Édition du 12 décembre 2017

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Amérique centrale et du sud

Lendemain d’élections au Chili : le grand défi du Frente Amplio

Quelle surprise, dimanche passé ! Béatriz Sanchez, la candidate de la coalition Frente Amplio, créée il y a quelques mois, a obtenu 20 % des voix, contrairement à toutes les attentes ! Alejandro Guillier, le candidat du centre-gauche (qui était au pouvoir sous la présidence de Michelle Bachelet), a réussi, par une mince marge, à accéder au deuxième tour (avec 22,6 % des suffrages exprimés). Il sera l’adversaire de l’ancien président Sebastián Piñera, issu de la coalition conservatrice « Chile Vamos ».

Le résultat a été tout un choc pour la droite également, étant donné que les sondages prédisaient à Piñera plus de 45 % d’appuis (soit 10 points de plus qu’il n’a réellement obtenu). Sûr de sa victoire, la droite pensait à une victoire dès le premier tour ! Au total, les maisons de sondage sont les grands perdants et ont perdu une grande partie de leur crédibilité.

Parallèlement, le Frente Amplio a fait élire 20 députés au Parlement (sur un total de 150), soit 17 de plus que lors de la dernière élection. Ce faisant, la coalition de gauche, conjointement avec les candidats indépendants et régionalistes, détient la balance du pouvoir au sein de la nouvelle Chambre des députés. 

Pour arriver là, le Frente Amplio s’est appuyé sur les mouvements sociaux, pour les droits, pour l’éducation publique, gratuite et de qualité, pour des pensions équitables et publiques. Il a systématiquement défendu la cause des femmes. Des comparaisons peuvent être faites avec Podemos, étant donné les similitudes quant au programme et aux approches communicationnelles, qui sont allées au-delà de celles employées traditionnellement par la gauche. Pablo Iglesias de PODEMOS a bien vu cela, et a félicité Beatriz Sánchez pour sa percée.

Le deuxième tour des élections, qui aura lieu le 17 décembre entre Guillier et Piñera, ouvre un terrain potentiellement explosif pour le Frente. Il faut d’une part, éviter l’élection du conservateur Sebastian Piñera. Et il faut, d’autre part, ne pas donner de chèque en blanc ou, encore moins, entrer dans une coalition formelle avec le centre-gauche. Il faut se rappeler que c’est ce centre-gauche qui a mis en œuvre le modèle néolibéral hérité de la dictature. Le Frente ne peut se permettre d’être trop proche de ce projet usé et discrédité. Mais en même temps, les Chiliens et les Chiliennes savent que le retour de la droite au pouvoir pourrait être catastrophique. Piñera promet de revenir sur les timides réformes initiées par Michelle Bachelet, lesquelles apparaissaient déjà insuffisantes aux mouvements sociaux. 

Au Chili, le projet de droite est particulièrement dur. C’est le continuateur du « modèle » néolibéral, imposé par la dictature militaire, et qui avait été le « laboratoire » de l’école de Chicago et de Milton Friedman, avant d’être imposé au reste du monde.

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