Édition du 18 décembre 2018

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États-Unis

Les incendies en Californie ont probablement fait des centaines de morts

Donald Trump, qui n’avait même pas envoyé de condoléances aux victimes, a finalement décidé de se rendre sur place.

Tiré de Politis.

Après avoir envoyé quelques tweets indifférents depuis Paris, le président Donald Trump s’est finalement rendu samedi en Californie pour réconforter les habitants du nord de l’État, auxquels il n’avait même pas fait part de ses condoléances, alors que la région répertoriait déjà à ce moment une trentaine de morts et la destruction officiellement reconnue de près de 8 000 maisons et immeubles. Dans l’un de ces messages sur Twitter, le Président attribuait la catastrophe à la mauvaise gestion des espaces forestiers des deux zones dévastées. Il ajoutait que la Californie pourrait prochainement se voir privée de tous les fonds fédéraux destinés à prévenir les incendies, ce qui avait instantanément provoqué une protestation des élus républicains de la région. Sans aucune allusion, il y a une semaine comme aujourd’hui, à la responsabilité du réchauffement climatique dans les incendies qui ravagent l’État depuis plusieurs années.

Les autorités hésitent à dire la vérité

Cette attitude présidentielle pourrait rapidement changer dans la mesure où les dégâts humains et matériels prennent une dimension telle que les autorités locales hésitent à en révéler publiquement l’ampleur. D’après les estimations qui circulent dans les médias et chez les écologistes californiens auxquels il a été discrètement demandé de ne pas contribuer à l’affolement de la population, le nombre des victimes pourraient se monter à plusieurs centaines une fois achevées les recherches menées par les pompiers et les forces de police. Tandis qu’un nouveau dénombrement des maisons et immeubles carbonisés pourrait dépasser largement la dizaine de milliers. Catastrophe à laquelle il faut ajouter la destruction de toutes les infrastructures (électricité, télécommunications, hôpitaux…) dans un espace dépassant largement la zone de la ville de Paradise (27 000 habitants), dont il ne reste qu’une seule maison qui a été défendue par son propriétaire un tuyau d’arrosage à la main, une fois les pompiers repartis.

Pompiers privés pour les riches de Malibu

Autre aspect des incendies, qui étaient toujours actifs jeudi, le scandale commenté par les journaux locaux : la révélation qu’aux abords de la célèbre station balnéaire de Malibu, de nombreux et riches propriétaires avaient fait appel à des « pompiers privés » pour assurer la préservation leurs luxueuses villas. Des interventions essentiellement financées par de grandes sociétés d’assurance envoyant des secours en partie prélevés sur les corps de sauveteurs officiels, ce qui a contribué à diminuer l’importance des troupes mobilisées pour tenter de préserver certaines zones également menacées par la progression du feu. Alors que le nombre de personnes disparues ou menacées était chaque jour en augmentation et que la surface en feu dépassait déjà les 55 000 hectares, soit l’équivalent de cinq fois la surface de Paris. Une surface à laquelle il faut ajouter toutes celles qui sont encore également en feu à l’ouest de Los Angeles.

Les médias californiens s’accordent pour expliquer que les incendies en cours, comme les précédents, sont imputables au réchauffement climatique dans un État américain qui souffre de la sécheresse depuis cinq ans et dans lequel la température moyenne est de 3°C supérieur à celle qui était enregistrée au XXe siècle. En ce qui concerne l’origine des feux, une compagnie d’électricité, dont les installations sont vétustes, est accusée par de nombreux rescapés.

Réchauffement et mitage du paysage

Certains journaux et des chaines de télé privées, comme le quotidien Los Angles Times (près d’un million d’exemplaires distribués) expliquent également que la dimension de la catastrophe en cours était en partie due à l’absence de plans d’urbanisme contraignants, au mitage du paysage par un nombre croissant de résidences secondaires s’installant n’importe où et le non-défrichement des espaces entourant les maisons et les immeubles. De plus, bien que sommés d’évacuer les zones menacées, de nombreux habitants n’ont quitté leurs zones de résidence qu’au dernier moment, se retrouvant piégés sur des routes parfois déjà entourées par le feu comme en témoignent les centaines de carcasses de voitures calcinées. Un certain nombre de victimes pas encore recensées ont poursuivi leur fuite à pied, avant d’être rattrapées par le feu.

Quant aux réfugiés qui ont suivi à temps les conseils d’évacuation et campent souvent sur des parkings,, ils sont loin d’avoir tous trouvé des lieux pour les accueillir alors que la plupart ont tout laissé derrière eux dans l’espoir d’un retour. Mais les autorités californiennes laissent déjà entendre que la ville de Paradise, pour ne citer qu’elle, ne devrait pas être reconstruite.

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