Édition du 15 mai 2018

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Économie

Les monnaies virtuelles font la une. Bitcoin, une monnaie ?

Il est beaucoup question, ces derniers temps du bitcoin. Mais ce n’est pas la seule « cryptomonnaie », une production monétaire par les techniques de cryptographie qui suppose des ordinateurs très puissants pour créer ce type de monnaie. Un marché opaque et fortement spéculatif géré par des inconnus et dont les transactions sont anonymes.

Le bitcoin, comme ses concurrents (ripple, namecoin, litecoin…) est une réponse à la crise dite des subprimes d’août 2007. La finance internationale avait besoin d’une monnaie qui résiste à toutes les spéculations et indépendante de tous les Etats. Née en 2009, c’est une monnaie sans instance de régulation, sans banque centrale, sans règles. Le rêve libertaire qui se voulait anticapitaliste s’est transformé en cauchemar libertarien. Le bitcoin, pour ne parler que d’elle, est l’objet de circuits étranges. L’absence de réglementations facilite le contournement du contrôle des changes, notamment le chinois et offre à l’argent sale de tous les trafics illégaux de se blanchir facilement et à l’abri de toutes les autorités.

Le marché global de ces monnaies cryptée représentent 134 milliards de dollars dont 47% pour le bitcoin présenté comme la monnaie leader sur ce marché. Comme le titrait Les Echos du 15 septembre 2017, le bitcoin mène la danse des devises virtuelles. Dans cet article qui cite plusieurs études, le bitcoin comme les autres monnaies virtuelles dépend plus que tout du cours de l’or. L’année 2017 a beau avoir été une année folle pour les Bourses des pays développés, l’or a connu une progression importante, signe que l’incertitude est une donnée structurelle de ce monde.

Pour générer ces monnaies cryptées, des « mineurs » se constituent en résolvant une énigme mathématique complexe et met sa puissance informatique au service de l’algorithme. Des « nœuds de réseaux » se constituent pour la faire circuler à l’intérieur d’une « blockchain ». Le bitcoin en particulier est très prisée des spéculateurs et des traders chinois et sud coréen.

Il est vrai que les « performances » de cette monnaie font saliver tous les spéculateurs en herbe. Il fallait 997,69 dollars pour 1 bitcoin le 1er janvier 2017 contre près de 19 000 le 17 décembre, des gains aberrants, en dehors de toute logique économique. Comme le note Christian Chavagneux dans Alter Eco de janvier 2018, le marché est fortement manipulé par ceux et celles qui ont le pouvoir. Ainsi « plus la demande de bitcoins est forte, moins il y a d’offre » et le cours de la monnaie monte mécaniquement procurant des dollars aux concepteurs. En début d’année 2018, il a brutalement baissé de plus de 50% montrant sa volatilité.

Comme tout marché spéculatif, il a généré des produits d’assurance sur le marché à terme de Chicago. Le mouvement de la finance, c’est de créer de nouveaux produits financiers sur la base de ceux qui existent. La chute du bitcoin pourrait avoir des conséquences directes sur les cours des Bourses du monde entier, d’autant que ces monnaies virtuelles sont aussi liées au NASDAQ, le marché virtuel des « technologiques ».

A quoi sert le bitcoin ?

Comme toute monnaie, il sert aux échanges de biens et de services sur le net, même si ce n’est plus actuellement sa fonction première. Mais il ne possède pas tous les apanages d’une monnaie. La monnaie peut devenir Capital et, à ce moment là, elle sert à l’accumulation. Elle est donc en même temps que moyen d’échange, mesure de la valeur. Pour sa fonction de réserve de valeurs le bitcoin ne le permet à cause de sa trop grande volatilité.

Monnaie limitée, opacité du marché et des intervenants, spéculative, une carte d’identité qui devrait obliger les États à un contrôle drastique du bitcoin et de ses confrères.

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