l’Arabie Saoudite. Mais, en même temps, on sait que les ruptures diplomatiques et les blocus économiques ont des effets désastreux sur la population la plus pauvre et démunie dupays ciblé.

Apporter la bonne parole sur toutes les tribunes en espérant que, dans le futur, ces pays s’ouvrent à la diversité, à la promotion de l’égalité homme femme, à la liberté d’expression, à la reconnaissance des LGBTQ. Mais un futur proche ou lointain ? En attendant, pour celles et ceux qui subissent actuellement l’asservissement en raison de leur âge – les enfants -, en raison de leur sexe ou de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, ils ne peuvent que regretter d’être né-es trop tôt, ou prier pour que ce futur soit demain et pas dans trente ans.

Peut-être devrait-on s’inspirer de l’activiste australo-anglais, Peter Tatchell, qui avait tenté d’arrêter le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, en 2003 à Paris, pour le faire accuser de tortures envers des personnes LGBT dans son pays. La tentative avait échoué, mais l’initiative avait marqué les esprits. Elle reste une option.

Peut-être tenter, comme le font quelques groupes LGBT russes, de faire sortir les gais de Tchétchénie ? Ou encore de demander aux légations canadiennes en Russie d’accepter les demandes de réfugiés tchétchènes LGBT en leur offrant la protection le temps d’étudier leur demande ?

Trouver des moyens d’action et de pression qui ne nous laisse pas le goût amer de la frustration devant les limites de l’indignation

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