Édition du 11 décembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

La campagne de QS à coeur ouvert

Entrevue Catherine Dorion : QS fera sa première percée hors Montréal

Nous avons rencontre Catherine Dorion, artiste de théâtre de la région de Québec qui s’était démarqué par des campagne fort active alors qu’elle représentait Option nationale dans Tachereau. Maintenant avec Québec solidaire, elle risque fort d’être la première élue hors de l’’île de Montréal.

PTAG : Comment va la campagne à une semaine du vote ?

Catherine Dorion  : Ça vas vraiment bien. Je peux pas voir ce qui pourrait aller mieux que ça. Les prédiction et les sondages c’est bien le fun mais ce qu’on sent sur le terrain. Je n’ai jamais vécu ça. Au centre-ville de Québec, ce qu’on est arrivé à faire. Il y a des gens qui débarquent au local et nous disent : je veux faire quelque chose. On a des appuis inespérés comme Richard Desjardins. Il y a des gens qui travaillent pour le maire de Québec. Ça va au-delà de « Moi je suis à gauche, moi je ne suis pas à gauche ». Il y a un mouvement qui se lance pour de vrai. C’est enthousiasment, il faut encourager ça. Il y a une reprise en main de la politique par la collectivité. Ça ne passera pas juste par des gens qui dans leurs opinions sont à gauche. C’est aussi s’approprier le mouvement, les gens ne sont plus simplement des consommateurs de politique, mais deviennent des acteurs sans demander la permission à personne. « « Moi j ’organise telle affaire en appui », « moi je fais ça ». Il y a des groupes de pression et des citoyens ordinaires, des groupes soucieux de l’environnement qui mettent eux-mêmes des initiatives et participent à la campagne de façon complètement autonome. C’est le rêve.

Tu as été candidate pour Option Nationale à deux reprises. Quelles différences vois-tu entre ces 2 premières expériences et ta première campagne avec QS ?

La plus grosse différence, c’est mon équipe. Tout le monde est vraiment fort dans son domaine et il y a belle synergie entre nous. Il y a beaucoup de monde avec des capacités. Il a y la course à l’investiture en janvier et depuis ça n’arrête pas. Avec ON, mes journées n’étaient pas remplies et je continuais à travailler pendant la campagne. C’était des campagnes vraiment moins grosses du point de vue de la mobilisation, de l’équipe, etc.

Quels sont les enjeux particuliers à la circonscription ? Tes engagements dans Taschereau ?

Nous avons une plate-forme locale qu’on a fait. Il y a des enjeux nationaux qui sont aussi locaux : on a eu des problèmes avec les services de santé de proximité, le sans rendez-vous du CLSC Basse-ville qui n’existe plus, le CLSC a de la difficulté à garder ses médecins. Alors avec notre proposition de QS de revaloriser les CLSC et d’accélérer la cadence avec des ouvertures 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 avec toute une équipe pluri-disciplinaire de travailleurs de la santé qui ne sont pas nécessairement obligé de travailler sous la coupe d’un médecin. Tout ça touche des enjeux locaux.. Il y a aussi le fait qu’il n’y a pas de maison des naissances dans Taschereau. Il y a aussi l’école Cardinal-Roy qui va faire disparaître son côté régulier, ce qui veut dire que les gens qui habitent dans St-Sauveur n’auront plus d’école publique gratuite car il conserve le côté sport-étude qui coûte au moins 4000$ par année. C’est comme une école de quartier qui ne sera plus accessible à tous. Avec notre réinvestissement en éducation, Ça va contribuer à régler le problème. Il y a aussi les radios parlés qui parlent juste du 3e lien parce que nous sommes le seul parti qui ne veut pas qu’il y ait de 3e lien. Pour le centre-ville de Québec, c’est bien évident pourquoi : ça va augmenter le trafic, augmenter la pollution atmosphérique et on ne veut pas mettre tous ces milliards de $ dans une solution qu’on va ravoir le même problème dans 10 ans. On veut tout investir ça pour changer le modèle des transport. Etre capable d’offrir du transport en commun qui est capable d’offrir une alternative à l’auto solo.

Et tes adversaires politiques, comment réagissent-ils au succès de ta campagne ?

Ils ne savaient et ils ne comprenaient pas pendant un bout de temps,Ce sont des gens qui sont moins sur les réseaux sociaux, qui n’étaient pas tant que ça sur le terrain avant la course. Au début, ils pensaient qu’on n’étaient pas un gros morceaux à tasser.

