Édition du 18 septembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Le mouvement des femmes dans le monde

Le porno est un enjeu de gauche

tiré de : Entre les lignes et les mots 2018 - 4 - 27 janvier : notes de lecture, textes, pétitions et lien

Publié le 25 janvier 2018

Les féministes antiporno finissent par s’habituer aux insultes de la gauche. Sans cesse, on nous dit que nous sommes anti-sexes, prudes, simplistes, politiquement naïves, créant de la division et étroites d’esprit. Les critiques les plus grossières n’hésitent pas à suggérer que le remède à ces maux résiderait dans une solide expérience sexuelle, qui nous ferait défaut.

En plus des insultes, nous sommes constamment confrontées à une question : Pourquoi perdons-nous notre temps sur la question de la pornographie ? Puisque que nous sommes des anticapitalistes, des gauchistes anti-impérialisme, ainsi que des féministes, ne devrions-nous pas mettre l’accent sur les nombreuses crises politiques, économiques et écologiques (la guerre, la pauvreté, le réchauffement climatique, etc.) ? Pourquoi avoir dépensé une partie de notre énergie intellectuelle et capacités d’organisation au cours des deux dernières décennies à la poursuite de la critique féministe de la pornographie et de l’industrie du sexe ?

La réponse est simple : nous sommes contre la pornographie précisément parce que nous sommes de gauche, ainsi que féministes.

En tant que gauchistes, nous rejetons le sexisme et le racisme qui saturent le marché de masse de la pornographie contemporaine. En tant que gauchistes, nous rejetons la réification capitaliste de l’un des aspects les plus fondamentaux de notre humanité. En tant que gauchistes, nous rejetons la domination par les grandes entreprises des médias et de la culture. Les féministes antiporno ne demandent pas à la gauche d’accepter une nouvelle façon de voir le monde, mais plaident plutôt pour la cohérence dans son analyse et dans l’application de ses principes.

Il nous a toujours semblé étrange qu’un si grand nombre de gens de la gauche refusent systématiquement de s’engager dans une critique sérieuse et en profondeur de la pornographie. Tout cela est particulièrement regrettable à un moment où la gauche peine à trouver des votes ; une critique de la pornographie fondée sur une analyse féministe radicale et de gauche, qui contrecarre la droite moralisatrice, pourrait faire partie d’une stratégie d’organisation efficace.

L’analyse des médias par la gauche

Les gauchistes voient les médias comme un exemple clair démontrant comment la classe dominante tente de créer et d’imposer des définitions et des explications du monde. Nous savons que les nouvelles ne sont pas neutres, que les émissions de divertissements sont plus que seulement du plaisir et du jeu. Ce sont des sphères où l’idéologie dominante est renforcée, où le point de vue des puissants est articulé. Toutefois, ce processus est toujours une lutte. Les tentatives par les classes dominantes de définir le monde peuvent être, et sont souvent, soumises à une résistance. Le terme « hégémonie » est généralement utilisé pour décrire ce processus, presque toujours contesté, et cette façon dont la classe dominante tente de s’assurer du contrôle de la construction du sens.

La critique féministe de la pornographie est compatible avec, et, pour beaucoup d’entre nous, se développe à partir de – l’analyse courante de la gauche de l’hégémonie et des médias, conduisant à l’observation que la pornographie est au patriarcat ce que la télévision commerciale est au capitalisme. Pourtant, quand la pornographie est le sujet de discussion, beaucoup à gauche semblent oublier la théorie de l’hégémonie de Gramsci et accepter l’argument bien pratique des pornographes voulant que la pornographie soit une simple fantaisie.

Apparemment, l’un des lieux communs formulés par la gauche voulant que les images médiatisées puissent être des outils pour légitimer l’inégalité, est vrai pour une analyse de CBS ou de CNN, mais s’évapore lorsque l’image est celle d’une femme se faisant enfoncer un pénis si fort dans la gorge qu’elle vomi. Dans ce cas, pour des raisons inexpliquées, nous ne sommes pas censés prendre ces représentations pornographiques sérieusement ou les considérer comme des produits soigneusement construits dans un système plus large de sexe, de race, de classe et d’inégalité. Le travail précieux effectué par les critiques des médias sur les politiques de la production n’a apparemment aucune valeur en ce qui concerne la pornographie.

