Édition du 21 novembre 2017

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Immigration

Le sous-financement des maisons d'hébergement aggrave la marginalisation des femmes immigrantes et autochtones (IRIS)

MONTRÉAL, le 8 juin 2017 - Les maisons d’hébergement pour femmes au Québec manquent de ressources pour pouvoir offrir adéquatement des services aux femmes immigrantes et autochtones. C’est ce que révèle une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) publiée ce jeudi.

« Aucun financement spécifique n’est rattaché à l’intervention auprès des femmes immigrantes. Des services adéquats et complets pour celles-ci en maisons d’hébergement ne coûteraient que 12,5 M$ par année », calcule Francis Fortier, chercheur à l’IRIS et co-auteur de l’étude.

« Les femmes immigrantes ont des besoins particuliers : adaptation culturelle, isolement social, enjeux linguistiques, etc., ce qui fait en sorte qu’intervenir adéquatement auprès d’elles nécessite davantage de temps et de ressources, ce que le sous-financement chronique ne permet pas de faire. Par exemple, pour une femme immigrante parlant français, il y a un décalage de 11 heures hebdomadaires entre le nombre d’heures actuellement consacrées et le nombre d’heures nécessaires de travail. Pour une femme immigrante allophone, ce manque monte à 17 heures par semaine », estime Jennie-Laure Sully, également chercheure à l’Institut et co-auteure de la publication.

L’étude de l’IRIS s’est également penchée sur la situation des femmes autochtones. « Les maisons d’hébergement qui ne sont pas spécialisées auprès des femmes autochtones ont un besoin de financement de 1,6 M$ par année pour offrir un suivi adéquat à ces femmes, qui vivent également avec des réalités particulières. Alors que le travail effectué auprès des femmes des Premières nations nécessite environ 4 heures de plus supplémentaires, une intervention idéale se situerait davantage autour de 20 heures de plus », affirme Francis Fortier.

« Les femmes immigrantes et les femmes autochtones subissent de multiples discriminations systémiques qui contribuent à leur marginalisation sociale et à leur isolement. C’est pour cette raison que des enveloppes budgétaires dédiées à celles-ci en maisons d’hébergements sont nécessaires, d’autant plus que les maisons ont déjà à composer avec un sous-financement chronique depuis plusieurs années déjà », conclut Jennie-Laure Sully.

Le sous-financement des maisons d’hébergement pour femmes : Facteur aggravant de la marginalisation des femmes immigrantes au Québec est disponible gratuitement sur www.iris-recherche.qc.ca. La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes a contribué au financement de l’étude.

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