Édition du 16 octobre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Points de mire du 27 février 2018

Les parades électorales et les atterrissages difficiles

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Chef, co-chef ou sous-chef, chef d’hier ou chef de demain…

C’est le temps de se mettre en rang et de choisir son camp car la bataille électorale est déjà amorcée. François Legault choisit ses candidat-e-s dans les élites économiques ou les édiles municipales. C’est lui le chef. Jean-François Lisée, sans modifier les statuts de son parti, nomme Véronique Yvon co-chef du Parti québécois. L’image de la co-chef plaît dans certains milieux. Ce choix veut être rentable électoralement. Jean-Martin Aussant se cherche un lieu d’atterrissage qui lui permettrait un retour en politique et à l’Assemblée nationale. Il jette à la poubelle ses convictions d’indépendantiste intransigeant. Il rallie le PQ de JF Lisée qui a pourtant remis à un autre mandat bien hypothétique la tenue d’un référendum sur la souveraineté du Québec. Il vient de jeter son dévolu sur la circonscription de Pointe-aux-Trembles qu’il devra contester à un autre indépendantiste, Maxime Laporte. Jean-Martin Aussant est bienvenu au PQ car il peut contribuer à renforcer le nouveau profil de centre-gauche que cherche à mettre au point le chef de ce parti. Keynésianisme de campagne électorale oblige ! Il pourra également faire des études pour convaincre de nombreux sceptiques que la perspective de l’indépendance est encore dans les desseins d’un PQ et que ce parti n’est pas d’abord motivé par son aspiration à un pouvoir provincial qui semble toujours lui échapper. Qu’Aussant se prête à cette manœuvre est révélatrice de l’ambition de ce personnage. Même Pierre-Karl Péladeau n’exclut pas de se poser quelque part dans une circonscription qui lui permettrait de pouvoir éventuellement rejouer le rôle de chef du PQ. Et les scénarios sur les avenirs possibles et les alliances potentielles se multiplient à partir des remises en question des directions de différents partis que provoqueront les résultats des prochaines élections. Même le Parti libéral du Québec n’échappe pas aux rumeurs. Une éventuelle défaite du PLQ pourrait mener Couillard vers une retraite dorée ou une réorientation vers une compagnie pharmaceutique. Pantouflage exige ! Les poses du ministre Moreau seraient l’expression d’ambitions qui attendent des moments favorables pour s’avouer.

Toutes ces attentions sur les personnes voulant nous représenter, parler à notre place et nous diriger vers des catastrophes imminentes, tous ces jeux médiatiques qui font lever les brouillards de la désinformation sont des matériaux du déni des problèmes essentiels que veulent masquer l’oligarchie dominante et la classe politique à son service.

Manon Massé n’a pas de problème d’atterrissage car elle est bien ancrée au coeur des luttes féministes et populaires depuis des décennies déjà. Au-delà de la logique des chefs, elle se définit d’abord et avant tout comme la porte-parole du mouvement contre la domination de cette classe politique qui ne sait que se mettre au service des puissants : « C’est donc avec un immense sens de la responsabilité que je demande aujourd’hui aux membres de Québec solidaire de me désigner comme celle qui mènera notre mouvement à la victoire le 1er octobre prochain ».

Et pourtant, l’agir collectif porteur de vérité et de changement, n’est pas à la merci des expertises de sauveurs même pourvu d’une forte notoriété. Laissons-les à leurs illusions, persuadés que nous sommes que la solution ne viendra pas de sauveurs mais de « la résistance populaire au Québec et ailleurs dans le monde. Même si cette résistance avorte souvent, qu’elle manque de solidarité et de stratégie dont sur le plan international, ce sont les mouvements populaires nationaux et internationaux, devenant eux aussi « transnationaux », qui pourront changer la donne. »

Le mouvement syndical est paralysé par des stratégies de concertation-partenariat

Le mouvement syndical est paralysé par des stratégies de concertation-partenariat qui confine le mouvement à une position d’allié du patronat. Un groupe de militanEs se sont rencontrés afin de développer des perspectives alternatives qui s’appuient sur une stratégie de mobilisation et de démocratie dans les organisations de salariéEs. Ghislaine Raymond relate dans son article les discussions et échanges qui ont meublé la rencontre organisée par le collectif Lutte commune

Réflexions et débats autour du 8 mars 2018

Par ailleurs, la tenue des activités autour du 8 mars, journée internationale des femmes, dans le contexte du mouvement #moiaussi mais aussi de la montée de l’islamophobie suscite bien des réflexions et des débats. Préoccupé par la stigmatisation des femmes musulmanes, le mouvement cherche la voie à suivre pour lutter contre cette tendance. De plus, il souhaite poursuivre et développer la mobilisation contre la violence faîte aux femmes. En ce sens, les réflexions de l’R des centres de femmes du Québec visent à poursuivre cette réflexion.

Le Regroupement des Médecins québécois pour un régime public prend position

Enfin, la prise de position du Regroupement Médecins québecois pour un régime public qui remet en question la politique de rémunération des médecins spécialistes du ministre Barette afin de libérer les ressources nécessaires pour offrir des conditions de travail acceptables aux infirmières et autres salariéEs du réseau de la santé met en perspective la nécessaire solidarité du personnel pour contrer la politique des libéraux.

