Édition du 6 novembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

Les engagements et les promesses des plates-formes du PLQ, de la CAQ et du PQ cherchent à masquer le caractère de classe de leurs politiques.

Les partis politiques (le PLQ, la CAQ et le PQ) construisent leur plate-forme politique en identifiant les griefs et les facteurs d’exaspération de différents segments de la population afin de définir un message qui puisse répondre à ces diverses préoccupations. Beaucoup de secteurs de la population sont visés : les ainé.e.s, les chasseurs et les pêcheurs, les PME, et les régions, les personnes vulnérables et les malades, les proches aidant.e.s et les personnes sensibles à la protection de l’environnement...

Les plates-formes ratissent larges et visent à apporter les réponses des partis à de vastes domaines de la vie collective : a) les services publics et la répartition de la richesse, b) la transition énergétique et la lutte aux changements climatiques ; c) l’identité nationale et la politique face à l’immigration, d) l’économie et le soutien des entreprises, e) les droits démocratiques et les libertés civiles. Si les discours élaborés pour les plates-formes électorales dans ces différents champs sont porteurs d’un biais racoleur qui sert à jeter de la poudre aux yeux, ils sont bornés par une logique de classe que l’on peut aisément identifier. Nous ne reprendrons pas ici l’ensemble des engagements des différents partis politiques qui n’ont d’ailleurs pas tous été dévoilés. Il s’agira de pointer quelques engagements qui permettent de montrer le sens des positionnements de ces partis, qui malgré la volonté de séduire laissent transparaître leur caractère de classe.

Des plateformes qui ne s’attaquent ni à la privatisation des services publics ni à l’absence d’une véritable redistribution de la richesse

La nature des rapports des personnes aux ser
vices publics (santé et éducation) est définie en grande partie par leur appartenance aux différentes classes sociales. Les membres de la classe dominante et des couches technocratiques et professionnelles (la classe de l’encadrement) non seulement ne s’opposent pas à la privatisation des services de santé, mais ils les utilisent et sont des acteurs de ces privatisations, car ils en profitent. La multiplication des cliniques privées est saluée par ces personnes. Les plates-formes de ces partis ne parlent pas de l’essentiel, soit le démantèlement des services publics par la privatisation. On se contente de répondre à ce qui exaspère le plus des gens, pour promettre par exemple la réduction du temps d’attente des soins de santé. La CAQ comme le PQ soutiennent la transformation de la rémunération des médecins et affirment vouloir déchirer l’entente signée par le gouvernement Couillard avec les médecins spécialistes. Cela les met en opposition à une couche sociale qui a agi comme des profiteurs du système, mais ceci ne les conduit nullement à rompre radicalement avec la logique néolibérale qui met à mal le système de santé.

Le secteur privé d’éducation recrute essentiellement parmi les classes qui favorisent la ségrégation sociale et vise d’abord la réussite scolaire des enfants des élites. Alors, les partis comme le PLQ et la CAQ refusent de mettre fin à cette privatisation. Dans leur plate-forme, c’est le silence radio à cet égard. Dans sa plate-forme Un État fort au service des gens, le PQ se contente de mentionner qu’un gouvernement péquiste proposera « une révision du financement de l’école privée », propos que l’on ne retrouve même pas dans les engagements. Pour ce qui est de la gratuité scolaire, la plate-forme se refuse d’en faire une mesure universelle. Elle serait modulée selon les revenus familiaux et ne couvrirait donc pas l’ensemble de la population étudiante. Ici, aussi, la ségrégation scolaire, le caractère sélectif de l’école et la soumission du système d’éducation aux besoins des entreprises ne sont nullement remis en cause.

Ce sont ces mêmes rapports de classe qui expliquent les attitudes prises par rapport à la redistribution de la richesse. Les entrepreneurs s’opposent à accorder un salaire de 15$ de l’heure au nom de la défense de la prospérité (des profits de cette classe). Le gouvernement du Parti libéral du Québec a rejeté cette revendication de redistribution de la richesse. La CAQ également. Le PQ dans sa plate-forme parle d’un salaire de 15$ de l’heure pour 2022, soit à la fin de son mandat. À ce moment-là, ce revenu ne correspondrai plus à un véritable transfert de richesses. Et pour ce qui est d’une véritable réforme de la fiscalité permettant une redistribution de la richesse vers la majorité populaire, vous ne retrouverez pas dans les plates-formes de ces partis des mesures significatives pour mettre en place une fiscalité véritablement redistributrice par la taxation des banques, des entreprises et des patrimoines, ou par l’augmentation du nombre des paliers d’imposition. Si le PLQ se félicite d’avoir baissé la fiscalité des entreprises, Jean-François promet lui qu’il y aura ni hausse ni baisse d’impôt.