La pornographie est une sorte de fantaisie. Tout comme le petit écran proposant une noblesse inhérente à la police et aux procureurs et les présentant comme des protecteurs des citoyens est une fantaisie. Tout comme les histoires d’Horatio Alger sur la persévérance au travail dans le capitalisme sont une fantaisie. Tout comme les films ne présentant les arabes que comme des terroristes sont une fantaisie.

Tous ces produits médiatisés sont critiqués par la gauche, précisément parce que le monde imaginaire qu’ils proposent créent une distorsion par rapport au monde réel dans lequel nous vivons. La police et les procureurs recherchent parfois la justice, mais ils ont également comme rôle de faire respecter les règles des puissants. Dans le capitalisme, des individus prospèrent parfois en raison de leur travail acharné, mais le système n’offre pas à tout le monde qui travaille fort un niveau de vie décent. Un petit nombre d’Arabes sont des terroristes, mais on oublie le terrorisme des puissants Américains blancs et l’humanité de la grande majorité des Arabes.

De tels fantaisies reflètent également la façon dont les puissants veulent que les gens subordonnés se sentent. Des images d’Afro-Américains joyeux et chantant dans les plantations permettaient aux blancs de se convaincre de la légitimité de leur oppression des esclaves. Des images de travailleurs satisfaits apaisent les craintes de révolution des capitalistes. Et les hommes font face à leurs sentiments complexes vis-à-vis le mélange toxique de sexe et de violence de la masculinité contemporaine en cherchant des images de femmes qui aiment la douleur et humiliation.

Pourquoi tant de personnes de la gauche semblent-elles supposer que les pornographes fonctionnent dans un univers différent des autres capitalistes ? Pourquoi la pornographie serait-elle la seule forme de représentation produite et distribuée par les entreprises capitalistes qui ne servirait pas de moyen de légitimer l’inégalité ? Pourquoi les pornographes seraient-ils les seuls capitalistes des médias à être rebelles et à chercher à renverser des systèmes hégémoniques ?

Pourquoi les pornographes reçoivent-ils un laissez-passer d’une si grande partie de la gauche ?

Après des années à faire face à l’hostilité de la gauche en public et dans les écrits, nous pensons que la réponse est évidente : le désir sexuel peut limiter la capacité des gens à raisonner de façon critique – surtout chez les hommes dans le patriarcat, où le sexe n’est pas seulement synonyme de plaisir, mais aussi de pouvoir.

Les gens de la gauche – particulièrement les hommes – doivent se défaire de cette obsession du droit à l’excitation sexuelle.

Analysons la pornographie non pas à travers le sexe, mais en tant que média. Qu’allons-nous y trouver ?

Les entreprises médiatiques

Les critiques du pouvoir des médias commerciaux sont omniprésentes dans la gauche. Les gauchistes venant d’horizons politiques très différents peuvent s’unir pour dénoncer le contrôle des conglomérats sur l’actualité et les émissions de divertissement. En raison de la structure du système, il est acquis que ces sociétés créent une programmation qui répond aux besoins des publicitaires et des élites, pas à ceux des gens ordinaires.

Pourtant, lors des discussions sur la pornographie, cette analyse vole en éclats. En écoutant un grand nombre de gauchistes défendre la pornographie, on pourrait croire que le matériel est fait par des artistes solitaires et sans le sou qui luttent sans relâche pour nous aider à comprendre les mystères de la sexualité. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité ; l’industrie de la pornographie est seulement cela – une industrie, dominée par des entreprises de production créant le contenu et des grandes entreprises de masse profitant de sa distribution.

Il est facile d’écouter les conversations des pornographes, ils ont un magazine commercial, Adult Video News. Leurs discussions n’ont pas tendance à se concentrer sur le potentiel de transgression de la pornographie ou sur la nature polysémique des textes sexuellement explicites. Elles tournent plutôt autour de – quelle surprise ! – des profits. Les histoires du magazine ne reflètent aucune conscience critique à propos de quoi que ce soit, surtout pas à propos du genre, de la race et du sexe.

