Édition du 12 décembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Livres

M éditeur parutions automne 2017

Une grammaire non sexiste, une analyse de la culture d’agression, des discussions sur l’épaisseur culturelle du Québec et sur la santé qui est malade de l’austérité, sans oublier une biographie critique de Che Guevara à l’occasion de la 50e année de son assassinat et trois essais sur la révolution russe (100e anniversaire).

Grammaire non sexiste de la langue française. Le masculin ne l’emporte plus ! Un tabouret et mille femmes sont pris en photo. Eh oui ! en français, le masculin l’emporte sur le féminin même lorsque des humaines côtoient des objets ! Cette logique tordue n’est pas intrinsèque à la langue française. Elle est le fruit d’une lutte menée aux 17e et 18e siècles contre le féminin – et contre les femmes – par les « autorités » linguistiques. Comment écrire et parler de façon non sexiste ? Michaël Lessard et Suzanne Zaccour proposent diffé­rentes façons de le faire, évaluant les avantages et les inconvénients de chacune d’elles. Leur livre n’impose pas une règle grammaticale. En fait, il est une invitation à apprendre, à désap­prendre, à critiquer, à discuter et à oser se lancer à la recherche de la langue des femmes. (Mosaïque ; 192 pages ; 19,95 $ ; en librairie à la fin août ; coédition avec Syllepse, Paris.)

Une culture d’agression. Masculinités, industries du sexe, meurtres en série et de masse. Pourquoi des hommes agressent ­ils sexuellement des femmes, des enfants ou d’autres hommes ? Pourquoi payent-­ils pour des relations sexuelles ? Pourquoi consomment-­ils de la pornographie ? Pourquoi battent ­ils leur compagne ? Pourquoi prennent ­ils les armes pour massacrer leurs collègues d’étude, de travail ou des gens à l’église, à la mosquée, à la synagogue ? Pourquoi sont­ ils des meurtriers en série à caractère sexuel ? Pour le sociologue et éditeur Richard Poulin, beaucoup d’hommes dissocient sexe et affectivité. C’est évidemment le cas des prostituteurs. C’est ce que de nombreux jeunes hommes apprennent dans la pornographie. C’est ce que certains pratiquent en harcelant ou en agressant sexuellement. Cette dissociation est l’un des traits de la masculinité des sociétés patriarcales. (Mobilisations ; 264 pages, 24,95 $ ; en librairie en septembre.)

Le Québec brûle en enfer. À plusieurs égards, la situation politique du Québec peut se lire à travers les tendances occidentales et s’inscrit dans une temporalité mondiale : crises financières, incertitude économique, inquiétudes liées au terrorisme, montée du popu­lisme, spirale ascendante de la contestation et de la répression, exploitation industrielle intensive du territoire, crise écologique, fusillades. Le pari de cet ouvrage va pourtant à contre­courant de cette approche. La vie politique québécoise est comprise par le bout de son épaisseur culturelle, dans ses particularités, ses couleurs, ses expressions, ses manies. (Mobilisations ; 136 pages, 13,95 $, en librairie en septembre).

Che Guevara. Ombres et lumières d’un révolutionnaire. Voici 50 ans, en octobre 1967, Che Guevara était assassiné en Bolivie. Un symbole romantique révolutionnaire dispa­raissait de la scène politique mondiale. Depuis, cette figure centrale de la révolution cubaine a été largement mythifiée. Qui est Che Guevara ? Quels sont ses apports à la révo­lution ? N’était ­il pas volontariste et autoritaire ? N’était ­il pas un militant cherchant à éradiquer l’oppression ? Pourquoi quitter le pouvoir à Cuba pour lutter au Congo puis en Bolivie ? Cubain d’origine et militant de la gauche aux États ­Unis, Samuel Farber nous donne à voir et à comprendre un Guevara au ­delà du mythe . (Militantismes ; 200 pages, 22,95 $ ; en librairie en octobre ; coédition avec Syllepse, Paris)

