Édition du 27 juin 2017

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Israël : la première chaîne de télé apprend sa fin en direct

Coup de massue pour l’audiovisuel public israélien. La première chaîne de télévision du pays, ainsi que la radio publique, ont appris mardi soir qu’elles cesseraient d’émettre dès le mercredi matin, après décision du Parlement. Une victoire pour le gouvernement israélien, le premier ministre Benjamin Netanyahou en tête, qui tentait de se débarrasser de ces deux institutions depuis plusieurs années pour les remplacer par d’autres chaînes publiques.

Tiré de Arrêt sur images.

Fermée en direct. La première chaîne de télévision publique israélienne, l’équivalent de France 2, a cessé d’émettre mardi soir. Donnant à voir une scène plus qu’inhabituelle : la présentatrice du journal télévisé de 20 heures, Geula Even, s’est retrouvée à lire en direct le communiqué du parlement israélien annonçant la fermeture de la chaîne, qu’elle venait de recevoir. Contenant à grand peine ses larmes, Even a tenu à remercier ses collègues : "A la fin de la journée, beaucoup de gens vont perdre leur emploi", a-t-elle ajouté. "J’espère qu’ils trouveront un autre travail, et que l’audiovisuel public continuera à être fort, même s’il existe sous une autre forme". Avant d’annoncer qu’ils ne diffuseraient plus que des clips jusqu’à la fin de la soirée – et l’arrêt définitif de la chaîne, qui sera toutefois remplacée lundi par une nouvelle chaîne de télé publique.

D’après le site d’information Times of Israel, les employés de Aroutz 1 ont été pris de court par l’annonce, "pensant que la dernière diffusion devaient avoir lieu le 15 mai", soit près d’une semaine plus tard. La journaliste Marissa Newman rapporte que le dernier journal télévisé de la première chaîne publique s’est clos avec une vingtaine d’employés entonnant, face caméra, l’hymne national Hatkivah, plusieurs d’entre eux ne retenant pas leurs larmes. La radio publique Kol Israël, annonçait au même moment mardi soir sa disparition à effet immédiat.

Des médias publics dans le viseur du gouvernement

Cette fermeture brutale des deux médias regroupés sous l’Autorité de radiodiffusion d’Israël (la Rachout Hachidour) marque la victoire du gouvernement de Benjamin Netanyahou, qui avait l’audiovisuel public dans le viseur depuis plusieurs années. Certes, ce dernier a déploré mardi soir la brutalité de l’annonce qui mettait fin à la Rachout Hachidour mais, rappelle Libération, "le premier ministre israélien ne cache pas l’aversion que lui inspirent les journalistes en général, et les programmes d’investigation en particulier". Il n’est pas seul dans ce cas : la ministre de la culture, Miri Regev, "s’est clairement prononcée en faveur du contrôle de l’audiovisuel public par le pouvoir", rappelle le correspondant à Tel-Aviv du quotidien, Nissim Behar.

L’Autorité de radiodiffusion d’Israël, "déficitaire et mal gérée" note Behar, était en crise depuis des années. Elle avait souffert de réductions de budget et de personnel (le journal de 20 heures fonctionnait avec un effectif réduit, rappelle le Times of Israel). En 2013, Netanyahou avait déjà tenté de la remplacer par une autre structure, avant d’abandonner "parce que ses dirigeants étaient moins favorables au pouvoir que [Netanyahou] ne l’imaginait", raconte le correspondant de Libération.

Quel avenir désormais pour l’audiovisuel public israélien ? A partir de lundi, la nouvelle structure en gestation depuis de nombreux mois, abandonnée par Netanyahou, puis relancée, et qui porte désormais le nom de Kan, devrait prendre la place de la défunte Rachout Hachidour. D’après le journal Haaretz, cité par la BBC, 440 employés de l’ancienne structure, sur plus de 1 000, ont été réengagés. Le flou semble encore régner sur la manière dont s’organiseront ces nouvelles chaînes. Une seule certitude, pour le correspondant de Libération : "Le gouvernement y aura des représentants".

Juliette Gramaglia

Journaliste pour le site Arrêt sur images.

http://www.arretsurimages.net/

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