Édition du 20 juin 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec solidaire

Le congrès Solidaire et ses suites après la demi-rupture avec le PQ

L'urgence d'une plate-forme pour reprendre l'initiative

Contre l’appel insistant du député Khadir, contre l’avis plus discret du nouveau porte-parole vedette qui venait d’être élu, malgré le silence de la porte-parole plus branchée sur la base du parti, et qui finalement vota pour le rejet du pacte électoral avec le Parti québécois (PQ), un bon deux tiers du congrès choisit l’option du débarrassons-nous-des-néolibéraux au lieu de celle débarrassons-nous-des-Libéraux pimentée à l’identitarisme propre au PQ. Le congrès bondé se sortait du piège tendu par le PQ tout en lui arrachant, à terme si le processus de « fusion » se passe bien, le petit parti Option nationale (ON). Cerise sur le gâteau, après dix ans de travaux, Québec solidaire (QS) parachevait son programme en y ajoutant les chapitres sur la justice, l’aménagement du territoire, l’agriculture et, last but not least, l’altermondialisme.

La démocratie ne s’arrête pas à mi-chemin

Puis vint en toute fin de congrès, alors que les deux tiers des délégués avaient quitté, la révélation du tête-à-tête QS-PQ, avec le Bloc québécois et ON comme seconds violons, dans le cadre les Organisations unies pour l’indépendance du Québec (OUI-Québec). Certes, on n’y discutait pas de répartition de sièges. On faisait pire soit édulcorer l’orientation stratégique du parti. La direction du parti concédait qu’une portion de l’Assemblée constituante, indépendantiste dès le départ, ne serait pas élue mais nommée. Tout un galvaudage de la démocratie. Cet accord avorté entre états-majors faisait fi de décisions cruciales prises en congrès. Secundo, il rejetait de facto les fédéralistes, durs ou mous, hors processus constituant, ce qui garantit une réaction fédéraliste carabinée. Un tel échafaudage supposait un gouvernement de coalition QS-PQ explicite ou implicite. Difficile d’y arriver sans pacte électoral que le congrès venait de rejeter.

Heureusement, les grands médias, peu importe leurs motivations, firent avec célérité leur travail en révélant les dessous de cette entente « secrète »... pour les membres du parti au moment du débat crucial sur le pacte électoral mais pas pour l’ennemi péquiste et ses sous-fifres du OUI- Québec. Le chat sortit du sac. La direction Solidaire avait non seulement caché aux membres ces négociations, alors que le débat au congrès imposait une vue d’ensemble des rapports QS-PQ, mais elle tenta aussi de cacher l’imbroglio entre équipe de négociations et coordination nationale quand elle fit finalement rapport au congrès... sans permettre un vote.

Bien sûr, la critique péquiste du « politburo » Solidaire est tendancieuse et ridicule en ce sens qu’une direction collective est autrement plus démocratique que la dictature du chef propre aux trois partis néolibéraux. Néanmoins, son noyau rationnel s’appuie sur les manipulations du congrès par la direction Solidaire si collective soit-elle. Quand on se réclame de la démocratie, on ne s’arrête pas à mi-chemin. Il n’est pas sorcier de comprendre qu’à la mi-avril la direction Solidaire, avec des porte-parole enclins à la convergence, réalisa que la militance, au moins montréalaise, ne suivait pas. On réajusta en bricolant une manipulation boiteuse et menteuse.

Les résultats de Gouin ouvrent la porte à un retour du pacte électoral par ON interposé

L’entente que sa délégation venait de signer dans le cadre du OUI-Québec, avec ou sans l’aval de la direction, devenait une bombe à retardement. Les partisans de la convergence n’ont pas tort de faire l’hypothèse que la révélation de cette entente avortée au moment opportun aurait pu renforcer leur camp. Mais cette manœuvre politicienne dont se délecte le PQ a surtout gâché la clarté stratégique de la rupture avec le PQ. De potentiellement définitive — on se dit que la troisième fois était la bonne — cette rupture est redevenue temporaire.

