Édition du 23 mai 2017

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Asie/Proche-Orient

Le silence des politiciens face à l’Arabie Saoudite et l’ONU

En ce début de semaine du 24 avril 2017, l’Arabie Saoudite a été élue à la Commission des conditions de la femme au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU) avec 47 voix sur 54.

Selon un vote secret et après l’alerte de UN Watch, l’Arabie Saoudite se retrouve la porte ouverte pour la période de 2018 à 2022 au sein de la Commission des conditions de la femme et ce, au sein de l’ONU. Cette organisation existe pour promouvoir la paix internationalement ou encore le développement économique et écologique durable. La Commission des conditions de la femme a, quant à elle, la mission notamment, parmi tant d’autres, de promouvoir les droits des femmes dans le monde.

Cette nomination a d’abord fait bondir le directeur général de UN Watch, Hillel Neuer. UN Watch est une organisation sans but lucratif visant à surveiller et veiller aux respects des principes de la charte de l’ONU. Hillel Neuer a signalé que d’élire l’Arabie Saoudite pour défendre le droit des femmes était comme mettre un pyromane à la tête du corps des pompiers. Des mots qui ne sont pas anodins et faux quand nous connaissons les faits et la vie vécue par les femmes au sein de ce pays.

Pour rappel et information, l’Arabie Saoudite interdit explicitement les femmes de conduire des voitures ainsi que des vélo, elle interdit aux femmes de sortir sans la présence d’un homme (ce dernier devant être absolument un membre de la famille sous peine de jugement pour prostitution) ou encore interdit les femmes de prendre des décisions importantes sans l’autorisation du mari ou d’un homme de la famille (tutelle). Au-delà de cela, l’Arabie Saoudite est aussi connue pour effectuer des jugements de peines capitales avec des traitements comme la lapidation ou encore la décapitation en public. Ces mêmes actes qui sont dénoncés par les instances politiques envers les extrémistes mais qui sont cachés ou à peine dénoncés par nos dirigeants politiques.

Nous pourrions croire que la nomination de cet État ait choqué ou fait réagir nos politiciens au Québec ou au Canada. Après tout, nous sommes dans une société démocratique qui prône le droit des femmes et qui désire une véritable égalité des droits des femmes. Nous sommes en droit d’attendre une réaction du Premier Ministre canadien ou du Premier ministre du Québec afin de dénoncer une décision aussi aberrante. Nous sommes en droit d’attendre de nos journaux de voir des articles sur le sujet afin d’informer la population de cette nomination qui n’a aucun sens. Au lieu de cela, qu’avons-nous ? Silence. Nous avons un silence assourdissant et gênant de nos politiciens et des grands médias. En parcourant ceux-ci sur internet, je n’ai rien trouvé. L’information circule dans quelques journaux français et européen. Ici, au Québec, rien.

Il faut dire que nos gouvernements sont bien contents d’avoir l’Arabie Saoudite afin de conclure des contrats commerciaux apportant de l’argent dans les caisses de l’État. Nous devons bien vendre nos blindés et nos armes. Après tout, selon le site du gouvernement canadien, l’Arabie Saoudite est le deuxième partenaire commercial le plus important du Canada. Il ne faudrait donc pas froisser les amis saoudiens. Le Québec a aussi des intérêts économiques florissants avec l’Arabie Saoudite en exportant notamment des avions ou des turboréacteurs pour un budget de 276,4 millions de dollars (deuxième client derrière les Émirats Arabes Unis) en 2015. C’est aussi une raison de plus pour que le Québec se taise sur cette nomination absurde.
Pour conclure sur cette nomination, nous pouvons dire que les intérêts économiques et commerciaux passent malheureusement bien avant les actions contraires aux droits civils et humains. Nous pouvons aussi, presque instantanément, conclure que l’argent peut acheter le silence et des voix et ce, même au sein de l’ONU. En effet, il est difficile de croire que des États démocratiques puissent accepter et voter afin de faire entrer l’Arabie Saoudite au sein de cette Commission des conditions des femmes. Il est compliqué d’y voir une autre explication que celle des pétrodollars de nos « amis » saoudiens. Le bons sens, les valeurs humaines et le respect des droits de chacun sont-ils si peu considérés qu’ils peuvent être achetés ? Cette question a le mérite de se poser.

R. F.

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https://www.presse-dz.com/caricatures-algerie/le-roi-darabie-saoudite-accorde-le-droit-de-vote-aux-femmes

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