Édition du 27 juin 2017

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Asie/Proche-Orient

Mousson meurtrière au Bangladesh

Au moins 173 personnes ont trouvé la mort dans les glissements de terrain. La multiplication des catastrophes climatiques fait craindre pour l’avenir du pays. Le gouvernement tente de faire face.

Mercredi, 14 Juin, 2017 | Humanite.fr

Depuis plusieurs années, on sait le Bangladesh particulièrement exposé aux effets du réchauffement climatique. Pays le plus vulnérable devant l’Inde et Madagascar, il affronte en ce moment l’un des « pires glissements de terrain de son histoire », selon Reaz Ahmed, directeur de l’autorité de gestion des catastrophes. Les coulées de boue ont ainsi tué au moins 173 personnes et fait des dizaines de disparus. Certaines zones restent inaccessibles. Des précipitations torrentielles ont enseveli plusieurs centaines de maisons situées à flanc de collines dans le sud-est du pays. Hors des villes, les secours font part de leurs difficultés à accéder aux zones sinistrées.

« Des gens nous ont appelés depuis plusieurs endroits en rapportant que des personnes avaient été ensevelies. Mais nous n’avions pas assez d’hommes à envoyer. Nous n’avons pas réussi à atteindre certains des coins les plus reculés en raison de la pluie. Et même dans les endroits où nous sommes arrivés, nous n’avons pas pu dégager tous les corps », a expliqué Didarul Alam, chef des pompiers du district de Rangamati, frontalier de l’Inde. La mousson intervient deux semaines après le passage du cyclone Mora qui avait déjà tué huit personnes et détruit des dizaines de milliers d’habitations.

Réfugiés climatiques et crise alimentaire

La multiplication de ces phénomènes climatiques, de plus en plus intenses, affectent également les récoltes et rendent les terres inutilisables. Selon les climatologues, un quart du territoire du Bangladesh devrait être sous les eaux d’ici un siècle alors que deux tiers du pays s’élèvent à moins de cinq mètres au-dessus du niveau de la mer. Peuplée de 150 millions d’habitants, la zone aux nombreux deltas est également exposée à la fonte des glaciers de l’Himalaya qui augmente considérablement le débit des cours d’eau. Si 20% du territoire disparaît sous les eaux, 50 à 60 millions de Bangladais pourraient devenir des réfugiés climatiques alors que la capitale est déjà saturée. La réduction des terres agricoles du fait de la salinité combinée à l’augmentation de la population pourrait provoquer une sérieuse crise alimentaire.

L’Etat a créé en 2009 un fond doté de 141 millions de dollars et des centaines de programmes destinés à former les habitants à la consolidation des maisons ou à l’érection d’abris anti-cycloniques dotés de stocks alimentaires. Dacca a en outre ordonné la construction de digues le long des 6000 kilomètres de côtes et de désalinisation des eaux. L’agriculture tente de s’adapter en élaborant une variété de riz moins vulnérable à la salinité des eaux et aux inondations. D’ici 2100, le changement climatique devrait coûter entre 2 et 10 % du PIB du pays selon son intensité.

Lina Sankari

Organisation féministe Égalité, Pologne

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