Chez ces partis, la transition énergétique est aussi enferrée dans une logique de classe.

L’ensemble des organisations patronales au Québec ont soutenu la Loi sur les hydrocarbures qui permet l’exploitation pétrolière et gazière partout au Québec. Ces organisations ont soutenu également le projet de construction du pipeline d’Energie Est. Le Parti libéral du Québec s’est fait le défenseur zélé des intérêts des patrons du Québec et plus particulièrement des pétrolières et des gazières. Comme Trudeau, Couillard cherche à se présenter comme un "vert" et un défenseur de la transition énergétique. N’a-t-il pas mis sur pied Transition Énergie Québec, institution visant à accompagner cette transition. N’a-t-il pas fixé à 37,5% pour le Québec le taux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, un taux plus haut que ceux fixés par les autres provinces canadiennes ? Pourtant, il ne faut pas examiner très longtemps les demandes des entreprises pour voir qu’elles font passer leurs intérêts immédiats devant la nécessité de cette transition énergétique. Le fait que le gouvernement Couillard présente le gaz naturel comme une énergie propre et qu’il s’apprête à en généraliser l’usage en lieu et place du pétrole, démontre le caractère mensonger des discours du gouvernement du PLQ sur la transition énergétique. La CAQ s’inscrit dans la même logique… et n’a jamais pris aucune distance face aux politiques du PLQ. Pour la CAQ, l’exploration et, éventuellement, l’exploitation des ressources pétrolières et gazières pourront contribuer à l’enrichissement collectif. Il sera toutefois interdit, nous dit la CAQ, d’exploiter le gaz de schiste par fracturation hydraulique dans des zones densément peuplées et dans les endroits où il y a absence d’acceptabilité sociale. À ce niveau comme dans bien d’autres, sa position constitue une variante du Parti de la classe dominante. Il n’est nullement question bien sûr de reconnaître le caractère productiviste du capitalisme et les dangers de faire prévaloir les intérêts des possédants sur la défense de l’environnement.

L’’expérience du Parti québécois au pouvoir sous Pauline Marois a été désastreuse à cet égard. Ce gouvernement a subventionné l’exploration pétrolière sur l’île Anticosti. Il a offert sa collaboration au gouvernement albertain pour la construction d’un pipeline devant transporter le pétrole tiré des sables bitumineux en territoire québécois.

Aujourd’hui, la plate-forme péquiste pour l’environnement, promet une « Baie-James de la transition énergétique ». Elle promet « d’adopter une stratégie de transformation industrielle vers l’économie verte qui mise sur un meilleur accès au capital des entreprises, la recherche et l’innovation vertes, le rôle stratège de l’État et un marché du carbone ». La plate-forme du PQ annonce sa volonté de sortir le Québec des hydrocarbures. Cette position répond à une sensibilité très importante dans la majorité populaire québécoise de sortir des énergies fossiles et de faire face à la lutte aux changements climatiques. Mais le PQ ne dépasse pas le cadre du capitalisme vert et du soutien aux entreprises qui veulent faire le tournant vert. Comment va-t-il confronter l’attitude actuelle du patronat qui soutient ouvertement et clairement le développement des hydrocarbures ? Il n’en dit mot. S’il rejette la loi sur les hydrocarbures du gouvernement Couillard, la plate-forme affirme, que « les projets déjà démarrés devront quant à eux respecter trois conditions minimales : l’acceptabilité sociale, la réduction de l’empreinte écologique et l’interdiction de la fracturation hydraulique ou de tout autre procédé chimique similaire ». C’est une porte ouverte à connaître le même type d’évolution qu’à connu ce parti si jamais, il devait prendre le pouvoir. Un grand discours pour se ranger dans le camp des écologistes, mais des portes de sortie pour démontrer à certains secteurs du patronat, qu’il sera encore possible de continuer d’exploiter des hydrocarbures au Québec.

La politique identitaire, s’appuyer sur les peurs de l’autre comme argument électoral

Les entrepreneurs ont besoin de main-d’oeuvre. Ils favorisent une immigration de personnes qualifiées formées à l’étranger pour toute une série de travaux. D’autres secteurs du patronat ont besoin d’une main-d’oeuvre temporaire pour des travaux saisonniers. En fait, l’ouverture de la bourgeoisie est l’ouverture à une immigration choisie répondant à des problèmes de pénurie de main-d’oeuvre. Que la population immigrée vive des discriminations de toutes sorties face à l’emploi, au logement ou à leurs droits politiques et sociaux cela ne les préoccupe guère. Quand des représentants des organisations des populations issues de l’immigration ont demandé une enquête sur le racisme systémique, ce fut une levée de boucliers de la part de la CAQ e t du PQ. Le gouvernement Couillard n’a pas tardé, pour des raisons essentiellement électoralistes, à reculer à une vitesse grand V et à refuser cette enquête.

