Édition du 14 novembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Inauguration de la cimenterie : comment servira le ciment produit à Port-Daniel ?

Port-Daniel, 25 septembre 2017 : Au moment de la visite officielle du ministre responsable de la Gaspésie, Sébastien Proulx, le groupe Environnement Vert Plus demande comment s’articule le projet de Réseau Électrique Métropolitain, promut par la Caisse de Dépôt et Placement du Québec (CDPQ), avec la cimenterie de la dite CDPQ. « Le projet de REM servira-t-il donner un contrat lucratif à la cimenterie ? La précipitation dans le projet de transport collectif de 5,5G$ vise-t-il à parer le manque de contrat d’une cimenterie en démarrage ? » demande Pascal Bergeron, porte-parole du groupe environnemental.

La question prend tout son sens alors que la cimenterie devait permettre, selon la position affirmée par Steven Guilbeault, porte-parole d’Équiterre, de réduire les émissions globales nettes de GES en raison d’une amélioration technologique. Hors, cette amélioration d’au plus 20% (9% à 15% par rapport aux cimenteries québécoises) ne vaut rien si la CDPQ, parce que propriétaire d’une cimenterie, fait les choix technologiques les plus dépendant du béton pour son projet de train de banlieue à Montréal. « Un réseau de SkyTrain automatisé, sans chauffeur, doit être complètement isolé des piétons.

Chaque station, en hauteur ou en tunnel, est très coûteuse. » peut-on lire sur le site web de Trainsparence. Ainsi, le béton coulé neutralisera les effets potentiels bénéfiques du REM en terme d’émission de GES pour 25 à 35 ans. « Avec ce projet, la CDPQ s’achèterait-vendrait entre le tiers et le quart de sa production annuelle (460 000 à 600 000 tonnes) de ciment sans appel d’offre, dans un projet qui pourrait, avec le même budget, construire 10 fois plus de stations. Ce projet de transport en commun a d’ailleurs manqué de transparence à toutes les phases de son élaboration » note le porte-parole.

En matière de transparence, rappelons que la direction de la cimenterie de Port-Daniel n’a toujours pas accepté de divulguer :

1- un point zéro de la qualité de l’air avant le début de ses opérations ;

2- les données d’émission atmosphérique et de qualité de l’air en continu lors des opérations.

alors que :

1- les coûts de la divulgation seraient minimes, de l’ordre de quelques milliers de $ ;

2- les industries similaires en Chine, un pays reconnu pour sa transparence et ses institutions démocratiques, divulguent de telles données en continu ;

3- la direction n’a rien a perdre si, comme elle le prétendait, les émissions atmosphériques demeurent négligeables par rapport au niveau ambiant des différents contaminants ;

4- des témoins ont perçu de fortes odeurs et un panache d’épaisse fumée émanant de la cimenterie cet été.

Environnement Vert plus

Groupe écologiste gaspésien.

La petite histoire d’un grand mouvement

1. PRÉSENTATION D’ENVIRONNEMENT VERT-PLUS

1.1 Une naissance en forêt

" Il était une fois une communauté tranquille qui vivait en harmonie avec son milieu. Puis, des avions sont venus et nous ont arrosés des mêmes produits qu’on utilisait lors de la guerre du Vietnam "

Environnement Vert-Plus tire son origine des audiences publiques de 1983, au moment où le B.A.P.E. consulta la population du Québec sur l’usage que voulait faire le Ministère de l’Énergie et des Ressources de l’agent orange. Les citoyens ont eu gain de cause et heureusement, car des études ont démontré depuis que ces produits sont hautement cancérigènes.

D’informel qu’il était au départ, un groupe de personnes de la région décida de s’incorporer en 1986 afin de donner une voix à l’environnement de la Baie des Chaleurs.

1.2 A l’ombre des grosses cheminées : Une croissance mouvementée

Très bientôt, il s’avéra que les atteintes faites à notre milieu de vie nous laisseraient peu de répit : participation à l’élaboration du schéma d’aménagement de la M.R.C. d’Avignon puis au sommet économique de la Gaspésie et des Iles ; initiation d’un système de récupération du papier ; rédaction d’un mémoire à la Commission Charbonneau ; dénonciation du laisser-aller d’Hydro-Québec menant à l’incinération domestique de poteaux enduits de pentachlorophénol ; suivi du dragage en mer ; production de diaporamas " Le petit paradis gaspésien revu et corrigé " et " Ciel jaune sur Baie bleue " ; prise de position pour que cesse l’enfouissement "sauvage" de déchets ; documentation et pressions pour que les industries se conforment aux normes, organisation d’un forum sur la forêt gaspésienne en 1992 suivi de la mise sur pied d’une table régionale de concertation des différents utilisateurs de la forêt.

Et les actions des écologistes ont eu des résultats : comme celui d’amener Energie Nouveau-Brunswick à intégrer des épurateurs dans les cheminées de sa nouvelle centrale thermique de Belledune et de sa centrale existante de Dalhousie.

Concertation aussi, avec la création d’une Zone d’intervention prioritaire (Z.I.P.) New-Richmond dans le cadre du programme Stratégies St-Laurent, afin d’asseoir à une même table, industriels, milieux de la santé, municipal, scolaire, agricole et écologistes.

1.3 Un organisme bien entouré et appuyé

Sans aucune stratégie active de recrutement ou de permanence à temps plein et entre les nombreux dossiers à traiter, E.V.P. compte près de 200 membres individuels et corporatifs (en 1993).

A cela, ajoutons les appuis ponctuels qu’apportent les signataires de pétitions, les dizaines de résolutions d’appui des corporations municipales, et les inter-relations qui se créent avec d’autres organismes.

Sondez l’opinion des gens de la Baie des Chaleurs et vous constaterez que les positions d’E.V.P. sont partagées et appuyées.

1.4 Environnement Vert-Plus : un chien de garde de l’écosystème de la Baie des Chaleurs

Nous avons cru longtemps que la Gaspésie était " vierge et intacte". Puis on nous a dit de faire bouillir l’eau, que certaines plages étaient impropres à la baignade, que le taux de cancer augmentait, que les populations de poisson diminuaient, de ne pas cueillir les petits fruits, qu’on prévoyait des ruptures de stock en forêt, que la survie du chevreuil et du caribou était menacée.

L’avenir de la forêt gaspésienne ne repose pas avec les industriels ou les politiciens. L’avenir de la forêt gaspésienne repose sur une opinion publique vigilante et une concertation de tous les utilisateurs de la forêt y incluant les écologistes.

http://vert-plus.tripod.com/1.html

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