Édition du 12 décembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

Manifeste pour une grève générale du communautaire

La colère déborde ! Le dernier budget libéral a malmené nos espoirs ! Espoirs construits de luttes, espoirs construits d’hier et d’aujourd’hui, espoirs maintes fois déconstruits... Oui, plutôt que de financer adéquatement le communautaire, le gouvernement Couillard, bien fier de pavaner son manque de vision sociale, tente d’acheter l’individu en lui faisant croire qu’il réduit son fardeau fiscal. Pourtant, il continue la démolition de nos acquis comme on ferme une usine de patates frites devenue obsolète. Grand-es perdant-es de cet autre budget néolibéral, les femmes, les pauvres, les groupes communautaires, encore ! Le dernier budget n’a pas éteint nos espoirs, il a attisé notre révolte !

Nos pétitions...nombreuses. Nos campagnes de lettres... éloquentes. Nos actions... dérangeantes. Nos manifestations... bruyantes. Nos grèves... percutantes. Elles n’ont pourtant pas suffi. Elles n’ont pas su démontrer notre importance. Notre mouvement s’est ancré, oui, il a refait ses racines. Pourtant, divisé-es par le corporatisme, aveuglé­es par les fausses promesses, enfoui-es sous la crainte de tout perdre, nous peinons toujours à établir un réel rapport de force.

Depuis trente ans, les gouvernements s’acharnent ; coupes, compressions et réformes se succèdent. Ils s’enrichissent alors que nous nous appauvrissons, chaque jour. Les élu-es qui se suivent affaiblissent un peu plus et à chaque fois le système public, notre cœur social, notre sécurité en filet. Derrière une flagrante austérité, c’est la privatisation des services publics qui nous guette. Et avec elle, c’est un système à deux vitesses qui s’installe : une pour les riches et une pour le reste.

Et pour nous ?

L’état lamentable du financement des organismes communautaires a de graves conséquences pour toutes, tous et partout : dégradation des conditions de vie et de travail, endettement, perte de pouvoir d’achat, augmentation de la pauvreté, exclusion, augmentation de souffrance économique, et plus, et plus. Ce sont nos droits fondamentaux qui sont bafoués. Et en premier lieu, les droits des femmes et des plus pauvres. Les 475 millions $ réclamés par les organismes sont là, à portée de main, dans les coffres des grandes banques, dans le fonds des générations, dans les paradis fiscaux et dans les poches du 1%, la population la plus riche. Ce 1% qui se réjouit des mesures d’austérité puisqu’elles le rendent encore plus riche !

Sous une avalanche de mesures austères, notre avenir ne fait aucun doute. On nous dit sans gêne vouloir transférer des services publics vers le communautaire afin d’économiser de l’argent. Notre gouvernement applaudit les moins bonnes conditions de travail du communautaire, notre gouvernement se félicite du travail bénévole de milliers de personnes, notre gouvernement célèbre les compressions des services publics, notre gouvernement est fier de faire tout ça pour réaliser des surplus budgétaires ! Où nous, groupes engagés, voyons détresse et misère, des personnes se donnent corps et âme pour aider leur communauté et notre gouvernement y voit des économies potentielles, des façons de couper davantage. Notre gouvernement voit des personnes prêtes à travailler trop pour presque rien !

On est tanné-es de perdre !

Devant l’adversité, ne baissons pas les bras ! Nous, groupes communautaires, vivants et actifs depuis plus de 40 ans, avons la force de mener une lutte réelle contre les néolibéraux qui ont choisi d’usurper notre démocratie, celle que nous avons construite, ensemble. Évitons le piège de la division, contournons nos propres démons et bâtissons un véritable mouvement de mobilisation, celui qui nous mènera à la fin de l’époque des soupers spaghetti et des produits de vente portant nos logos.
Construisons la grève pour que nos rêves deviennent possibles !

En tant que signataires de cet appel, nous croyons que seule la grève générale illimitée du communautaire permettra d’établir un véritable rapport de force envers ce gouvernement qui nous méprise et nous exploite. Nous croyons que cette grève doit être débattue dans chaque assemblée, dans chaque CA, à l’intérieur des 4000 organismes communautaires. C’est de la base que doit jaillir cette impulsion, cette base qui en a ras le bol qu’on décide à sa place, qu’on la contrôle, qu’on la sous-finance et qu’on la méprise.

Nous ne sommes pas du cheap labor, nous ne donnons pas de services à rabais, notre autonomie n’est pas négociable, nous sommes un véritable mouvement populaire et nous avons la force de faire trembler cette élite qui ne travaille que pour elle-même.

Exigeons la reconnaissance de ce travail de géant que nous accomplissons chaque jour. Parce que par l’impact de nos actions, de notre rôle dans une reprise de pouvoir collective et populaire, l’aide apportée quotidiennement à des milliers de personnes dans le besoin, c’est le communautaire qui accomplit cette tâche magistrale. N’exigeons rien de moins qu’un financement à sa hauteur.
Construisons la grève générale illimitée du communautaire parce qu’il n’y a pas de négociation possible sans un véritable rapport de force.

Construisons la grève pour que nos rêves deviennent possibles.

Pour signer le manifeste, visitez la page Facebook« Manifeste pour une grève générale du communautaire » !

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