Andrew Edmond – le président-directeur général de Flying Crocodile, une compagnie internet pornographique valant 20 millions de dollars – le dit avec franchise : « Beaucoup de gens sont distraits du modèle d’affaires par [le sexe]. Pourtant, il est tout aussi complexe et multidimensionnel que n’importe quel autre marché. Nous fonctionnons comme n’importe quelle autre compagnie du top Fortune 500. »

Les sociétés de production des gros joueurs tels que Les Productions Larry Flynt aux petits entrepreneurs malhonnêtes agissent de façon prévisible comme le font les autres entreprises dans le capitalisme, en cherchant à maximiser les profits et les parts de marché. Ils ne tiennent pas plus compte des besoins des personnes ou des effets de leurs produits que ne le font les autres capitalistes. Idéaliser les pornographes fait autant de sens qu’idéaliser la haute direction de Viacom ou de Disney.

De plus en plus, les médias publics en tirent aussi des profits. Hefner et Flynt ont dû se battre pour obtenir le respect entre les murs du capitalisme, mais aujourd’hui, beaucoup de ceux à qui profite la pornographie sont des grandes sociétés. Par le biais de la propriété d’entreprises de distribution par câble et de services Internet, les grandes entreprises distribuant de la pornographie distribuent également des médias grand public. Un exemple est News Corp., propriété de Rupert Murdoch.

Jusqu’en 2007, News Corp. était l’un des principaux propriétaires de DirecTV, qui vend plus de films pornographiques que Flynt. En 2000, le New York Times a rapporté que près de 200 millions de dollars par année sont dépensés par les 8,7 millions d’abonnés de DirecTV. Parmi les autres médias que possède News Corp. se retrouvent les réseaux de télévision par câble de Fox, Twentieth Century Fox, le New York Post, et TV Guide. Bienvenue dans la convergence : Murdoch est également propriétaire de HarperCollins, qui a publié le best-seller de l’actrice porno Jenna Jameson Comment faire l’amour comme une star du porno.

Lorsque Paul Thomas a accepté son prix de meilleur directeur lors de la cérémonie de l’industrie de la pornographie en 005, il a parlé de la transformation de l’industrie en plaisantant : « Je recevais auparavant mon chèque des Italiens. Maintenant je suis payé par un Juif. » Ignorant les références ethniques grossières (Thomas travaille principalement pour Vivid, dont le directeur est juif), il soulignait que ce qui était en grande partie financé par la mafia avant n’est maintenant qu’une entreprise comme les autres.

Comment les gauchistes réagissent-ils devant les grandes entreprises ? Voulons-nous que les cadres corporatifs affamés de profits construisent notre culture ?

La marchandisation

Il est depuis longtemps compris par la gauche que l’un des aspects les plus insidieux du capitalisme est la marchandisation de tout. Il n’y a rien qui ne peut être vendu dans le jeu capitaliste de l’accumulation sans fin.

Dans la pornographie, les enjeux sont encore plus élevés car ce qui y est réifié est essentiel à notre personne. Quelle que soit la sexualité d’une personne ou sa vision de la sexualité, presque tout le monde est d’accord qu’il s’agit d’un aspect important de notre identité. Dans la pornographie, et dans l’industrie du sexe d’une manière plus générale, la sexualité n’est qu’un produit de plus à être emballé et vendu.

Lorsque ces préoccupations sont soulevées, les gauchistes pro-pornographie sont souvent très prompts à expliquer que les femmes dans la pornographie ont choisi ce travail. Bien que toute discussion sur le choix doive prendre en considération les conditions dans lesquelles le choix est effectué, les féministes ne contestent pas le fait que les femmes choisissent, elles respectent ce choix et essayent de le comprendre.

Mais, à notre connaissance, aucun gauchiste ne défend les médias capitalistes ou toute autre entreprise capitaliste en soulignant que les travailleurs ont consenti à faire leur travail. Les gens produisant du contenu médiatique, ou tout autre produit, consentent à travailler dans ces entreprises, sous diverses contraintes et opportunités. Et alors ? La critique ne porte pas sur les travailleurs, mais sur les propriétaires et sur la structure.

