Édition du 21 novembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Féminisme

Les femmes en position de pouvoir ?

On pourrait peut-être pensé répondre oui à cette question suite aux dernières élections municipales. Mais regardons les chiffres. Aux élections municipales de ce 5 novembre, la place des femmes est certainement en progression.

« En nombre absolu, il y a en fait 233 femmes supplémentaires qui se présentent cette année, par rapport à 2012... » [1]

Mais cette augmentation de la participation des femmes n’atteint pas la parité et dans certaines régions des reculs de participations font leur apparition :

« Sans être près de la parité homme-femme, la proportion de 31,3% de femme est une augmentation par rapport au 28,8% de 2013 et un gain de près de 7% par rapport aux élections municipales de 2005.

Dans la Capitale-Nationale, toutefois le pourcentage de candidates féminines passe de 30, 7% en 2013 à 28,4% cet automne. » [2]

Quant au poste de maire, la situation est plus difficile. Les femmes représentent seulement 19, 8% des candidatures. Mais les deux grandes villes : Québec et Montréal ont connu des candidatures fortes, des campagnes électorales importantes et la victoire de madame Valérie Plante va peut-être faire émule dans 4 ans.

Mais le tableau n’est pas gagnant pour les femmes.

« À ce rythme, il faudra 56 ans pour atteindre la parité a calculé Esther Lapointe, directrice générale du Groupes Femmes, Politique et Démocratie (GFPD) » [3]

Pourtant le palier du municipal est vue comme un tremplin pour les femmes. Plus près du quotidien, de la vie des gens, de la gestion du territoire. Ce pouvoir est dit offrir plusieurs avantages pour les femmes.

Des petits pas, des petits pas, des petits pas...on ne va pas loin. La place des femmes peine à se matérialiser sur la scène politique et ce, y compris au provincial.

« À l’Assemblée nationale, 32,8 % des députés sont des femmes, en octobre 2012. Le Conseil des ministres est formé de 34,8 % de femmes. [4]

« Depuis le 5 février 2017, 36 des 124 personnes élues à l’Assemblée nationale (ou 29,0%) sont des femmes. Le Conseil des ministres compte 11 femmes sur 26 membres (42,3%) au 27 janvier 2017. [5]

Ces statistiques donnent à réfléchir.

Premier constat qu’il faut faire c’est que les femmes ne sont pas dans les lieux de pouvoir politique. Peut-on penser qu’elle prennent leur place et leur pouvoir ailleurs ? Qu’en est-il du du pouvoir économique.

Du côté des entreprises, les femmes peinent :

« Comme en 2009, les femmes représentent encore, en effet, environ 40% de l’ensemble des propriétaires d’entreprises au Québec. Cette proportion est plus élevée cependant chez les chefs d’entreprise de 18-34 ans à 43% et dépasse même celle des hommes dans les entreprises créées, il y a moins d’un an où la proportion est de 52%. » [6]

Dans les industries de pointe le retard des femmes est plus frappant :

« Seulement 5% des entreprises technologiques canadiennes comptent une femme parmi leurs fondateurs et un pourcentage similaire ont une femme comme chef dedirection selon une nouvelle étude publiée mercredi. » [7]

« Cette étude paraît moins d’un mois après que les Autorités canadiennes en valeurs immobilières(ACVM) eurent publié leur plus récent rapport concernant la représentation féminine, qui indiquait qu’au moins 62% des entreprises avaient au moins une femme à un poste de direction. D’après le rapport de l’ACVM, basé sur plus de 600 compagnies 14% de tous les sièges des conseils d’administration sont occupés par des femmes. » [8]

Donc dans les entreprises, les femmes ont de la misère à être reconnues.

Si on regarde du côté du marché du travail. Les femmes gagnent encore moins que les hommes même à scolarité égale ou supérieur. Elles travaillent davantage à temps partiel et au salaire minimum.

« En comparant la rémunération horaire moyenne des femmes et celle des hommes, on constate que l’écart a augmenté. En 2016, les femmes touchent en moyenne 22,74 $ l’heure, par rapport à 25,67 $ l’heure pour les hommes. Leur salaire moyen représente donc 88,6% de celui des hommes. Rappelons qu’en 2015, le salaire horaire moyen des femmes représentait 90,1% de celui des hommes. [9]

« En 2016, 75,2% des femmes salariées âgées de 15 ans ou plus occupent un emploi à temps plein, comme 87,8% de leurs homologues masculins. Chez les femmes salariées, il est donc deux fois plus probable d’occuper un emploi à temps partiel que chez les hommes : c’est le cas de 24,8% d’entre elles, par rapport à 12,2% des hommes. » [10]

« En 2016, 58,5% des travailleurs rémunérés au taux du salaire minimum sont des femmes, ce qui constitue une hausse par rapport aux 56,7% de 2015. [11]

Alors il nous faut constater que les femmes n’ont pas de pouvoir économique.
Pas de place en politique, pas de moyens pour agir économiquement, les femmes résistent, tentent des percées mais ne réussissent pas à briser le patriarcat. La domination des hommes sur les femmes est trop présentent et surtout trop liée aux profits capitalistes pour laisser même un peu de territoires aux femmes.

Et avec l’ère Trump, les femmes s’en ressentent au niveau mondial.

« Mauvaise nouvelle pour la parité des sexes, Pour la première fois, après dix ans de progrès lents mais constants, les inégalités entre les hommes et les femmes se sont de nouveau creusées , cette année, selon le rapport annuel sur la parité entre hommes et femmes du Forum économique mondial (EWF), publié jeudi.

68% de l’écart mondial entre les sexes a été comblé. On retient par conséquent une légère détérioration par rapport à 2016 et 2015, où l’écart était de 68,3% et 68,1% respectivement, est-il noté dans le compte rendu. » [12]

La Marche Mondial des femmes proclame que : Nous marcherons tant que toutes les femmes ne seront pas libre. Si nous ne voulons pas marcher toute notre vie, peut-être nous faudra-t-il revenir à de vieux slogan : pas de libération des femmes sans socialisme, pas de socialisme sans libération des femmes.

Chloé Matte Gagné


[1Rattrapage laborieux pour les femmes en politique municipale Sarah R. Champagne Le Devoir 14-15 oct 2017 p. A8

[2De plus en plus de femmes font le saut, Guillaume Piedboeuf Le Soleil, 14 oct 2017, p. 13

[3Rattrapage laborieux pour les femmes en politique municipale Sarah R. Champagne Le Devoir 14-15 oct 2017 p. A8

[4Portrait des Québécoises 2013, Conseil du statut de la femme, p.22

[5Portrait des Québécoises 2017, Conseil du statut de la femme, p.31

[6Les femmes entrepreneures se font plus nombreuses, Éric Desrosiers, Le Devoir 1 novembre 2017 p . B1

[7Très peu ’entreprises technologiques sont dirigées par des femmes, Armina Ligaya, le Devoir 2 nov 2017, p. B3

[8Très peu d’entreprises technologiques sont dirigées par des femmes, Armina Ligaya, le Devoir 2 nov 2017, p. B3

[9Portrait des Québécoises 2017, Conseil du statut de la femme, p. 2

[10Portrait des Québécoises 2017, Conseil du statut de la femme, p.17

[11Portrait des Québécoises 2017, Conseil du statut de la femme, p.23

[12Les inégalités hommes-femmes s’accentuent après dix ans progrès. Marlène Thomas, Le Devoir, 3 nov 2017 p. B9

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