La CAQ a utilisé le thème de l’immigration pour se faire du capital politique. Ce parti a d’abord soulevé la nécessité d’ajuster les seuils d’immigration aux capacités d’intégration des personnes migrantes. Ce parti a suggéré de réduire ces seuils de 10 000 personnes par année, soit de 20%. Il a proposé que les candidat-e-s à l’immigration signent une Déclaration des valeurs communes de la société québécoise et qu’ils-elles passent un test des valeurs qui permettrait de bloquer ceux et celles qui refusent nos valeurs. La CAQ a également proposé l’interdiction des signes religieux pour tous les employé-e-s de l’État en position d’autorité. L’ensemble de ces politiques découlaient de leur espoir d’en retirer un rente électorale. Elles ont participé à semer la méfiance envers les personnes migrantes. La CAQ n’a pas hésité à afficher son hostilité envers les personnes demandant un statut de réfugié.

La position du PQ ne s’éloigne guère de celle de la CAQ. Il laisse au vérificateur général déterminer les seuils d’immigration. Il ne retient pas le test des valeurs avec expulsion à la clef. Mais, il pose que les seules personnes migrantes acceptées au Québec devraient déjà connaître la langue française. Il s’est montré hostile à l’accueil des demandeurs d’asile. Il a questionné le coût de l’accueil des demandeurs d’asile et a lié ces dépenses au manque d’argent pour les personnes ainé-e-s manquant de soins de qualité dans les CHSLD. La plate-forme du PQ promet d’instaurer la reconnaissance des acquis, de lutter contre les discriminations et promet de fixer une cible légale de 16% des membres de la diversité au sein des conseils d’administration, mais on y chercherait en vain une politique d’accueil des réfugié-e-s.

Ces grands partis politiques, y compris le PLC au fédéral, ne sont pas mieux lotis. Il y a une incompréhension générale des fondements des déplacements des populations en cette période de crises économique, politique et climatique et une incapacité d’identifier les défis qui sont devant nous. Les plateformes font complètement abstraction de la réalité que revêtiront les phénomènes migratoires dans les années qui viennent avec la crise environnementale, les guerres et le développement des inégalités qui vont bousculer les règles en place, migrations qui vont s’imposer à moins de marcher sur les traces des classes dominantes européennes qui sont en train de transformer l’Europe en véritable forteresse assiégée.

Un gouvernement du PLQ, de la CAQ ou du PQ sera d’abord un gouvernement au service de l’entrepreneuriat.

Le PLQ définit sa politique économique comme le soutien aux entrepreneurs dans toutes les régions du Québec. Elle vise à favoriser les exportations des entreprises sur le marché mondial. Le gouvernement Couillard a diminué le fardeau fiscal des entreprises et il prévoit le diminuer encore dans les prochaines années.

Essentiellement, la CAQ défend les mêmes préoccupations de soutien à la classe entrepreneuriale. Un gouvernement de la CAQ, affirme un document de ce parti « reverra la politique de soutien aux entreprises afin de stimuler l’investissement, l’innovation et la création d’emplois bien payés. Il révisera en ce sens la mission d’Investissement Québec et lui donnera les instruments nécessaires pour stimuler efficacement l’investissement local et attirer des capitaux étrangers. »

Pour ce qui est de l’économie, un gouvernement du Parti québécois, sera un gouvernement fier de ses entrepreneurs qui met « l’État au service d’une croissance économique plus robuste ». Il créera un environnement propice à l’entrepreneuriat en allégeant la réglementation. La plate-forme réussit le tour de force de parler de nationalisme économique tout en gardant un silence total sur le libre-échange que ce parti a tout de même défendu ces dernières années. D’ailleurs, il assume la tutelle fédérale et affirme « ne compter que sur les outils actuellement disponibles pour le gouvernement du Québec, donc ne rien proposer qui suppose l’accord d’Ottawa afin de garantir le succès de cette nouvelle politique. » Le PQ se distingue des autres partis en insistant sur le nationalisme économique, sur la défense des fleurons de l’entreprise québécoise qu’il promet de sauvegarder et par un soutien conséquent aux petites et moyennes entreprises.

Voilà les politiques réelles mises de l’avant qui ne laissent aucun doute sur leur caractère de classe. Les plate formes tentent de dissimuler l’inféodation de ces partis au monde des entreprises derrière la perspective de la création d’emplois et derrière une rhétorique sur la prospérité et la croissance laissant supposer une théorie du ruissellement des richesses créées vers les bases de la société alors qu’en fait, ce sont les inégalités qui se sont renforcées suite à ces politiques.