Regardez l’une des plus grandes étoiles de l’industrie, Jenna Jameson, qui semble en plein contrôle de sa vie professionnelle. Cependant, dans son livre, elle déclare qu’elle a été violée alors qu’elle était adolescente et elle décrit les façons dont les hommes dans sa vie l’ont prostituée. Son désespoir à gagner de l’argent est aussi évident lorsqu’elle raconte avoir essayé d’obtenir un emploi comme danseuse nue mais qu’elle semblait trop jeune, elle est alors allée dans une salle de bain et a enlevé son appareil dentaire avec des pinces. Elle a également décrit ses excès de prise de drogue et a déploré le décès de nombreux amis dans l’industrie à cause de la drogue. Et il s’agit de la femme reconnue comme celle ayant le plus de pouvoir dans l’industrie pornographique.

Dans notre compréhension de l’analyse de gauche, nous ne mettons pas l’accent sur les décisions individuelles prises pour trouver la manière de survivre dans un système qui marchande à peu près tout et nous prive d’occasions significatives de contrôler notre vie. Il s’agit pour nous de lutter contre un système.

Le racisme

Tandis que les formes les plus flagrantes et abjectes de racisme ont disparu des médias grand public, les militants ont continué à souligner que des formes plus subtiles de racisme perdurent et que leur reproduction constante par les médias pose problème. Il est entendu que la question raciale est importante, tout comme le sont les représentations médiatiques de la race.

Par ailleurs, la pornographie est le seul domaine médiatique où le racisme manifeste est toujours acceptable. Pas le racisme subtil ou métaphorique, mais le racisme américain à l’ancienne les représentations stéréotypées de l’étalon noir, de la femme noire animale, de la bombe latina, de la geisha asiatique soumise. Les fournisseurs de pornographie ont une catégorie spéciale, « interraciale », qui permet aux consommateurs de fantasmer sur diverses combinaisons raciales et scénarios racistes.

Le racisme de l’industrie est tellement répandu qu’il passe largement inaperçu. Dans une entrevue avec le producteur du DVD « Frères noirs et putes asiatiques » (Black Bros and Asian Ho’s), nous lui avons demandé s’il recevait parfois des critiques pour le racisme de ces films. Il a répondu, « Non, ils sont très populaires ». Nous avons répété la question : populaires, oui, mais les gens critiquent-ils parfois leur racisme ? Il nous a regardé, incrédule ; la question n’avait apparemment jamais traversé son esprit.

Il suffit de visiter une boutique de pornographie pour voir que la justice raciale n’est clairement pas une préoccupation de l’industrie. La réclamation de film typique est « attaque de groupe par des noirs » : « Je suis à la recherche des plus mignonnes blanches se faisant défoncer par une bande de nègres bandés sortis tout droit de Compton ! » Il serait intéressant de voir un gauchiste pro-pornographie défendre devant un public non-blanc que ces films n’ont aucun lien avec la politique raciale et la suprématie blanche.

Les producteurs de porno « haut-de-gamme » utilisent principalement des femmes blanches ; le visage officiel de la pornographie est très majoritairement blanc. Cependant, parallèlement à ce genre, il existe du contenu plus agressif dans lequel les femmes de couleur apparaissent plus fréquemment. Comme une femme noire dans l’industrie nous a dit, « c’est une entreprise raciste », dans la façon dont elle est traitée par les producteurs, dans la différence de rémunération et dans les conversations quotidiennes qu’elle entend sur les plateaux.

Le sexisme

Le marché de la pornographie hétérosexuelle contemporaine de masse constitue l’essentiel du marché du matériel sexuellement explicite et est un lieu où une signification particulière du sexe et du genre est créée comme diffusée. Le message idéologique central de la pornographie est facile à discerner : les femmes existent pour le plaisir sexuel des hommes, sous quelque forme que ceux-ci le veulent, et peu importe quelles en sont les conséquences pour elles. Ce n’est pas seulement que les femmes existent pour le sexe, mais qu’elles existent pour le sexe que les hommes veulent.

En dépit des réclamations naïves (ou malhonnêtes) au sujet de la pornographie en tant que véhicule pour la libération sexuelle des femmes, l’essentiel de la pornographie de masse est incroyablement sexiste. De l’affreux langage utilisé pour décrire les femmes, aux positions de subordination, aux pratiques sexuelles elles-mêmes, la pornographie est inlassablement misogyne. Tandis que l’industrie « évolue », le genre le plus populaire, appelé « Gonzo », continue de repousser les limites de la dégradation et de la cruauté envers les femmes. Les créateurs reconnaissent qu’ils ne savent pas vers où aller après ce niveau.