On ne peut plus exclure, au gré des sondages et des entourloupettes péquistes, une reprise des négociations sur un pacte électoral sous couvert du OUI-Québec... ou des négociations avec ON, le déçu cheval de Troie du PQ et certainement un chaud partisan de la convergence. Si on considère que Montréal n’est pas la place forte d’ON par rapport à QS, les résultats électoraux de Gouin renforcent la motivation de QS à fusionner tout comme le rapport de forces d’ON.

Dans Gouin, si on fait l’hypothèse que le taux de participation de 33% est « normal » pour une élection partielle à Montréal, on enregistre, en arrondissant au cinq près, que par rapport à l’élection générale de 2014 QS a gagné 20 points de pourcentage, le PQ a renoncé à 20 points, les Libéraux ont perdu 10 points, la CAQ se maintient, ON gagne 5 points et le Parti vert (PV) aussi 5. En termes relatifs, c’est-à-dire en pourcentage, si on ignore le retrait du PQ et l’apparition du PV, le grand perdant est les Libéraux (moins 50%) et le grand gagnant ON (plus 600%). Si on fait l’hypothèse que les 10 points perdus par les Libéraux sont allés pour moitié au PV et pour moitié à QS, on déduit que les 20 points du pQ sont allés pour le quart à ON et pour les trois quarts à QS.

Faute de clarté stratégique, il sera difficile de braquer les feux de la rampe d’ici le congrès plate­forme de l’automne prochain sur... la plate-forme. L’attention des membres risque d’être tétanisée par les négociations avec ON, peut-être celles avec le PQ dans le cadre du OUI-Québec malgré la décision proclamée de les mettre sur la glace. Ces négociations pourraient receler un retour par la porte arrière du pacte électoral dut-il passer par les modalités de la Constituante dont l’option « ouverte » est loin de faire l’unanimité dans le parti. Pourtant, il ne faut pas la tête à Papineau pour comprendre que la seule façon de résoudre la contradiction paraissant insoluble entre une Constituante démocratique, dite ouverte, dont l’issue fédéraliste est probable étant donné les rapports de forces actuels et celle indépendantiste, dite fermée, dont le caractère anti­démocratique est inacceptable, réside dans la modification du rapport de forces.

De toute urgence, lancer dans tout le parti le débat sur la plate-forme

Renverser le rapport de forces passe essentiellement par le développement de la lutte sociale jusqu’à l’atteinte d’un au-delà du Printemps érable, quelque chose comme le Front commun de 1972 sans trahison de la bureaucratie syndicale même momentanément emprisonnée. La contribution Solidaire à cette tâche consiste à proposer un projet de société, dont la plate-forme électorale Solidaire est la rampe de lancement, comme horizon stratégique pour redonner espoir donc du tonus à des luttes sociales, certes nombreuses au niveau local, mais en panne de convergence nationale sinon pan-canadienne si ce n’est mondiale. Voilà la tâche archi-prioritaire à laquelle dès maintenant devrait s’attaquer le parti tout entier et non pas seulement un restreint comité d’experts de bonne volonté mais sous pression de conserver leur réputation professionnelle auprès des bailleurs de fonds.

La direction du parti doit lancer dès maintenant un débat de même intensité démocratique que le fut celui sur les options concernant la convergence pour le dernier congrès, et que le fut en 2009 et 2011, avec contributions collectives et individuelles publiées sur le site du parti, celui concernant les pans démocratique, économique et écologique du programme. Le point de départ devrait en être la plate-forme électorale de 2014, qui n’est plus disponible sur le site du parti, enrichie des conclusions du congrès de révision du programme en mai 2016 et des ajouts pointus du dernier congrès. Pour animer et contribuer à ce débat qui ne démarre pas, votre serviteur a proposé un bref canevas de ce que pourrait être une plate-forme de l’espérance — voir l’annexe — capable de rassembler les mouvements sociaux. Se contenter de les consulter sur la base d’une page blanche, comme le fait présentement le parti, l’enfonce dans des contradictions insolubles dues à leurs divergences tout en faisant fi de dix ans de débats programmatiques en son sein.