Le Moyen Orient encore au coeur des enjeux de la politique internationale

La situation au Moyen Orient demeure depuis des lustres la situation la plus préoccupante au niveau internationale. Quant ce n’est pas Israël ou la Palestine, c’est la Syrie qui apporte son lot d’attaques guerrières.

Le texte de Sylvain Cypel intitulé « Demain, en Syrie, une guerre entre Israël et l’Iran ? » propose une analyse des forces politiques. Pour l’auteur :
« Depuis, alors que le régime de Bachar Al-Assad et ses soutiens russes opèrent un énième massacre de la population civile dans le quartier de la Ghouta, proche de Damas, le sentiment qu’un changement peut-être déterminant est intervenu dans la relation entre Israéliens et Iraniens en Syrie préoccupe les analystes internationaux. Cet article porte sur ces enjeux vus du côté israélien. »

…..

Reste que, si on sait comment les guerres commencent, elles se terminent rarement comme on l’a souhaité. Dans son rapport, ICG constatait une « escalade progressive » des affrontements entre Israéliens et forces iraniennes et leurs alliés « définissant la géographie de ce que serait une prochaine guerre d’Israël contre le Hezbollah et l’Iran ». Pour l’éviter, il soulignait que la Russie est désormais le seul acteur « en capacité d’arbitrer » entre les deux parties pour leur imposer un accord. Celui que le think tank américain appelait de ses vœux conviendrait que les Iraniens s’éloignent de la ligne d’armistice entre la Syrie et Israël et cessent la construction de bases de missiles en Syrie, en contrepartie de quoi Israël accepterait que des forces étrangères puissent rester en territoire syrien. »

Cette semaine, nous aimerions porter votre attention sur l’état des populations civiles dans toute la région du Moyen Orient. D’abord à Goutha avec deux articles : celui de Kareen Shaheen « Les autres savent-ils que nous existons ? Le témoignage d’une infirmière au Ghouta orientale syrienne assiégée et bombardée portant sur le quotidien d’une mère avec son enfant :»

« Comment vivez-vous votre maternité quand vous avez un quotidien d’angoisses, dans l’angoisse permanente que quelque chose puisse arriver à votre enfant ou votre mari, avec la peur que votre enfant devienne un orphelin s’il vous arrive quelque chose ? Comment vivez-vous votre maternité quand votre fils vous demande chaque jour : « Est-ce qu’on va mourir aujourd’hui ? Pourquoi ils nous bombardent ? Qu’est-ce que la maternité quand vous ne pouvez même pas acheter un « morceau de biscuit » pour votre fils, ou pourvoir aux besoins les plus élémentaires d’un enfant parce que ça coûte trop cher, c’est hors de portée, ou totalement inexistant à cause du siège ? » et celui d ‘Emmanuel Haddad « Ghouta en Syrie sous le siège », la survie commentant l’aide humanitaire

L’activiste dénonce aussi l’insuffisance de l’aide humanitaire : « Le problème est le manque de suivi. Les convois humanitaires ne parviennent qu’exceptionnellement à pénétrer dans les villes assiégées, avec de la nourriture en quantité insuffisante et sans les médicaments adaptés aux cas urgents. Les ONG internationales disent qu’ils restent à Damas pour faire pression sur le régime, mais cela n’a objectivement pas de résultats ».

Mais la guerre au Proche Orient est partout pas seulement en Syrie. L’article de Armina Hass « Palestine. Le système de soins s’effondre » portant sur la bande de Gaza nous montre l’ampleur et l’étendue de populations aux prises avec la misère et les privations extrêmes.

« Fin janvier, le système public de santé de Gaza était à court de 206 médicaments essentiels – c’est-à-dire 40% des médicaments qui entrent dans la liste du panier de soins de base palestinien. Vingt-sept autres produits médicaux – soit 6% des 516 qui entrent dans cette liste – étaient sur le point d’être rapidement épuisés. »

Enfin à ce contexte international, nous avons voulu ajouter une note d’espoir avec l’article de Kongra Star « Appel à la Campagne mondiale de solidarité : les femmes se lèvent pour Efrin » rapportant la mobilisations des femmes à Efrin :

« En tant que femmes d’Efrin, nous sommes déterminées à défendre notre héritage de la première révolution des femmes dans notre pays et à réussir une deuxième révolution des femmes par notre résistance contre l’occupation et l’oppression. Aujourd’hui, les anciennes grottes des montagnes sont devenues nos abris qui nous protègent des bombardements. Depuis plus de 6 ans, les femmes d’Efrin et de toutes les régions de Rojava résistent aux attaques de l’Etat islamique. Dans le même temps, nous avons joué un rôle de premier plan dans la mise en place de structures démocratiques d’auto-administration. Nous avons mis en place des structures autonomes basées sur l’organisation communautaire, les conseils des femmes, les académies et les coopératives, ainsi que sur l’autodéfense des femmes. »

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