Édition du 13 novembre 2018

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« Je ne souhaite pas célébrer un Canada qui vole nos terres. » Arthur Manuel, militant autochtone, livre un portrait du renouveau des mouvements de luttes autochtones au pays depuis les années 1970

« Je ne souhaite pas célébrer un Canada qui vole nos terres. » C’est en ces termes que s’exprimait Arthur Manuel à la veille du début des célébrations autour du 150e anniversaire de la Confédération canadienne, quelque temps avant de rendre l’âme le 17 janvier 2017. Ce cri du cœur d’une des figures les plus importantes du réveil militant autochtone des 50 dernières années illustre à merveille ce que ce mouvement cherche à nous rappeler quotidiennement : il est temps d’en finir la nature coloniale de l’État canadien.

À l’heure où les questions autochtones occupent de plus en plus de place dans l’espace public — Idle No More, opposition à des projets d’oléoducs, Kanata, etc. —, Décoloniser le Canada amène une perspective inédite pour renforcer et approfondir notre compréhension des enjeux que vivent les Premières Nations au Canada. Surtout, il nous donne accès à un point de vue peu relayé : celui d’un militant autochtone se prononçant sur les propres réalités de son peuple.

Fruit d’une collaboration unique entre deux grands leaders et défenseurs des droits des Premières Nations, soit Arthur Manuel, militant et intellectuel de la nation Secwepemc, et le Grand Chef Ron Derrickson, six fois élus chef de bande de Westbank et un des entrepreneurs autochtones les plus prospères et respectés au pays, Décoloniser le Canada revient sur cinquante ans de militantisme autochtone. Cinquante années pendant lesquelles nous avons assisté au réveil autochtone venu rappeler le triste sort réservé aux descendants des premiers habitants de ce pays.

Récit qui retrace le parcours personnel et militant d’Arthur Manuel, c’est aussi le portrait du renouveau des mouvements de lutte autochtone au pays depuis les années 1970. Des accords de la Baie-James à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, en passant par le rapatriement de la Constitution en 1982, la crise d’Oka ou les importants jugements de la Cour suprême ayant considérablement renforcé les revendications des peuples autochtones, on y revisite de grands pans de l’histoire canadienne des cinquante dernières années. Ouvrage de vulgarisation historique écrit dans une langue vivante et accessible, il est la porte d’entrée idéale pour quiconque souhaite s’ouvrir aux réalités autochtones, mais aussi revisiter notre passé récent.

Arthur Manuel (1951-2017) a milité toute sa vie pour le respect des droits humains et territoriaux des Autochtones, au Canada et sur la scène internationale. Il a mis sur pied en 2002 l’Instance permanente des Nations unies sur les questions autochtones et fut porte-parole de l’Indigenous Network on Economies and Trade (INET). Grand Chef Ronald M. Derrickson a été élu chef de la Première Nation de Westbank à six occasions et est l’un des plus prospères hommes d’affaires autochtones au Canada.

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