Édition du 27 juin 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Féminisme

Le sous- financement des maisons d’hébergement pour femmes : Facteur aggravant de la marginalisation des femmes immigrantes au Québec

La présente étude analyse les facteurs structurels liés aux institutions, à l’histoire coloniale, aux politiques d’immigration et au traitement médiatique de la violence qui tendent à minimiser ou à rendre invisibles les discriminations multiples et simultanées que vivent les femmes immigrantes et les femmes autochtones violentées.

Ces facteurs structurels ont une incidence importante sur l’intervention des maisons d’hébergement auprès des femmes et sur le suivi de celles-ci. Une analyse détaillée des types de services dispensés et des heures de travail effectuées selon les ressources dont disposent actuellement les maisons d’hébergement au Québec a permis de mettre en lumière l’existence d’un sous- financement affectant la qualité des interventions destinées aux femmes immigrantes et aux femmes autochtones.

Sommaire

La présente étude analyse les facteurs structurels liés aux institutions, à l’histoire coloniale, aux politiques d’immigration et au traitement médiatique de la violence qui tendent à minimiser ou à rendre invisibles les discriminations multiples et simultanées que vivent les femmes immigrantes et les femmes autochtones violentées. Ces facteurs structurels ont une incidence importante sur l’intervention des maisons d’hébergement auprès des femmes et sur le suivi de celles-ci. Une analyse détaillée des types de services dispensés et des heures de travail effectuées selon les ressources dont disposent actuellement les maisons d’hébergement au Québec a permis de mettre en lumière l’existence d’un sous-financement affectant la qualité des interventions destinées aux femmes immigrantes et aux femmes autochtones.

Principales conclusions

• Les politiques d’austérité mises en place par le gouvernement génèrent un sous-financement pour les maisons d’hébergement au Québec. Le financement public actuel ne permet même pas de couvrir les différentes charges salariales des maisons.

• En plus du sous-financement que vivent les maisons d’hébergement, celles-ci se voient confrontées à une réalité de plus en plus présente, soit l’intervention auprès des femmes immigrantes. La proportion de femmes immigrantes dans les maisons est passée de 13 % en 2007 à 21,6 % en 2014.

• L’approche féministe intersectionnelle expose la multiplicité des oppressions et des discriminations vécues par les femmes immigrantes et autochtones subissant une situation de violence. Cette approche révèle également la nécessité pour les maisons d’offrir un panorama plus large de services pour ces femmes.

• Actuellement, aucun financement n’est rattaché à l’intervention auprès des femmes immigrantes. Or, les maisons d’hébergement dépensent 5,3 M$ annuellement pour offrir des services adaptés pour ces femmes. Des services adéquats et complets pour les femmes immigrantes en maisons d’hébergement en couteraient 12,5 M$ par année.

• Les femmes autochtones nécessitent un suivi particulier qui diffère de celui des immigrantes car même si celles-ci se retrouvent également à l’intersectionnalité d’oppressions et de discriminations, les dynamiques en jeu ne sont pas les mêmes.

Pour conclure cette étude, rappelons que les maisons d’hébergement pour femmes constituent un réseau bien réparti dans les différentes régions de la province depuis déjà plusieurs décennies. Depuis les dernières années, ces maisons ont de plus en plus souvent à fournir des services à des femmes immigrantes et à des femmes autochtones qui, en plus d’être victimes de violence, subissent également une combinaison d’autres discriminations. À travers l’application d’une approche intersectionnelle, nous avons pu examiner la réalité de ces femmes marginalisées et des maisons d’hébergement auxquelles elles ont recours. Nous l’avons fait de façon macroscopique et microscopique, en tenant compte des perspectives organisationnelles, politique et économique des expériences individuelles et de la représentation médiatique. Plus précisément, des facteurs tels que l’histoire coloniale (Loi sur les Indiens), le droit de l’immigration et d’autres mesures gouvernementales telles que les politiques d’austérité sont apparus comme des violences institutionnelles qui aggravent les violences dont ces femmes sont victimes. Nous avons vu que les discours médiatique et politique peuvent favoriser une dynamique sociale qui rend invisible la réalité et les besoins spécifiques des femmes violentées marginalisées. Plusieurs mesures devront être prises pour redresser la situation, dont l’évaluation à long terme des phénomènes en question. À cette fin, il faudra à l’avenir poursuivre la recherche sur les femmes immigrantes et les femmes autochtones violentées de même que sur leurs interactions avec les maisons d’hébergement. Étant donné que le nombre d’heures nécessaires pour offrir un suivi adéquat et équitable à ces femmes est supérieur à celui requis par les femmes qui ne subissent pas ces marginalisations, l’État devra résolument s’engager à corriger le sous-financement qui caractérise le fonctionnement actuel des maisons d’hébergement.

Pour consulter l’intégral de l’étude

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : Féminisme

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...