Édition du 16 octobre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

24 janvier 2018

Davos ou les marmites de la barbarie

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

À Davos : les riches palabrent sous le thème « Construire un avenir commun dans un monde fracturé »

À Davos se réunit essentiellement le 1% des plus riches de la population mondiale et les chefs d’État à leur service. Un document d’OXFAM « Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent », publié pour l’occasion explique : « Des richesses générées l’année dernière, 82 % ont profité aux 1 % les plus riches de la population mondiale, alors que les 3,7 milliards de personnes qui forment la moitié la plus pauvre de la planète n’en ont rien vu. » Ce rapport montre comment le système économique mondial permet à une élite fortunée d’accumuler d’immenses richesses, tandis que des centaines de millions de personnes peinent à survivre avec un salaire de misère.

Ces membres de l’oligarchie mondiale vont échanger sur leurs angoisses face à leur avenir économique et sur celui de la planète. Pas question d’analyser sérieusement les causes réelles de la situation internationale actuelle, d’identifier les responsables et d’esquisser des perspectives qui impliqueraient la participation démocratique de la majorité de la population. Leur ligne d’horizon, c’est celle de la croissance de leurs affaires et de la préservation de leurs privilèges.

Ces élites championnes de la concentration de richesses savent qu’elles sont les responsables de cette situation. Les grandes entreprises capitalistes, en collaboration avec des politiciens à leur service, ont organisé la défiscalisation de leurs revenus et ont multiplié les procédés de tout genre pour ne pas payer leur juste part des dépenses publiques. Elles ont créé et ont utilisé des paradis fiscaux pour ne pas payer leurs impôts. Aujourd’hui comme hier, elles prétendent que ces détournements fiscaux sont parfaitement légaux. Face à des États dépourvus de moyens pour satisfaire aux besoins de la majorité de la population, elles leur ont consenti des prêts et favorisé leur endettement. Comme créanciers influents, ils ont mis les États sous surveillance, les soumettant à leurs diktats et les pressant à couper dans les dépenses sociales. Ils ont mené une bataille frontale pour diminuer les salaires de leurs employéEs, appelant les États à s’attaquer aux syndicats et autres organisations de défense de la majorité populaire. Ils ont favorisé la détérioration des services publics pour légitimer leur privatisation. Le renforcement des inégalités n’est donc pas tombé du ciel. Il s’explique. Et les principaux responsables de cette réalité se retrouvent aujourd’hui à Davos non pour remettre en question leurs procédés d’enrichissement, mais pour masquer le caractère odieux et immoral de leur règne sur l’ensemble de la société mondiale.

Trudeau au secours de la liberté du capital financier

À l’heure où s’ouvre la sixième négociation sur l’ALENA à Montréal du 23 au 27 janvier prochains, Trudeau mène une campagne pour l’ALENA à DAVOS et son gouvernement vient accepter de signer le Traité TransPacifique. Il se fait le grand défenseur des possibilités de prédation sans entraves du capital financier. Prétendre comme il le fait que l’ALENA, c’est le le libre-commerce, c’est masquer l’essentiel, qui est que ces accords protègent la capacité des multinationales d’investir sans entraves dans les pays signataires afin de s’accaparer leurs richesses. Ces traités offrent même aux entreprises le pouvoir de poursuivre les États qui se donnent des règles de protection de l’environnement ou de différents droits sociaux. Les deux petits vidéos que nous publions ici sont très clairs à cet égard. C’est pourquoi les organisations syndicales, environnementales et les autres organisations de la société civile s’opposent aux accords de libre-échange.

Le gouvernement libéral du Québec est à son aise dans ce club de spoliateurs
Alors que Couillard se fait le publiciste des entreprises québécoises en Chine, la ministre Anglade accompagnée de divers PDG dont Michel Sabia, président et chef de direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, d’Éric Martel, président directeur d’Hydro-Québec et de Pierre Gabriel Coté, président-directeur général d’investissement Québec dit se faire la représentante des entreprises d’ici et leur débusquer des occasions d’investissements lucratifs. Elle n’hésite pas à présenter le Québec comme une contrée généreuse pour les prédateurs en tout genre.
Face aux marmites de la barbarie qu’on nous cuisine à Davos, il faut être vigilant-e. Nous reviendrons sur les mets trop épicés que cette élite mondiale voudra nous refiler.

La lutte contre la violence sexuelle s’élargit et foisonne

« Depuis octobre et l’affaire Weinstein, des millions de femmes, de plusieurs pays et cultures, ont uni leurs voix pour dénoncer différentes formes de violence sexuelle. Elles ont dit : « C’est assez. » Le silence doit cesser et la honte, changer de camp. (#MoiAussi, #MeToo, #Balancetonporc)

« Partout dans la société, les femmes sont exposées aux diverses formes de violence ou d’agression sexuelles. Comment se fait-il qu’au terme de décennies de lutte pour l’égalité entre les sexes, tout cela continue de miner l’existence et les opportunités dont jouissent les femmes ? »

Il s’agit d’un véritable processus radical de remise en question des rapports hommes/femmes et de la place de la violence dans l’ensemble de la sexualité humaine.

Francis Lagacé et Richard Poulin ont écrit un texte qui s’inscrit dans la volonté de montrer que des hommes s’engagent aux côtés de ces mouvements. Ils livrent une réflexion sur la nécessité active des hommes à la lutte actuelle.

La résistance est mondiale

La « République islamique d’Iran est secouée depuis le 28 décembre 2017 par des protestations populaires contre la hausse des prix des produits alimentaires, le chômage de masse, les inégalités sociales toujours plus grandes, le programme brutal d’austérité et la répression politique. » Nous publions un article qui nous explique les racines réelles de cette révolte.

En Tunisie « les mobilisations ont touché simultanément la plus grande partie du territoire, les zones déshéritées de l’intérieur comme les villes de la côte. Impulsée essentiellement par des jeunes, cette explosion de colère s’est brusquement développée dans foulée de la mort, le 8 janvier, d’un manifestant dans la grande banlieue de Tunis, précédée deux jours plus tôt du suicide d’un jeune chômeur près de la frontière algérienne. »

Résultat de l’expression généralisée de la jeunesse, des étudiants et des chômeurs, cette révolte populaire est à suivre, car elle n’a pas fini de rebondir…

Au Chili, la visite du Pape François a connu un double échec. Jean-Jacques Roy, un collaborateur de Presse-toi à gauche nous dresse un tableau de cet échec. Il nous a également traduit une déclaration des peuples autochtones du Chili dont le titre , « Nous n’avons que faire de vos croix et de vos bibles »est sans équivoque.

Mots-clés : Québec

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