Régler une fois pour toute son compte au PQ

Pour que l’électorat Solidaire et les membres du parti acceptent de donner la priorité à la plate-­forme, il est primordial que ses porte-parole et députés règlent d’abord une fois pour toute son compte au PQ sans espoir de retour d’un PQ des origines « au préjugé favorable aux travailleurs » qui n’a jamais existé sauf comme copie-coller des Libéraux d’avant l’ère néolibérale. Le PQ, c’est
- le parti de Lévesque qui a osé une coupure salariale de 20%, une première néolibérale que n’a jamais osé aucun parti canadien ;
- le parti de Landry qui a fait la promotion du libre-échange avec plus de zèle que les Libéraux ;
- le parti de Parizeau qui a accouché du premier budget québécois de coupures drastiques avant même le référendum de 1995 ;
- le parti de Bouchard qui a inauguré la grande austérité avec sa politique du déficit zéro avec l’accord des directions syndicales ;
- parti de Marois avec sa charte des valeurs pour le plus grand écœurement du Québec racisé et son parti-pris pétrolier pour la plus grande consternation des régions ;
- le parti de Péladeau, ce milliardaire champion de l’anti-syndicalisme à en gêner jusqu’aux gens d’affaires ;
- le parti de Lisée qui renonce à l’indépendance avant les Calendes grecques transformant une fois pour toutes le PQ en blanc bonnet par rapport au bonnet blanc des Libéraux.

Les Libéraux, la CAQ et le PQ sont tous trois des partis néolibéraux, pétroliers et fédéralistes. Au niveau du discours, sur ces trois points, les Libéraux ont le mérite de la franchise malgré de fréquentes pirouettes, la CAQ cache son fédéralisme sous un habit autonomiste et le PQ est le champion du mensonge systémique. Qui ne connaît pas la blague « There is three kinds of lies : a lie, a dam lie and statistics ». La traduction québécoise en est : un mensonge, un maudit mensonge et le PQ. La sagesse populaire a bien raison : clignoter à gauche, gouverner à droite. L’urgence électorale consiste à se débarrasser des néolibéraux, pas juste des Libéraux.

Ces trois partis se distinguent sur la question identitaire. La CAQ, avec son ADN adéquiste, est ouvertement islamophobe et xénophobe pour qui veut bien voir. Le PQ, plus il vire à droite, plus il le devient car sinon comment se distinguer des Libéraux maintenant qu’il a ouvertement abandonné l’indépendance. Les Libéraux ne le sont pas... mollement. Ils se contentent de profiter du nationalisme fleur bleue de leurs adversaires tant pour le bénéfice économique de leur base patronale exploitant sans gêne le Québec racisé que pour la division ethnique du peuple québécois ce qui nuit à la riposte sociale. En prime, ils captent le vote racisé, anglophone et allophone.

L’orientation Solidaire ne repose pas sur la tyrannie de l’opinion publique

Québec solidaire se situe au pôle opposé de ces trois partis. Il est socialiste à la Bernie Sanders, c’est-à-dire social-démocrate conséquent, et même au-delà car il est aussi altermondialiste alors que Sanders est loin d’être anti-guerre et anti-impérialiste, ce qui le garde prisonnier du grand parti patronal Démocrate. QS se veut radicalement écologiste car « il faut accélérer la transition énergétique pour la période entre 2018 et 2030 de façon à atteindre 67% de réduction en dessous du niveau de 1990. » QS est indépendantiste. Il l’est pour libérer le peuple québécois de l’humiliant et paralysant Quebec bashing et de l’axe du pétrole sale Toronto-Calgary. Il l’est pour prendre le contrôle de son épargne nationale et de ses échanges commerciaux afin de se donner les moyens de son projet de société de plein emploi écologique.

Ce n’est pas à la tyrannie de l’opinion publique, fabrication des pontifes et des sondages au service des grands médias et garant de la paix sociale, qu’elle soit de Faut-qu’on-se-parle ou du Devoir ou de Radio-Canada, de guider la stratégie du parti, de déterminer son programme. Comme l’explique une militante sur Facebook à propos du 87% de l’électorat de QS et du PQ qui souhaiterait une alliance, quand on regarde réellement la question posée par Léger, c’est celle-ci :

« Si Québec solidaire et le Parti Québécois s’entendaient pour former une alliance électorale, pour quel parti auriez-vous l’intention de voter ? ». C’est 87% des gens qui disent qu’ils accepteraient de voter pour l’alliance, pas que c’est une bonne idée ou qu’ils souhaitent cette convergence.

