Édition du 14 novembre 2017

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Planète

La loi du profit pollue le climat de la COP23

C’est l’histoire de ce diplomate du Panama, négociateur dans le cadre des sommets internationaux contre le réchauffement, tout en étant membre actif d’une association de pétroliers. Ou encore celle de ces industriels, promoteurs de gaz, l’Union européenne dans la définition de ses besoins en énergie. Certains appellent cela cooptation, lobbying ou conflit d’intérêts. D’autres ne nomment pas ce mélange des genres, qu’ils considèrent comme un faux problème.

Tiré de humanite.fr

Quoi qu’il en soit, alors que s’ouvre, aujourd’hui, une nouvelle session de négociations sur le climat, deux rapports internationaux dressent une liste des collusions entre le monde des grandes entreprises et les organes où se prennent les décisions politiques. Ils dénoncent l’influence délétère du premier sur les seconds, avec pour résultat l’écart persistant entre les efforts engagés par les États et ceux nécessaires pour limiter le réchauffement. Et préviennent : sans plus d’encadrement et de transparence, la promesse faite à Paris de maintenir la température de l’atmosphère mondiale « bien en dessous de 2 °C » restera lettre morte.

Une alerte assourdissante Deux ans après l’ô combien retentissante COP21, les 195 États signataires de l’accord de Paris sur le climat se retrouvent pendant quinze jours à Bonn, sous l’égide de l’ONU, pour continuer à discuter de cet enjeu. Quoique se déroulant en Allemagne, cette 23e Conférence des parties (COP23) sera présidée par les Fidji, petit État insulaire comptant au nombre de ceux les plus frappés par les effets du réchauffement. Tout un symbole, dont les pays vulnérables espèrent des retombées concrètes. Les discussions inscrites à l’ordre du jour devraient cependant demeurer techniques, qui porteront sur les modalités de mise en œuvre des dispositions avancées dans l’accord de Paris. La COP23 ne s’en inscrit pas moins dans un tournant historique, au débouché duquel on saura, peu ou prou, à quelle température le monde sera mangé.

Pour l’heure, celle-ci s’annonce cuisante. La semaine dernière, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) s’est fendu d’une alerte assourdissante : si on dresse le cumul des efforts consentis à ce jour par l’ensemble des États, la température mondiale devrait très probablement augmenter d’au moins 3 °C à l’horizon 2 100 (lire l’Humanité du 2 novembre). Autrement formulé, l’écart entre les réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES), nécessaires pour contenir le réchauffement à moins de 2 °C, et les engagements pris par les États en 2015 est énorme : au rythme actuel, en 2030, les pays auront émis entre 11 et 13 gigatonnes (milliards de tonnes) d’équivalent carbone en trop. Plié, donc, l’objectif inscrit à l’article 2 de l’accord de Paris de limiter le réchauffement à moins de 2 °C ?

Non, martèle le Pnue dans son communiqué : « Les investissements dans les technologies spécifiques aux secteurs de l’agriculture, du bâtiment, de l’énergie, de la foresterie, de l’industrie et du transport pourraient contribuer à éviter jusqu’à 36 Gt éq-CO2 par an à l’horizon 2030. » « Ce que nous dit la science, c’est que le seul chemin qui nous laisse une chance d’atteindre cet objectif est que les pays engagent des actions avant 2020 », abonde Jesse Bragg, de l’organisation Corporate Accountability International (CAI). Or, si les pays dits du Nord continuent de s’y refuser, poursuit-il, « c’est parce qu’ils restent sous l’influence de ces mêmes industries, qui nous ont conduits à la crise climatique ».

humanite.fr

Site web du journal du PCF (France)

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