Édition du 13 novembre 2018

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G7

G7 : les recommandations des scientifiques rejoignent celles des manifestants et manifestantes

Un document publié le 17 mai par des scientifiques des sept pays du G7 présente une vision des changements climatiques rejoignant celles des personnes qui manifesteront lors du prochain Sommet qui aura lieu les 8 et 9 juin.

Deux communiqués des académies des sciences des sept pays membres du G7 viennent donner un sérieux coup de pouce à l’argumentaire des manifestant-e-s qui se présenteront au Sommet qui aura lieu les 8 et 9 juin au Manoir Richelieu à La Malbaie dans la région de Charlevoix. Ces déclarations publiées le 17 mai montrent que les problèmes que dénoncent les manifestant-e-s sont non seulement réels et importants, mais aussi qu’il est vital de les régler le plus rapidement possible.

Des deux axes de réflexion que proposent ces scientifiques, celui de l’impact du changement climatique sur l’Arctique et ses conséquences planétaires est le plus percutant et incriminant pour les pays du G7. Le document de quatre pages « L’ Arctique : la pérennité des communautés nordiques dans le contexte de systèmes océaniques en mutation » montre toute l’ampleur de la situation, dont sont en grande partie responsables ces pays. Ce sont en effet les membres du G7 qui ont émis les premiers ces gaz à effet de serre qui sont une des importantes causes de ces changements climatiques.

Les scientistes montrent que l’Arctique subit déjà et très fortement les conséquences du changement climatique. La température de l’air y augmente à un rythme deux fois plus élevé que la moyenne mondiale. Elle s’est donc élevée de 2 °C au cours du 20e siècle et continue d’augmenter. Les scientifiques affirment aussi que l’étendue de la banquise arctique s’est réduite continuellement depuis le début des mesures par satellite en 1979. Elle perdrait 86 100 kilomètres carrés par an. Pire encore, les répercussions de cette situation sur la salinité, la circulation des eaux et l’acidification des océans seraient mondiales.

Cela modifierait aussi les interactions atmosphère-océan et les processus d’échange chimique de la planète entière. « En raison du changement climatique, la plupart des chercheur-e-s prévoient une quasi-disparition de la banquise en Arctique (c.-à-d. moins d’un million de kilomètres carrés) pendant l’été entre 2030 et 2070 », affirment les scientifiques dans le document.

Ces affirmations on ne peut plus sérieuses viennent donc appuyer les revendications du Réseau de résistance anti-G7 qui chapeautera une partie des manifestations contre ce sommet. Ces manifestants et manifestantes affirment que le G7 ne les représente pas et qu’il contribue plutôt à enrichir le 1 % le plus riche de la population de la planète. Ils et elles descendent donc dans la rue pour que ces pays s’engagent de toute urgence à cesser d’émettre des gaz à effet de serre, ce que plusieurs de ceux-ci, le Canada et les États-Unis en tête, ne font pas. Quand les scientistes demandent dans leur document le « développement d’approches novatrices en matière de conservation et de gouvernance pour soutenir la santé et le bien-être des écosystèmes arctiques et le développement de plateformes de partage de données ouvertes », ils et elles expriment la même vision que les manifestant-e-s de cette situation qui changera l’allure de la planète pendant les siècles à venir.

Si l’Arctique est aux premières loges en ce qui concerne les changements climatiques, le continent africain n’est pas beaucoup mieux positionné. Les Africains et Africaines ne sont ni la cause historique, ni les producteur-trice-s actuel-le-s du réchauffement climatique. Ils et elles sont pourtant ceux qui en subissent déjà les pires conséquences avec les sécheresses, la désertification, les famines et les guerres qu’ils entraînent. Le fait que les États-Unis se sont retirés de l’accord de Paris empire même la situation et prive le Fonds vert, qui était un des outils importants pour aider les pays africains à s’adapter à ces changements, de trois milliards de dollars.

Que ce soit le Canada, les États-Unis le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, l’Italie ou le Japon, les pays membres du G7 ne bâtissent pas un meilleur avenir pour les personnes habitant la planète. Ils détruisent plutôt actuellement les possibilités d’un futur meilleur de centaines de millions de personnes qui seront bientôt des milliards qui souffriront de leurs actions durant les prochaines décennies. En fait, le club des pays les plus riches de la planète qui tient ce Sommet dont le coût total est estimé à plus de 600 millions de dollars réunit des intervenants et intervenantes mondiaux-ales qui détruisent actuellement par leurs actions l’ordre, la paix, et la stabilité de centaines de pays.

Face à cette situation, le G7 s’occupera plutôt durant ce sommet, d’investissements, de la croissance économique, de mieux se préparer aux emplois de l’avenir, de promouvoir l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes. Même si ces pays affirment vouloir augmenter les fonds pour l’énergie propre et pour travailler sur les changements climatiques, leurs actions réelles sont aux antipodes de leurs propos. Ils ne trompent d’ailleurs pas beaucoup de gens. La preuve en est que pour se protéger des manifestant-e-s pendant ce sommet ils engageront de 8000 et 9000 membres des forces de l’ordre. Cette situation n’est pas nouvelle puisque lors du sommet du G20 à Toronto en 2010, la police avait arrêté des centaines de manifestant-e-s.

Les personnes vivant en Occident ont créé pour leur propre profit un monde semi-chaotique et regardent ailleurs quand ils et elles sont confronté-e-s aux conséquences de leurs actions. Si on en croit les scientifiques qui viennent de publier ce communiqué, les générations futures ne seront pas tendres quand elles parleront de ces politiciens et politiciennes qui ont ralenti les réactions planétaires face aux changements climatiques. L’histoire se souviendra d’eux et d’elles comme des gestionnaires à courte vue, qui, de manière consciente et délibérée, n’ont pas empêché que surviennent les désastres écologiques que vivront les générations futures. C’est ce que leur rappelleront les manifestants et manifestantes.
Michel Gourd

Mots-clés : Edition du 2018-05-22 G7
Michel Gourd

Résident de L’Ascension de Matapédia.

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