Le programme, si radicale soit-il dénote une hésitation à engager la lutte sociale
L’orientation stratégique et le programme Solidaire n’est pas garant de paix sociale. Il brasse plutôt la cage. Le congrès a voté pour une justice « centrée sur la prévention [...] et la réparation [...devant ] viser la réinsertion [...] la même pour tous et toutes, peu importe la capacité de payer ou la condition sociale. » ; pour « mettre un terme à la dépendance des municipalités aux taxes foncières en leur allouant des points d’impôt sur le revenu » ; pour « une agriculture québécoise biologique » éliminant à terme l’utilisation des OGM ; pour la démocratisation de l’ONU notamment « par l’abolition du droit de veto des cinq grandes puissances » et pour « la sortie immédiate du Canada de l’OTAN et de NORAD » tout en référant le controversé « pays sans armée » au premier congrès post-électoral.
N’empêche que derrière la radicalité de certains éléments du programme se cache la même hésitation à entreprendre le combat social que celle à affronter le PQ sur la scène électorale.

La justice Solidaire néglige les injustices patronales qui n’en sont pas moins légales car la loi est celle du plus fort et opère toujours dans un contexte d’injustice systémique de classe et pas seulement de genre et raciale. Plus que les gouvernements nationaux, les gouvernements locaux et régionaux même bien élus et correctement financés n’en seraient pas moins l’objet du chantage de la finance et des transnationales. Celles-ci contrôlent leurs économies et non les PME qui pour survivre contre leur compétition doivent davantage exploiter leurs travailleuses et travailleurs. Le programme ne prend pas à bras le corps cette dépendance fondamentale qui, en dernière analyse, structure l’aménagement du territoire.

La ferme familiale est étranglée par la finance comme l’a dénoncé le rapport Pronovost. Elle est coincée entre d’une part les transnationales des engrais, des semences et des équipements et d’autre part les grandes entreprises de la transformation et de la distribution, sans compter les intégrateurs dans le porc. Elle est condamnée, pour survivre, soit à l’élargissement et à l’embauche de travailleurs étrangers temporaires, soit à l’agriculture de niche normalisant l’auto­exploitation et le double emploi. On ne trouve pas cette problématique dans le programme.

Le programme a beau se prononcer « contre la logique impérialiste et néocoloniale », il ne propose pas de stratégie concrète de lutte contre l’impérialisme appuyée sur les situations réellement existantes en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Asie de l’est. La version proposée au congrès esquivait, sous couvert de beaux principes, la question cruciale du libre- échange jusqu’à l’adoption de l’amendement « renégociera les traités existants selon ces principes et s’en retirera si ceux-ci ne sont pas respectés » ce qui laisse entendre un retrait de l’ALENA et de l’OMC, certainement pas une renégociation à la Trump.

Le cancer institutionnel qui ronge Québec solidaire

Le cancer qui ronge Québec solidaire, dont la tumeur réside dans sa direction avec quelques métastases locales, est la grande illusion que pouvoir se confond avec majorité parlementaire, qu’il suffit d’un gouvernement majoritaire Solidaire, peut-être même de coalition, pour appliquer le programme Solidaire ou certains de ses points. Ce rêve en couleurs, partagé par les Podemos et Mélanchon de ce monde, a brisé Syriza devenu un gouvernement néolibéral (et un petit impérialiste) comme les autres, en fait plus efficace en brisant la vague de colère du peuple grec et en le divisant. L’essentiel du pouvoir bourgeois réside à Ottawa et à Washington, sur Bay Street et sur Wall Street, plus quelques larrons québécois en connivence compétitive avec les premiers.

