Édition du 18 septembre 2018

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Le blogue de Pierre Beaudet

Les Black Blocks à Québec : pas une bonne idée

Samedi passé lors des ateliers de l’université populaire, Sébastien Bouchard, un des organisateurs de la marche antiraciste à Québec, m’a averti de ce qui allait se passer le lendemain. Des Black Blocks soit disant antiracistes, allaient foutre le bordel et éclipser la mobilisation organisée pour dénoncer les partisans de la Meute, ce groupuscule d’extrême-droite. Sébastien prédisait que les médias avides de sensationnalisme allaient utiliser cela pour envoyer leur message pernicieux, à l’effet que les antiracistes sont plus « violents » que les racistes.

Et c’est ce qui s’est passé. Les « autorités » politiques et policières, sans compter les médias, ont repris tout cela, ce qui a permis d’occulter les vrais enjeux.

Depuis déjà plusieurs années, des jeunes révoltés et désespérés prônent l’« action directe », ce qui veut dire, en clair, casser des vitrines, affronter quelques policiers et se déguiser en chevaliers masqués. Des idéologues-universitaires qui se disent anarchistes à temps partiel, endossent cela. Des émeutes de 22 cennes deviennent, selon eux, des actes de courage et de liberté, voire des expressions « esthétiques ».

Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas bon.

D’emblée, je dois dire que je ne suis pas un religieux de la non-violence. Il y a des moments où il faut se défendre. Pas pour faire un show. Mais pour empêcher d’autres, y compris, parfois, la police qui, au nom de la « loi », viennent violer nos droits. Sur les lignes de piquetage, il faut savoir, avec discernement, bloquer le chemin. Empêcher des bulldozers d’entrer illégalement sur des terres autochtones, ce n’est pas un acte de violence, mais une affirmation de ses droits.

Il faut donc contextualiser tout cela. D’abord, employer la force, même si c’est nécessaire, ce n’est pas quelque chose qu’on décide tout seul dans son coin. C’est encore moins quelque chose qu’on impose à d’autres ou qu’on fait subir à d’autres. Des petits malins qui s’infiltrent dans les manifestations des autres pour jouer au cowboy, ce n’est pas acceptable. Par ailleurs, il faut peser les conséquences. On ne peut pas dire, après, qu’on y avait pas pensé, qu’on ne savait pas qu’on aurait l’air fou, et qu’on a fait matraquer des jeunes pour rien.

La résistance n’est pas un coup de tête. Ni une action individuelle. Mais une action bien pensée avec un objectif précis. Dans le cas qui nous intéresse, l’objectif était assez clairement de discréditer les partisans du racisme et de démontrer que, sous le couvert de « liberté de parole », l’extrême-droite véhicule des idées et des projets inacceptables.

Eh bien, on ne l’a pas atteint cette fois-ci. On fera mieux la prochaine fois.

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