Édition du 11 décembre 2018

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Le blogue de la présidente de la CSQ

Il faut qu’on parle d’éducation publique

Durant la campagne électorale, il a été abondamment question d’éducation. De la petite enfance à l’université, il y a énormément de projets qui ont été mis sur la table de part et d’autre et cela a suscité beaucoup d’espoir pour les parents, les élèves et le personnel de l’éducation du Québec.

Les engagements et l’arrivée au pouvoir de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et du premier ministre désigné, François Legault, nous imposent de parler rapidement d’éducation publique. Dans son discours de victoire, il a affirmé vouloir consulter et trouver des solutions pour améliorer notre système d’éducation publique. Nous avons bien hâte d’en parler

Améliorer la réussite, de la petite enfance à l’université

Au-delà des engagements particuliers, l’éducation publique mérite un plan cohérent et clair pour l’ensemble du réseau public. Notre nouveau premier ministre nous dit être ouvert aux propositions. Ça tombe bien, le personnel de la petite enfance, des écoles, des cégeps et des universités en a plein.

En petite enfance

L’objectif de dépister rapidement les troubles d’apprentissage est plus que louable et nous le partageons entièrement. C’est pourquoi il faut agir le plus tôt possible en donnant les moyens au réseau éducatif à la petite enfance de jouer pleinement son rôle. Les centres de la petite enfance (CPE) et les responsables en services éducatifs (RSE) en milieu familial sont essentiels à l’atteinte de cet objectif. Pour ce faire, il est primordial de favoriser le développement de places dans notre réseau public. À cette fin, le gouvernement caquiste devrait profiter du bon état des finances publiques et revenir au tarif unique immédiatement. Pourquoi attendre quatre ans pour mettre en place cette bonne idée ?

Dans nos écoles, centres de formation et en formation générale des adultes

Nos établissements scolaires ont besoin d’amour. Cela fait longtemps déjà que nous réclamons une remise en état des écoles du Québec. Les témoignages fusent sur les réseaux sociaux parlant de locaux en mauvais état. Ce n’est rien pour favoriser de bonnes conditions d’apprentissage.

Qui de mieux placé pour définir les besoins en rénovation et réaliser les travaux que le personnel de soutien dans les écoles ? Faire affaire avec des sous-traitants ne fonctionnera pas, les commissions scolaires peinent déjà à trouver des entrepreneurs. Il faut miser sur l’expertise du personnel et stabiliser les postes. Nos écoles en ont bien besoin.

Également urgent : l’ajout de professionnelles et professionnels partout dans le réseau de l’éducation, particulièrement en formation professionnelle et en formation générale des adultes. Les problèmes d’apprentissage et les besoins particuliers ne disparaissent pas par magie lorsqu’on quitte l’école secondaire régulière ! Les enseignantes et enseignants ont besoin de renfort pour accompagner tous les élèves vers la réussite.

Pour l’enseignement supérieur

Parlant de problèmes et de besoins qui ne disparaissent pas, il en est de même pour les étudiantes et étudiants qui font leur entrée au cégep et à l’université. Si le premier ministre souhaite être cohérent avec ses engagements pour dépister rapidement les problèmes d’apprentissage dès la petite enfance, il ne doit pas abandonner les étudiantes et étudiants du Québec.

Pour ce faire, cependant, il faut assurer un financement adéquat et stable pour nos cégeps et nos universités, particulièrement pour ceux en région qui sont des acteurs économiques et culturels incontournables.

L’éducation, une affaire de vision

Il y a un peu plus de 50 ans, la société québécoise s’est dotée d’une vision pour l’éducation publique avec le rapport Parent. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces dernières années, l’éducation n’a pas figuré en tête de liste des priorités des différents gouvernements s’étant succédé à la tête du Québec.

Nous avons devant nous une belle occasion de replacer l’éducation publique au cœur de nos priorités, il ne faudrait pas la manquer. Pour notre part, nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour porter bien haut les priorités des travailleuses et travailleurs de l’éducation !

Sonia Éthier

Présidente de la CSQ (2018-...)

Elle siégeait sur l’exécutif de la CSQ depuis 2015 à titre de première vice-présidente. Enseignante en adaptation scolaire auprès d’élèves en difficulté d’apprentissage, elle a été présidente du Syndicat de l’enseignement du Bas-Richelieu durant neuf ans. Elle milite au sein du mouvement syndical depuis plus de 30 ans.

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