Le pouvoir du peuple travailleur, que les positions institutionnelles conquises par la gauche peuvent stimuler ou éteindre, se trouve dans la rue.
C’est cette instinct, rarement conscient, qui fait la gloire du Printemps érable, et par ricochet du porte-parole homme de la CLASSE devenu nouveau porte-parole homme et député de QS après son lissage par Radio-Canada et Faut-qu’on-se-parle. En mars-avril 2012, on était à l’orée d’une « grève sociale » sabotée par la direction de la CSN. La direction Solidaire fit le mort. Elle le fit aussi à la fin novembre 2015 quand elle n’a pas critiqué la trahison de la direction du Front commun qui annulait, en faveur d’un contrat pourri, les trois jours prévus de grève générale du demi million de travailleuses des secteurs public et para-public, puis quand elle tergiversa sur la dissidence de la FSSS-CSN même si après coup il devint clair que ce n’était là qu’une manœuvre qui a finalement coûté cher à cette fédération en pertes de ses membres professionnels.

Toutes choses étant égales par ailleurs, la direction du parti, au-delà de l’appui aux revendications des 175 000 travailleurs de la construction et de la dénonciation de la loi spéciale de retour au travail, s’est refusée à s’interroger à voix haute à propos du défi de cette loi si l’Alliance syndicale prenait cette voie, ce dont la direction de celle-ci se garde bien. En 2012, le gouvernement a attendu des mois avant de légiférer contre la grève étudiante. Il a encaissé une bonne dose de jours de grève des secteurs public et parapublic en 2015 et était prêt à en encaisser davantage. Mais que ce soit en 2013 sous le gouvernement péquiste ou aujourd’hui, la perspective d’une semaine de grève massive dans le secteur privé proprement québécois, c’est trop, tellement les profits de Québec Inc. seraient durement et rapidement frappés

Chasser le front populaire du XXiè siècle, il revient par le XXIiè siècle

Que ce soit en 2012, 2013, 2015 ou 2017, ces amorces de grève générale massive étaient la porte d’entrée vers une dynamique de « grève sociale », c’est-à-dire de grève générale politique, capable de modifier fondamentalement le rapport de forces en faveur d’une mise en œuvre du programme de Québec solidaire... en autant que le parti soit au rendez-vous de l’histoire. Un tel bouleversement social, saisi à temps, créerait les conditions d’une Constituante faisant converger démocratie et indépendance, Il est la seule façon de résoudre cette contradiction. La Constituante serait le moment institutionnel d’une profonde transformation des rapports sociaux pour « dépasser le capitalisme » comme l’affirmait le manifeste Solidaire du Premier mai 2009.

Faute d’un tel moment encore une fois raté — mais il faut être aux aguets d’un surgissement qui n’a pas à prendre la forme d’une grève mais par exemple de blocages — reste à investir le moment électoral prévu pour l’automne 2018 afin de faire valoir dans le débat électoral le programme incarné dans la conjoncture, c’est-à-dire la plate-forme. La lutte électorale est un moment privilégié pour le parti de contribuer à créer les « conditions gagnantes » pour une percée vers la « grève sociale », tant en popularisant une plate-forme d’un Québec indépendant pourje plein emploi écologique qu’en conquérant un espace dans l’institution parlementaire du demi-État québécois jusqu’à et y compris la gouverne de l’appareil d’État. On n’insistera pas ici sur l’immense danger de la récupération électoraliste dont Syriza est l’exemple récent le plus tragique.

Le piège initial à contourner, que le congrès n’a finalement pas totalement évité en ayant encore un pied dedans, est de s’embourber dans des pactes avec des partis austéritaires-pétroliers- fédéralistes et de surcroît identitaires, que ce soit avant les élections, dans le cadre d’un système de vote uninominal à un tour, ou après les élections particulièrement dans le cadre d’un système de vote proportionnel. Un tel piège neutralise la portée de la plate-forme sauf comme discours du dimanche. Ces « fronts populaires », malédiction du socialisme du XXiè siècle, donne systématique l’accolade à la plate-forme la plus collée au statu-quo peu importe le rapport de forces entre les partis. L’éventuel « succès » électoral de ces fronts populaires enlise le ou les partis de gauche, parfois irrémédiablement, dans le marais électoraliste conduisant au social-libéralisme.

Pour une esquisse de plate-forme voir :Un Québec indépendant de plein emploi écologique pour sortir du pétrole

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