Édition du 12 décembre 2017

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Environnement

Loi sur les hydrocarbures : le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec forge son plan d’action à L’Islet pour obtenir le retrait des projets de règlements

Réunis en assemblée générale à l’Islet dimanche, sur l’invitation de STOP oléoduc Montmagny-L’Islet, les membres du RVHQ ont élaboré un plan d’action en réaction au dernier affront — et non le moindre — essuyé par la population et les municipalités dans la saga entourant la Loi sur les hydrocarbures. Les délégués de dizaines de comités ont convenu de différentes tactiques en vue d’obtenir le retrait des projets de règlements déposés mercredi par le gouvernement du Québec et la suspension de la Loi sur les hydrocarbures.

Adoptée sous le bâillon en décembre 2016, cette loi entrerait en vigueur d’ici la fin de 2017 avec ces quatre règlements sur l’exploration et la production de pétrole et de gaz qui ont soulevé un tollé généralisé dès leur diffusion. Visiblement écrits pour l’industrie, ces règlements leur ouvre toutes grandes les portes avec des menaces bien réelles pour l’eau potable et la qualité de l’environnement. Le RVHQ, avec une trentaine d’organisations signataires, a signifié dès jeudi par voie de communiqué que ces projets de règlements étaient inacceptables, en prévoyant des distances séparatrices minimales allant de 40 et 275 mètres entre les puits de forage et le fleuve, les lacs et rivières, les parcs nationaux, les sites patrimoniaux, les établissements de santé et d’éducation, les garderies, les maisons.

« Même si le territoire de Montmagny-L’Islet n’est pas actuellement visé par des permis détenus par des pétrolières ou des gazières, les municipalités de L’Islet, de Sainte-Louise et de Saint-Roch-des-Aulnaies ont réclamé par solidarité une dérogation au Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) » rappelle Anne-Marie Berthiaume, déléguée de STOP oléoduc Montmagny-L’Islet. « Tandis que ce règlement en vigueur prévoit une distance séparatrice de 500 mètres des sources d’eau potable, la dérogation vise à augmenter cette distance à 2 km, une distance basée sur les données scientifiques. Ce qu’on comprend maintenant, pour les situations où il n’y aurait pas de source d’eau potable à proximité, on autoriserait les forages très près des habitations et des sites vulnérables ! »

Au 15 septembre, 337 municipalités (représentant près de 4 millions de personnes) avaient adopté le règlement pour élargir les zones de protection des sources d’eau potable ou avaient appuyé formellement la démarche du Comité de pilotage de la démarche commune des municipalités en faveur d’une dérogation au RPEP.

La période pendant laquelle il est possible de commenter ces projets de règlements autant que leurs clauses sont perçues comme une véritable provocation. Car le calendrier coïncide avec la période électorale et les municipalités ne pourront correctement étudier ni réagir à ces derniers. « Dans ces conditions, le gouvernement peut s’attendre à un automne chaud et à un front uni et déterminé de la société civile pour le faire reculer. L’Opération citoyenne #VousNEpasserezPAS va de toute évidence connaître une flambée de visibilité dans tous les coins du Québec ! », affirme Carole Dupuis, coordonnatrice générale et porte-parole du RVHQ.

À la salle municipale où se déroulait l’assemblée générale dimanche, ce n’est pas un hasard si la cinquantaine de personnes venues d’aussi loin que la Gaspésie, l’Estrie ou le grand Montréal ont pu mêler leurs discussions à la dégustation de produits locaux en collaboration avec plusieurs producteurs du Marché L’Islet-sur-Terre.

« Notre résistance vis-à-vis les projets des pétrolières et des gazières, qu’il soit question d’exploration ou de transit, est directement liée aux risques qu’ils entraînent pour notre eau potable et pour notre milieu de vie, précise Madame Berthiaume, d’où l’idée d’avoir ces aliments d’entreprises de proximité sur nos tables aujourd’hui. Nos objections sont aussi en lien avec les générations futures : laisser s’implanter des projets qui émettront des gaz à effet de serre pour des décennies est inconséquent avec l’urgence climatique et la nécessité de réduire dès maintenant nos émissions de façon drastique.

La municipalité de L’Islet a amorcé un processus afin d’évaluer les risques liés aux changements climatiques sur son territoire, nous pensons qu’elle démontre ainsi la responsabilité collective qui nous incombe et qui appelle des actions concrètes pour réduire ces risques. S’opposer aux projets Énergie Est de TransCanada, aux forages et à la fracturation sur le territoire québécois est une manière d’agir pour le climat. »

Communiqué du RVHQ : Les faits et la science n’ont rien à voir avec l’entêtement du gouvernement Couillard à vouloir développer la filière des hydrocarbures

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