La santé malade de l’austérité. Sauver le système public... et des vies ! L’état dans lequel se trouve notre système de santé, sa survie même, figurent depuis des années au sommet des préoccupations des Québécoises. Et pour cause ! Ce système public universel est l’un de nos plus précieux acquis collectifs, et chacune peut constater à quel point il est mis à mal, deviner à qui profite et à qui profitera son démantèlement et pressentir de quelle façon les citoyennes en souffriront. Par­ delà le tumulte de l’actualité, ce livre dirigé par Normand Baillargeon donne la parole à des intervenantes que l’on entend plus rarement sur ces ques­tions d’une importance capitale, des personnes engagées dans la défense du caractère public du système. Avec des contributions de Nancy Bédard, Jacques Benoit, René Charest, Carolle Dubé, Jeanne Émard, Jean ­Claude Germain, Marie­ Claude Goulet, Guillaume Hébert, Lise Larocque et Isabelle Leblanc (Mégaphone ; 152 pages, 16,95 $, en librairie en novembre).

Trois essais sur la révolution russe. Une collaboration de trois éditeurs francophones : M Éditeur (Québec), Page 2 (Suisse) et Syllepse (France)

Les soviets de Petrograd. Les travailleurs de Petrograd dans la révolution russe (février 1917-juin 1918). Images d’Épinal de la révolution russe de 1917, les soviets restent mal connus. Comment sont­ ils nés ? Qui en était membre ? Quel était leur rôle ? Nés de la volonté de la classe ouvrière, dans une situation de guerre et de marasme économique aigu, de contrôler la production contre le sabotage des patrons, ils se sont vite heurtés à leur hostilité. L’ouvrage de David Mandel, professeur à l’UQAM, nous propose une radiographie sociale et culturelle des ouvriers de Petrograd, fer­ de ­lance de la révolution. Il offre de nombreux témoignages des acteurs de l’époque, y compris ceux hostiles à la révolution. Portée par les damnés de la terre, la révolution des soviets a ouvert un immense arc d’espérances dans le monde, avant que la contre­ révolution stalinienne ne vienne la saccager et la détruire (568 pages, 47,95 $, en librairie en octobre­-novembre).

Russie / URSS / Russie (1917-1991). Le jugement de Moshe Lewin, historien, spécialiste de la Russie et de l’URSS, ancien combattant de l’Armée rouge, est sans appel : le régime issu de la révolution d’Octobre est « un système barbare construit sur les ruines d’un grand idéal émancipateur ». Moshe Lewin souligne les discontinuités et les continuités de la Rus­sie d’avant la révolution avec l’URSS. Il insiste notamment sur le chauvinisme grand­ russe comme composante essentielle de l’idéologie du régime. Alors que certains, au prétexte que l’histoire aurait mal tourné, souhaitent déchirer la page, il fournit un éclairage sur ce « conti­nent disparu » et restitue à l’URSS sa véritable place dans la réflexion sur la révolution et le socialisme (264 pages, 37,95 $, en librairie en octobre­-novembre).

L’empire de la révolution. Lénine et les musulmans de Russie. Dans l’imaginaire collectif, la révolution russe apparaît comme une révolution essentiellement européenne. Cette vision, qui n’est pas entièrement fausse, occulte le fait que 1917 fut également le fruit d’un décen­trement de la théorie et de la pratique révolutionnaires aux marges de l’Europe, avant d’être l’origine d’un cycle de luttes d’émancipation, nationale et anticoloniale en « Orient ». Les bolcheviks devaient propager la révolution aux confins orientaux du pays tout en œuvrant à leur décolonisation. Comment ont ­ils procédé et dans quelle mesure y sont ­ils parvenus ? C’est cette question que ce livre de Matthieu Renault (Université Paris Diderot) explore en se centrant sur les rapports que Lénine, depuis ses premiers écrits sur la « colonisation intérieure » jusqu’à ses interventions dans le processus révolutionnaire au Turkestan russe, a entretenus avec les minorités musulmanes de l’Empire (250 pages, 35,95 $, en librairie en novembre-­décembre).

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