Édition du 19 juin 2018

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Syndicalisme

L'APTS s'oppose au choix de la "continuité" privilégié par la direction par intérim du CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal

MONTRÉAL, le 14 juin 2018 - Au lendemain du départ du président-directeur général (PDG) du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, la PDG par intérim, Lynne McVey, semble vouloir appliquer la même recette que son prédécesseur avec les employé·e·s : discours creux, déconnecté de leur réalité sur le terrain, et promesses non tenues. C’est la lecture que fait l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) de la teneur des notes de services transmises par Mme McVey.

Du point de vue syndical, il n’y a pas lieu de parler d’"assisses solides" au CIUSSS quand 62 % d’une importante catégorie de personnel éprouve de la détresse psychologique en lien avec le travail. C’est pourtant la proportion des membres de l’APTS qui ont obtenu un indice de détresse psychologique élevé ou très élevé dans le cadre d’un sondage dont les résultats ont été présentés au conseil d’administration du CIUSSS le 1er mars 2017. « Depuis, précise Josée Asselin, représentante nationale de l’APTS, aucune mesure concrète n’a été mise en place pour améliorer le sort des salarié·e·s. On nous a promis de créer un comité de bien-être au travail, qui à ce jour n’existe que sur papier, chargé d’un très large mandat et sans aucun budget. »

Devant la surcharge de travail et l’explosion des listes d’attente, le syndicat remet également en question le choix des expressions "rester sur la voie de l’excellence" et "assurer une continuité" utilisées par la PDG intérimaire. Actuellement à la Direction de la protection de la jeunesse, par exemple, 80 familles sont en attente de suivi et 281 enfants sont en attente d’évaluation. Depuis deux ans, accablé·e·s de ne pas pouvoir répondre correctement aux besoins de ces enfants en temps opportun, une dizaine d’intervenant∙e∙s d’expérience ont quitté ce département, que ce soit en démissionnant, en tombant en arrêt maladie ou en changeant de département. « Il n’y a pas lieu d’être fier quand, par manque de ressources, on laisse un enfant en difficulté sans le soutien dont il a besoin pendant plus de quatre mois », déplore la porte-parole syndicale.

Afin d’aider et d’encourager ses membres, l’APTS a soumis dans le cadre des négociations locales en cours des propositions sur la pratique et les responsabilités professionnelles, auxquelles les négociateurs patronaux se sont opposés d’emblée. « Si elle souhaite vraiment "favoriser la communication" comme elle le prétend, la nouvelle direction devra ranger ses œillères et accorder une oreille attentive à ses employé·e·s, qui réclament une véritable écoute et des gestes conséquents. Allô, y’a quelqu’un ? »

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