La défense des droits démocratiques et de l’exercice de la souveraineté populaire réduites à la portion congrue.

Le PLQ est le parti de l’inféodation à l’État fédéral. Sa reconnaissance de la réalité nationale du Québec ne va même pas jusqu’à la reconnaissance de son droit à l’autodétermination. C’est le parti de la restriction des droits démocratiques des mouvements sociaux. Ce parti veut continuer de s’appuyer sur un système électoral profondément antidémocratique qui lui permet de s’assurer des majorités parlementaires alors qu’il ne représente qu’une minorité de la population.

La CAQ a signé un accord avec les autres partis politiques d’opposition pour la réforme du mode de scrutin pour introduire un scrutin proportionnel avec compensation régionale dans un premier mandat. Dans un texte publié pour son dernier congrès, Redonner la confiance, ce parti se dit prêt à renforcer les contrôles sur les contrats publics, à protéger les lanceurs d’alertes, à en finir avec les nominations partisanes et les parachutes dorés. Mais l’ensemble de ces mécanismes n’envisagent même pas une véritable réforme des institutions qui renforcerait les mécanismes de souveraineté populaire. Ils s’inscrivent essentiellement dans le maintien des institutions qui exproprient la majorité de la population d’exercer un pouvoir réel sur les grandes décisions qui pourraient définir des orientations de la société québécoise. Pour se recentrer, il prétend maintenant que la CAQ ne s’attaquera pas aux libertés syndicales comme il avait menacé de le faire. Un parti bien timide en ce qui concerne la défense des libertés civiles et de la démocratie.

En ce qui concerne la démocratie, le PQ veut « favoriser une meilleure connaissance des institutions démocratiques, réformer le mode de scrutin et rapprocher les élus de leurs commettants… Les gouvernements que ce parti a formés ce sont toujours avérés incapables de livrer la marchandise. En reportant la tenue d’un référendum sur la souveraineté à un deuxième mandat, le chef du PQ a remis aux calendes grecques l’expression de la souveraineté populaire. Pourtant, il ne s’est trouvé au PQ aucune minorité indépendantiste significative pour contester la position du chef. Maintenant, la plate-forme prétend que les transformations de la société québécoise - le virage vert, la justice sociale et le développement économique - peuvent se passer de l’indépendance. Les indépendantistes devront se contenter qu’un éventuel gouvernement péquiste mette à jour les anciennes études sur l’indépendance. Dans le renoncement, on ne peut guère faire mieux.

Un Québec solidaire, égalitaire et indépendant sera la seule alternative véritable !

Apparaître comme une véritable alternative de classe à ce qui nous est présenté par des partis comme le PLQ, la CAQ ou le PQ, nécessite non seulement de savoir décliner notre projet social sous la forme de quelques revendications clivantes. Cela nécessite de pouvoir condenser notre projet social et national autour de quelques axes précis et y articuler nos revendications qui prennent alors sens permettant que la majorité sociale (l’ensemble des classes ouvrières et populaires) puisse devenir une véritable majorité politique. Dans la conjoncture, ces axes peuvent se définir comme suit :

  • Réinvestir massivement dans les services publics pour défendre la gratuité et l’accessibilité aux services publics de santé, d’éducation et de transport
  • Redistribuer les richesses de la société en faveur des travailleuses et des travailleurs par une réforme radicale de fiscalité et la hausse du salaire minimum à 15$ de l’heure
  • Entreprendre une politique de transition énergétique par des investissements publics massifs dans les énergies renouvelables sous contrôle des populations et des régions concernées pour s’attaquer concrètement et rapidement aux changements climatiques et créer massivement des emplois
  • Construire un Québec pluriel, égalitaire et solidaire en organisant la lutte contre les discriminations économiques, raciales et sexuelles et pour réaliser l’égalité hommes-femmes dans tous les domaines de la vie économique, sociale et politique.
  • Réaliser l’indépendance du Québec dans une démarche de souveraineté populaire authentique par l’élection d’une assemblée constituante ayant pour mandat d’écrire une constitution d’une Québec indépendant et inclusif débouchant sur une république sociale visant l’amélioration des conditions d’existence de la majorité populaire, la protection de l’environnement et l’égalité sociale.
Bernard Rioux

Militant socialiste depuis le début des années 70, il a été impliqué dans le processus d’unification de la gauche politique. Il a participé à la fondation du Parti de la démocratie socialiste et à celle de l’Union des Forces progressistes. Militant de Québec solidaire, il participe au collectif de Gauche socialiste où il a été longtemps responsable de son site, lagauche.com (maintenant la gauche.ca). Il est un membre fondateur de Presse-toi à gauche.

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