Édition du 14 novembre 2017

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Europe

Force Ouvrière : Jean-Claude Mailly sur la sellette

30 septembre 2017 | tiré de mediapart.fr

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO), a été mis en très forte minorité vendredi par son organisation, qui lui reproche son attentisme sur les ordonnances Macron. La menace de sa démission plane sur le syndicat.

Le conflit couvait depuis des mois, il a fini par éclater au grand jour vendredi soir, lors de la réunion du comité confédéral national de Force ouvrière (FO), sorte de parlement du syndicat. Les unions départementales et les fédérations ont voté très largement contre le positionnement de leur chef sur les ordonnances réformant le code du travail, selon Le Parisien. À rebours de la position plutôt conciliante de Jean-Claude Mailly vis-à-vis du gouvernement, les représentants locaux et fédéraux de Force ouvrière veulent « une mobilisation interprofessionnelle » le plus vite possible, « avant la ratification des ordonnances en novembre ». Jean-Claude Mailly, mis en difficulté et fortement remonté, aurait mis sa démission dans la balance en interne.

Selon des militants présents à Paris pour le comité confédéral, le secrétaire général aurait d’abord tenté de « calmer le jeu », en expliquant devant l’assemblée des représentants syndicaux qu’il avait fait le maximum dans le cadre de la concertation menée tout l’été avec la ministre du travail, mais également lors d’entretiens en tête à tête avec Emmanuel Macron. Le secrétaire général défend d’ailleurs cette position dans tous les médias où il passe depuis trois mois. Il aurait, avec d’autres organisations syndicales, réussi à allonger le temps de consultation avec le ministère du travail, permis dans la mouture actuelle que la négociation sociale ne soit pas uniquement ramenée à l’entreprise mais encore réservée à la branche professionnelle sur de nombreux sujets (qualifications, rémunérations minimales, formation, prévoyance…), poussé le gouvernement à s’engager sur une augmentation des indemnités légales de licenciement.Et même le recul de la ministre sur ce dernier point n’a pas fait varier sa chanson : « Les ordonnances ne sont pas la casse du code du travail, a-t-il déclaré au journal Les Échos. On a obtenu plus en trois mois de discussions qu’en douze manifestations l’an dernier. »

Mais nombre de fédérations ont déjà défié publiquement leur centrale, en défilant dans les cortèges syndicaux de ces derniers jours contre les ordonnances. Jean-Claude Mailly, après avoir écrit dans un édito publié sur le site de FO qu’il n’excluait « ni la négociation, ni l’action », a tenté jusqu’au bout de déminer le terrain et proposé de se réunir avec les autres organisations syndicales afin de fixer une date, fin novembre. Trop tard, beaucoup trop tard pour les participants du comité fédéral. « Il a tenté une dernière manipulation pour nous enfumer mais c’est non, rapporte un membre de Force ouvrière du nord de la France, présent jeudi et vendredi à Paris. On a fait 14 jours de mobilisation contre la loi El Khomri l’an dernier et là, on attendrait après la ratification pour se bouger ? La situation est grave pour tous les salariés et pour le syndicalisme. Les militants veulent y aller et maintenant. Quand on a voté pour se mobiliser, Mailly était fou de rage, très agité. »

Depuis, les spéculations vont bon train sur sa possible démission, avant son départ officiel en avril, lors du congrès. « S’il veut partir, faut pas le retenir. Il y a des gens qui renvoient déjà leur carte d’adhérent. En six mois, il peut faire beaucoup d’autres dégâts », poursuit ce représentant. Sur Twitter, Jean-Claude Mailly a rapidement tonné : « Non je ne démissionne pas ! Arrêtons l’intox ! » Dans Les Échos, il insiste : « Le comité confédéral national a durci le ton ; une colère s’est exprimée, plus forte que je ne l’aurais pensé. Je ne démissionne pas, je ne vais pas m’en aller à six mois du congrès. »

« Si Mailly reste, il mange son chapeau. Il devra mettre en œuvre un mandat contre lequel il a mis sa démission en balance, assure le représentant d’une union départementale de l’ouest de la France, qui souhaite lui aussi rester anonyme. Le bureau confédéral qui décidera de son sort lundi est élu par le comité confédéral national. Imagine-t-on un premier ministre qui perd la confiance mais ne démissionne pas ? » Une partie du bureau confédéral, sorte d’organe exécutif de Force ouvrière, semble très soudé autour de son chef et décidé à faire bloc. D’autres racontent en off leur malaise, depuis des semaines, sur la manière qu’a Jean-Claude Mailly de gérer l’acte II de la réforme du code du travail. Ses membres se rassemblent lundi prochain, le 2 octobre, pour une réunion qui pourrait bien sceller l’avenir de Jean-Claude Mailly au sein de son syndicat. 

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