Édition du 19 juin 2018

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Environnement

Forages pétroliers dans les cours d’eau : Quel aveuglement !

Lettre d’un membre d’Eau secours.

Saviez-vous que le gouvernement est sur le point d’autoriser les forages pétroliers directement dans les cours d’eau ? Ce qui aura des conséquences majeures sur la qualité de l’eau de millions de québécois, car des fuites finissent immanquablement par se produire, tôt ou tard. Également que les pétrolières pourront forer encore plus près des habitations, des écoles et des puits d’eau potable, sans que vous n’ayez votre mot à dire. Que la fracturation hydraulique est l’une, sinon la plus dangereuse des techniques d’extraction, de par l’injection sous haute pression de quantité de produits chimiques qui s’infiltrent dans les failles du sol. Ignoriez-vous que la fermeture de ces puits devenus non rentables occasionne la plupart du temps des fuites de méthane, même lorsqu’on les dit colmatés ? Et qu’à quantité égale, ce gaz s’avère des dizaines de fois plus nocif pour l’atmosphère que le CO2 … Et j’en passe …

C’est sur ce thème plutôt inquiétant, mais non moins bien réel, que je viens de compléter la rédaction d’un texte d’opinion, qui est en cours de diffusion à grande échelle. Bien qu’initialement destiné aux députés de l’opposition, il s’adresse également aux organismes à vocation environnementale et aux citoyens. J’invite donc quiconque se sent concerné par le sujet à joindre sa voix à celle du front commun qui est à s’organiser, dans ce combat déterminant pour notre avenir commun.

Souvenons-nous qu’en décembre dernier, le gouvernement a forcé l’adoption de son projet de loi sur les hydrocarbures, en muselant l’opposition par le moyen du bâillon. Et ce, malgré la large consultation publique où toutes les strates de la société civile déposèrent moult mémoires et avis, pour la plupart fortement à l’encontre de ce dérapage extrêmement dangereux. Or depuis, rien ne transpire de l’appareil gouvernemental, si ce n’est qu’il se prépare à passer bientôt aux actes pour mettre cette loi en application. Et tout le monde retient son souffle… Ce qui me semble un bien mauvais réflexe, car nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre passivement le retour du bélier, en se croisant les doigts. Si le dossier se règle à la satisfaction du Ministre, il sera déjà trop tard pour renverser la vapeur. Il nous faut faire blocus maintenant, avant que le bouc ne charge à nouveau, et démontrer notre indéfectible volonté de mater cette frénésie pétrolière auto-destructrice.

Voici la lettre que je vous invite à envoyer à votre député.

Objet : Forages pétroliers dans les cours d’eau.

Je m’intéresse depuis longtemps aux problématiques environnementales et je vous avoue que le sujet des hydrocarbures m’inquiète particulièrement. Je fais partie de ces dizaines de milliers de gens impliqués de différentes manières, et de ces centaines de groupes environnementaux qui se mobilisent et se démènent pour faire entendre raison à ceux du pouvoir qui veulent « décider pour nous » de ce qui leur « semble » notre bien à tous.

Nos groupes citoyens n’auront pas eu le temps de célébrer bien longtemps leurs plus récentes victoires : voilà le gouvernement du Québec qui revient à la charge, en annonçant son intention de permettre bientôt l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures dans nos lacs et rivières, ceci en déposant quatre projets de règlements de mise en œuvre. Bon sang ! Quel aveuglement ! Pourtant, leur Loi sur les hydrocarbures, massivement critiquée et quand même adoptée sous le bâillon en décembre 2016, ne devait-elle pas plutôt avoir des visées opposées ? Orientées vers la protection !!!

Mais bon ! Il n’y a pas de quoi s’étonner d’une pareille « dichotomie », lorsque l’on considère la puissante influence des lobbyistes, qui corrompt l’objectivité de l’institution parlementaire. De plus, il est bien difficile de demeurer loyal à ses électeurs lorsque, historiquement et d’une manière ou de l’autre, on en doit une « couple » au scintillant veau d’or. Ainsi, comme le veut ce qui est devenu tradition, ce gouvernement nous a encore dit une chose, pour ensuite faire son plus parfait contraire, malgré les déclarations récentes du ministre Moreau, cherchant à calmer les vives réactions des opposants.

À tous les députés, je viens aujourd’hui demander avec insistance de convaincre vos caucus de mettre tout leur poids pour contrer cette gaffe monumentale, qui ouvrirait toute grande la porte aux entreprises pétrolières et gazières, leur permettant en toute « légalité » de causer des dommages irréparables à l’environnement, et plus particulièrement à cette ressource vitale et irremplaçable qu’est notre eau potable. Mais encore, l’effort de chacun ne suffira peut-être pas, à moins que la partisannerie ne soit mise de côté, et que tous les partis acceptent de faire corps, pour les intérêts supérieurs de la patrie.

Il faudra talonner le gouvernement sur ce sujet précis, et ne surtout pas lâcher prise, jusqu’à l’obtention d’un recul substantiel, et même idéalement, d’un abandon complet. Car autrement, si ce « dossier » se règle à la satisfaction du Ministre, la décriée Loi sur les hydrocarbures entrera aussitôt en vigueur, et il sera trop tard pour renverser la vapeur. C’est pourquoi la société civile ne peut se permettre de subir un échec dans ce combat déterminant pour son avenir. Des centaines de foreuses attendent avidement d’être libérées de leurs chaînes pour trouver les beaux gros « no-nosses » cachés un peu partout sous nos pieds…

Du même coup, ce sera l’occasion parfaite pour exiger une interdiction immédiate et complète de la fracturation hydraulique, la plus pernicieuse des techniques de cette industrie, comme cela a largement été démontré de par le monde. La clairvoyance la plus élémentaire le dicte. Par ailleurs, à moyen et à long terme, il faudra impérativement presser le gouvernement de mettre en place un véritable plan de sortie de la filière pétrolière et gazière au Québec. Toutefois, afin de favoriser une transition énergétique et économique sans « cassure », je reconnais qu’il serait opportun de l’étaler sur quelques années, mais en maintenant résolument une main de fer sur l’échéancier.

Pour un nombre sans cesse grandissant de nos concitoyens, il y a évidence criante que pareils règlements mettent dangereusement nos eaux en péril, et c’est pourquoi ils doivent être retirés à tout prix, à chaque tentative d’adoption. Cette menace imminente devrait même passer en tête des priorités de lutte, et avoir préséance sur les autres sujets à l’agenda politique de vos chefs, quitte à devoir abaisser d’un rang celles qui vous occupent déjà… à temps plein… Car lorsque l’eau devient empoisonnée, c’est le début de la fin. Régulièrement, les recherches scientifiques les plus avancées nous répètent que nous frôlons le point de rupture. Il n’y a plus que les fous pour nier cette réalité. C’est maintenant qu’il faut mater cette frénésie pétrolière autodestructrice. Ensemble, on le peut !

En vous saluant, et pour en ramener certains au niveau de la rue, il m’apparaît utile de mentionner que vos électeurs sont si profondément préoccupés par ce dérapage mercantile et irresponsable du gouvernement, que cela pèsera certainement lourd sur la balance des votes aux prochaines élections. Comprenne qui pourra…

D’innombrables Québécois(ses) espèrent pouvoir compter sur votre implication, qui est éminemment importante.

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