Sol Zanetti se présente dans le comté voisin de Jean-Lesage. Quelle est la collaboration avec la candidature de l’ex-chef d’Option Nationale ? Plus largement, quels enjeux régionaux sont déterminants pour cette campagne ?

Je verrais une collaboration très serrée. Sol, c’est mon ami et on milite depuis longtemps ensemble. On étaient des indépendantistes de gauche qui militaient très fort pour la fusion avec QS. Tous ceux qui savent qu’on est organiquement très proche et nos équipes aussi. Alors on collabore déjà beaucoup. Si Sol est élu, j’aimerais vraiment ça. Et on veut continuer à nourrir ce mouvement-là. On veut pas aller éteindre ça à l’Assemblée nationale en se disant « bon bien c’est fini ». On veut contribuer à faire grossier le mouvement social tout en ayant nos entrées à l’Assemblée nationale.

Quels moyens envisages-tu pour maintenir cette mobilisation ?

Les mêmes moyens qui ont fait notre succès dans cette campagne-ci. Il faut des moments ou on se pose des vraies questions de ce qui devrait être notre politique mais avec beaucoup de personnes. IL y a un réel engouement pour nous actuellement. Alors quand on fait des événements, c’est plein.On appelle les gens à venir écoute le débat des chefs au Ninkasi (un bar du centre-ville de Québec NDLR) et le bar déborde. Le lendemain on se dit qu’il n’y aura plus personne.On fait un grand rassemblement et il vient 1000 personnes. Je fais des assemblée de cuisine dans des bars. On a eu les deux dernières fois plus de 60 personnes. Et on sait que notre campagne déborde de la ville de Québec, Je suis allé à Chicoutimi et tout le monde voulait me voir. A Montréal, j’ai rencontré un ami de l’école nationale de théâtre et il m’ a dit que tout le monde parlait de ça Ça a pour effet que bien des gens veulent se joindre à ça. Et on fait du contenu vidéo pour le web pour qu’on reste dans cette atmosphère-là. L’idée c’est de continuer ce mouvement là qui sert à rassembler des gens autour d’un rêve commun qui n’est pas une série de mesures de parti politiques quoi qu’on en fait parce qu’on est un parti politique. Alors il faut être cohérent et sérieux. Mais pour nous les mesures ne tiennent pas tout seul, elles sont arrimées à une vraie vison de société qui touche le monde et qui fait du bien

Tu pourrais devenir la première candidate de QS élue hors des limites de l’ile de Montréal. Comment envisages-tu cette possibilité ?

C’est cool.Ce serait à la mesure de ce qui se passe à Québec. Au centre-ville, il se passe des choses : les artistes, les groupes communautaires, des entrepreneurs en jeux vidéos, même des musiciens connus à la grandeur du Québec comme le dernier en liste, Hubert Lenoir, on reçoit des appuis incroyables. On se bâtit une personnalité clairement à gauche et clairement progressiste et qui n’a pas peur de l’indépendance du Québec.

Si tu remporte l’élection, quels seront tes premiers gestes ?

Il y a la poursuite du mouvement et continuer de le renforcer. Il faut aussi renforcer la communauté du centre-ville dans Taschereau en faisant toutes sortes d’événement pour que les gens sortent de leurs silos : les groupes communautaires d’un bord, les artistes de l’autre un peu comme Fred Pellerin fait à St-Elie-de-Caxton en organisant une fête et il invite différents groupes à expliquer leurs activités. Tout le monde vient parce que c’est glamour et c’est plaisant. Les gens viennent et prennent connaissance de ce qui se passe dans leur communauté et ça créé des liens d’attachement. Par exemple, quand l’apiculteur de St-Elie-de-Caxton raconte ses problèmes, pourquoi ses abeilles meurent, comment il essaie de résister, tout le monde qui est là. Quand vient le temps de choisir entre le miel local et le miel Lafleur, même si le miel local coûte plus cher, les gens comprennent et savent pourquoi. Moi je veux que les gens du centre-ville de Québec soient fiers de leur communauté de Taschereau. On remarque ce qui se fait juste à côté de nous et5 on trouve des moyens pour qu’on soient plus forts.

Quelles responsabilités te verrais-tu obtenir à titre d’élue de QS ? Les arts et la culture ? Les dossiers entourant la question des femmes ?

Je suis déjà porte-parole en matière de culture et il y a plein de sujets qui m’intéresse mais il faudra d’abord en discuter avec les autres élu.e.s Mais ce qui m’intéresse, c’est le mouvement. On dit que QS est un parti-mouvement. Alors je serais intéressée à piloter ça, à travailler sur le terrain, ce qui m’intéresse davantage que le travail parlementaire.

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