Cette misogynie n’est pas une caractéristique particulière de quelques films marginaux. En se basant sur trois études de contenu de vidéos pornographiques mainstream au cours de la dernière décennie, nous concluons que cette haine des femmes est centrale à la pornographie contemporaine. Retirez toutes les vidéos où les femmes sont traitées de chiennes, de salopes, de connasses ou de putes et les tablettes seront presque vides. Enlevez chaque DVD dans lequel une femme devient la cible du mépris d’un ou des hommes, et il ne restera pas grand-chose. Le marché de masse de la pornographie ne célèbre pas les femmes et leur sexualité, mais exprime plutôt un mépris pour les femmes et célèbre la permission d’exprimer cette haine à travers le sexe.

Les gauchistes rejettent en général les explications biologiques de l’inégalité. Mais, l’histoire du genre dans la pornographie est l’histoire du déterminisme biologique. Un thème majeur dans la pornographie est que les femmes sont différentes des hommes et apprécient la douleur, l’humiliation et la dégradation ; elles ne méritent pas la même humanité que les hommes parce qu’elles sont un autre type de créature. Dans la pornographie, ce n’est pas seulement que les femmes veulent être baisées dans la dégradation, mais qu’elles en ont besoin. En fin de compte, la pornographie raconte des histoires à propos de quelle devrait être place des femmes, sous les hommes.

La plupart des militants de gauche critiquent le patriarcat et résistent au système de la domination masculine. Le genre est l’un des domaines de la lutte contre la domination, et donc une arène de la lutte idéologique. Joignez une analyse des médias aux arguments féministes pour l’égalité sexuelle, et vous obtenez l’argument antipornographie.

La nécessité d’une analyse cohérente du pouvoir

Les gauchistes, qui autrement sont fiers de leur analyse des systèmes et des structures de pouvoir, peuvent se transformer en libertaires extrêmement individualistes sur la question de la pornographie. La pensée critique et sophistiquée qui sous-tend le meilleur de la politique de gauche peut céder la place à une analyse simpliste, politiquement naïve et de diversion qui laisse beaucoup trop de militants jouer les meneurs de foule pour cette industrie basée sur l’exploitation. Dans ces analyses, nous ne sommes pas censés examiner l’idéologie de la culture et de quelle manière elle façonne la perception qu’ont les gens de leur choix, et nous devons ignorer les conditions dans lesquelles les gens vivent ; tout se résume à un choix individuel.

Une critique de la pornographie n’implique pas que la liberté d’une personne de choisir n’est pas importante, mais soutient au contraire que ces questions ne peuvent pas être réduites à ce seul moment de choix d’un individu. Au lieu de cela, nous devons nous demander : Qu’est-ce que la liberté au sein d’un système capitaliste raciste et sexiste ?

Les gauchistes ont toujours contesté la prétention des puissants que la liberté vient en acceptant sa place dans une hiérarchie. Les féministes ont mis en évidence que l’un des systèmes de pouvoir qui contraint les individus est le genre.

Nous soutenons que les militants de gauche qui prennent au sérieux le féminisme doivent finir par voir que la pornographie ainsi que d’autres formes d’exploitation sexuelle, principalement des femmes et des jeunes, par les hommes dans le capitalisme est incompatible avec un monde dans lequel les gens ordinaires peuvent prendre le contrôle de leur propre destinée.

C’est la promesse de la gauche, du féminisme, des théories critiques du racisme, de l’humanisme radical, de chaque mouvement émancipateur de l’histoire moderne.

Gail Dines et Robert Jensen

Dr. Gail Dines PHD, est professeure de Sociologie au Wheelock College de Boston, USA. Ses travaux universitaires portent sur l’étude de la pornographie depuis 1997, elle a écrit de nombreux articles et ouvrages sur le sujet, le dernier étant « Pornland : How Porn Has Hijacked Our Sexuality, elle est membre fondatrice du groupe Stop Porn Culture, et fondatrice de Culture Reframed, une ONG qui mène plusieurs campagnes critiques de l’industrie pornographique.

Robert Jensen

Journaliste, professeur à l’Université du Texas à Austin, membre du conseil du « Third Coast Activist Resource Center » (fondé par M. Luther King Jr), auteur de plusieurs livres sur divers sujets sociaux et politiques.

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