Édition du 12 décembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Points de mire du 21 novembre 2017

Notre planète est un paradis pour les plus riches ! C'est l'enfer pour les plus pauvres ! C’est assez !

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses des articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

La COP23, ou le déni par les gouvernements de l’urgence de la situation

Les accords de Paris (COP21) étaient un show de boucane. Des États ont alors signé une entente où ils manifestaient leur intention de réduire le réchauffement climatique à 1,5° Celsius. Mais lorsqu’on examine l’ensemble des engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre promis par ces États, la perspective de réchauffement climatique dépasse les 3º C. À ce niveau, les catastrophes climatiques que nous connaissons déjà vont se multiplier puis se généraliser. En effet « selon les propres calculs de l’ONU basés sur les engagements pris par les États en 2015, un record d’émissions mondiales pourrait être battu chaque année d’ici à 2030 pour atteindre 56,2 Gt éq. CO2 en 2030 ». «  Les 3°C entérinés par les engagements des États lors de la COP21 n’étaient pas un bon point de départ pour aller plus loin, comme l’affirmaient alors les architectes de l’Accord de Paris, mais au contraire étaient le point de départ pour de nouveaux et plus nombreux crimes climatiques dans le futur. » Comme l’affirme Maxime Combes, c’est le manque de volonté des différents gouvernements de s’attaquer à cette dérive qui nous mène à la catastrophe.

La mise à jour économique du gouvernement Couillard, politique spectacle et électoralisme

En présentant sa Mise à jour économique, le gouvernement Couillard a repris son refrain habituel sur la responsabilité des dépenses sociales dans l’endettement public. C’est avec cet argument qu’il prétend qu’il devait couper « un milliard de dollars dans le réseau de la santé, 700 millions en éducation et 200 millions en petite enfance. Ses promesses de réinvestissement ne sont pas du tout à la hauteur des coupes impliquées par ses politiques d’austérité. Monsieur Leïtao garde un silence total sur les soustractions faites aux revenus de l’État par l’évasion fiscale et les paradis fiscaux qui permettent aux riches de dépouiller la majorité populaire. Pourtant, il sait très bien que les riches n’ont même pas besoin d’enfreindre la loi, parce que les lois sont faites pour eux.

La baisse d’impôt et le saupoudrage de petits montants ne sont qu’une manœuvre électorale, qui permettra de préparer de nouvelles obligations d’emprunts auprès des banques et une nouvelle montée du déficit. C’est le cycle habituel qui permet de s’attaquer aux services publics et de favoriser leur privatisation. Comme l’affirme la CSN dans son communiqué sur la Mise à jour économique : « on comprend que son objectif demeure le démantèlement de l’État social québécois en privilégiant les versements au Fonds des générations et en négligeant de financer adéquatement les services publics et les programmes sociaux. Dans cette mise à jour économique, le programme de lutte contre la pauvreté est remis à plus tard. En fait, la lutte à la pauvreté comme le signale Le Collectif pour un Québec sans pauvreté, constitue la dernière priorité de ce gouvernement.

Rappelons qu’au-delà des faibles réinvestissements en santé et en éducation, et des baisses d’impôt avec lesquelles le gouvernement espère s’attirer des votes aux prochaines élections, l’utilisation du surplus pour favoriser la transition énergétique n’est même pas abordée. Pas étonnant, car la volonté du gouvernement Couillard n’est pas d’assurer une quelconque transition, mais de soutenir l’exploitation pétrolière et gazière au Québec. À ce niveau également, le gouvernement libéral se contente d’une politique spectacle pour se présenter comme un vert, alors qu’il a tissé de multiples liens avec les entreprises pétrolières et gazières du Québec. Ce gouvernement ne peut en rien « prétendre protéger le public et l’intérêt général. »

La violence contre les femmes se heurte à une vague de dénonciations sans précédent

Le sexisme et la violence sont le vécu quotidien des femmes ici comme ailleurs. Le mouvement de dénonciations s’est élargi et constitue maintenant une vague majeure. L’impunité de jadis, garantie par les positions de pouvoir, vacille. La question du consentement se retrouve au centre des discussions sur la place publique. Certaines de ces histoires prouvent en effet qu’un acte sexuel a priori consenti peut créer une violence s’il est arraché par une personne qui abuse de sa position. Ceci est la démonstration que cette violence sexiste n’est pas que le fruit de patriarcats minoritaires dans la société. Baubérot tire des leçons importantes à cet égard. Ce mouvement de dénonciation va encore sans doute s’élargir. Et on s’interroge déjà dans le mouvement féministe sur la nécessité de généraliser ce mouvement de dénonciations au-delà des femmes disposant « d’une surface médiatique et d’une capacité d’interpellation vers d’autres femmes plus isolées, plus pauvres et/ou issues de minorités ».

À tous ces niveaux, la résistance s’organise

Les pratiques fiscales des riches soulèvent une indignation de plus en plus généralisée. Les effets de ce refus de payer leur part d’impôt provoque une délégitimation radicale des prétentions des affairistes et des politicien-ne-s à leur service de pouvoir agir pour le bien commun. Leurs politiques de soutien financier à l’extraction d’énergies fossiles alors que la majorité de la communauté scientifique appelle les gouvernements à bloquer l’exploitation des hydrocarbures apparaît comme une criminelle irresponsabilité. La nécessité d’agir dans l’action directe et sur nos propres bases pour empêcher l’exploitation des énergies fossiles devient un impératif qui s’impose comme incontournable. À tous ces niveaux, la seule solution passe par un sursaut de la mobilisation citoyenne et son organisation sur une base politique indépendante de tous les partis de la classe dominante.

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