Édition du 13 novembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Les brèves électorales

Les partis politiques sommés de s'engager à lutter contre la pauvreté (Collectif pour un Québec sans pauvreté)

La grande marche pour le droit au logement s’arrête à Trois-Rivières.

TROIS-RIVIÈRES, QC, le 23 sept. 2018 - La grande marche De villes en villages pour le droit au logement organisée par le FRAPRU a franchi son 400e kilomètre hier. Aujourd’hui, elle traversera Trois-Rivières. Pour cette journée consacrée au thème du droit à un revenu suffisant, des membres du Collectif pour un Québec sans pauvreté, du Front commun des personnes assistées sociales du Québec et d’autres organisations de la Mauricie se sont donné rendez-vous pour partager un bout de route avec les marcheuses et les marcheurs.

Si la lutte contre la pauvreté est à l’honneur en ce 23 septembre, c’est notamment parce que la région métropolitaine de recensement (RMR) de Trois-Rivières est celle où le revenu médian des ménages locataires est le plus bas. « Selon les données du dernier recensement, 3235 ménages locataires consacrent plus de la moitié de leur revenu au loyer et ce revenu médian n’est que de 10 411 $ par année », explique Diane Vermette, du Comité logement Trois-Rivières. Selon elle, « même si les loyers sont plus bas ici que dans d’autres villes, leur bas revenu fait en sorte que les logements disponibles sur le marché privé ne respectent pas leur capacité de paiement ».

« Si l’insuffisance des revenus à la retraite contribue à maintenir les personnes aînées dans la pauvreté, l’insuffisance de l’aide sociale et du salaire minimum contribuent au problème de capacité de paiement d’un nombre important de ménages locataires », explique Véronique Laflamme, la porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

La prestation de base à l’aide sociale est de 648 $ par mois. Elle peut monter à 698 $ pour les personnes seules jugées sans contraintes à l’emploi qui ne reçoivent aucune forme d’aide au logement. « Quand on connaît le coût des loyers, l’insuffisance de la prestation pour répondre à ses autres besoins essentiels devient particulièrement flagrante », souligne Sylvie Tardif, coordonnatrice du Centre d’organisation mauricien de services et d’éducation populaire (COMSEP), organisme qui a hébergé les marcheurs et marcheuses hier.

« Le salaire minimum actuel, à 12 $ l’heure, ne permet pas non plus de sortir de la pauvreté, même en travaillant à temps plein, ajoute Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté. Une fois le loyer payé, il ne reste pas grand-chose pour répondre à ses autres besoins de base tels que se nourrir, se vêtir et se déplacer. Pour sortir de la pauvreté en travaillant à temps plein, une personne a besoin d’au moins 15 $ l’heure ».

Les organismes rappellent qu’en ratifiant le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), le Québec et le Canada ont reconnu « le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants, ainsi qu’à une amélioration constante de ses conditions d’existence ». Ils ont aussi reconnu le droit à la sécurité sociale. La réalisation du droit au logement est intimement liée à la réalisation de ces autres droits, rappellent les organisations.

Le FRAPRU, le Collectif pour un Québec sans pauvreté et le Front commun des personnes assistées sociales du Québec unissent donc leurs voix pour demander aux partis aspirant à prendre le pouvoir de prendre des engagements plus ambitieux pour lutter contre la pauvreté.

En plus de 50 000 logements sociaux en 5 ans, ces organisations demandent l’augmentation des prestations d’aide sociale et la hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure. « Le Québec a les moyens de faire plus pour la justice sociale : non seulement Québec engrange des surplus budgétaires importants, mais plusieurs milliards de dollars supplémentaires pourraient être rapatriés dans les coffres de l’État en revoyant la fiscalité », conclut Véronique Laflamme.

En quittant les bureaux du COMSEP, les marcheurs et marcheuses prendront la direction de Champlain. La marche fera ensuite escale à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Ils et elles arriveront à Québec le 29 septembre où se tiendra une grande manifestation de clôture. Le calendrier complet de la marche est disponible au lien suivant.

#DeVillesEnVillages

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